Jeudi 4 octobre 2012 4 04 /10 /Oct /2012 14:00

Notre cher Hervé Lalau toujours prompt à défourailler, et c’est tout à son honneur de journaliste indépendant, pour pointer sa pétoire sur les contradictions des professionnels, la démagogie des politiques, les pratiques borderline de certains de ses confrères, les élucubrations du Taulier. Ce matin : feu sur Dacian Ciolos le commissaire européen à l’agriculture !


« … hier, à Budapest. Evoquant le dossier viticole des droits de plantations, afin d'illustrer ses déclarations sur une approche de la PAC à la fois sectorielle et territoriale il a tenu à dire ceci: « qu’un vin ait ou non une Indication géographique, il a besoin de régulation. La libéralisation n'est pas une option. »


Voilà qui tranche singulièrement avec les projets de la Commission européenne, dont il devrait pourtant être le porte-parole.


Le retournement de veste est-il une option? »


Normal cher franco-belge car Dacian Ciolos est un politique pas un sombre fonctionnaire grassement payé de la Commission Européenne. D’où vient-il ce cher Dacian ?


« De janvier 2002 à janvier 2003 il est délégué de la Commission Européenne en Roumanie en tant que Task Manager d'agriculture et développement rural / SAPARD. À partir de janvier 2005, Ciolos rejoint le Ministère de l'Agriculture de Roumanie, d'abord en tant que conseiller du ministre, ensuite en tant que représentant du gouvernement roumain auprès du Conseil de l'Europe (2005-2007) et finalement en tant que ministre de l'agriculture et du développement rural (2007-2008).

Le 9 février 2010, le Parlement européen a investi Dacian Ciolos en tant que Commissaire à l'Agriculture dans la Commission Barroso II.

Bien qu'il ne soit affilié a aucun parti politique, Dacian Cioloș a été soutenu par le PD-L. »


Mariann Fischer Boel sa prédécesseur 2001-2004 : ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche


Franz Fischler son prédécesseur : entre 1989 et 1994, Fischler fut ministre fédéral de l'agriculture et de la sylviculture.


Nos commissaires français : Michel Barnier, Jacques Barrot, Raymond Barre et bien sûr Jacques Delors qui fut Président de la Commission sont la confirmation de mes propos...


Enfin cher Hervé, le Dacian peut toujours faire le beau, même si d’ailleurs sous le mot régulation se cache tout et n’importe quoi, car il n’est qu’un commissaire parmi le collège des commissaires et que les décisions de la Commission se prennent à la majorité sous la houlette du très libéral Barroso. Te voilà rassuré j’espère cher Hervé sur ce sujet qui te tient tellement à cœur. En 68 nous défilions en scandant : « libérez nos camarades ! » alors je te propose que toi et moi, car je suis sommes toute solidaire de ton combat, une manif silencieuse devant Berlaymont avec une pancarte explicite « libérez nos droits de plantations ! » C’est toi qui portera la pancarte Hervé pour deux raisons : t’es plus grand et plus jeune que moi.


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Commissaire européen, un job en or

 

6 octobre 2010

 

Der Spiegel Hambourg

 

 Qui a dit que les commissaires européens et les hauts fonctionnaires bruxellois occupaient des postes ennuyeux dans une ville terne ? Pourtant, assure le Spiegel, Bruxelles, c’est Byzance.


Hans-Jürgen Schlamp


"Hast du einen Opa, schick ihn nach Europa" – "Si tu as un papy, envoie-le à l’Europe !", dit-on pour se moquer des perdants de la politique qui se retrouvent sur des voies de garage à Bruxelles, où ils terminent leur carrière dans l’oubli. Personne ne s’intéresse à eux. Les micros et les caméras s’éteignent lorsqu’ils se présentent au pupitre, pauvres souris grises oubliées dans un Bruxelles terne et humide.


Et pourtant, en réalité, c’est tout le contraire. Seuls les princes vivent peut-être mieux que les commissaires européens. Car ces derniers peuvent – s’ils le veulent – exercer une  influence plus forte que n’importe quel ministre. Financièrement, ils se portent certainement mieux que la plupart de leurs camarades de parti, qui les ont chassés de la mangeoire nationale pour les envoyer sur les terres européennes. A Bruxelles, les maigres salaires des collègues nationaux les font bien rigoler.


