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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 00:09

grand-boise-002.JPGLa Chine, la Chine, les gens du vin s’y ruent et il  est bien loin le Petit Livre Rouge, cher au cœur du guide du Pous avant sa chute dans une autre forme de rouge, qui prenait le contre-pied des érudits chinois qui enseignaient que « Plus un homme s’accouplera avec des femmes différentes, mieux il appréciera l’acte de chair… » en décrétant « Faire l’amour est une maladie mentale qui entraîne une perte de temps et d’énergie. » Les vendeurs chinois de berlines de luxe milliardaires déposent dans la boîte à gants une notice expliquant comment... faire l'amour dans l'habitacle ! link Donc, gentils vendeurs de vins lisez-moi jusqu’au bout car je vous enseignerai l’art de marier les nids d’hirondelle, un des plus beaux fleurons de la gastronomie amoureuse chinoise, avec Jadis un grand blanc de Grand Boise. www.grandboise.com  eros_1.jpg

En Chine l’érotisme est aussi ancien que respectable, y coexistaient une sexualité purement littéraire considérée comme de l'érotisme, une sexualité liée à la peinture ou à la sculpture considérée comme de la pornographie, une sexualité médicale considérée comme de la prophylaxie et une sexualité alchimique liée à des pratiques ésotériques ou magico-mystiques. « Pour les lettrés chinois du temps jadis ces différents aspects n'étaient considérés que comme des manifestations différenciées du même principe. La sexualité, débarrassée des interdits tardifs, était beaucoup plus simplement perçue comme l'une des activités humaines essentielles permettant le plein épanouissement de l'individu dans la société. La société chinoise traditionnelle demeurait donc très libérale en ce qui est de la sexualité sous ses aspects les plus divers à l'exception d'un interdit majeur considéré comme un « crime inhumain» sanctionné par la peine de mort : l'inceste.

 

Le « Livre de l'histoire dynastique des Han antérieurs «  (Han Shu  de Ban Shu, compilé au premier siècle relate que ce fut le fils du prince Kiu, Ai Yang, qui fut le premier à faire peindre sur les murs de son palais des scènes érotiques. Cela lui permit, par la suite, de passer à la postérité comme l'inventeur du genre. Le terme « Ai Yang Hua » (Dessins de Ai Yang) désigna donc pour les lettrés, et pendant près de deux millénaires, les peintures et estampes érotiques. Par homophonie Ai Yang Hua signifiait également les «Fleurs (Hua) pour éduquer (Yang) l'amour (Ai) ». Encore de nos jours on désigne du terme fleuri (Hua) les lieux de plaisir... Un « bateau fleuri », une « maison fleurie », une « chambre fleurie «  signifient tout simplement un lupanar flottant, un lupanar terrestre et une chambre de passe.

eros_2.jpg 

Le « cœur de fleur » (Xin Hua) est l'une des multiples appellations populaires du vagin et une « fille fleur jaune » (Wang Hua Nu) est une vierge délurée. Dans le même esprit des « fleurs dans un nuage de fumée » (Yan Hua Zhai) ne sont autre chose qu'un lieu de perdition apprécié des marins où se cumulent jeu, boisson et sexe. Enfin, une référence, très littéraire, à l'homosexualité masculine trouve une expression très imagée dans le fait de « couper la manche fleurie » En effet, un jeune prince, cité dans le Livre des Odes  ou Canon des Poèmes  (Shi Jing), un des grands classiques, préféra trancher la manche de sa veste de brocard sur laquelle son compagnon s'était assoupi que de le réveiller. Plus populairement une « veste fleurie » (Hua Shang) désignera donc un homosexuel quelque peu fortuné.

 

Ce qui frappa surtout Marco Polo  lorsqu’il arriva en Chine, à la fin du XIIIe siècle, c’est le charme et la grâce des femmes de ce pays. C’est ce qu’il dit dans Le Livre des merveilles : « Les femmes sont d’une beauté remarquable, et fort expertes à séduire un homme par des discours flatteurs et appropriés,  de sorte que celui qui les a rencontrés une fois demeure comme étourdi et si fasciné par elles qu’il ne peut les oublier. Et si c’est un étranger et qu’il doit quitter la cité, il ne songe qu’à y retourner. »

 

Dans la très abondante littérature érotique chinoise il faut mettre en avant les « livres coussins » à consulter allongé sur son lit. Pino Correntini auteur de Cinq mille ans de cuisine érotique chez Robert Laffont 1992 indique que leur pouvoir de suggestion s’exerçait d’autant mieux que les amants avaient dégusté un bon petit plat aphrodisiaque. La posture dite « du chien de l’automne précoce » qui exige que des amants qu’ils s’accouplent en se plaçant dos à dos semble adéquate pour déguster le potage aux nids d’hirondelles mais plus problématique pour la suite.

 

Les nids d’hirondelle, un des plus beaux fleurons de la gastronomie amoureuse chinoise, sont constitués « par les filaments presque transparents d’une algue e mer odorante que les oiseaux « cimentent » avec une substance gélatineuse et blanchâtre qu’ils sécrètent à l’époque des amours. Les nids d’hirondelles les plus fins, ceux qu’apprécient tous les habitants du Céleste Empire, sont uniquement composés de cette  sécrétion et on les trouve dans les épiceries fines en boîte de 60 à 100 g, déjà lavés et prêts à l’emploi. »

                                                      POTAGE

                                      AUX NIDS D’HIRONDELLE

Pour deux personnes

1 petite boîte de nids d’hirondelle

½ l de bouillon de poule

½ l d’eau

10 à 1é champignons parfumés

 

Plongez les champignons parfumés dans le demi-litre d’eau et laissez-les macérer quelques heures.

Versez-les ensuite avec leur eau dans une grande casserole contenant déjà du bouillon de poule. Allumez le feu et portez à ébullition.

Retirez du feu dès le premier frémissement et plongez alors dans la casserole les nids d’hirondelle qui vont gonfler dans le bouillon et devenir opalescents. Laissez-les tremper pendant une heure et dégustez tiède.

 

Là-dessus faut-il boire quelque chose ? Oui, tout sauf du thé, c’est chaud et avec le potage rien ne vaut un grand Blanc donc un Grand Boise Jadis 100% Rolle. Pourquoi ? Je pourrais répondre parce que j’aime bien Olivier Dauga mais ce serait mal vu par la confrérie des cireurs de pompe qui viennent aux déjeuners de presse, d’abord pour manger, et puis ensuite  pour torchonner un papier pompé dans le dossier de presse. « Merde, coco je suis indépendant sur mon blog, ma plume n’est pas ma fourchette, elle ne me nourrit pas. Je ne fais de courte échelle mais je ménage la chèvre et le chou. Donc j’adore le Jadis de Grand Boise pour ses allures de jeune fille en fleurs, en robe longue, vaporeuse, tout juste ce qu’il faut de sérieuse, en ballerines, pimpante avec ce qu’il faut de piquant, une belle bouche, longue sensuelle, polissonne mais raffinée… une « fille fleur jaune » tout ce dont peut rêver un grand amateur de cuisine aphrodisiaque lisant un « livre coussin ». Avouez que ça à une autre allure que les éternels baratins sur l’accord mets-vins…

grand-boise-001.JPG

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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