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16 août 2018 4 16 /08 /août /2018 07:00
Les Pitoyables du Media TV : Chikirou, Lancelin, Miller… L’argent n’a pas d’odeur surtout celui des socios… Le dérisoire porté à l’incandescence…

Ce pourrait être un vaudeville, avec des portes qui claquent, des cocus, des vacheries, des règlements de compte, ce n’est que l’édifiante et dérisoire histoire du Media TV, le zinzin avec un faux nez des Insoumis, qui part en eau de boudin.

 

Ce n’est ni un drame, ni une tragédie, mais le minuscule combat, d’egos surdimensionnés, avides de pouvoir et de reconnaissance médiatique avec en sus du beurre dans leurs épinards.

 

Présentation :

 

D’un côté les grands bourgeois, qui aiment le peuple quand il est loin, qui se refont une virginité de gôche en enfourchant tous les sujets fédérateurs des mécontents, des frustrés de la présidentielle, des orphelins du non au référendum sur le traité européen, mélange indistinct de rouge et de brun, du ramassis de l’extrême-gauche minoritaire qui n’a jamais compris qu’elle ne représentait que les phantasmes de ses membres, les vieilles lanternes, Castro, le Vénézuela… : Aude Lancelin, dites Galadriel en interne, qui pourfend depuis son salon ses ex-confrères et le courage fuyons, l’ex porteur d’eau de la Gauche Prolétarienne, le caqueteur médiatique Gérard Miller.

 

De l’autre, Sophia Chikirou, la double face, la bénévole vertueuse et la gagneuse qui se fait des virements sur son compte perso, celle par qui le scandale arrive, mais où est passé son patron Mélenchon ?

 

Le dérisoire porté à l’incandescence !

 

Le Guignols de l’info de Bruno Gaccio qu’est socio du Media TV

 

Alors quel est l’intérêt d’évoquer ces déchirements minables ?

 

Tout simplement pour mettre en exergue l’état du débat public qui s’approche du degré zéro , où que le regard se porte, aussi bien du côté des médias traditionnels que de ceux qui se disaient novateurs, je ne suis pas sûr que nous ayons encore touché le fond.

 

Mais aussi pour river le clou aux donneurs de leçon de salon, qui pullulent, ceux qui lavent plus blanc que blanc, les dégagistes, les profiteurs du vide idéologique des partis politiques, les va-de-la-gueule, les opportunistes, les amnésiques des errements communistes, les qui ne se mettent jamais les mains dans le cambouis, les orphelins du grand soir, les apparatchiks syndicaux en voie d’extinction, en un mot celles et ceux qui nous traitaient de gauche américaine pour prospérer dans la rue sous la droite.

 

Ce qui les emmerde, les fait enrager, c’est que Macron penche beaucoup à droite mais leur sauce ne prend pas.

 

Et alors, ce n’est pas une raison pour nous vendre toujours la même soupe pas fraîche, nous faire accroire que leur média est indépendant alors qu’il est, et c’est dans sa conception même, le vecteur d’une idéologie partisane.

 

Faut arrêter de prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages.

 

Alors moi, qui n’en ai rien à péter, je me fais un malin plaisir de les marquer à la culotte, de les contrer, de les renvoyer à leurs contradictions. Avec gourmandise j’attendais le jour où le boomerang de leurs pratiques, les insoumis ne sont pas pires que les autres mais ils sont comme les autres, leur reviendrait en pleine gueule.

 

C’est fait !

 

Je me gondole…

 

Je ne suis pas socio de Media TV, donc ça ne fait ni chaud ni froid de voir leur blé partir en fumée mais nos grands médias sont malades et le spectacle donné par les fondateurs du Média TV est lamentable, apte à faire penser à beaucoup de nos concitoyens : « tous pourris »

 

Pièces versées au dossier :

 

Une lettre de Gérard Miller, sur le mur Facebook des Socios, le 12 août 2018, pour patienter avant la rentrée du Média TV.

