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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 00:04

POUFDouard_3881.jpgJ'aime beaucoup le regard que portent sur nous nos proches voisins - surtout celui de ceux qui ont longtemps vécu dans notre vieux pays - car il constitue un merveilleux antidote à notre suffisance et notre arrogance nationale qui nous font adopter des postures de donneurs de leçons à la terre entière.
Nos amis italiens savent mieux que quiconque se moquer d'eux-mêmes comme en témoignent de merveilleux films comme les Monstres de Dino Risi (qui se joue en ce moment à Paris) avec Ugo Tognazzi et Vittorio Gassmann, ou « donner sans complaisance une image critique et parfois extrêmement cruelle de la politique nationale.» comme dans le récent Il Divo de Paolo Sorrentino, retraçant la sinueuse carrière de l'inoxydable Giulio Andreotti.
Alberto Toscano, journaliste et écrivain, qui habite en France, à Paris, depuis 1986, lorsqu'il écrit sa « Critique amoureuse des Français » chez Hachette www.hachette-litteratures.com , pour moi fait oeuvre utile même si notre amour-propre dut en souffrir.

Bien évidemment, pour vous mettre en appétit, je vous propose en « Morceaux Choisis » le chapitre intitulé La France, patrie du vin, je suis sûr qu'il va plaire à celles et ceux qui, comme moi, pensent, comme l'écrit Alberto Toscano que « le vin est le mariage idéal entre la magie du terroir et le savoir-faire de l'homme, béni par une divinité, Chronos, le temps, qui lui permet d'acquérir son caractère et ses vertus.»  Beaucoup de chapitres devraient vous passionner comme par exemple : Carla Bruni est une chanteuse ou l'ENA est la pépinière de l'élite française ou Zidane avait raison...

Et puis, soyons optimistes comme Alberto Toscano, qui écrit qu'il est faux de penser que les Français ne savent pas rire d'eux-mêmes. Et de rappeler l'un des tous premiers dessins du Canard Enchaîné, né pendant la Première Guerre Mondiale, où un poilu dit à un autre : « Ne t'inquiète pas, pendant la guerre de Cent ans, ils sont tous morts de vieillesse !»

                                La France, patrie du vin

«  La France, patrie du vin » affirme Le Courrier international (3 avril 2007) dans un article au titre évocateur : « In vino veritas ». La vérité est plus compliquée : la France n'est pas « la patrie du vin », mais elle appartient à un ensemble européen qui peut légitimement se définir par cette expression. Dans Mythologies de Roland Barthes, le texte sur le vin commence ainsi :  «le vin est senti par la nation comme un bien qui lui est propre, au même titre que ses trois cent soixante espèces de fromages et sa culture. C'est une boisson totem, correspondant au lait de vache hollandaise ou au thé absorbé cérémonieusement par la famille royale anglaise.» 

 

S'il y a un produit présent dans les cinq continents, mais différent d'une région à l'autre, d'un département à l'autre et même d'un champ à l'autre, c'est bien le vin. Le vin a depuis toujours une connotation sacrée. Le vin de messe s'identifie même au sang du Christ. Le vin est le mariage idéal entre la magie du terroir et le savoir-faire de l'homme, béni par une divinité, Chronos, le temps, qui lui permet d'acquérir son caractère et ses vertus. Sans le temps, on peut créer du Coca-Cola, mais pas un barolo ou un bordeaux.

Comme les hommes, les vins ont chacun leur caractère et en général on peut trouver en eux du bon et du moins bon. Mais cela dépend, aussi, du caractère, de la bouche et de l'état d'âme de celui qui y goûte. Ainsi la magie peut se renouveler à chaque repas humain, comme à chaque repas divin. A chaque dîner, comme à chaque messe. Le vin est l'histoire même de l'homme.

Il y a des situations où le recours à la figure réthorique de la tautologie n'est pas déplacé. On peut donc affirmer avec une grande détermination que la France est la patrie des vins français ! Ceux-ci sont parfois excellents, parfois acceptables et parfois nuls, exactement comme les vins italiens. France et Italie représentent cent vingt millions d'habitants qui consomment en moyenne cinquante litres de vin par an chacun. Santé. Salute. Tchin tchin. Prosit. A condition de ne pas exagérer. Dans son numéro du 15 janvier 1899, le journal Le Correspondant médical tirait la sonnette d'alarme en disant : « L'enfant boit ! Dans les cafés, le dimanche, à Paris, on voit les enfants prendre un verre de vin avec leurs familles. Les nourrices donnent du vin à leurs nourrissons et s'esbaudissent de leur exubérante gaîté.» Une scène d'une autre époque. Aujourd'hui, les enfants préfèrent le cannabis. Le même journal se lançait dans la considération suivante au sujet de la relation vin-langue : « L'argot français, nous dit Lombroso, a quarante synonymes pour désigner l'ivresse, vingt pour rendre l'action de boire, huit pour désigner le vin, soit en tout soixante-douze, tandis qu'il n'y en a seulement dix-neuf pour l'eau.»
Si un jour le bon Dieu jugeait les pays à leur vin 'qui, pouvant devenir le sang de son fils, a presque une obligation morale de respecter certaines normes de fabrication), la France mériterait le paradis grâce à une série d'innovations fondamentales que ses paysans ont su introduire depuis des siècles dans la culture du vignoble et dans la production du vin, en particulier dans le Bordelais, en Bourgogne et dans la magnifique campagne entourant les châteaux de la Loire. Bien qu'absent de la messe (au moins jusqu'au prochain concile), le chamapgne a en soi quelque chose de divin grâce à la qualité de ses bulles et au génie du religieux bénédictin, qui a tant fait pour sa création : dom Pérignon (1639-1715).

