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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 08:00

photoMarie1.jpg

Marie de Saint-Drézéry, marquise de Bombon, vivait dans un grand loft de la place Fürstenberg, à quelques pas de Saint Germain-des-Prés, en compagnie de son chat dénommé Lénine, en souvenir du séjour de celui-ci, avec sa mère et sa sœur l'été 1909, dans le village briard de Bombon et de Tintin au Congo un mainate religieux qui jurait comme un charretier. Orpheline très jeune elle avait été élevée par un couple d’excentriques américains, grands amis du défunt marquis son père, amateurs d’art contemporain et de bonne chère. Pour être proche de la vérité Marie poussa telle une herbe folle, loin de l’école, baguenaudant dans le quartier où les habitués du Flore la laissaient picorer dans leur assiette et vider leur verre. Toute tachetée de son, le nez en trompette, de grands yeux vairons, des cheveux de foin, un long cou entre des épaules frêles et aucun goût pour se vêtir, lui avait valu le surnom de hérisson. De temps en temps elle faisait des extras au rayon charcuterie de Monoprix rien que pour le plaisir de voir passer les chalands et de s’empiffrer de Rosette de Lyon. Si ses clients avaient su que cet épouvantail à moineaux se trouvait être l’unique héritière de beaux châteaux à Bordeaux, rien que des Grands Crus Classés, sur que notre Marie aurait eu plus de succès. Elle s’en fichait d’avoir du succès. Jamais elle n’avait mis les pieds sur ce qui serait un jour ses propriétés car elle était allergique à tout ce que la campagne peut générer comme pollen ou autres trucs allergènes. Ses deux oncles et trois tantes, tous sans descendance, géraient dans une société en commandite simple son futur bien et lui versaient une rente qui suffisait à son bonheur.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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commentaires

François Audouze 21/07/2011 10:37



Merci.


Alors j'ai tout faux, mais c'est fou ce que ça ressemble à Voutch !


 


Chapeau pour le talent littéraire.



François Audouze 21/07/2011 09:24



C'est un très joli texte, provenant apparemment d'un roman de Jacques.


Peut-on en savoir plus, ou s'agit-il d'un récit à épisodes comme le suggère le "(1)" ?


Je suppose que le dessin est de Voutch (?), dessinateur que j'adore (si ça n'est pas de lui, ça y ressemble). Quelle en est la légende ?



JACQUES BERTHOMEAU 21/07/2011 09:32



C'est la première carte postale de ma grande saga de l'été (voir le post précédent) et le dessin est une illustration d'un catalogue NICOLAS 1933 pour les vins de Bordeaux par Jean Hugo



Luc Charlier 20/07/2011 21:09



Ce
sont les gens de Puech-Haut qui vont être contents de ta déclaration, Michel. Sais-tu que tu t’attires les foudres des descendants de l’évêque de Maguelone et de la famille de Cambacérès, sans
compter ta copine Joan Baez :


 


« Olé, Mulher Rendeira,
Olé mulhé rendá
Tu me ensina a fazer renda,
eu te ensino a namorá.
Lampião desceu a serra
Deu um baile da Cambaceira
Olé, Mulher Rendeira,
Olé mulhé rendá » ?





Michel SMITH 20/07/2011 20:45



Il y a du Divin Marquis dans l'air... Quant à Saint Drézéry, cela m'évoque un cru languedocien à l'abandon. 



Luc Charlier 20/07/2011 08:46



Oui, l’été sera chaud – sauf dans les P.O.


Si Léon ne digresse pas quand il crée, il digresse toujours quand il commente. Je ressens immédiatement un frémissement à l’évocation du nom de Fürstenberg (la montagne aux souverains !). Tout d’abord, le patronyme même
de la famille « von und zu Fürstenberg ». Ça en jette, non ? Même la marionnette de Jack Lang trouverait cela « chié ». Ensuite, les porcelaines homonymes, avec leur blanc nacré et leurs bleus .... de Prusse évidemment. Cette bourgade des bords de la Weser abrite en
effet une manufacture digne de Sèvres ou de Wedgwood. Et on  se situe un peu au sud de Hanovre, patrie de tant de nos monarques européens – vous
connaissez ma fibre royaliste – et de chevaux au garrot élevé et au trot en extension si enlevé. Entre le ... Gotha et le haras (Niedersächsisches Landgestüt) de Celle, je sais où va ma
préférence : à la selle évidemment.


Deuxième sujet : le crypto-portrait psychologique du sieur Berthomeau. Jugez plutôt la profusion de prénoms féminins figurant
dans ce texte de vingt lignes (par ordre d’apparition, comme dans l’interminable introduction de « Guerre et Paix », Война и мир) : Marie, Flore (à propos, où restent les
chroniques de la douce Fleur ?), Rosette. Et pour les hommes, on ne retrouve que Germain (un comble, non ?). Enfin, la politique réapparaît aussi : Lénine !
Qu’en déduisez-vous ? Simple comme tout : notre Jacques est un « womanizer » ayant encore la hantise du
schleu et des cocos. C’est sûr, si Sarko se représente – ce que je ne crois pas – il a toutes ses chances d’obtenir un maroquin. Il ferait contrepoint à Doc Gynéco, Gros Douillet et Koushner. On
m’a dit que ceux-ci se sont associés pour créer ensemble les « Anodins sans Frontières ».



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