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14 août 2018 2 14 /08 /août /2018 05:45
Après sa spectaculaire condamnation par la justice californienne Monsanto dit Monsatan entre dans une phase de turbulences, l’ardoise pourrait s’élever à plusieurs milliards de dollars.

Je suis et je reste un éternel 68 hard, pour moi Monsanto c’est également le fabricant du tristement célèbre agent orange, le défoliant utilisé par l’armée américaine pendant la guerre du Vietnam.

 

Quel bonheur de voir que, dans le pays des lawyers pitbull, la firme, c’est une première, vient  de se voir frappé au porte-monnaie. Au-delà du débat scientifique, les liens de causalité sont toujours difficiles à établir, le terrain judiciaire aux USA est fertile, il produit des millions de dollars. Je rappelle que tous les pesticides sont des poisons violents, en témoigne la tête de mort floquée sur les bidons. Le combat pour leur éradication est un combat citoyen, juste et porteur d’une agriculture respectueuse à la fois des femmes et des hommes qui la pratiquent et de son environnement.

 

La spectaculaire condamnation de Monsanto par la justice californienne, ce week-end, pourrait n’être que le prélude à des centaines de procès susceptibles de coûter des milliards de dollars au géant de l’agrochimie, tout juste racheté par l’allemand Bayer.

 

Le verdict est tombé « comme une bombe », raconte Le Temps. Vendredi soir, après huit semaines de procès et trois jours de délibérations, un jury californien a condamné Monsanto – « Monsatan », pour ses nombreux détracteurs – à payer « 289 millions de dollars à Dewayne Johnson, un jardinier américain de 46 ans ».

 

Le verdict californien, qui va faire jurisprudence, fait passer ce débat scientifique au second plan, selon Le Soir. « Monsanto entre dans une phase de turbulences » et « l’ardoise pourrait s’élever à plusieurs milliards de dollars », assure ainsi le quotidien belge. Car derrière M. Johnson, « ils sont plusieurs milliers de plaignants sur le territoire américain, à fourbir leurs armes et à réclamer des indemnités ».

 

La BBC estime elle aussi que « les implications du verdict se feront ressentir bien au-delà du siège de Monsanto » à Creve Coeur, dans le Missouri. L’un des avocats de M. Johnson, Brent Wisner, cité par le média britannique, a déclaré que cette décision n’était que « la pointe de la lance » de futurs procès.

 

Selon un décompte de CNN, « plus de 800 patients ont traîné Monsanto en justice en 2017, affirmant souffrir d’un cancer provoqué par le Roundup. Depuis, des centaines d’autres plaignants – des malades de cancer, leur conjoint ou leurs héritiers – ont également poursuivi Monsanto pour des raisons similaires ». La chaîne américaine cite un autre avocat de M. Jonhson, Timothy Litzenburg, pour qui « 4 000 cas similaires sont en attente de procès dans les tribunaux de plusieurs États. C’est une grande victoire pour la santé humaine dans le monde », dit-il.

 

Souvenez-vous de l’affaire «Libieck vs. Mac Donald’s», en 1995, dans laquelle le fast-food fut condamné aux USA à verser près de 600.000 $ à une femme qui s’était brûlée avec un café…

 

En 2012, deux Américains ont porté plainte contre McDonald's après avoir bu du café à Chicago. La raison? Servi trop chaud, ils se seraient ébouillantés rapporte le Chicago Business. Parmi les victimes, une fillette de 4 ans qui a reçu du café sur les joues alors qu'elle apportait la boisson à sa grand-mère. Résultat: des brûlures au second degré qui lui laisseront des « cicatrices permanentes » selon la famille qui réclame 4 millions de dollars à McDonald's. 

 

La seconde victime, âgée de 35 ans, souffre pour sa part d' « horribles » brûlures sur les cuisses après avoir renversé son gobelet lors d'une virée dans un driving.

 

Dans le jugement rendu vendredi, le jury a répondu par l'affirmative à presque toutes les questions posées à l'encontre du groupe Monsanto. Selon l'énoncé de la décision, non seulement au moins l'un des deux produits utilisés par Dewayne Johnson a contribué à son cancer, mais Monsanto connaissait la dangerosité des substances, et a volontairement choisi de ne pas « accompagner ses pesticides d'un avertissement destiné au consommateur ».

 

Dans le détail, le géant américain a été condamné à 250 millions de dollars (218 millions d'euros) de dommages et à verser à Dewayne Johnson 39 millions de dollars (34 millions d'euros) d'intérêts compensatoires. Monsanto a fait appel du jugement.

 

Y a-t-il des cas similaires en France ?

 

En France, deux procédures sont encore en cours contre l'entreprise d'agrochimie.

 

La première est une affaire concernant un agriculteur céréalier charentais, Paul François, qui a porté plainte en 2007 contre Monsanto, l'accusant d'être responsable de sa maladie. Paul François a manipulé pendant des années le Lasso, un puissant herbicide, avant de subir cinq mois d'hospitalisation, une amnésie de onze jours et plusieurs comas. En 2015, la cour d'appel de Lyon a donné raison à l'agriculteur, mais la décision a été cassée par la Cour de cassation, et est en attente d'un nouveau jugement.

 

La deuxième affaire est la plainte d'une mère de famille qui accuse le glyphosate d'être responsable des malformations chez son fils, Théo. Elle avait utilisé du désherbant pendant sa grossesse. En 2016, à seulement 7 ans, Théo avait déjà subi une cinquantaine d'opérations.

