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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 16:00

Je suis de parti pris : OUI ! Je l’assume…

 

Je suis groupie : NON ! Ce n’est pas le genre de la maison.

 

Je suis simplement fier et heureux d’avoir travaillé aux côtés d’un homme politique, homme d’État, serviteur du bien public, qui a de 81 ans Michel Rocard : un vieux monsieur plein d’allant, mais ménage-toi un peu Michel, moi et quelques autres nous tenons à te garder le plus longtemps possible.

 

Oui tu es un vieil homme politique, c’est même toi qui date tes débuts : « Le 12 mai 1945, j’ai décidé que je ferais de la politique. À l’époque, je n’avais pas 15 ans et la Seconde Guerre mondiale venait juste de se terminer. »

 

Je fais le compte : 66 ans de vie politique, c’est un beau bail !

 

Le pourquoi de cet engagement précoce ?

 

Michel est « éclaireur unioniste », scout protestant, et chaque dimanche en compagnie d’une vingtaine de ses camarades il se rendait « dans les splendides forêts proches de Paris pour apprendre à connaître la nature et pratiquer divers jeux collectifs. » Mais « Un jour, au cours du printemps 1945, notre chef de troupe nous apprit que la prochaine activité ne serait pas une balade en forêt, mais l’accueil de « déportés », des hommes et des femmes revenus de l’horreur. La guerre finissant, on commençait, en effet, à mesurer la nature et l’ampleur des abominations commises. »

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Un choc terrible

 

« Plusieurs matins de suite devant quelques grands immeubles parisiens (moi, c’était l’hôtel Lutétia), on devait d’abord attendre le retour des déportés affaiblis, presque incapables de marcher ; puis, il fallait les emmener à l’enregistrement, à la douche, au rasage des barbes ; enfin, nous étions chargés de les accompagner jusqu’aux lieux de leur logements provisoires

Une fois les cars arrivés, nous les jeunes avons découvert avec effarement des hommes été des femmes hagards portant encore des tenues à rayures, l’uniforme des camps. Ils donnaient une impression de totale désolation. Chez certains, dont les yeux vitreux se perdaient nulle part, on ne percevait plus de regard. Beaucoup éprouvait beaucoup de difficultés à parler, à se faire comprendre. Je me souviens qu’il fallait les aider en les tenant par le bras d’un appui très ferme, et jamais je n’ai oublié ces terribles images. »

 

Tout ça pour dire que Michel Rocard vient d’écrire un petit livre à l’attention des jeunes : La politique ça vous regarde chez gallimard jeunesse giboulées 10€. Si ça vous dit de l’offrir à une jeune pousse à la veille d’une nouvelle échéance, je vous le recommande.

 

Michel à deux profondes certitudes :

 

-         Il n’y a de politique efficace que compétente. La gestion des affaires publiques est très difficile. Les décisions à prendre sont complexes, variées, fréquemment entremêlées d’intérêts contradictoires. Et, si la politique relève sans doute de la vocation, elle ne saurait se pratiquer sans l’usage de nombreux savoirs, qu’il faut acquérir comme on apprend un métier. 

-         L’exercice du métier politique suppose de constamment faire des choix qui, en règle générale, ont une forte dimension morale y compris pour des questions relevant de la vie quotidienne. Bien entendu, l’information détaillée et la réflexion permettent de décider en fonction de différents critères. Mais la morale devrait toujours rester le socle déterminant de l’action.

 

Faute de respecter ces deux principesla compétence et un code éthique –, la politique devient aveugle et peut vite dériver vers des chemins dangereux.

 

Aujourd’hui, nous ne vivons plus chez nous daans une situation dramatique similaire à celle d’une guerre avec son lot de souffrances criantes. Mais nous traversons une période de crise indéniable, en particulier financière, qui laisse planer beaucoup de peur et d’incertitudes. Du coup, même s’il existe des mouvements de protestation (par exemple, chez les jeunes, celui des « indignés »), l’envie de faire de la politique et de s’y engager pleinement diminue. Ou alors, trop de gens la conçoivent comme un moyen de promotion, voire comme une possibilité de se procurer de l’argent facile. Ce n’est pas admissible. »

 

Meilleure santé à toi Michel, fais ça pour ceux qui te sont chers, un peu aussi pour moi et pour tous ceux qui pensent que ta voix porte une parole d’homme de bonne volonté...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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commentaires

Luc Charlier 04/04/2012 20:24


Je m’attendais à ce que ce billet sur le vieux sage de Conflans Ste Honorine, très intéressant, déclenche une foule de
commentaires.


- Nenni !


Tes lecteurs de droite n’en ont rien à cirer : le nabot grincheux grimpe dans les sondages et ils le voient déjà réélu. Cela
suffit à leur bonheur. Pas au notre, malheureusement.


Tes lecteurs de gauche n’osent rien dire : ne ferait-il pas bon être rocardien en Hollandie ? La guéguerre des
« courants » (pas beaucoup de courant alternatif ni de courant fort, si vous voulez mon avis) va flamber.Vas-y Jean-Luc, il y a une petite place pour de vraies idées de gauche. Ce n’est
pas la social-démocratie qui nous redonnera l’espoir !


 

Luc Charlier 02/04/2012 21:28


Voilà un engagement clair et net, et qui fait plaisir. Surtout que tu n’as pas grand chose à y gagner : tes vaches et ton
Calvados, et tes AOC .... ne concernent pas vraiment les régions polaires !


Sans le connaître aussi bien – je ne vivais même pas en France – et bien que professant des vues « plus à gauche » 
(qu’est-ce que cela veut dire exactement ?), j’ai toujours eu de l’estime et du respect pour ton bonhomme. Je le crois aussi intègre qu’il est possible de l’être dans ce métier.
Contrairement à ce qu’on entend dire, je trouvais qu’il expliquait bien ses positions – malgré une élocution parfois imparfaite, c’est vrai.


Une question cependant : pourquoi vouloir le garder « le plus longtemps possible » ?


Il doit être là tant qu’il est bien, tant que lui le sent. Après .....


J’ai perdu l’an passé un père qui était très diminué depuis trop longtemps .... pour lui,  pour nous. Souvenez-vous du vieil Indien de « Little Big Man » (A. Penn) : « It’s a good day to die ! ».


Je pense même que je vais faire lire son petit livre à La Loute, qui n’en a rien à cirer de la politique (à 21 ans !).


Enfin, si elle veut bien ...


 

JACQUES BERTHOMEAU 02/04/2012 21:46



Oui, oui Luc c'est le Rocard que j'ai entendu il y a quelque jour sur France Inter face à des jeunes au Lutétia que je souhaite garder



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