 

"C’est compliqué de savoir si on doit ou non intervenir dans la polémique actuelle. Certains Socios le souhaitent, d’autres demandent au contraire qu’on mette tous la pédale douce. Pour ma part, ayant quitté la présidence de l’Association et ne souhaitant plus occuper à la rentrée la moindre fonction dirigeante (c’est ce que j’avais annoncé à la création du Média), j’ai décidé de ne plus communiquer dans la presse et je m’y tiendrai. En revanche, je me dis qu’il ne faudrait pas interpréter mon éventuel silence comme du désintérêt, encore moins comme de l’embarras. Tout au plus y-a-t-il chez moi de la perplexité.

 

Je m’explique.

 

La connaissant pas trop mal, j’imaginais bien que notre amie Sophia, tout en annonçant urbi et orbi qu’une nouvelle mission enthousiasmante l’attendait (coordonner une campagne électorale européenne) aurait un peu de mal à quitter le Média (c’est plus qu’humain). Mais j’avoue que je ne me doutais pas que sa décision de partir s’accompagnerait d’un tel tumulte.

 

Certains ont donc souhaité lancer tous azimuts une polémique… un peu avant le 15 août !

 

Un peu avant le 15 août, c’est-à-dire quand le Média est en vacances et ses salariés dispersés à travers le monde. En plein mois d’août, comme s’il fallait lancer ladite polémique juste avant que la saison 2 ne commence en septembre...

 

Que dire du coup de l’avalanche de messages envoyés, et surtout de l’avalanche de fausses informations ? A coup sûr, que le risque est grand de voir les Socios troublés sinon dégoûtés, et que c’est manifestement l’objectif de cette polémique : affaiblir le Média, empêcher la saison 2 de commencer et si possible mettre un terme à l’aventure.

 

Alors, avant de répondre à deux ou trois de ces fausses informations, histoire de ne pas tout remettre à demain, précisons l’essentiel : noyer les poissons est absolument stérile, mentir ne sert à rien et calomnier est tout autant superflu. Les Socios veulent en savoir plus, beaucoup plus, sur ce qui se passe, sur ce qui s’est passé et sur ce qui se passera ? Ils ont mille fois raison ! C’est justement là un des premiers objectifs de cette déjà fameuse saison 2, car s’il y a une chose qui a été dite et répétée, tout au long du séminaire que les équipes du Média ont tenu en juillet, c’est qu’il fallait en finir définitivement avec l’opacité qui a régné pendant la saison 1.

 

Vous savez quelle est l’une des premières mesures qui a fait l’unanimité entre nous ? Précisément de publier sur le site (pas seulement sur Facebook), et ce dès le début de la saison 2, tous les faits, toutes les données et notamment tous les chiffres qui intéressent la vie du Média. Tout sera « à ciel ouvert » dès le début de la saison 2, en septembre, plus que quelques jours à attendre...

 

Bon évidemment, vous qui me lisez, vous n’êtes pas obligés de le croire. Si vous êtes Socio depuis un moment, vous savez que ce n’est pas la collégialité et la transparence qui ont étouffé jusqu’à présent le Média, et vous êtes en droit de penser que ce sera du pareil au même pendant la saison 2. Alors, je vous le dis simplement : ok, ne croyez que ce que vous voyez, mais du coup, restez solidaires du Média, acceptez au moins qu’elle commence, cette saison 2, histoire de voir justement ce qu’elle sera ! Attendez au moins septembre, attendez au moins les premières semaines (je n’ose pas dire les premiers mois tant je vous suppose, et je le comprends, impatients), attendez de pouvoir juger sur pièces ! Laissez au moins Aude commencer ! Laissez les premiers programmes arriver sur les écrans ! Et attendez de savoir comment les nouvelles présidentes et leurs équipes vont enfin associer les Socios à la vie du Média !

