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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 07:00

Première bonne nouvelle depuis mon adhésion à l’UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet vient, dans un entretien au Parisien, ça va de soi, de se jeter dans le panier de crabes de la droite parisienne : « Oui, j'ai décidé d'être candidate à la Mairie de Paris, dans le cadre de primaires ouvertes. ». Toujours flamboyante la Nathalie « Paris, c'est un grand rêve ! C'est la ville des révolutions » lyrique même « Aujourd'hui, il reste des Bastille à prendre, des révolutions à faire. » Avant cela l’échevelé Borloo avait fait du Borloo en sortant soudain du bois, trois petits tours et puis s’en va : encore un mauvais coup du roquet de Meaux ont grincé les potes du cocker triste « Copé voit d'un mauvais œil que NKM prenne position à Paris. Il aurait eu intérêt à envoyer Borloo contre elle pour qu'ils se détruisent tous les deux ». Bref, l’amour vache règne entre les deux camps rabibochés qui ont transformés la direction de l’UMP en état-major d’armée mexicaine. Ce qui me plaît dans l’offensive de NKM sur Paris c’est qu’elle boute la Rachida hors du champ de bataille, une Dati que Bernard Debré avait étrillée, pire qu’une vieille carne « Rachida Dati est candidate à tout. Elle a déjà assez fait de mal en tapant sur tout ce qui bouge. Elle a fait un mal fou. Vous allez voir les noms d'oiseaux qu'elle va utiliser vis-à-vis de Nathalie Kosciusko-Morizet. Qu'elle arrête de faire des petites phrases. Elle a un ego tellement surdimensionné que ça en devient un petit peu fatigant ». Y’a pas photo, les sympathisants de droite adorent déjà NKM : elle recueillerait 57% des voix contre 11% pour Rachida Dati, 4% pour Jean-François Legaret et 2% pour Pierre-Yves Bournazel. Pour autant la partie n’est pas gagnée puisqu’Anne Hidalgo, recueillerait 62% des suffrages face à Rachida Dati (38%), 55% des suffrages face à Nathalie Kosciusko-Morizet (45%), 54% des suffrages face à François Fillon (46%).


Mais toutes ces réjouissances nous mènent déjà en 2014 alors que l’actualité, elle, galopait : « heureusement il y a Findus… » lançait en rigolant Boulagrand un grand normand bedonnant, carrure de Viking, face de brique, cheveux rouquin filasse, pognes larges comme des battoirs, descente vertigineuse. J’étais attablé face à lui et à une côte de bœuf, au Sévero, rue des Plantes, sa cantine bidoche. Antoine Boulagrand c’était la vieille école de la bidoche, garçon-boucher puis chevillard, le gars avait été recruté dans la grande et discrète maison du bas de l’avenue de la Grande-Armée parce que pistonné par monsieur Jean d’Epaignes ; lui il était de Selles où était né monsieur Jean ; pour celui-ci c’était les gars du pays d’abord, ceux avec qui il jouait aux dominos en se tapant des lampées de cidre, car ça créait des liens d’obligés, ça maillait son territoire, ça lui garantissait une omerta absolue car, celui qui aurait failli à la règle n’aurait pas pu rentrer au pays sans se couvrir de honte. La Compagnie était une grande famille avec les messieurs du haut que l’on respectait et où l’on saluait : monsieur Pierre-Louis d’abord, puis monsieur Gérard-Louis toujours entre Paris et New-York, enfin monsieur Robert-Louis, mais lui Boulagrand ne l’avait pas bien connu… Moi j’avais connu Boulagrand au moment de la crise de la vache folle où il m’avait permis de m’infiltrer dans les réseaux qui traficotaient pour détourner via l’Irlande l’embargo sur les viandes bovines anglaises. Lors de notre première rencontre, nous nous étions tapés une plâtrée de tripes à la mode de Caen  arrosée au Sidi-Brahim. Au début le Boulagrand, en bon normand, se montra très méfiant en dépit de mon adoubement par son vénéré monsieur Jean, il me parlait de ses pommiers et de son Calva, faire confiance à un gars de la grande maison ça le défrisait un chouïa l’as de la bidoche. Ce qui fit fondre la glace ce fut d’abord mon coup de fourchette puis ma capacité à encaisser le nectar et surtout mon mutisme : je ne lui posai aucune question.

