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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 11:09

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Même si l’exprimer ainsi semble enfoncer une porte ouverte : le jeudi qui est la veille du vendredi, garde toujours pour moi une saveur d’enfance car c’était le jour où il n’y avait pas école (le dimanche aussi mais y’avait ce jour-là un autre pensum : la messe et même les vêpres). Le vendredi c’était maigre : triste jour même si le poisson était bon.


Hier ce fut un drôle de jeudi, mal foutu, brinquebalant, avec une grande envie de ne rien foutre de se reposer en se disant « à quoi bon t’agiter dans tous les sens, laisse pisser… »


Et mon dentiste à qui je parle de mes acouphènes me balance : « vous devez avoir un SADAM… » Je frémis et lui de se gondoler en me traduisant son sabir : « Syndrome Algo Dysfonctionnel de l'Appareil Manducateur » et il s’avère à l’examen que j’ai bien un SADAM ! Beau début de jeudi qui par bonheur se terminera en beauté sur la Butte : il ne faut jamais désespérer de ses journées…


Ce vendredi matin, mon cher hébergeur est en rideau : ça m’énerve l’impuissance ! Tient, ils viennent de réparer les tuyaux : ma chronique va vous inonder.


Bref, puisque cette chronique risque de ne jamais vous arriver je me suis dit : laisse-toi aller à te raconter. Mérite de l’écriture en direct : elle va vous tomber sur le râble.


J’en reviens au jeudi.


Ne travailler que 2 jours par semaine, mon rêve de sauvageon en culotte courte et en blouse grise ! La semaine des 4 jeudis, quoi ! Allez à l’école ne m’a jamais vraiment plu, ni forcément déplu d’ailleurs, simplement je détestais être enfermé pendant des heures à soi-disant apprendre : écrire, lire et compter. Nous vivions sous le régime de la classe unique au rythme des plus lents, et Dieu sait si, dans le fin fond de la Vendée des années 50, aller à l’école pour les fils de paysans étaient encore considéré par leurs parents comme une perte de temps, ou plus exactement des bras qui manquaient pour le travail à la ferme. Alors, le cul posé sur mon banc de bois je rêvassais, tout en donnant le change, et j’attendais que ça se passe.


Ainsi, dans ma petite tête, travailler à toujours signifié « travailler de ses mains » et que, travailler avec sa tête relevait d’une activité où seule la liberté était le gage de la créativité. Vivre et travailler au grand air a été pendant très longtemps mon unique horizon. Même lorsque je basculai, sûr le conseil de mes maîtres : nous écoutions nos maîtres en ce temps-là, vers les études : « continuer ses études » disait-on, je ne me voyais pas vivre enfermé le cul posé sur un fauteuil derrière un bureau. Que faire alors, puisque je n’avais pas appris un métier ? Je dois vous avouer que je n’en savais fichtre rien. Mes études de Droit entamée pour mettre le cap sur l’ENA : mon aumônier, l’abbé Blanchet, m’avait dit tu vas faire l’ENA comme mon neveu Michel Albert, et j’avais dit oui pourquoi pas mais je ne savais pas ce qu’était l’ENA. Par bonheur il y eu mai 68 qui me fit jeter aux orties une carrière réglée comme du papier à musique.


Je ne vais pas vous narrer le détail de mon parcours professionnel mais simplement souligner, qu’en dépit de mon statut de bureaucrate, qui dans ma tête reste au fond celui d’un inutile, la fameuse étiquette de « haut-fonctionnaire parisien » que l’on m’a si gentiment collée sur le dos à la suite de mon Rapport, j’ai passé très peu de temps de ma vie derrière un bureau. J’aime trop le grand air, la liberté pour rester ainsi river à des tâches paperassières. Pour autant je n’ai pas la bougeotte mais ce que j’aime par-dessus tout c’est me colleter avec les vrais gens, au plus près de chez eux, là où ils font. J’aime le contact, la confrontation, la force des convictions, faire en sorte que notre devenir commun soit mieux compris, partagé. Faire me semble naturel car c’est vivre et travailler s’inscrit dans cette philosophie où je ne fais aucune césure entre produire ce que mon employeur me demande (y compris sur mon blog où je suis mon propre employeur) et faire les courses, la cuisine, repasser, bricoler, changer une ampoule ou cirer mes godasses. Pourquoi aimer le travail pour le travail ? C’est comme si j’affirmais aimer respirer, je respire c’est tout. Comme la grande majorité d’entre vous je n’ai jamais eu d’autre choix que d’assurer par celui-ci ma survie.


Ce qui m’étonne encore aujourd’hui, à la veille de poser mon sac de salarié, c’est que toute ma vie professionnelle s’est déroulée avec pour toile de fond ce besoin extrême de garder ma liberté en ne sacrifiant pas à un excessif besoin de sécurité. Mes choix professionnels, mes non-choix aussi, ce que certains ont qualifié de chance, n’ont jamais répondu à un plan de carrière précis mais tout bêtement à faire ce dont j’avais envie. Et c’est à ce niveau que ce situe ma chance : d’avoir pu choisir.  Et en ce vendredi, lendemain de mes chers jeudis, avant d’enfourcher mon vélo, je me dis « toi mon Coco t’as vécu une vie rempli de semaines des 4 jeudis… Tu es un privilégié…. »


Et vous, n’avez –vous jamais rêvé de la semaine des 4 jeudis ?


 « La semaine des quatre jeudis » existe depuis le XVe siècle, mais fut d’abord « la semaine des deux jeudis ». A cette époque le jeudi était, comme le dimanche, un jour gras, c’est à dire un jour faste où l’on pouvait manger à volonté en prévision du lendemain, le vendredi, qui était, lui, un jour maigre, un jour de jeûne où l’on ne mangeait pas d’aliment gras..


Au XVIe siècle, par pur esprit d’exagération et pour renforcer le caractère impossible de la chose, la « semaine des deux jeudis » céda la place à « la semaine des trois jeudis ». On retrouve d’autre part la trace d’une semaine “des trois jeudis” dans l’oeuvre de Rabelais, “Pantagruel”:


Au XIXe siècle “la semaine des trois jeudis” devient celle “des quatre jeudis”, puis les enfants s’approprient cette expression quand le jeudi devient leur jour de repos scolaire (de 1945 à 1972) pour parler d’une semaine idéale mais imaginaire où l’on ne travaillerait que 2 jours (4 jeudis + 1 dimanche pour se reposer). Effectivement jusqu’en 1972, dans la scolarité française, le jeudi est jour de congé tandis que le mercredi est travaillé: l’abandon progressif du samedi après-midi comme période de travail amena à rééquilibrer la semaine en basculant le repos du jeudi au mercredi en septembre 1972 (arrêté du 12 mai 1972).


En bonus le Bordeaux d'Alain Juppé : qui c'est qui a écrit ça ?


 « Que diable le bon Bordelais Juppé est-il allé faire dans cette galère ? Déranger le maire de Bordeaux pour l'obliger à manger son chapeau me semble d'une indécence extrême. On m'a reproché de dire que Bordeaux était la capitale de la France, mais enfin l'expérience le prouve : quand l'Hexagone s'effondre, tout le monde se précipite à Bordeaux. Ça s'est vu en 1940, c'est de nouveau d'actualité ces jours-ci. On fait monter Juppé pour rien, Sarkozy va s'expliquer là-bas devant la justice. "Les Bettencourt ne m'ont jamais donné un sou", déclare-t-il. Un sou, sûrement pas, mais beaucoup plus peut-être, comme ne l'avouera pas le fonctionnaire Éric Woerth, soutien déterminé de Fillon. »


 

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