Malheureusement, la France est aussi responsable d'un péché vinicole qui risque de se répandre dans le monde entier et qui adéjà envahi l'Italie : le commerce du vin nouveau, qui dans l'écrasante majorité des cas be devrait pas (à mon avis) porter le nom de vin. L'idée même du vin nouveau est une contradiction en soi, parce que le vin est un fruit de la patience. Paul Claudel, dans son discours du 2 mai 1935, pour l'inauguration de la Foire Internationale de Bruxellles, l'illustrait bien : « Le vin est le fils du soleil et de la terre, mais il a eu le travail comme accoucheur. Comme les grandes oeuvres et les grande pensées, il ne sort pas du pressoir tout prêt à être englouti par un estomac avide et distrait. Il lui faut la collaboration de l'art, de la patience, du temps et de l'attention. Il lui faut un long séjour dans la nuit pour arriver à ce chef-d'oeuvre de saveur où le cerveau trouve autent d'émerveillemnet que le palais 1.»

 

En revanche, la liturgie annuelle du beaujolais nouveau, le troisième jeudi de novembre, est un pur phénomène d'image et de communication, qui montre jusqu'à quel point la télévision et la presse ont été capables de pervertir le palais de millions de consommateurs, heureux (les pauvres !) de goûter une boisson à la saveur artificielle plutôt que d'acheter, au même prix, des côtes-du-rhône ou des côtes du Ventoux tout à fait convenables.

L'idée même de pouvoir enlever au vin l'une de ses caractéristiques fondamentales - le temps - est quelque part blasphématoire. Le vin est divin. Il ne peut pas avoir de patrie parce qu'il doit contribuer au bonheur de l'humanité tout entière (sans en abuser bien entendu !).

1. Le Figaro, 5 mai 1935.

En tant que Secrétaire Perpétuel autoproclamé de l'Amicale du Bien Vivre, dites des Bons Vivants, j'élève Alberto Toscano au rang de membre d'honneur de notre Amicale et le nomme missi dominici en charge de la propagation de notre réseau citoyen dans la Péninsule.

Je dédie cette chronique à l'un de mes collègues du cabinet de la Présidence de l'Assemblée Nationale en 1981, un garçon délicieux, élégant et cultivé, Laurent Aublin, frappé il y a quelque temps par un mal terrible, une sclérose latérale amyotropique, qui vient de nous quitter et que nous porterons jusqu'à sa dernière demeure aujourd'hui.
Diplomate, ambassadeur de France en Thaïlande lors du tsunami, il séjourna un temps, dans les débuts de sa carrière, au Palais Farnèse à Rome. Amoureux de l'Italie, il en ramena un objet culte : une Fiat 500 à boîte de vitesses revisitée par le génie d'un garagiste romain. Pendant des semaines je fis son siège pour qu'il me vende le merveilleux engin. Rien n'y fit, Pascale son épouse, que j'embrasse affectueusement, s'y opposa. Signe du destin, j'ai appris son décès au sortir de la séance des Monstres de Dino Risi, au Grand Action, film dans lequel le petit bolide de Fiat tient une grande place entre les mains expertes des 2 monstres du cinéma italiens : les grands et formidables Vittorio Gassmann et Uggo Tognazzi. Adieu l'ami, adieu Laurent nous t'aimions bien...

 

QUESTION N°9 : I

 

-         I comme vin d’Ischia, sous quel nom, d’une île voisine célèbre, les officiers américains dans la Peau de Curzio Malaparte désigne-t-il aussi ce vin ?

-         I comme Irancy, à quel canton, au nom qui coule si bien, est rattachée cette commune qui donne son nom à l’appellation ?

- I comme Irouléguy, quel est le nom du grand peintre basque exposé au musée de Bayonne qui illustre ma chronique « vin Basque » publiée en mai 2007 

 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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Norbert 16/07/2009 11:20

Le champagne comme vin de messe? Voilà une idée qui mériterait tout de même un petit commentaire de la part d'un ancien enfant de choeur, car il faut imaginer les difficultés de service! En tout cas, il faudra effectivement un prochain concile pour y parvenir car depuis celui de Florence en 1439 le vin de messe est le produit exclusif de la fermentation naturelle du jus ou du moût de raisin. On pourra aussi relever, en passant, qu'à cette époque, on buvait essentiellement des vins nouveaux, bien avant le beaujolais!

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