 

Boulagrand et moi étions devenus copains comme cochons, notre collaboration fut exemplaire. Lorsqu’il passait à Paris je devais le rejoindre au Sévero à midi pétante. J’avais beau lui seriner que ce n’était pas une heure de parisien, il me rétorquait que lui c’était à cette heure-là qu’il avait faim et qu’il en avait rien à péter de ces cons de parisiens. Là il avait fait le déplacement exprès au volant de sa Peugeot diesel. Au téléphone il avait bramé : « Mon poteau je te l’avais bien dit, y’a plus le respect de la camelote dans le métier, rien que des petits intermédiaires sans envergure, des petites bites, des branleurs… » J’étais en terrasse du café de la place du Palais Bourbon et tout le voisinage pouvait suivre notre conversation. L’Antoine ça lui brouillait les sangs cette histoire de bidoche de cheval dans les lasagnes. « Putain, c’est pas Dieu possible de saccager un si beau métier… » je le sentais au bord de l’apoplexie « Antoine tu te fais du mal… 

-         Te fous pas de ma gueule mon poteau…

-         Ce n’est pas le cas je compatis vraiment Antoine…

-         C’est ça nez de bœuf je sais bien que t’as jamais pris mon blot au sérieux. T’es qu’une fine gueule et un gaucho, tu ne peux pas comprendre…

-          Arrête de faire ton cirque Antoine viens casser une graine à Paris dès que t’en as envie…

-         Tu l’as dit mon neveu. Disons vendredi comme ça on bouffera de la viande ça fera chier les curés…

-         Tope-là marchand de vaches !

-         Fais-moi une fleur mon poteau, radine-toi en compagnie d’un de tes beaux morceaux ça égaiera ma vieillesse.

Pour faire bon poids je m’étais pointé au Sévero avec deux bonnes copines dotées d’une bonne descente. Je les avais prévenues, la tape sur les fesses elles n’y couperaient pas. Ce qui fut fait. Boulagrand émoustillé par ces deux beautés aux ongles peints attaqua très fort en dépliant sa serviette sur sa belle bedaine. « Toi qu’a fait dans les Brigades Rouges et autres joyeusetés gauchistes tu devrais moucher ce petit con de moustache balai de chiottes… » Les filles pouffaient dans leur flute de champagne.

-         De qui parles-tu mon Antoine…

-         Bé du mec qui fait chier Cahuzac…

-         Le candidat malheureux…

-         Mais non tête de fion le gars qu’a coulé le Rainbow-Warrior…

-         Tu veux dire sorti l’affaire…

-         Ne finasse pas pour faire l’intéressant devant ces demoiselles, dis-moi comment qui s’appelle ce trou du cul…

-         Edwy Plenel mon bourrin…

-         Ne plaisante pas de ça avec un normand mon poteau, chez nous le cheval ça trotte et ça ne se bouffe pas. Même cette brèle d’Hervé Morin mon maire sait ça…

-         T’as jamais vendu de la viande de dada ?

-         Jamais…

-         Pourquoi veux-tu que je mouche Plenel ?

-         Parce que, lui qui dit toujours qu’il est le seul à lever des grosses affaires, là nada ce n’est pas lui qui a trouvé le cheval dans les lasagnes… Un va de la gueule qu’il est. Tu me diras moi le Cahuzac j’en rien à traire mais tout de même je trouve que balai de chiottes, justement ce coup-là, il a poussé pépé dans les chiottes avec son histoire de compte en Suisse. Moi je serai Cahuzac je dirais comme Sarko à propos de la grande andouille de de Villepin : le croc de boucher !

Les filles étaient aux anges. Boulagrand faisait le service du champagne avec doigté en lançant son « heureusement qu’il y a Findus… Findus… » alors que déjà la côte de bœuf se pointait vu que l’Antoine avait annoncé son arrivée et que la direction connaissait les habitudes du monsieur.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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