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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 00:09

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Suite au beau tacle de Pierre-Olivier Clouet directeur technique de Cheval Blanc sur le nouveau promu l’Angélus link un commentateur fort connu a écrit à mon attention « Donc, on s'intéresse plus à la notoriété et au terroir qu'à la qualité du vin. C'est bête parce que la notoriété et le terroir, ça se mange pas alors que le vin, je le bois. Pas toi ? »


Je dois avouer que ce On tout rond, genre fourre-tout sac de filles sans fond, pronom personnel indéfini de la troisième personne ne s’imposait pas en la matière. C’est le sieur Clouet qui cause « I think Angélus was promoted more for its notoriety than the quality of its terroir. It’s at the bottom of the hill, that hasn’t and won’t ever change” et personne d’autre. Quant à moi, qui bois bien sûr, je suis allé mettre mon nez dans l’Arrêté du 6 juin 2011 relatif au règlement concernant le classement des « premiers grands crus classés » et des « grands crus classés » de l'appellation d'origine contrôlée « Saint-Emilion grand cru » signé par Bruno Le Maire et l’immense Frédéric Lefèvre pour voir comment le vin y est traité. En clair combien le niveau de qualité et constance des vins appréciés par dégustation des échantillons pèse dans la note finale ?


Extrait de l’Article 6 : Examen des candidatures

 

Les critères et pondérations retenus par la commission pour fixer la note des candidats sont les suivants :

 

Pour la mention « grand cru classé » :

 

1. Niveau de qualité et constance des vins appréciés par dégustation des échantillons (50 % de la note finale) ;


2. Notoriété appréciée au regard de la valorisation nationale ou internationale du vin de l'exploitation, de la mise en valeur du site, de la promotion et des modes de distribution (20 % de la note finale) ;


3. Caractérisation de l'exploitation appréciée à partir de l'assiette foncière, de l'homogénéité de ou des entités culturales et de l'analyse topographique et géo-pédologique (20 % de la note finale) ;


4. Conduite de l'exploitation tant sur le plan viticole que sur celui de l'œnologie appréciée en tenant compte de l'encépagement, de la structuration et de la conduite du vignoble, de la traçabilité parcellaire en vinification et des conditions de vinification et d'élevage (10 % de la note finale) ;


Tout candidat dont la note finale est supérieure ou égale à 14 sur 20 est proposé au classement « grand cru classé ».

 

Pour la mention « premier grand cru classé » :


1. Niveau de qualité et constance des vins appréciés à partir de l'excellence des résultats de la dégustation et de l'aptitude au vieillissement (30 % de la note finale) ;


2. Notoriété appréciée au regard de la valorisation nationale et internationale du vin de l'exploitation et de la mise en valeur exceptionnelle du site (35 % de la note finale) ;


3. Caractérisation de l'exploitation appréciée à partir de l'assiette foncière, de l'homogénéité de ou des entités culturales et de l'analyse topographique et géo-pédologique (30 % de la note finale) ;


4. Conduite de l'exploitation tant sur le plan viticole que sur celui de l'œnologie appréciée en tenant compte de l'encépagement, de la structuration et de la conduite du vignoble, de la traçabilité parcellaire en vinification et des conditions de vinification et d'élevage (5 % de la note finale).


Tout candidat dont la note finale est supérieure ou égale à 16 sur 20 est proposé au classement « premier grand cru classé ».


La commission peut décerner des distinctions (A et B) aux vins proposés pour la mention « premier grand cru classé » compte tenu de leur notoriété et de leur aptitude au vieillissement.


Bref comme dirait Bof la qualité du vin pour un « premier grand cru classé » ne compte que pour 30% dans la note finale soit moins que la Notoriété appréciée 35% avec un parent très très pauvre la Conduite de l'exploitation 5%.


Enfin, pour accéder au nirvana A et B c’est encore la notoriété qui se taille une belle part.


I have a dream j’achète un magnum d’Angélus – rêver ne coûte rien – vais-je boire pour 35% de notoriété appréciée au regard de la valorisation nationale et internationale du vin de l'exploitation et de la mise en valeur exceptionnelle du site ? Un peu difficile à avaler tout de même surtout qu'il faut qu’en sus je me tamponne la coquillette du fait que la conduite de l'exploitation tant sur le plan viticole que sur celui de l'œnologie appréciée en tenant compte de l'encépagement, de la structuration et de la conduite du vignoble, de la traçabilité parcellaire en vinification et des conditions de vinification et d'élevage c’est peanuts.


Sans être un grand dégustateur patenté, ça se saurait et GJE m'accueillerait à bras ouverts, je constate que ce classement, du fait de la pondération des critères, vise essentiellement les buveurs d’étiquettes à forte capacité financière. C’est le choix de l’ODG Saint-Emilion que je n’ai pas à contester et que je ne conteste pas. Ce que je n’admets pas c’est que tout ça soit contenu dans un Arrêté Ministériel link. Que vient faire la puissance publique dans cette affaire ? Ce classement est en effet une affaire qui relève du droit privé, de la volonté des parties et non d’un intérêt général supérieur impliquant l’INAO qui, dans mon souvenir, était le garant de l’origine et non un certificateur pour la bonne marche des affaires.


Oui je crois encore savoir boire et lire en même temps, mais comme je ne bois pas des étiquettes je me contente de lire le JORF n°0138 du 16 juin 2011 page 10240 texte n° 50.

 

Passionnant, non ?

 

Sans doute vais-je me faire sonner les cloches mais, rassurez-vous, laissant à l'ODG de saint-Emilion de se dépétrer des recours devant le tribunal adminitratif, je galoperai à brides abattues sur mon beau Cheval Blanc, qu'a tant admiré Thierry Dessauve à la sortie de la dégustation Derenoncourt au George V. Comprenne qui pourra !

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Buck Danny 23/04/2013 09:51


On sait bien de toute façon que sur les bouteilles à plusieurs centaines (milliers ?) d'euros, il n'est plus seulement question de vin mais aussi, voire surtout, de notoriété, de rareté, de rêve,
de valorisation sociale, etc. Donc cette décision n'est pas totalement illogique, même si les proportions sont curieuses !


Après, quand on aime le vin, on sait qu'on peut (presque) autant se faire plaisir avec des bouteilles 10 fois moins chères. Mais il y a une part de vanité en chacun de nous (pas seulement chez
les critiques) et on a tous besoin de rêver de temps en temps... Même si certains rêvent s'avèrent au final bien déceptifs !




Paramètres


Tang 17/04/2013 14:44


Bien! Il y a les collectionneurs d'étiquettes, et les amateurs de vin. On peut aussi aimer les vins avec de belles étiquettes.


Mais avant tout le vin est roi...


Bien d'accord


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