 

Sophia, même si cela t’agacera, je prends la liberté de m’adresser publiquement à toi. Tout semble nous séparer aujourd’hui alors que nous avons été particulièrement proches pendant plus d’un an. Nous avons eu beaucoup plus que quelques points communs politiques, nous avons co-fondé ensemble le Média, tu es venue chez moi, tu connais plusieurs de mes enfants, nous avons passé ensemble des jours de vacances — je veux bien que tout à coup la terre se soit fendue en deux et que nous nous retrouvions à deux bouts de la planète, mais, n’étant pas stalinien, je t’avoue avoir encore du mal à y croire. Alors calmons-nous un peu. Et remettons les choses à leur juste place. Tu étais présidente de la Société de production jusqu’au 24 juillet, toi tu dis même jusqu’au 27. Eh bien jusqu’à quasiment la fin du mois de juillet, tu as donc dirigé le Média, et comme tu l’entendais — comment en 15 jours, et en 15 jours de vacances qui plus est, peux-tu accuser la nouvelle direction et te répandre un peu partout dans la presse et sur les réseaux sociaux pour dire que tout n’est que trahison, compromission et déception ? Pendant un an, sans mégotter une seule fois et comme tant d’autres, je t’ai accompagnée, encouragée, défendue, tu étais LA présidente du Média, et tu ne pourrais pas supporter qu’Aude ait tout simplement la possibilité de faire ses preuves ! « J’aurais dû créer le Média toute seule », as-tu dit un jour de colère. Peut-être, mais tu l’as créé avec nous et avec des milliers de Socios — aide-le à survivre plutôt que de contribuer à le tuer. C’est toi qui as décidé de partir, arrête de considérer a priori que rien de bon ne peut te survivre.

 

Je te parle franchement : rien que de devoir démentir les allégations perfides que tu diffuses sur mon compte, j’ai un goût de cendres dans la bouche. Moi, je t’aurais par exemple refusé de faire un audit sur les finances du Média — mais quelle blague ! J’ai essayé pendant les 15 jours du séminaire d’y voir un peu clair sur ta gestion (et ce n’était pas facile, crois-moi), et j’aurais refusé que tout s’éclaire comme par miracle — mais qu’un, dix, cent audits fleurissent, je te soutiens ! Et je compte bien sur le Média, que je n’aspire pas un instant à diriger (autre bobard), pour encourager cette très bonne idée. Tu vois, on va finir par être d’accord...

 

Ah, non, il y a point où je crains que ça ne passe pas entre nous : c’est ce qui concerne Mediascop. Je respecte ton travail de communicante, j’ai animé une émission entière des Sujets qui fâchent avec un journaliste de Radio-France qui avait notamment mis en cause ta société, et j’ai défendu un point de vue que je crois toujours être juste et qui t’était sans nuances favorable. C’est pourquoi je suis d’autant plus à l’aise pour te rappeler ce qui n’est pas une critique de Mediascop ou de Sophia Chikirou, mais une simple vérité : je n’ai jamais entendu parler de la convention liant le Média à Mediascop, convention dont tu fais état dans différents messages, et je ne souhaite pas que tu me mêles à ça. Idem quand tu expliques que le règlement de la première facture de Mediascop s’est fait sans problème, laissant là encore entendre je ne sais quel accord de ma part ou de celle des autres membres du comité de pilotage. Je ne veux pas aller sur ce terrain et je n’irai pas : tu étais présidente de la Société de production, tu as établi puis reçu cette première facture de Mediascop, c’est toi et personne d’autre qui as signé le chèque correspondant et c’est toi et personne d’autre qui l’as encaissé — point final.

