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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 00:09

Hé oui je vous bassine à longueur de lignes sur l’ardente obligation de créer des liens, de faire en sorte que la Toile anonyme se transforme en filet à mailles fines pour draguer dans un océan bleu très poissonneux. Se faire des amis, enjamber le virtuel pour se cogner au réel. Bref, puisque comme aux Galeries Lafayette de Perpignan il se passe toujours quelque chose chez Berthomeau, Denis Boireau, adhérent historique de l’Amicale du Bien-Vivre, dites des Bons Vivants, s’est jeté le premier à l’eau et a lancé une invitation au sieur Charlier et à moi-même pour que nous allions séjourner en juillet en sa maison de l’Ile d’Yeu chère à mon cœur. Mon agenda de futur Ministre des Commodités ne me permettant de distraire la plus petite parcelle de mon précieux temps pour prendre la mer seul notre vigneron cul(te) s’est lancé dans l’aventure.  Voici son récit d’une sortie en mer, sans digressions – même pas une sur le père Philippe qu’a séjourné dans le coin – où l’on sent poindre un style tout en retenue d’un auteur en devenir. Léon pourrait-être l’Ernest Pérochon du XXIe siècle. Les travailleurs de la mer  « O combien de marins, combien de capitaines - Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, - Dans ce morne horizon se sont évanouis! - Combien ont disparu, dure et triste fortune! - Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune... » Bon laissons le père Victor et passons la plume à notre chroniqueur maritime.   Yeu-009.jpg

 

Où l’on transcende l’espace temps

 

 

« Quelques entrefilets – lisez « posts » - ont suffi à me rapprocher d’un illustre inconnu ; enfin, inconnu de moi en tout cas. Le bonhomme avait confirmé en quelques lignes ce que je pressentais : on ne voit pas comment la marée peut influencer physiquement du vin contenu dans une cuve en béton armé (donc rigide et pratiquement incompressible), remplie à ras bord (sans creux) et non percutée par les flots, même si celle-ci se trouve à proximité de l’océan. Il doit le savoir : l’est ingénieur, le type. Et même un ingénieur particulier, spécialiste des détecteurs de faisceaux laser : ces gens-là ne parlent qu’en nanomètres.

 

Mais de rubis en autres gemmes, invitation fut lancée à le rejoindre sur un îlot perdu en bordure de l’Atlantique, mi-vendéen, mi-breton, avec pour tout point de ralliement une adresse insulaire et la promesse d’échanger du vin des bords de l’Agly contre de la marée du Golfe de Gascogne. Vogue donc le catamaran – 34 nœuds quand même !- au départ de Fromentine, sur une mer étale, sans le moindre roulis. La « délicieuse » Christine – c’est lui qui le dit – deux bicyclettes et mézigue accostent sans encombre à Port Joinville et foulent ce sol proto-vendéen pour la première fois.

 

On enfourche les bécanes et zou, 5 km plus loin, voilà le hameau de La Croix, en bordure de la Baie des Vieilles. Commencent alors 48 heures de dépaysement : tentative avortée de ma part d’amadouer des amis du maître des lieux ; escapades cyclistes sous un ciel mitigé mais qui nous gardera au sec ; rencontre avec Catherine Breton et sa fille, devenues cavistes sur l’île le temps d’un été ; dégustation de nombreuses bouteilles hexagonales mais néanmoins exotiques ; déglutition d’hectolitres de muscadet – le sans façon, celui qui accompagne si bien les produits de la mer et fait se rengorger les snobs et les fats et,  clou indiscutable du séjour : la « pêche en mer ».

 

Pour faire court, on me chausse de sandales résistantes à l’eau de mer (« Car mon bateau prend l’eau et il faut écoper », sic), on me fait monter dans un frêle esquif d’environ 2,50 m de long (peut-être 3 m, je ne veux vexer personne), on me fait asseoir dos à la marche, les fesses en équilibre sur une tablette avec un bitogneau en métal vert-de-grisé qui me défonce l’anus et hop, le patron rame, direction la haute mer. Il rame bien, le bougre, en plus, malgré un vent d’Ouest tenace et un peu de houle (creux de 1,50 m à mon estimation). Il faut dire que Léon ignore totalement le mal de mer, il a eu l’occasion de s’en rendre compte dans de nombreux ferry-boats traversant la Manche et la Mer du Nord par gros temps. Il est neuf heures et la marée haute a un peu apaisé les creux. Le soleil encore rasant rend le repérage des bouées difficiles. Qu’importe : la première nasse livre quelques tourteaux et l’une ou l’autre petite étrille ; pas de ce homard bleu tant désiré. La deuxième se montre avare également.

Quant au filet, récupéré à bonne distance, ce sont des vieilles et des tacots qu’il nous offrira.

Vous avez déjà ramené une vieille en tacot ? Moi, quand j’étais petit, c’étaient les jeunes que je menais en bateau !

 

Ensuite, les rames plongèrent sans effort – pour moi, qui ne faisais que regarder – dans le roulis, faisant à peine crisser leur dames. En une heure de calme, de sérénité, de bonheur en fait, nous étions à nouveau sur le plancher des vaches. On avait parlé, un peu. On avait observé, beaucoup. On avait échangé, en silence ...

 

 Mille fois merci, Denis !

 

Luc Charlier

 

Yeu-040.jpg

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Michel SMITH 20/07/2011 20:56



Ma parole, mais c'est du Pierre Loti !



Denis Boireau 20/07/2011 10:44



Un grand merci a Jacques et a son excellent blog pour avoir cree autant de liens, d'abord dans le monde virtuel, puis qui se concretisent si bien dans le monde reel.


C'est promis: j'enverrai quelques notes sur ce sujet tres bientot, avec des commentaires sur la personnalite si interessante de Luc Charlier, qui n'est pas que commentateur de blogs mais qui est
aussi reellement producteur de vin. Si, si, j'en ai bu!



Luc Charlier 20/07/2011 09:48



« Rastreins, valet ! » comme on disait chez Maurice Grévisse. Le Pérochon, serait-y pas mort d’une crise cardiaque à
l’âge de 57 ans? Or, j’en prends 55 le 13 octobre prochain – d’où mon animosité à l’égard de Nogaret et du Philippe que vous appelez le Bel. Bon, le diabète et une hypertension artérielle apparue
à l’âge de 20 ans hypothèquent gravement mon espérance de vie, mais j’espère bien tenir jusqu’à 65 quand même. Il m’arrive même encore de bander un peu – toujours cette retenue que tu évoques si
bien, Jacques. Maintenant, si l’Huma veut publier un feuilleton issu de ma plume, ce sera avec plaisir. Et j’offre tout, texte et droits d’auteur, aux camarades. Je ne cautionne d’ailleurs pas du
tout la « propriété intellectuelle ».


Encore merci pour la lumière donnée à mon clin d’oeil. Un ENORME merci également à Denis pour son accueil ogien et à Arlette (alias
starlette) pour sa connivence avec Christine. On les attend dans le Ribéral ... camp de base pour une escapade en vallée de l’Agly.



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