Vendredi 9 décembre 2011
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Au temps préhistorique où j’ai commencé à chroniquer sur le Net via overblog, pensez-donc en 2005 j’ai le souvenir des railleries de ceux qui adorent voir passer les trains sans
jamais y monter : « c’est un truc d’ados, tu perds ton temps Berthomeau… » et que vis-je dans mon rétroviseur au virage de la première décennie de ce XXIe siècle un peloton compact
de blogueurs de tout acabit jeunes louves et loups, vieux canassons, amateurs, journalistes, et ça frottait dur dans le peloton. Oubliés les ricanements, même la presse papier se mettait à faire
les yeux doux à tout ce petit monde et les invitations tombaient comme à Gravelotte. La gloire donc !
Nos lecteurs nous lisaient sur les écrans de leurs ordinateurs at home ou sur leur lieu de travail. Et puis vint le BlackBerry qui faisait gicler les mails en
direct dans les poches de mes lecteurs. L’écran restait de taille modeste. La révolution vint de l’IPhone : le lecteur se retrouvait en situation de consulter les chroniques en tout lieu.
Enfin vint la tablette : l’Ipad. Bref, l’Internet se voyait investi par la mobilité. À ce stade de ma chronique j’entends le chœur de ceux qui estiment que ce sont-là que des joujoux
inutiles et qu’il est possible de vivre sans. Mais c’est bien sûr et je ne le conteste pas mais ce qui m’intéresse ce sont ceux qui vivent avec. Que voulez-vous je suis curieux et même si le
cambouis de la technologie m’ennui je ne vois pas au nom de quoi je me désintéresserais de ce qui fait partie intégrante de la vie de la nouvelle génération.
Mardi dernier j’étais donc l’ignare au milieu de la mare des jeunes canards sachant s’ébrouer dans l’Internet mobile comme des skippers tirant des bords. À la
tribune j’ai beaucoup écouté, placé de temps à autre mon grain de sel pour jouer au vieux sage et tout au début en entendant Philippe Hugon évoquer la succession de plus en plus accélérée des
innovations j’ai repensé à mon Q’Teck acheté en 2007 pour piloter mon blog en tout lieu. Comme monsieur Jourdain j’ai expérimenté la toute première mobilité sans le savoir. L’engin ressemblait et
était un micro-ordinateur mobile que je pouvais connecter sur Internet via le satellite en tout lieu. Pour preuve : dans un TEOZ Paris-Nancy brinquebalant j’ai corrigé grâce à lui une
chronique truffée de fautes diverses et lorsque j’ai séjourné à Moscou j’ai pu grâce à mon Q’Teck mettre en ligne mes chroniques (en ce temps-là ça n’était pas automatique). La marque a été
depuis rachetée par HTC (firme canadienne).
Au musée de la chasse et de la nature (ouf !) dans une configuration tribune-salle qui ne prédispose pas forcément à l’échange, la qualité de la majorité des
intervenants a vraiment donné à cette journée une allure d’incubateur d’innovations et de transmission d’expériences. Bien sûr, chaque intervenant vient avec son discours bien huilé dont il a
parfois du mal à sortir mais c’est aussi l’objectif de cette journée que de donner la parole à des praticiens. Reste que Ryan O’Connell m’a encore bluffé par sa pertinence, son
humour, sa force de conviction, son sens aigu de ce qu’il faut proposer au consommateur, lui que j’avais connu un peu timide est devenu, grâce à son parcours, un vrai show man au meilleur sens du
terme. Prenez de la graine chez Ryan : il sait produire et vendre du contenu ! Robert Joseph, homme des marques, a tenu un discours très intéressant car il s’adresse
aux consommateurs de vin lambda, très Cap 2010 dans sa vision Vin de France. Toujours revigorant à entendre mais ceux qui devraient l’entendre n’étaient pas présents.
Des vignerons étaient présents, Etienne Hugel, Marc Perrin mais il n’en reste pas
moins vrai qu’en dépit de la qualité de l’auditoire il faudrait pouvoir toucher un plus grand nombre de ce qu’on appelle les TPE car l’outil Internet constitue pour eux une porte d’entrée sur le
monde extraordinaire et ce à un coût accessible. N’étant pas l’organisateur, et c’était impeccablement organisé par la jeune équipe de Vinternet : bravo !, mais il y a sans doute des
voies à explorer pour que tout d’abord il y ait une troisième édition et que celle-ci puisse attirer un public plus large, plus varié, plus nombreux. Pour moi il s’agit bien plus que de
l’information mais de la formation pour dédramatiser le maniement de ces nouveaux outils, pour dépasser les préventions face à ces innovations en perpétuelles évolutions.
Je lance une idée sans avoir consulté qui que ce soit aux interprofessions : et si vous proposiez à des vignerons, à des opérateurs motivés, à ceux de vos
structures qui s’intéressent à ces nouvelles fenêtres de prendre pour partie en charge le financement de leur venue à ce type de journée. Le coût serait mineur pour la structure et le retour sur
investissement auprès de cotisants motivés excellent. Moi je n’ai aucun intéressement dans cette affaire mais l’un des intervenants se plaignait de l’omniprésence des conseils anglo-saxons dans
le monde du vin alors pourquoi un pays qui se targue d’être un grand pays du vin n’investirait pas quelques milliers d’euros dans la bataille de l’intelligence pour que nous tenions un peu mieux
notre rang. Il ne s’agit pas d’un bête nationalisme mais du meilleur placement dans la génération qui monte.
Rassurez-vous nous avons aussi bu d’excellents vins : voir photos et le plateau n’était pas exclusivement masculin : par bonheur Anne-Victoire
Montrosier Miss Vicky Wine, tout de noir vaporeux vêtue, a apporté sa fougue et sa fraîcheur pour défendre avec
conviction l’un de ses nombreux enfants : Vinocamp ! J’ai beaucoup aimé aussi la prestation de Marc Roisin de Vinogusto.
Oui pour les gares citons la ville de Tours…



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