 

Bon, j’ai écrit ce texte au fil de la plume, je ne sais pas bien s’il sera utile — je l’espère. Les plaies que cette polémique a ouvertes ne se refermeront pas tout de suite, ça c’est sûr. Pour ma part, j’ai été tout particulièrement indigné de ces rumeurs infâmes sur les avantages financiers que j’aurais tirés du Média et cette pure saloperie diffamatoire, je vous le dis, amis Socios, me restera longtemps en travers de la gorge. Mais bon, espérons que le temps jettera à la rivière le pire de cette histoire et gardera le meilleur. Je reste en tout cas sur une conviction : le Média doit continuer sa route, mais, pas de doute il ne la continuera… que si vous êtes là et bien là. »

 

 

Au « Média », le grand déballage se poursuit

 

La nouvelle direction et ses opposants s’affrontent via les réseaux sociaux. Dimanche, c’est l’un des cofondateurs, Gérard Miller, qui s’est exprimé sur sa page Facebook.

LE MONDE | 15.08.2018 Par François Bougon

 

Au Média, c’est l’heure du grand déballage. Qui parfois tourne à l’invective, par comptes Twitter et Facebook interposés. Après les révélations de la presse sur les accusations portées par la nouvelle direction à l’encontre de l’une des cofondatrices, Sophia Chikirou – poussée à la démission en juillet –, les protagonistes multiplient communiqués et prises de position. Les uns dénoncent une tentative de putsch et des règlements de comptes, les autres cherchent à éteindre la polémique tout en évitant une possible hémorragie des « socios », ces abonnés qui constituent la source principale de financement du média alternatif de gauche, lancé en janvier.

 

Tout d’abord, l’un des cofondateurs, le psychanalyste Gérard Miller, qui a décidé de prendre du recul en démissionnant de la présidence de l’association, a publié un long texte, dimanche 12 août sur le compte Facebook des « socios », où il s’adresse directement à Sophia Chikirou – appelée à rejoindre la campagne de La France insoumise (LFI) pour les élections européennes –, rappelant leurs anciens liens d’amitié :

 

« Pendant un an, sans mégoter une seule fois et comme tant d’autres, je t’ai accompagnée, encouragée, défendue, tu étais LA présidente du “Média “, et tu ne pourrais pas supporter qu’Aude [Lancelin, la journaliste désormais présidente de l’entreprise de presse] ait tout simplement la possibilité de faire ses preuves ! “J’aurais dû créer le Média toute seule”, as-tu dit un jour de colère. Peut-être, mais tu l’as créé avec nous et avec des milliers de Socios — aide-le à survivre plutôt que de contribuer à le tuer. C’est toi qui as décidé de partir, arrête de considérer a priori que rien de bon ne peut te survivre. »

 

Il aborde également le sujet qui fâche : l’argent que réclame Sophia Chikirou au Média pour le compte de sa société de communication Mediascop correspondant à ses prestations de « direction conseil et stratégique ». Ces dernières étaient encadrées, affirme-t-elle, par une convention dont avaient connaissance les deux autres cofondateurs, Gérard Miller et Henri Poulain. Deux demandes de virement, pour un montant total de 130 000 euros, ont été présentées à la banque fin juillet, dont la deuxième a été refusée.

 

« C’est toi et personne d’autre qui as signé le chèque »

 

« Je n’ai jamais entendu parler de la convention liant le “Média” à Mediascop, convention dont tu fais état dans différents messages, et je ne souhaite pas que tu me mêles à ça. Idem quand tu expliques que le règlement de la première facture de Mediascop s’est fait sans problème, laissant là encore entendre je ne sais quel accord de ma part ou de celle des autres membres du comité de pilotage. Je ne veux pas aller sur ce terrain et je n’irai pas : tu étais présidente de la Société de production, tu as établi puis reçu cette première facture de Mediascop, c’est toi et personne d’autre qui as signé le chèque correspondant et c’est toi et personne d’autre qui l’as encaissé — point final. »

 

Enfin, M. Miller, qui promet d’« en finir avec l’opacité » qui caractérisait, selon lui, l’époque Chikirou, enjoint aux « socios » de donner du temps au temps et de laisser Aude Lancelin et son équipe leur présenter le nouveau projet : le JT quotidien, qui phagocytait les énergies, devrait être supprimé et l’accent mis sur l’investigation et le décryptage des médias. Mais, au sein de la rédaction, les divisions sont tout aussi vives. Et elles sont étalées sur les réseaux sociaux.

