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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 00:09

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C’est sûr que la soudaine notoriété Emmanuel  Giboulot dans les médias nationaux, « le viticulteur bio le plus célèbre de France » dixit la Grand Journal de Canal+ link suscite des sentiments contradictoires voire violents dans le petit monde du vin y  compris chez les bios.


En Bourgogne les noms d’oiseaux volent « J'enrage de le signifier mais finalement c'est vrai, Bettane avait raison le lobby Bio - et non pas les Bio! - est con. Très con ! » déclare un éternel mauvais coucheur de la Toile et je passe sur le pédant rin rin qui se la joue salonnard parisien qui ne comprend rien comme toujours. Plus personne n’écoute personne et surtout pas grand monde n’écoute Emmanuel Giboulot lui-même. Ses soutiens les plus radicaux le prennent en otage, l’annexe pour faire de lui le héraut de leur propre cause.


Et pourtant ce que dit sur le fond Emmanuel Giboulot est digne d’intérêt et mérite mieux qu’un simple soufflé médiatique qui s’effondrera  aussi vite qu’il a levé.


Dans le cas d’espèce de la Bourgogne il n’est pas inutile de rappeler que l’arrêté du Préfet a été pris sous la pression et à la demande des organisations professionnelles pour contraindre leurs propres troupes de prendre au sérieux cette redoutable maladie.


En clair, pour mettre au pas les négligents le recours au bras réglementaire de l’Etat a été mobilisé d’une manière que je qualifierais de systématique et de sans discernement. Comme le fait remarquer Emmanuel Giboulot lui-même c’est l’application du principe de précaution à rebours et sa prise de position se justifie dans la mesure où rien ne justifiait cet « arrosage » généralisé.


Pour autant Emmanuel Giboulot n’a jamais affirmé que si le risque sanitaire était avéré il ne participerait pas à la lutte collective, bien au contraire.


Mais qui l’écoute ?


Lorsque sur ce blog, le 4 décembre 2013, au moment où Emmanuel Giboulot a été verbalisé, j’ai mis à l’ordre du jour le sujet de la flavescence « Et si nous allions un peu plus loin sur la flavescence dorée « Les accidents, essayer de les éviter... c’est impossible. Ce qui est accidentel révèle l’homme. »link  j’écrivais :


Mon but ici n’est ni de prendre la défense du service de la protection des végétaux, ni de m’instaurer en médiateur ou en arbitre dans la mêlée médiatique mais tout simplement de vous informer sur ce qu’est la flavescence dorée et sur les moyens alternatifs qui peuvent être utilisés dans la lutte contre la maladie en vous donnant la possibilité de lire :


1-      une thèse sur la flavescence en bio « mémoire Pyrèthre naturel et stratégie de lutte contre la cicadelle de la flavescence dorée en viticulture biologique ». Mémoire de fin d’étude de Tiphaine Ripoche.


 

2-     les dernières découvertes génétiques de l'INRA sur la flavescence dorée de la vigne


Retenez 2 points importants :


-          Il n’existe pas de traitement curatif contre cette maladie, le seul moyen de limiter sa propagation est donc de lutter contre son vecteur.


-          Les plans de lutte obligatoire contre le vecteur, basés sur l'utilisation d'insecticides de synthèse, sont polluants, coûteux, et peuvent générer à terme le développement de résistances et des effets indésirables sur l’environnement. (INRA).


Je me suis permis de demander une forme de trêve pour que la sérénité prenne le dessus et que les postures des uns et des autres soient remisées au vestiaire. Sur l’affaire Giboulot Monsieur le Ministre de l’Agriculture halte au feu ! link


Pour sûr qu’une telle prise de position ne fait pas le buzz. Les réseaux sociaux ne sont friands que des feux de paille qui alimentent le flux. La forme plus que le fond, mais il n’empêche que ce court-termisme n’apporte rien de concret et qu’il faut aller à contre-courant de la pure émotion ou des livres soi-disant brulot.


La question de l’utilisation intensive des pesticides, des herbicides en agriculture et tout particulièrement en viticulture est un sujet majeur qu’il faut porter avec constance, détermination et sérieux afin de ne pas conforter l’immobilisme et le conservatisme des OPA.


Je vous propose de lire l’excellente chronique d’Ophélie Neiman, sur son blog du Monde : les tribulations vinicoles de Miss Glou Glou.  « Pourquoi le cas du « vigneron condamné pour refus de polluer » fait débat »


Ophélie y fait un vrai travail de journaliste – que je n’ai pas retrouvé dans la presse vinicole ou agricole trop encline à brosser ses lecteurs dans le sens du poil – qui met ce qu’il faut de sérénité dans l’approche de la lutte contre la flavescence dorée.


