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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 00:03

Quand j’ai appris que Catherine Bernard étiquetait sa cuvée 2009 sous la bannière des « Vin de Pays de l’Hérault » je me suis dit qu’elle voulait ainsi donner un coup de chapeau au « bougon des cépages », le Languedocien de l’Hérault, le héraut des CAV, le chantre de l’Occitanie, qui pendant des décennies présida aux destinées des Vins de Pays de notre doulce France qui n'aime rien tant que les présidents à succursales multiples basés dans ma bonne ville de Paris (ça les change de la vie à StDrézéry) 

 

Caillou-8394.JPG 

 

Comme d’ordinaire je raconte n’importe quoi pour faire l’intéressant, le calamantran dirait les provençaux. Mais trêve de galéjades revenons à notre vigneronne de Saint-Drézéry.

 

Saint qui ? Drézéry en occitan Sant Dreseri, Saint-Drézéry est petit village à 15 km au nord-est de Montpellier de 2093 habitants dont les vignes sont nichées sous la bannière des Coteaux-du-Languedoc. Au même titre que : Cabrières, Grès de Montpellier, La Méjanelle, Saint-Christol, Vérargues, Saint-Georges-d'Orques, Saint-Saturnin, La Clape, Quatourze, Montpeyroux, Pic-Saint-Loup et Picpoul-de-Pinet, Saint-Drézéry est une appellation sous-régionale qui a fort envie de devenir une communale. Si vous n’avez pas tout compris prière de s’adresser à l’ami David Cobbold qui raffole de nos villages gaulois.

 

Mais comment puis-je vanner Saint-Drézéry alors qui est sis une star, un chouchou des « longs nez et des becs fins » : Gérard Bru l’homme du Château Puech-Haut qui a droit cité sur le site communal en compagnie de la coopé « Les Grès du Bérange » à Vendargues et le domaine du Caratà. Mais pas de trace de Catherine Bernard et de ses 3 hectares plantés de grenache, marselan et mourvèdre. N’aimerait-on pas les « estrangères » madame le maire ? Je suis sûr que non et je suis persuadé que dans la prochaine édition elle sera référencée comme elle est vient de l’être à la Contre-Etiquette. De plus, le simple fait de se voir dédier une chronique signée du seul « dégustateur imposteur » de la Toile la hisse sur des hauteurs qui ne peuvent que porter haut la renommée de Saint-Drézéry.

 

Mais qu’est-ce donc la Contre-Etiquette ?

 

Une petite boutique de marchands de vins d’abord virtuelle, puis tout ce qu’il y a de matérielle, un petit chouia naturelle, composée de Bons Vivants, de gens que j’aime, des gars qui bossent pour l’extension du domaine du vin. La maison a du changer de nom : c’est plus ochato c’est maintenant la contre-étiquette www.la-contre-etiquette.com . J’ai chroniquer sur elle y’a quelque temps et comme je suis un peu fainéant je vous conseille de vous reporter à mes admirables écrits : « Et si j’allais faire la foire o vins ochato : Nashville ou Belleville... »link  Chaque fois que je monte dans le bas de Belleville j’ai toujours le même sentiment d’y être un peu chez moi.

 

Rue Ste Marthe, Christophe Guitard, disponible, m’attend pour déguster la dernière cuvée de l’ignorée des édiles de Saint-Drézéry, la susdite : Catherine Bernard. Bon comme je suis nul en dessin je ne vais pas vous en faire un mais je suis toujours heureux lorsqu’une intuition débouche sur une histoire. L’histoire d’une rencontre entre une vigneronne passionnée qui ne verse pas dans les outrances, et un marchand de vins qui aime ses vignerons.

 

Catherine Bernard et moi, nous sommes un peu pays, mais nous nous sommes rencontrés la première fois sur une terrasse d’un café de la place de la Comédie, chère au cœur du Grand Jojo le statuaire, juste après la publication de mon fichu rapport link et depuis qu’elle est devenue vigneronne.

 

Goûter le vin de ses amis est chose bien plus aisée qu’on le pense : la flatterie n’a pas sa place dans l’amitié. Le vin de Catherine lui ressemble, il est s’en flafla, rieur, généreux mais avec la discrétion qui sied aux gens de chez nous, loin du paraître et des artifices. Cet esprit commence dès l’étiquette d’un minimalisme frisant la coquetterie janséniste. Même si certain vont m’accuser de copinage, le vin de Catherine a une âme terriblement humaine, avec ses grandeurs et ses imperfections. Que ce vin de pays de l’Hérault soit comme le dit avec sa franchise désarmante Catherine « le fruit d’une succession d’erreurs », non agréé par les instances Igépiennes, en définitive un assemblage de ce qui ne pouvait être selon elle ni un coteau-du-Languedoc ni un vin de table, peu me chaut. Ce qui compte au bout du compte c’est que vin a mené une double vie, qu’il a même eu plusieurs vies, et que lorsqu’il se présente à moi je me dis que ce gars de Saint-Drézéry n’est ni un patapouf, ni un rustaud, mais jeune luron délicat, souple et plein de fraîcheur qui fait la nique aux soi-disant icones du cru qui peuplent les étendues glacées des magasines. En plus, c’est un plaisir abordable mais attention faut vous dépêcher car la Catherine ne fait pas dans la grande série... Caillou-8393.JPG

 

Pour les amateurs de détails techniques voici la fiche technique de la cuvée 2009 de Catherine Bernard Vin de Pays de l’Hérault :

 

À la vigne

Trois hectares à Saint-Drézéry plantés de grenache, marselan et mourvèdre en AOC Coteaux du Languedoc

Deux fois trente ares de cinsault à Montaud.

