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17 août 2018 5 17 /08 /août /2018 06:00
Gino Bartali « le pieux » inscrit « Juste parmi les nations » au jardin des justes de Yad Vashem, Alberto Toscano nous éclaire sur son incroyable destin dans 1 vélo contre la barbarie nazie.

Vous connaissez mon amour de l’Italie.

 

Le 7 mars 2008 je livrais une chronique :

 

Coppi et Bartali : les campionissimi et le Chianti  ICI 

 

Curzio Malaparte dans « Coppi et Bartali Les deux visages de l'Italie », écrit en français, notait :

 

 

« Dans la rivalité de Bartali et de Coppi, peut-être, Pindare ne verrait que le symbole des luttes, des souffrances, des sacrifices, des espoirs de nos générations offrent à la liberté, à la paix, au bonheur des hommes et des nations. »

 

Gino Bartali, qui gagna son deuxième Tour de France en 1948, à 34 ans, « buvait du chianti, le chianti de ses vignes, et fumait des Gauloises, alors que Fausto, on l'a souligné, observait une discipline de vie monacal. » écrit Jacques Augendre. Bartali est décédé en l'an 2000 à l'âge de 86 ans, Coppi en 1960 à l'âge de 41 ans mal soigné de la malaria.

 

Lire ICI l’extrait le beau texte de Curzio Malaparte.

 

Alberto Toscano, le plus parisien des Italiens de Paris, vient d’éclairer ma lanterne sur une facette de Gino Bartali, homme pieux, épris de justice et pétri d'humanisme, qui s'est mis à collaborer avec une organisation chrétienne pour lutter en sous-main contre le fascisme/nazisme.

 

 

« Trois fois vainqueur du Giro d'Italia (1936-1937-1946), deux fois vainqueur du Tour de France (1938 - 1948), Gino Bartali avait également un tout autre trophée à son actif, qu'il a soigneusement et pudiquement gardé pour lui de son vivant, préférant être célébré d'abord pour ses capacités sportives. En collaborant avec une structure clandestine catholique ayant hébergé et assisté les persécutés politiques et ceux qui avaient échappé aux rafles des nazis et des fascistes en Toscane, le coureur cycliste est parvenu à sauver au moins 800 Juifs pendant cette sombre période de l'histoire de l'Italie, notamment en transférant de faux papiers cachés à l'intérieur de son vélo. Performance sportive et performance humaniste, pour un destin hors du commun. »

 

Toute sa vie Gino Bartali refusera d’évoquer ce moment de sa vie, son fils Andrea donne le pourquoi par une phrase que son père lui avait confiée :

 

« Je  veux qu’on se souvienne de moi pour mes performances sportives et pas comme un héros de guerre. Les héros, ce sont les autres, ceux qui ont souffert dans leur chair, dans leur âme, dans leur famille. Je me suis contenté de faire ce que je savais faire de mieux. Aller à bicyclette. Le bien doit être accompli dans la discrétion. Si on le divulgue, il perd de sa valeur car c’est comme si on voulait tirer bénéfice de la souffrance d’autrui. Il y a des médailles qu’on accroche à son âme et qui compteront dans le royaume des Cieux, pas sur cette terre. »

 

Gino Bartali a gagné le Tour 1948 (édition numéro 35 de la Grande Boucle et numéro deux de l’après-guerre)

 

C’est l’année  de ma naissance en juillet.

 

Fausto Coppi son jeune ambitieux rival refuse d’y participer comme « valet » de Bartali.

 

Ce sera un tour dur : « Sur les 120 coureurs qui prennent le départ le départ le 30 juin à Paris, seulement 44 arriveront dans la capitale le 25 juillet, après un parcours de 4922 km en 21 étapes… »

 

L’équipe de France est dominée par deux personnages : Jean Robic qui a remporté le tour 47 et le grand espoir Louison Bobet.

 

Alberto Toscano souligne que « ce Tour de France a été pour l’Italie un évènement plus historique que sportif.

 

Pourquoi ?

 

Le 14 juillet est jour de repos à Cannes.

 

« Ce même jour La Botte explose. À Rome, Palmiro Togliatti, le très habile et pragmatique secrétaire général du PCI, est en train de quitter le Palais Montecitorio ( siège de la Chambre des députés) avec sa jeune ami, la sénatrice Nilde Jotti, quand un certain Antonio Pallante, néo-fasciste et déséquilibré (une chose n’exclut pas l’autre, bien au contraire…), tire sur lui trois coups de révolver. Togliatti est grièvement blessé, mais heureusement vivant. »

 

« La grève générale est proclamée. Certaines usines sont occupées. La colère devient protestation. La protestation fait tache d’huile et devient révolte. La révolte pourrait devenir guerre civile. »

 

À gauche les tendances du fanatisme révolutionnaire et à l’extrême droite néo-fasciste et monarchiste, on espère profiter du chaos.

 

14 morts au cours de la seule journée de l’attentat, et 16 autres dans les deux jours qui suivent, plus de 800 blessés.