« Le parquet aura finalement requis 1000 € d'amende, dont 500€ avec sursis, pour Emmanuel Giboulot, le vigneron qui avait refusé de traiter préventivement ses vignes contre la cicadelle, comme l'ordonnait un arrêté préfectoral. On est bien loin des 30 000€ et 6 mois de prison que l'homme encourait au départ pour cette infraction. Le jugement est mis en délibéré au 7 avril, mais le procès qui s'est tenu le 24 février à Dijon est déjà perçu comme une victoire pour la biodynamie. L'affaire fut très médiatisée et le vigneron avait à ses côté plus d'un demi-million de pétitions pour le soutenir. Le pot de terre (bio) qui l'emporte sur le pot de fer (du lobby phytosanitaire) ? Du point de vue des blogs et des réseaux sociaux, la situation est moins manichéenne qu'il n'y paraît. Et surtout, le débat n'est pas seulement là. » link

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

tchoo 01/03/2014 10:49


Comme souvent les médias sont en retard et cette affaire ramène aux excès des traitements phyto qui ne sont plus d'actualité. dans bon nombre de situation agricole le nombre de traitement phyto
ont fortement diminué depuis un dizaine d'années et le phénomène continue. On retrouve de moins en moins d'agriculteur partisan du traitement préventif de précaution, et l'indignation du public
si elle est légitime ne prends pas en compte cette évolution tout simplement parce que on lui montre le contraire.


Maintenant le phénomène de la Flavescence Dorée ne se résume pas à je traite le vecteur ou pas, la question a poser est si je traite pas et que je prends le risque d'être contaminée et de
contaminer les autres comment je m'en sors. De la réponse découle l'action. Le cas que pose Giboulot est certes au delà des contigences triviales pour s'élèver vers une philosophie de vie, mais
en l'occurence, j'ai beaucoup apprécié le témoignage du vigneron bourguignon très réaliste, me semble un tantinet orienté vers tout autre chose que la simple lutte contre la FD. Cette maladie
longtemps confinée à quelques régions bien particulère a depuis son apparition en 1993 en Gironde pris de l'ampleur dans de plus en plus de vignoble, en premier lieu parce que peu de personne, au
début l'avait pris au sérieux.


Il faut aujourd'hui que les viticulteurs se mobilisent pour organiser la prospection dans les vignobles dont les résultats permettront d'élaborer une stratégie de lutte, sans cela la solution de
"facilité est le traitement systématique préventif, tel qu'il est défini pour la Cote d'Or

le Taulier pour la Conf'Pé 01/03/2014 10:28


La biodiversité en procès : l’affaire du viticulteur bio relance la mobilisation contre les pesticides


par Sophie Chapelle  25 février 2014



Emmanuel Giboulot, viticulteur en biodynamie en Bourgogne, comparaissait le 24 février au tribunal correctionnel de Dijon. Poursuivi pour avoir refusé de polluer, en n’appliquant pas un
insecticide sur ses vignes, Emmanuel Giboulot défend une autre approche de la viticulture sans recours systématique aux produits chimiques. Son combat a trouvé un écho incroyable auprès des
citoyens, simples consommateurs, viticulteurs ou victimes des pesticides. Pour la profession viticole, ce procès pourrait marquer un tournant. Basta ! était à Dijon. Reportage.



Le téléphone n’arrête pas de sonner. Des demandes d’interviews entrecoupées de témoignages de soutiens. « Je ne suis pas habitué à ça », lâche en souriant Emmanuel
Giboulot, à quelques heures de son procès au tribunal correctionnel de Dijon. Sans l’avoir recherché, ce viticulteur en biodynamie se retrouve propulsé lanceur d’alerte. Pour avoir refusé de se
plier à un arrêté préfectoral l’obligeant à épandre un insecticide pour lutter contre une maladie de la vigne, la flavescence dorée, il encourt jusqu’à 30 000 euros d’amende et 6 mois de prison
(lire notre précédent article qui a révélé l’affaire). Son histoire a fait le
tour de la toile. L’une des pétitions lancée pour le soutenir a recueilli
plus de 500 000 signatures ! « C’est bien au-delà de ce que l’on avait imaginé. Cela montre que c’est un sujet qui fait vraiment écho dans la société. A chaque fois que l’on
peut éviter de mettre un produit de synthèse, on est tous gagnants. »


Alternative aux insecticides


Soulagé de se voir soutenu, Emmanuel Giboulot espère que cet événement va marquer un tournant dans la manière de lutter contre la flavescence dorée, cette bactérie capable de détruire un vignoble
entier. « Dans chaque commune, on a demandé aux viticulteurs de se positionner pour ou contre le traitement. Mais jusqu’ici, le débat ne reposait que sur la peur face aux
conséquences de cette maladie. » Résultat : le traitement préventif aux insecticides est quasi systématique. « Ce dont on a besoin, c’est de développer des
approches alternatives et de se donner la possibilité de les mener. »


Il participe à une étude de l’Institut français de la
vigne et du vin qui montre l’influence environnementale du paysage sur les équilibres dans la vigne. « On s’est rendus compte par exemple que c’est une chance d’avoir encore des
arbres, ça influe sur le développement des parasites ». Et évite ainsi le recours à un traitement de synthèse. De la même manière, les fleurs contribueraient à un équilibre global en
maintenant certains prédateurs dans les vignes.« Grâce à cela, il y a eu une dérogation pour ne pas appliquer de traitement sur les parcelles d’essais en Côtes d’Or en 2013 »,
note t-il. Un première avancée.