 

La Société des journalistes (SDJ) du Média a été la première à s’exprimer. Dans son texte, elle revient notamment sur les accusations portées par un des journalistes, Serge Faubert, qui, interrogé par Le Monde, avait dénoncé « une chasse aux sorcières [faisant] curieusement écho à des tentatives communautaires ou identitaires au sein de la rédaction ». « Nous aurions pu imaginer entendre cette position de la part d’un journaliste de Valeurs actuelles, pas du Média, ce qui nous choque terriblement. La SDJ fera de la reconnaissance du pluralisme et de la diversité dans notre rédaction un combat et s’oppose à toute velléité de les étouffer ou de les nier. Quant à ceux et celles qui craignent un “changement d’identité”, nous leur répondons que nous sommes fier-ère-s de la diversité présente au sein de notre rédaction », réagit la SDJ, tout en appelant de ses vœux un Média « réellement démocratique et transparent, avec la participation des socios ». Elle nie également toute « purge anti-FI » (La France insoumise).

 

Mais, en réponse, Serge Faubert et trois autres journalistes et chroniqueur (Julie Maury, Léonard Vincent et Alexis Poulain) ont cosigné un texte dans lequel ils dénient toute légitimité à la SDJ, qualifiée d’« instrument pour la prise de pouvoir sur les sociétés du Média par une nouvelle direction ». Désapprouvant la fin annoncée du JT, ils s’inquiètent de la nomination du président de la SDJ, Théophile Kouamouo, au poste de « rédacteur en chef pour les questions d’actualité » : « Rappelons que c’est lui qui était le présentateur le jour où a été annoncé “un blessé grave à Tolbiac”, information qui s’est avérée fausse. »

 

Sophia Chikirou veut faire payer ses anciens camarades du « Média »

 

La nouvelle direction accuse la cofondatrice du média alternatif de gauche, partie rejoindre La France insoumise, d’avoir caché la réalité des comptes.

LE MONDE | 13.08.2018 Par François Bougon

 

La deuxième saison du Média n’a pas commencé, mais tout laisse penser qu’elle sera aussi trépidante que la première. Ce média alternatif de gauche lancé en janvier traverse une crise d’une ampleur inédite. Comme l’a révélé Mediapart, l’une des chevilles ouvrières du Média et ex-conseillère de communication de Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chikirou, poussée à la démission pendant l’été, a annoncé vouloir saisir la justice, alors que la nouvelle direction s’interroge sur des mouvements de fonds réalisés juste avant qu’elle ne quitte la direction, fin juillet.

 

Les six premiers mois de cette petite entreprise (35 salariés dont une douzaine de journalistes) avaient déjà été riches en polémiques, notamment sur le départ de la première présentatrice ou la diffusion d’une fausse information à propos de l’évacuation policière de l’université Tolbiac… Mais, en juin, lors du dernier point d’étape diffusé sur YouTube, les dirigeants affichaient à l’écran une belle unité et un certain optimisme.

 

Mme Chikirou, cofondatrice aux côtés du psychanalyste Gérard Miller et du producteur Henri Poulain, revendiquait alors plus de 19 000 « socios » qui, grâce à leurs contributions, permettent à la structure de se financer. Et même si Le Média perdait 32 000 euros par mois, elle se réjouissait du lancement d’un mensuel papier, 99 %, et présentait un plan de développement prévoyant notamment la mise en place d’une coopérative pour mettre fin au bricolage juridique (une association détient deux sociétés, l’une salariant les journalistes, l’autre gérant les aspects techniques). L’objectif était d’atteindre les 25 000 « socios » d’ici à la fin de l’année 2018 pour assurer l’équilibre financier.

