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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 08:10

photoVdeV.JPG

 

Comme nous tous, ma seule certitude, depuis que je suis né, c’est que la mort m’attend au bout de la route et, comme je ne sais, ni le jour, ni l’heure, je n’en ai rien à péter de cette vieille pétasse de noir vêtue. J’ai horreur du noir, de ces filles du métro toujours en noir : de qui portent-elles le deuil ? Je crois que c’est de la peur de vivre. Alors pourquoi fêterais-je la mort qui imprime sur notre générique le mot FIN ? Je préfère plutôt vous inviter à vous préparer à fêter la mienne…


En effet, comme je suis fou, tel un Salvador Dali sans moustache, au grand désespoir de notre Michel Smith sis tout près du « centre cosmique de l’univers » soit la gare de Perpignan, de la Marche Funèbre de Frédéric Chopin et de la Symphonie funèbre et triomphale d’Hector Berlioz, j’entends bien que ces 2 œuvres soient le seul ornement qui accompagnât la suite naturelle de mon trépas. Ni fleurs, ni couronnes, ni cérémonie, pas de cordons du poêle, pas d’oraison ni d’éloges hypocrites, y’a pas matière, rien que le doux ballet, à l’à pic de là où l’on déposera ma bière en terre, des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie…


Donc : « Musique maestro ! »

 

Vraiment je vous invite à auditionner (35mn) la Grande Symphonie funèbre et triomphale, Op. 15. d’Hector Berlioz interprétée magistralement par le Central Military Band of the Russian Ministry of Defence.

Conductor: Valery Khalilov and Sergei Durygin (chorus)

Soloist: Erkin Yusupov (trombone)

Tchaikovsky Concert Hall of the Moscow Philharmonic

 

1. Marche funèbre (Funeral march, Похоронный марш)

2. Oraison funèbre (Funeral oration, Похоронная речь)

3. Apothéose (Apotheosis, Апофеоз)

 

En ma jeunesse en soutane, tout comme François des Ligneris, j’ai tant et tant accompagné avec le curé le corbillard tiré par un cheval empanaché et poussif, porteur de la croix ou d’un chandelier, et parfois du seau d’eau bénite dans lequel barbotait le goupillon avec lequel la bière serait aspergée par la famille et les amis du mort. J’aurais tant aimé que ces transports fussent musicaux comme ceux que l’on  voit dans le Sud de l’Italie avec un orphéon précédant le corbillard ou même comme aux funérailles de Luciano Pavarotti sans les officiels.


Comme je les aime tant vous ferez donc péter les couleurs et, même si je ne pourrai sécher les torrents de pleurs des éplorées lorsqu'elles redescendront du cimetière, il faudra que vous me fassiez fête, en faisant péter aussi les bouchons pour faire honneur au cochon. Je m’entends, je fais référence au mâchon post-funéraire qui est une tradition et non à celui qui sommeille en moi.


Bien sûr, tous bien serrés autour de la table, vous serez alors en manque, mes chroniques ne tomberont plus à l’heure du petit déjeuner où vous vous délectiez, sans que vos tartines embeurrées viennent souiller ma prose, de mes élucubrations longues comme un jour sans pain. Pour vous consoler vous pourrez toujours les imprimer sur vélin et les faire relier plein cuir pour dire à vos petits-enfants : « C’était le Taulier… un gars et bla et bla… »


Trêve d’apitoiement, pour faire plaisir à un gus, qui se pare du doux nom de Lebaron, ça a un petit côté agneau, qui, fuyant les terres grasses et herbées de la Normandie profonde, s’est exilé en un plein Sud venté plein de sangliers. L’heure donc est au MENU, un  dernier accord mets-vins pour faire plaisir à mes groupies gâte-sauce.


C’est simple : Pot-au-feu de cochon suivant la  recette  du chef de la  Villa9trois www.villa9trois.com

 

Sabodet de chez bobosse (saucisson de tête de cochon)

Cervelas pistaché de chez Colette Sybila

Lard fumé d'Alsace

Travers de cochon et échine demi sel

Caillette aux herbes


photopotof.JPG

Pour le vin que le ShowViniste veut vivant j’en ai choisi un qui vient du Royaume des Morts Vivants.