 

L’issue du procès Monsanto pourrait inspirer la Suisse

 

«Cette décision me donne espoir.» Ce week-end, Adèle Thorens Goumaz a guetté la nouvelle et s’est empressée de la partager sur son compte Twitter. Et pour cause: pour la conseillère nationale verte, son impact serait non négligeable. «Qu’un tribunal reconnaisse le lien de cause à effet entre un cancer et l’utilisation du glyphosate est un signal fort», souligne-t-elle.

 

Dans ce contexte de controverses scientifiques (l’OMS a de son côté classé le glyphosate «cancérogène probable»), l’issue du procès de Dewayne Johnson ferait justement office de marqueur clair, estime la députée. «Les décideurs sont constamment renvoyés d’une étude à l’autre, ce qui ne rend pas leur tâche facile. Cette décision peut donc avoir un réel impact politique.»

Un impact qui pourrait bien rayonner jusqu’en Suisse, où «l’affaire glyphosate» est loin d’être classée. Après avoir rejeté une motion des Verts en novembre dernier exigeant l’interdiction totale de la substance, le Conseil fédéral adoptait en mai un rapport selon lequel une trop faible quantité de glyphosate avait été retrouvée dans les aliments pour suggérer un quelconque risque sanitaire.

 

 

France info : Que pensez-vous de cette condamnation ?

 

José Bové : Je me félicite de ce jugement comme tous les opposants à Monsanto, au Roundup et au glyphosate, parce que ce n'était pas gagné d'avance. Monsanto a tout fait pour faire traîner en longueur ce procès et heureusement qu'il y a eu la ténacité de ce jardinier américain. C'est une formidable victoire.

 

  • Monsanto fait appel de ce jugement. En France, le groupe a été condamné en 2012, mais le jugement a été cassé il y a un an. Monsanto a l'habitude de faire traîner les procédures ?

 

Cela fait des années que Monsanto sait que son produit est dangereux, ils ont essayé de la cacher, mais dans ce procès des preuves ont montré qu'ils savaient que le produit était dangereux. On a des industriels voyous qui savent que leurs produits sont dangereux pour la santé et la biodiversité, qui continuent à en faire le commerce et qui refusent d'assumer leurs responsabilités. Là, ils sont enfin pris la main dans le sac. Ce jugement va faire date, même si Monsanto a fait appel. Monsanto a refusé de venir devant une commission parlementaire en disant qu'il n'en avait rien à faire du Parlement européen.

 

  • Il y a 5 000 procès potentiels aux ÉtatsUnis contre Monsanto. Qu'attendez-vous maintenant ?

 

J'espère que les États et l'Union européenne vont prendre l'ensemble de la responsabilité de la situation. On a parlé en France d'arrêter le glyphosate dans trois ans. Après ce résultat, ce n'est pas dans trois ans, mais dans un an qu'il faut arrêter le glyphosate et qu'il n'y ait surtout aucune possibilité de dérogation. On voit bien les lobbys en train de dire que pour tel type de production ils ne peuvent pas se passer de glyphosate. C'est un mensonge éhonté. J'en appelle à la grande distribution en lui disant d'étiqueter les produits sans glyphosate. Il faut qu'il y ait une pression des citoyens, des paysans responsables pour qu'on arrête de vendre ces produits de mort.

 

  • Vous demandez au gouvernement d'aller plus loin. Mais la France est plutôt en pointe dans ce combat. Que souhaitez-vous vraiment ?

 

Quand il y a eu le débat européen sur le glyphosate, la majorité des États étaient pour qu'il y ait un renouvellement, certains voulaient 15 ans d'autres 10 ans, au final au niveau européen c'est cinq ans. Malheureusement, on ne sait pas ce qu'il va se passer dans quatre ans puisque le Roundup pourra à nouveau être réutilisé au niveau européen. Donc, les produits italiens, espagnols ou autres pourront utiliser du glyphosate, même quand la France l'aura interdit dans trois ans. Je voudrais qu'on aille beaucoup plus vite et beaucoup plus loin et qu'on annonce clairement avec une date, claire et nette, l'interdiction de l'utilisation et de la vente du produit sur le territoire français. Qu'on arrête de nous dire que, si on arrête le glyphosate, il va y avoir une distorsion de concurrence avec des pays qui eux ne l'interdisent pas. La question de la santé est une question trop importante pour la laisser aux mains de marchands qui veulent continuer à faire du business.

 

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commentaires

pax 14/08/2018 07:07

Qui se ressemble s'assemble dit on : Bayer ( alors IG Farben ) s'est illustré par ses liens avérés pendant la guerre avec les fabricants du Zyklon B utilisé pour les chambres à gaz. ( Sous la pression d'Elie Wiesel l'entreprise aurait présenté des excuses - ça au moins, ça ne mange pas de pain) On dit cependant que le mariage n'est pas consommé en raison des risques de monopole qui serait ainsi instauré.
La bataille du pot de fer contre le pot de terre n'effarouche pas certain, même en France ou ce ne sont pas encore les lawyers pitbull du Taulier qui font la loi. Ainsi Macdo, assez souvent attaqué pour des dommages corporels dus à des glissades a été condamné mais bien sur à des montants symboliques dirions nous. Et, sauf erreur, c'est pourquoi, on voit partout surgir des petits chevalets jaunes qui ont pour but d'alerter sur l'existence d'un sols présentant, momentanément, ( il n'y a pas loin un seau et une serpillère en activité) des risques de chutes.

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