 

Le soir du 14 juillet, Gino Bartali, reçoit un coup de téléphone d’un homme qu’il connaît bien (il lui a demandé de se présenter aux élections) Alcide De Gasperi le Président du Conseil Démocrate-Chrétien.

 

« On dit, mais sur le contenu de la conversation réalité et légende s’entremêlent, qu’il demande à Bartali de réaliser un formidable exploit pour détourner les Italiens d’une agitation sur le point de franchir la ligne rouge. »

 

« Bartali doit tout simplement gagner le Tour de France ! Il doit passionner ses compatriotes par une performance hors du commun, Et il le fait. »

 

Il va gagner 3 étapes consécutives et décisives.

 

« Le 14 juillet, le maillot jaune est sur les épaules de Louison Bobet. Bartali est huitième au classement général, avec un retard de 21 minutes et 28 secondes. C’est énorme. Le 15, Gino part à l’attaque pendant l’étape de montagne (avec entre autres l’Izoard) de Cannes à Briançon. Il gagne en solitaire. Il grimpe dans le classement général. Il est désormais en seconde position et son retard sur Bobet n’est plus que d’1 minute et 6 secondes. »

 

« Le 16, de Briançon à Aix-les-Bains (avec le Galibier), Bartali gagne encore en solitaire et arrache à Louison Bobet le maillot jaune qu’il ne quittera plus jusqu’à Paris. »

 

« L’étape suivante, d’Aix-les-Bains à Lausanne, se dispute (après un autre jour de repos) le 18 juillet. C’est l’anniversaire de Gino le Vieux, qui souffle 34 bougies en obtenant son troisième succès consécutif dans les Alpes et en renforçant encore sa position au classement  général. »

 

À l’arrivée à Paris, le 25 juillet : 26 minutes et 16 secondes d’avance sur le belge Briek Schotte et 28 minutes et 48 secondes sur le français Guy Lapébie.

 

Gino a gagné 7 étapes et le prix du meilleur grimpeur.

 

Gino déclarera plus tard à la télé « J’ai fait seulement mon devoir. Je me suis comporté comme un coureur cycliste. Mais, si tout avait été calme en Italie, j’aurais livré bataille plus tard. Lors d’une autre étape »

 

« Même les Français sont séduits par Gino, ovationné à la fin de la Grande Boucle. Son succès est celui de la réconciliation franco-italienne. La page de la rancune et des incompréhensions de l’après-guerre est tournée. La France est pacifiée avec l’Italie ; et l’Italie est pacifiée avec elle-même. »

 

« L’une des chansons les plus connues de Paolo Conte est dédiée à cet aspect franco-italien de la performance de Bartali. On y fait allusion à la méfiance française d’avant le Tour et au défi de Gino à ce qui reste d’une certaine hostilité anti-italienne. La France se sentait à juste titre blessée par la lâche agression mussolinienne du 10 juin 1940, mais – en voulant à tout prix participer au Tour 1948 et en obtenant une victoire si précieuse – Bartali lui a montré l’existence d’une Italie profondément digne de respect. »

 

Pour Paolo Conte « l’essence de la transformation de 1948 tient à ce mot respect. »

 

Combien de route j’ai fait jusqu’ici

Combien de route a fait Bartali !

Son nez est triste comme une longue montée

Cet italien a un regard tellement gai !

Et les Français finalement nous respectent

Ils sont là, encore, qui rouspètent !

Moi, je suis en train d’attendre Bartali

Sandales aux pieds, je ne bouge pas d’ici !

Je veux voir surgir de la chaussée

Ce nez triste d’Italien tellement gai !

« On a tiré sur Togliatti ! » La difficile interprétation de l’attentat du 14 juillet 1948

Fabien Archambault
Le 14 juillet 1948, à la nouvelle de l’attentat contre Palmiro Togliatti, le secrétaire général du Parti communiste italien, se déclenche de manière spontanée une grève générale illimitée tandis que l’Italie se couvre de barricades. Le calme ne revient que le 16 juillet, alors que de l’autre côté des Alpes, le cycliste Gino Bartali s’apprête à remporter le Tour de France. Dès lors débute un autre combat, historiographique celui-là, autour de l’interprétation de cet événement exceptionnel. À gauche, le débat porte sur la question de savoir s’il s’agissait d’une authentique tentative insurrectionnelle ou bien d’une explosion de colère et d’indignation sans perspective politique précise. Du côté catholique s’élabore en contrepoint le mythe des vertus pacificatrices d’une victoire sportive, capable de détourner la masse des Italiens des sirènes démagogiques d’un Parti communiste présenté ainsi comme un corps étranger à la société italienne.

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commentaires

pax 17/08/2018 16:23

Et un , et deux conseils de lecture ! comme tu y vas Taulier. On dirait que tu veux nous consoler d'un été pluvieux et nous occuper intelligemment . Sans compter les précédents ... sans compter certain pensum infliger à la mouche du coche graphomane . Quand est ce que je vais enfin pouvoir prendre de vraies vacances et m'adonner à ce délicieux vice : la paresse .

La paresse n'est rien de plus que l'habitude de se reposer avant d'être fatigué.
Jules Renard (1864-1910)

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