Chauffeur, secrétaires personnels et revenus coquets


Pour tout dire, le poste de commissaire européen est un boulot de rêve : train de vie luxueux avec chauffeur, secrétaires personnels, porte-paroles et de nombreux autres collaborateurs. Sans oublier de coquets revenus. Et quand leur mandat européen s’achève, c’est encore mieux : c’est là qu’arrivent les généreuses indemnités transitoires et les pensions paradisiaques. Les appels à la rigueur qui résonnent sur tout le continent et les projets de relèvement de l’âge de la retraite à 70 ans ne valent pas pour Bruxelles. Ici, il y a de l’argent à foison. Les caisses débordent littéralement. Alors pourquoi ne pas se servir ?


Dans les bureaux dubloc de béton baptisé Berlaymont, sur le rond-point Schuman, en plein centre de l’eurocratie bruxelloise, chacun se sert généreusement. Le moindre interprète débutant commence avec 4 190 euros par mois. Pour les hauts fonctionnaires, on monte facilement à 16 000 euros par mois. A cela s’ajoutent les primes d’expatriation, de ménage, pour l'éducation et la garde des enfants. Ces derniers vont dans des écoles européennes privées, financées tous les ans par les contribuables européens à hauteur d’environ 100 millions d’euros.


Pour les grands responsables politiques, le salaire est naturellement un peu plus élevé : un commissaire européen reçoit 19 910 euros comme salaire de base. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, empoche 304 000 euros chaque année. La plupart des hauts responsables européens reçoivent en plus une indemnité de résidence. La nouvelle haute représentante de l’Union aux Affaires étrangères, l’Anglaise Catherine Ashton, reçoit environ 323 000 euros pas an. Et à cela s’ajoutent encore des compléments pour son budget privé et ses frais de représentation. Résultat : cette lady travailliste dépasse de loin ses collègues Angela Merkel ou Hillary Clinton. De plus elle rentre souvent à Londres, le jeudi, voir ses enfants.


Reconversions plutôt reussies


Les commissaires ne sont pas nommés à vie. Ils sont généralement remplacés après un ou deux mandats de cinq ans. Ils ne se retrouvent néanmoins pas rapidement sans le sou puisqu’ils perçoivent encore entre 40 et 65% de leur salaire de base – soit environ 10 000 euros par mois – pendant une durée de trois ans, pour les aider à "gérer la transition vers le marché de l’emploi". Ils n’ont pourtant visiblement guère de mal à se reconvertir.

Il n’y a qu’à voir :


– l’ancien commissaire européen à l’Industrie, Günter Verheugen : recruté par une banque britannique, un groupement de banques allemandes, un groupement économique turc et une agence de relations publiques américaines à Bruxelles. Sans oublier le cabinet de conseil qu’il a fondé avec son ancienne chef de cabinet.


– l’ancienne commissaire aux Affaires étrangères, Benita Ferrero-Waldner : titulaire d’un poste confortable dans une compagnie d’assurance privée allemande et dans une entreprise espagnole du secteur de l’énergie.


– l’ancien commissaire au Marché intérieur, Charlie McCreevy, qui a atterri chez la compagnie aérienne à bas coût Ryanair.


– l’ancienne commissaire à la Protection des consommateurs, Meglena Kuneva, chaleureusement accueillie par une banque française.


Au moins 15 anciens commissaires européens toucheraient encore leurs indemnités transitoires alors qu’ils ont depuis longtemps retrouvé un travail. Cela leur revient de droit. Le généreux système de protection sociale pour les anciens commissaires européens et autres hauts responsables des institutions européennes est naturellement idoine. Après 16 ans de services au nom de l’Europe, les fonctionnaires atteignent le taux maximal avec 70% de leur salaire. Pour la plupart des fonctionnaires à vie de rang supérieur, cela représente une pension de retraite de plus de 10 000 euros nets par mois. Un cadre allemand à haut salaire peut payer toute sa vie les cotisations maximales et ne rien recevoir en échange. Car c’est là tout le principe :  certains sont là pour faire les règles, les autres pour s’y plier.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : les afterwork du taulier
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