 

Deux mois plus tard, Sophia Chikirou n’imagine plus l’avenir : elle tente de justifier le passé. Tout s’est joué lors d’un séminaire de deux semaines en juillet, où, selon Henri Poulain, « certains ont dénoncé une gouvernance extrêmement solitaire » de l’intéressée. « Cela avait des conséquences éditoriales. Le JT absorbe 50 % des finances mais 90 % des énergies et cela empêche de penser de nouveaux formats, de nouvelles émissions… », poursuit-il. Au sein de la rédaction, certains dénoncent aussi son autoritarisme.

 

« Sophia ne veut pas que “Le Média” survive à son départ »

 

Les débats ont été âpres – « tous les cadavres sont remontés à la surface en l’espace de quarante-huit heures », se souvient un des participants –, se soldant par le départ de Mme Chikirou à la fois de la présidence de la société de presse – où elle a été remplacée par la journaliste Aude Lancelin –, puis de celle de la société de production – où a été nommée une directrice de production, Stéphanie Hammou. Le premier départ était prévu, car elle avait annoncé qu’elle rejoignait la campagne de La France insoumise pour les élections européennes. Mais le second l’est moins.

 

Mme Chikirou affirme avoir posé trois conditions à son départ : « Que tous les salariés en CDD qui le souhaitent soient confirmés sous forme de CDI dès le mois de juillet ; que les journalistes qui, eux, ne souhaitaient pas mon départ, ne soient pas victimes de représailles à la rentrée et donc que leurs émissions soient confirmées ; que ma société, prestataire du Média, soit payée de sa dernière facture. Aucune de ces conditions n’a été respectée. » D’où l’affrontement actuel.

 

La nouvelle direction explique, en effet, avoir découvert en juillet les prestations « de direction conseil et stratégique » facturées par la société de communication de Sophia Chikirou, Mediascop, alors qu’elle a toujours déclaré travailler bénévolement pour Le Média. Deux demandes de virements, pour un montant total de 130 000 euros, ont été présentées à la banque fin juillet par Mme Chikirou. L’une d’elles (qui s’élève à plus de 67 000 euros) a été refusée. Si M. Poulain évoque « une blessure d’orgueil », la journaliste Aude Lancelin, nouvelle présidente de l’entreprise de presse, juge que « Sophia ne veut pas que Le Média survive à son départ ». « Chercher à effectuer ces deux virements à quarante-huit heures d’intervalle, sans en avertir personne, c’est vouloir asphyxier financièrement un média fragile », relève-t-elle.

 

GÉRARD MILLER NE VEUT PLUS S’EXPRIMER. IL A QUITTÉ LA PRÉSIDENCE DE L’ASSOCIATION

 

Mme Chikirou répond que tout le monde était au courant de ces « prestations très précises », encadrées par une convention signée en janvier, et surtout met en avant une trésorerie « largement positive » : plus de 113 000 euros. « La nouvelle direction empêche le paiement de cette facture. Dès lors, elle a lancé, semble-t-il, une campagne mettant en cause ma probité », déclare-t-elle.

 

Ses anciens camarades affirment ne pas disposer des pièces nécessaires pour avoir une vision claire de la situation, car l’ancien bureau de Sophia Chikirou est fermé à clés – qu’elle a perdues. Ils ont tous les documents en leur possession, rétorque-t-elle. Face à ce qu’elle qualifie de diffamation, elle explique n’avoir « d’autre choix que de saisir la justice : d’abord pour demander qu’un administrateur provisoire soit nommé et surtout qu’un audit des comptes et du business plan que j’ai mis en place soit fait ». Gérard Miller, qui juge avoir « beaucoup donné pendant la saison 1 du Média », ne veut plus s’exprimer. Il a quitté la présidence de l’association.