Je vous mène par la main, alors que suis encore des vôtres, sur le Piémont nord-Pyrénéen, dont le climat, sous une double influence océanique et pyrénéenne, se distingue par une pluviométrie assez forte au printemps, et des variations importantes de température entre jour et nuit tout au long du cycle végétatif. Cet écosystème unique a permis de sauvegarder un patrimoine génétique exceptionnel où s'épanouissent des cépages autochtones très typés comme le Tannat, qui signe les vins de Madiran ou de Saint Mont rouges, ou encore le Gros et le Petit Manseng pour les blancs.


Ce Piémont est le paradis des « lambrusques », vignes sauvages jamais cultivées par l’homme, naturellement présentes en appui sur les troncs d’arbres… Des cépages totalement inconnus, pas même hermaphrodites (donc peu sélectionnées par l’Homme), y ont été découverts. Les vignerons de Plaimont Producteurs ont su les protéger et les étudient depuis plus de 30 ans à travers un travail de recherche minutieux. Ils mènent à présent des micro-vinifications sur une partie de ces cépages


« Vignes Préphylloxériques », millésime 2011, en AOC Saint-Mont.

 Saint-Mont-VPP2011.jpg

« Ce vin hors du temps provient d'une vigne datant de 1871. Plantée sur un sol de sables fauves, la parcelle a ainsi résisté au phylloxéra qui a décimé le vignoble français à la fin du XIXème siècle.


Idéalement située sur le coteau le plus en altitude du village de Saint-Mont, cette vigne de 48 ares fait face au Monastère. Son terroir extrêmement drainant est composé de sables fauves sur une profondeur de plus de 2 mètres. Au-delà, le sol est argilo-calcaire.


Vestige de la biodiversité du Piémont Pyrénéen, la parcelle présente une large majorité de pieds de Tannat, un pied de Pinenc, et quelques pieds de cépages blancs anciens, non vinifiés dans cette cuvée ; historiquement, les familles possédaient leur « jardin de vigne » avec différentes variétés locales et élaboraient alors le vin « de la maison », boisson désaltérante composée de cépages rouges et blancs.


Entourée de figuiers centenaires, palissée en hautains, la vigne a vraisemblablement toujours été soutenue par un fil. Elle nécessite naturellement des attentions très particulières et des soins sur-mesure pour chaque cep : sur certains on laissera deux grappes, sur d'autres quatre ou cinq...

viewerPlaimont2.png

La production pour ce millésime 2011 est de 1345 bouteilles, numérotées, disponibles par souscription, en réseau traditionnel pour la France. »


Plaimont Producteurs préserve plusieurs vignes de plus de 100 ans d’âge, dont certaines parcelles préphylloxériques uniques en France. Ces très rares parcelles sont de véritables "jardins-musées" ; situées majoritairement sur l'aire d'appellation de Saint Mont, on en compte quelques-unes en Madiran.


La plus ancienne date du Premier Empire. D’une superficie de 20 ares, elle est située à Sarragachies dans le Gers, au cœur de l'appellation Saint Mont. Evènement unique en France (ce fut une première), elle a été inscrite en juin dernier par la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites (CRPS) de Midi-Pyrénées au titre des monuments historiques...


Cette inscription se base avant tout sur trois arguments scientifiques :


- Miroir de l'encépagement ancien, la parcelle renferme 20 cépages différents dont 7 jamais répertoriés antérieurement ;

- Elle est le dernier représentant de méthodes culturales aujourd'hui disparues : souches franches de pied, plantation réalisée en pieds doubles (deux souches accolées au même piquet de soutien) et disposée en carré (2x2 m), conduite des souches en hautains appuyées sur leurs piquets ;

- Enfin, son âge d’environ 200 ans en fait l’une des plus anciennes de France, puisqu’elle a été préservée des attaques du phylloxéra grâce à son sol sableux.