Terroir argilo-calcaire, très argileux et très calcaire, allégé par des galets roulés du Rhône

Vignes travaillées en agriculture biologique, en cours de certification, doses de cuivre inférieures à celles autorisées grâce à des tisanes de prêle et d’ortie.

Vendange manuelle en caissettes

 

À la cave

Vinification en vendange entière sur un fond d’égrappé.

Courte macération préfermentaire à froid

Cuvaisons courtes et  extractions légères.

Levures indigènes

Sans sulfite, non filtré, non collé, non dégazé

 

Composition du vin

Production cette année d’une seule cuvée, assemblage du cinsault (un tiers), du grenache (un quart), du marselan (un quart), et du mourvèdre (un tout petit quart)

 

Esprit du vin

2009 est l’un de ces millésimes chauds et secs du Languedoc après un printemps pluvieux donnant une végétation importante.

J’ai fait le choix de vendanges précoces pour garder de la fraîcheur, du fruit croquant et un degré alcoolique réel raisonnable (13,4°).

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Lebaron Olivier 03/09/2010 23:36



De Catherine, j'avais conlu notre recontre
ainsi :


En partant, je repense à ce qu’elle me disait, impulsivement, dans l’univers clos de sa cave : “je suis un dragon“. Oui, voilà, comme un être de conte, exubérant, doté de
pouvoirs magiques, entrainé dans son histoire. Déguster ses vins c’est forcément partager son parcours initiatique, ressentir la vie qui bouillonne en elle et apprécier, tout à la fois, la saveur
du vin et l’exquis bonheur de prendre son temps.


 


 


 


 



irène tolleret 01/09/2010 13:18



Bjr, St drezery est une mention facultative au sein de la seule aoc reconnue à ce jour, l'aoc coteaux du languedoc (nouvellement renommée et agrandie en aoc languedoc). LEs sous régionales qui
pourraient exister sont les fameuses "patates" dont les historiques pic st loup, picpoul de pinet, la clape, et les récente crétions terrasses du larzac, terres de sommières, grès de montpellier.
St Drezery, St Georges d'Orques, St Cristol, La Méjanelle seraient donc des communales des grès de montpellier, au même titre que St Saturnin, Montpeyroux, ..le seraient des terrasses du
larzac...pour david cobbold, j'explique, je n'en pense pas moins....pour les incendies, ne pas oublier st beauzile et fontanès et guzargues



Michel Smith 31/08/2010 14:17



Une pensée affective pour Saint Drézéry et les communes environnantes durement affectées par les incendies qui détruisent nos paysages...



Clavel 30/08/2010 08:57



Saint Drézéry a aussi quelques références historiques méconnues, un chateau au centre du village a eu comme propriétaire Cambacérès, créateur aussi du code civil.
Jean-Jacques Régis de Cambacérès, duc de Parme, deuxième Consul, est un homme politique français, né le 18 octobre 1753
à Montpellier et mort le 8 mars 1824 à Paris, inhumé au cimetière du Père-Lachaise. En janvier 1791, Cambacérès se porta acquéreur du domaine de Saint-Drézéry, alors propriété du chapitre de la cathédrale de Montpellier et vendu comme bien national par la municipalité. Alors vice-président du conseil municipal,
Cambacérès dut se servir d'un prête-nom pour acheter le domaine qu'il lègua à sa mort à la cathédrale de Montpellier.


Saint Drézéry est un beau terroir, reconnu dans les plus anciens textes sur les vins du Languedoc, qui a failli disparaître des textes INAO, et connait un renouveau grâce à Puech Haut de
Gérard Bru et a quelques vignerons en cave particulière qui relancent une production originale comme Catherine Bernard ancienne correspondante de Libé. La cave coopérative est en ruine à la
sortie du village, et c'est son ancien gérant qui etait devenu l'oenologue de Puech Haut et lui a permis de réaliser ses 10 premières cuvées.



Michel Smith 30/08/2010 08:48



Eh, eh... je suis fier, pour une fois, d'avoir été un des premiers à parler du vin de la Dame de St Drézéry. C'était en été 2006 dans le Hors Série Vins de Cuisine & Vins de
France. Voici ce que je disais de son Coteaux-du-Languedoc (à l'époque) 2005, que je notais comme à l'école 18/20.





Il faut souligner l’opiniâtreté de cette jeune journaliste bretonne qui, en poste dans le Languedoc, s’est prise de passion pour la vigne au point d’aller travailler chez un vigneron tous les
vendredis avant d’obtenir un BTA viti-œno. Avec 3 ha (grenache et mourvèdre) sur Saint-Drézéry qu’elle cultive dans l’esprit biodynamique, son premier rouge est sensationnel, ample, charnu, épais
et long en bouche. À suivre de très près ! 



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