 

« Chasse aux sorcières »

 

Pendant ce temps, Aude Lancelin prépare la rentrée, qui sera marquée par la fin du JT et la volonté de développer l’investigation et la critique des médias. Les proches de Sophia Chikirou s’inquiètent. Un ancien responsable des réseaux sociaux, Bastien Parisot, qui a démissionné, dénonce un « changement d’identité » et une « purge » à l’encontre des supposés soutiens de Mme Chikirou. Parmi eux, Serge Faubert. « Nous sommes cinq journalistes dans le collimateur de la nouvelle direction. Cette chasse aux sorcières fait curieusement écho à des tentatives communautaires ou identitaires au sein de la rédaction. Sur ces cinq, nous sommes quatre Blancs, quinquagénaires, et cela semble poser un problème à certains », déclare-t-il. Au Média, qui se veut le miroir des luttes sociales, la rentrée sera chaude.

 

 

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pax 16/08/2018 10:13

Si notre président, avide de réformettes, aimerait que la firme de Cupertino s'engage sur la voie du Mac rond on peut se réjouir que personne chez Apple n'ait inventé, à ce jour, l'ordinateur olfactif tant la chronique d'aujourd'hui pue.
Marigot des marigots, les protagonistes qui manifestement ne peuvent plus se sentir les uns les autres sont incapables de prendre du recul pour savoir s'ils ne participent pas, au moins un peu, à cette puanteur.
Je me souviens d’une réplique de Gérard Miller .Il n’avait pas trouvé d’autre argument pour répondre à une critique : Avec mon métier et des années de psychanalise ne comptez pas sur moi pour me culpabiliser (de mémoire)
Il y a eu, il y a peu, un numéro du M du Monde consacré à l’individu (27 mai 2018). Le portrait était gratiné et plein d’enseignements pour qui voulait cerner d’un peu plus près le personnage qui se voudrait séduisant et qui ne fait qu’agacer même les moins critiques. Miller s’est fabriqué une panoplie de « trucs » pour briller en société (et se faire aimer ?) Cela ne marche pas tant il manque de naturel ce que tout le monde perçoit derrière l’aisance du discours et l’apparente bonhommie. On est en présence d’un chef qui se rêverait tellement étoilé mais ne réussi aucune de ses recettes. L’obsession lui faisant perdre de vue l’essentiel.
Le plus impardonnable chez Miller c’est l’usage détourné qu’il fait de sa formation et qui, dans le discours et la représentation constitue un avantage certain sur beaucoup d’autres. Sale pervers va !
Le fonctionnement du caqueteur (bravo Taulier, bien trouvé) s’illustre par 13 longs et insipides § sur Fesse de Bouc pour dire qu’il ne parlera pas. La première trahison des adeptes du silence c’est de l’annoncer.
Comment les participants à cette mascarade peuvent ils encore se regarder dans une glace. Soit ils sont aveugles soit, le plus probable, ils ont tellement la grosse tête qu’il n’y a plus aucun miroir de taille suffisante leur permettant d’avoir une vue d’ensemble. L’image renvoyée très partielle, telle celle d’un miroir grossissant ne permet de ne voir que pores dilatés, points noirs, boutons et autre naevus. Le tout tellement hideux qu’ils refusent de croire que c’est d’eux qu’il s’agit et que, du coup, ils perdent l’habitude de s’examiner.
Qui croient ils pouvoir encore intéresser dans ces guerres picrocholines ? Ils doivent regretter les concours de cours de récréation ou ils jouaient (ou auraient aimée jouer – n’est ce pas mesdames) à qui avait la plus grosse tout cela pour faire oublier mauvaises notes et position en fin de classement.
A présent ce n’est pas le contenu de « l’affaire » qui retient l’attention mais le phénomène qu’il illustre et traduit. Merci polémique Taulier.

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