Pour Joël Boueilh, Président de Plaimont Producteurs, « Cette inscription est la plus belle reconnaissance du caractère historique exceptionnel de notre parcelle qui, à près de 200 ans, est le témoignage vivant d'un savoir-faire ancestral, perpétué depuis des générations. »

La vinification est effectuée en petit cuvon, par pigeage doux à la main, sur le site du lycée viticole de Riscle, le village voisin de Saint-Mont. La fermentation malolactique est faite immédiatement en fûts sur le site de Saint-Mont. L'élevage a été réalisé dans deux fûts neufs et dans trois fûts de un vin. »


Voilà, comme dab le Taulier s’est tapé tout le boulot, il ne vous reste plus qu’à prendre place autour de la table. Le contrat (1), au sens Sicilien avec Lebaron, notre Parrain du Jour, est rempli. La dernière gorgée c’est bon pour les films. Le taulier a toujours le vin gai car il ne boit jamais seul, mais toujourds en bonne compagnie. Alors, lorsqu’il aura passé l’arme à gauche, toujours à gauche le vieux, vous savez ce qu’il vous restera à faire.


(1)    « Alors je vous invite à nous faire partager le vin du dernier festin. Quel serait l’ultime vin à retenir ? Avant un dernier souffle, quelle serait votre dernière gorgée ? Aurez-vous le vin gai ou le vin triste ? Serez-vous seul ou accompagné ? Et si cette fin vous effraie, passez donc à l’étape d’après et imaginez le vin de vos funérailles, qu’aimeriez-vous laisser dans votre cave pour arroser vos amis ? »


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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Vendredi du Vin
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Luc Charlier 01/12/2012 11:34


Jacques, assure-toi que Marc Van Hellemont a lu ce billet, il l’intéressera au plus haut point.


J’étais dubitatif – on prétend tellement souvent que des vignes sont « préphylloxériques » alors qu’elles sont simplement
franches de pied – jusqu’à la précision du peu de grappes portées et des soins jaloux qu’on lui accorde. Amusant aussi le saut de « plus de 100 ans » à « presque 200 ans »,
comme si « plus vieux lave plus blanc ».


Nous vivons la même chose avec les « vieux » carignans en Roussillon : 1903 est-il mieux que 1915 comme date de
plantation (quand on peut en apporter la preuve) ?


Cela étant, je ne crois pas que les vieilles vignes sont meilleures simplement en raison de leur âge. Il me semble que le raisonnement
inverse (la poule ou l’oeuf) prévaut : les vignes bien nées, d’une bonne série de clones (avant que ceci n’existe) – je veux dire provenant d’une population de base appropriée – et mises au
bon endroit ont permis un développement harmonieux de leur arbre racinaire. Si en plus les vignerons successifs les ont menées intelligemment et si le climat leur convenait .... alors, tous ces
éléments les ont conduites à un grand âge. La sénescence en diminue spontanément le rendement tout comme les vieillards pleurent moins abondamment que des ados – je m’arrêterai là pour la
comparaison. Mais il arrive un moment où la « vieille » vigne devient réellement trop vieille : on voit apparaître des « manquants », la floraison se
passe moins bien et la maturation des baies aussi. A ce moment-là, les jus baissent en qualité et les peaux offrent des tanins rugueux.


Dans certains vignobles, le terme « préphylloxérique » est impossible : dans la haute vallée du Douro, la destruction
fut quasiment totale avant le tournant du XXème siècle. A Quinta do Noval, par exemple, le vignoble qui donne la cuvée « Nacional » est bien franc de pied mais date des années ‘20, si
mes infos sont exactes. Son rendement est ridiculement bas mais les vintages issus de ces rangées – quand il est déclaré – sont réellement fantastiques. Au Chili, le « puceron » n’a pas
(encore ?) sévi et donc il n’y a pas de période « post-phylloxérique ». Les agents de la CIA font tout ce qu’il peuvent pour infester le pays, mais ils ont mieux réussi avec macdo
en France qu’avec vastatrix en Amérique Latine .

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