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16 août 2018 4 16 /08 /août /2018 06:00
Rue des Poissonniers, rue du Faubourg-Poissonnière, boulevard Poissonnière : ça sent les chasse-marée souvenirs du Taulier…la Route du Poisson… Route deuch’ Pichon en picard

Ceux qui me lisent depuis l’origine de ce blog savent que de 1988 à 90, au cabinet du Ministre, je suivais le dossier du cheval dans tous ses états. Pas très évident de convaincre un Ministre de l'Agriculture de se préoccuper de ce secteur d'activités sauf que, les Courses via le PMU alimentaient le Fonds d'adduction d'eau des communes rurales, les Haras Nationaux, et que l'élevage du pur-sang et du trotteur pèse assez lourd dans certains départements. 

 

En 1989, je convaincs Henri Nallet de se rendre au petit matin à Chantilly : la piste des aigles, le roulement sourd des chevaux au galop, les naseaux fumants, le jour qui se lève au-dessus des bosquets, la fine fleur de la Société d'encouragement, des entraîneurs et des propriétaires... Seul problème : le speech du Ministre à ce petit monde très huppé, le nègre que j'étais, pour faire l'intéressant, en chute des propos ministériel, lui fait proposer la création d'une Journée Nationale du Cheval dans le sillage de jack Lang avec ses Journées de la Musique, du Patrimoine... Applaudissements... Moi, naïvement, je pense que sitôt dit, sitôt oublié. Faux, je dus m'y coller, fonder une association, en être bombardé Président, de me retrouver à la tête d’un paquet d’emmerdements pour organiser cette foutue journée. Ce fut une expérience extraordinaire dans la mesure où le monde du cheval en France est à l'image de celui du vin, parcellisé et plein de présidents.

 

Bref toujours, le point fort de cette première Journée du Cheval, en septembre 1990, ce fut une grande Fête aux Tuileries avec le plus grand paddock de France : toutes les races, toutes les activités et ce fut un triomphe populaire : 150 000 personnes sur le week-end sans grande publicité. A ma grande surprise, même si le quadrille des lanciers de la Garde Républicaine fut très prisé, et le lâché des petits chevaux camarguais un must, ce qui passionna le plus le public ce fut le débardage du bois par les chevaux lourds : Boulonnais, Percheron et autres.

 

Le directeur des haras, François Clos, l’année suivante me proposa d’organiser, avec le concours du haras de Compiègne, La Route du poisson.

 

Cette course emprunte l’ancien chemin des chasse-marée, corporation qui, du Moyen Âge au milieu du XIXe siècle, apportait quotidiennement le poisson frais le plus rapidement possible sur les marchés parisiens. Des chevaux de trait, le plus souvent boulonnais, étaient attelés à des ballons de marée, voitures hippomobiles à deux roues, chargées de près de 4 tonnes de poisson. Les itinéraires empruntés par ces mareyeurs et couverts en moins de 24 heures partaient des ports de la Manche, dont Boulogne-sur-Mer, longeaient la côte jusqu’à Abbeville, traversaient la Picardie, pour arriver dans Paris par le boulevard Poissonnière et, enfin, atteindre le quartier des Halles »

 

Avant de rejoindre les halles de Paris, les mareyeurs approvisionnaient également des villes comme Amiens et Beauvais. Par temps pluvieux et venteux, depuis Boulogne-sur-Mer ou depuis les ports de la baie de Somme, les chevaux empruntaient le circuit des chasse-marée. Une course contre le temps, une journée et une nuit à transporter une denrée fragile, il fallait alors soumettre les bêtes à un train soutenu, tout en veillant à ne pas les crever. Certains relais de poste étaient utilisés pour en changer.

 

 

Très consommé sous l'Ancien Régime où les congrégations religieuses aux règles strictes faisaient florès, le poisson, notamment celui pêché en Manche, devait approvisionner rapidement les marchés intérieurs dont ceux de la capitale. L'acheminement par la poste de cette denrée hautement périssable se révélant des plus aléatoires, les mareyeurs de la région prirent l'initiative de développer leur propre réseau. La « route du poisson » était née. Longue de 70 lieues – près de 300 de nos kilomètres – elle reliait les ports du Pas-de-Calais à Paris, jalonnée de relais pourvus en robustes juments. Ces « mareyeuses », comme on les appelait, appartenaient à la race du fameux trait du Boulonnais – à l’origine un cheval lourd qui a été croisé avec des pur-sang arabes pour obtenir un cheval à la fois résistant et rapide – des chevaux du terroir d'une puissance de traction énorme et d'une endurance exceptionnelle.

 

Les chasse-marée, dont les origines remontent au XVIe siècle, entraient à Paris par la rue des Poissonniers, puis empruntaient la rue du Faubourg-Poissonnière et enfin le faubourg du même nom jusqu'à la rue Coquillière débouchant sur les Halles. « Les congrégations religieuses y avaient obtenu de pouvoir se servir en premier dès cette denrée fraîchement arrivée. Car, si notre route du poisson se fait en vingt-quatre heures, les chasse-marée, eux, arrivaient plutôt en dix-huit heures, ne changeant de chevaux que toutes les deux ou trois étapes », raconte le responsable de l'épreuve.

 

Ces fourgons ou « ballons », tirés par 5 chevaux, étaient constitués de ridelles en osier à claire-voie au fond de cordes entrecroisées, le tout assemblé par quelques pièces de bois en guise de cadre monté sur deux hautes roues en bois aux jantes de fer. « On alternait caisses de poisson et couches de varech pour garder la fraîcheur. Le tout, recouvert d'une grande bâche, donnait l'aspect de gros ballons. »

 

Le passé de cette route est riche d'anecdotes. « On a retrouvé le texte d'une chanson, mais jamais l'air, évoquant l'histoire de ce mareyeur qui n'a jamais pu sortir de Boulogne, situé au fond d'une cuvette. Son ballon portait deux caisses de harengs de trop »

 

Dans un village du Val-d'Oise, au pied d'une côte, une plaque en émail indique encore sur le mur d'un café « chevaux de renfort » pour aider à la montée. A Beussent, Napoléon a recruté deux frères postillons dans sa garde personnelle. Le film « Vatel » explique les raisons du suicide du cuisinier du prince de Condé, propriétaire du château de Chantilly : le poisson n'était pas arrivé à temps un jour que son maître recevait Louis XIV.

 

Journée nationale de Cheval, jardin des Tuileries, Paris 1er photos ICI 

 

Contenu

4-ENA-03146 : Les Gardians. 4-ENA-03147 : Une cascade. 4-ENA-03148 : Danseuses en coulisses. 4-ENA-03149 à 4-ENA-03150 : Chevaux de trait. 4-ENA-03151 : Garde républicaine, le maréchal ferrand. 4-ENA-03152 : Garde républicaine, préparation pour le carrousel des lances

 

Sources

  • La Route du Poisson Le sport au service du patrimoine par Olivier Pégard Université Paris XII et Jérôme Pruneau Université de Montpellier I ICI 

 

  • La route du poisson relance le cheval de trait du Boulonnais NICOLE BUYSE 05/08/2002 ICI 

LES CHASSE-MAREE : LES VOITURIERS DE LA MER

 

ICI 

 

 

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