Viticulteurs ou consommateurs, une large mobilisation citoyenne


Alors que l’heure de l’audience approche, près d’un millier de personnes se sont retrouvées sur la place qui jouxte le tribunal correctionnel de Dijon. Une vingtaine d’organisations associatives,
syndicales et politiques ont appelé à un pique-nique de soutien (voir l’appel).
Certains n’ont pas hésité à faire plusieurs centaines de kilomètres, comme Michel venu de Melun. « Chez nous, y a plus d’abeilles à cause des pesticides. L’État veut quand même
condamner un gars qui refuse d’en mettre ! Nous n’avons pas hésité à prendre un jour de congés pour être là et le soutenir. ». « Le traitement systématique fragilise
la biodiversité et discrédite notre métier », renchérit Ferjeux Courgey qui milite à la Confédération paysanne. Cet éleveur du Doubs fait le parallèle entre cette affaire et
l’opposition à une campagne de vaccination obligatoire sur le bétail (contre la
FCO, fièvre catarrhale ovine) décidée fin 2008. La relaxe de treize éleveurs par la cour d’appel de Riom en juin 2011 est « la preuve que nous avions eu raison de privilégier
autrement la santé de nos animaux ».


Dans la foule, beaucoup de viticulteurs comme Marc Guillemot, en biodynamie depuis 25 ans. « Le traitement chimique n’est pas la solution, il faut vivre avec cette maladie,
témoigne t-il. Il y a des régions où il est possible de négocier avec les services de l’État ». Ce que confirme un couple de vignerons venus de Savoie : « En
2012, nous avons refusé de traiter. La Draaf (Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt) a cherché des prestataires de services pour le faire mais n’en a pas
trouvé ! Nous avons accepté de faire des essais avec le Pyrevert (seul insecticide préconisé en viticulture bio mais très décrié pour sa toxicité pour les insectes, ndlr) sur une toute
petite partie de nos parcelles. Il faut quand même savoir que beaucoup de viticulteurs achètent le produit pour avoir les factures en cas de contrôle, et ne traitent pas. »


Ouvriers agricoles et riverains victimes des pesticides


Sourire aux lèvres, Marcellin Babey est manifestement heureux de voir autant de monde. Il est l’un des premiers à avoir alerté les milieux écologistes, suite à la convocation d’Emmanuel Giboulot devant le substitut du
Procureur à l’automne 2013. Originaire de Saône-et-Loire, Marcellin fait partie des riverains qui subissent les traitements épandus sur les vignobles. « Il y a des moments dans
l’année où l’on ne peut plus respirer. Des gens ont dû déménager. Cette année, grâce à cette mobilisation, on va prendre quatre fois moins d’insecticides sur la tête ! » Pour
lui, ce procès change incontestablement la donne. « Le scénario dantesque de 2013 (qui imposait le traitement en Saône-et-Loire au moyen de trois applications d’insecticides, ndlr)
est désormais impossible à dupliquer. »

Raymond Poulidor 27/02/2014 21:04


Notre ami commun Jefferson aurait pu nous dire:


"Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l'une ni l'autre".


Il est aussi utile de rappeller que la guerre est une chose trop sérieuse pour la laisser aux seuls militaires.


Ici l'usage obligatoire de l'insecticide bio ou pas, est devenu trop sérieux pour le confier à la fois, aux seuls techniciens, aux politiques et aux responsables de la viticulture bourguignonne .


500 000 signatures viennent de vous dire: nous avons un droit de regard sur se qui se pratique écologiquement, et sur la liberté. Vous ne pouvez plus faire n'importe quoi sans la précision
maximale. Et sans une vraie justification.


La justification du traitement était peut-être existante. Mais voilà attention désormais, il y a un contre pouvoir. 


Il y aura bien un avant et un après cette affaire. Et c'est bien je trouve.


Donc aux spécialistes de l'affaire il serait bien qu'il y ai une cartographie de l'évolution des surfaces touchées depuis 1957, et qu'il soit conjointement établit, l'historique des traitements
effectués pour enrayer l'évolution géographique. Et de voir si il y a un rapport entre le deux.


Enfin qui contrôle les pépinières (et les foyers qui naissent de façon sporadique) sans contamination de proche en proche par la cicadelle? Ce devrait-être le SRAL n'est-ce pas ?


 

Fanfan 27/02/2014 17:59


le pyrethre végétal (pyrevert ?)

JACQUES BERTHOMEAU 27/02/2014 18:01



oui



Fanfan 27/02/2014 14:59


Si un vigneron bio applique les traitements demandés par l'arrêté: perd-il sa certification Bio ?

JACQUES BERTHOMEAU 27/02/2014 15:54



non car il existe un produit agréé bio car naturel



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