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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 06:00
Entre Jean-Luc Thunevin et moi tout a commencé en janvier 2008 et pourtant je ne suis jamais retourné à Maury en dépit de l’invitation de Marie Calvet.

Le pauvre Jean-Luc que je présentais en janvier 2008 : « ancien ouvrier forestier, disc-jockey, employé de banque et marchand de vin » je l’avais rebaptisé : THUVENIN.

 

Ça l’a fait beaucoup rire. Tout autre que Jean-Luc se serait offusqué mais lui prit la chose du bon côté en soulignant que l’alliance de la thune et du vin suffisait à son bonheur alors que le venin venait d’ailleurs. Après ce contact purement épistolaire Jean-Luc et moi nous avons dû nous rencontrer physiquement, de manière tout aussi pure, au salon de la RVF.

 

 

Lire  ICI  « Autour d’une bouteille » consacré à Murielle Andraud et Jean-Luc Thunevin sobrement titré « le Vin de garage ». C’est chez Elytis. 14€. Le questionneur-dégustateur est Gilles Berdin. Jean-Luc me l’a porté en mains propres à sa descente du TGV de Bordeaux.

 

Même si j’ai viré naturiste, je ne suis de ceux qui renient l’amitié et avec Jean-Luc, les racines sont profondes mais vous n’avez besoin de savoir.

 

Et puis, y’a Maury !

 

Souvenir d’un vendredi soir, lors de ma mission Vin Doux Naturels, où je suis monté avec Jean-Pierre Borie, enfant du pays, à Maury pour une réunion, à la salle omnisports, avec les viticulteurs de Maury, englués dans la crise, piégés par les tenants de l'immobilisme, « rien que du vin doux », le président de la cave coopérative en tête. La salle était pleine, presque tout village. C’était chaud mais sans agressivité, de l’angoisse, de l’écoute. J'en garde un souvenir fort et la conviction profonde que le devoir de vérité est dû à ceux et celles qui, dans leurs vignes, leurs caves, le quotidien de notre viticulture. Rien n'est jamais acquis, rien n'est jamais perdu.

 

Bref, le Jeudi 14 février 2008 via le blog du Jean-Luc j’ai reçu cette lettre :

 

M. Berthomeau,

 

Nous nous rappelons aussi très bien de votre venue à Maury. Vous avez été reçu, vous l’avez dit par une  assistance nombreuse. Ces hommes et ces femmes étaient à l’époque inquiets de la situation, découragés, las. Pire, ils ne croyaient plus en ce qui avait représenté toute une vie pour certains, l’avenir pour d’autres : leur métier, la vigne.

 

C’est dans ces circonstances que vous avez fait connaissance avec Maury.

 

Peu après votre venue, une nouvelle équipe dirigeante a pris la tête de la coopérative. Oh, le changement ne s’est pas fait en douceur, bien qu’une grande majorité des coopérateurs aient donné leur confiance à Paul Armingaud et son équipe. Mais peu à peu, grâce à des décisions justes et une ligne de conduite inflexible, la situation s’est améliorée. Mise en place d’un cahier des charges, lignes de rémunérations différentes en fonction de la qualité des apports, meilleur choix des partenaires commerciaux ont été des stratégies qui ont porté leurs fruits en quelques années. Bien sûr, il y a aussi eu des licenciements, des sacrifices à faire, tant au niveau du personnel que des coopérateurs. Mais aujourd’hui, la situation financière de la cave est assainie et les rémunérations aux coopérateurs ont recommencé à augmenter.

 

Bien qu’ayant quitté la Cave coopérative en 2004, pour poursuivre notre chemin avec Jean-Luc, nous avons gardé avec elle d’excellentes relations, commerciales comme amicales.

 

Il en va de même de nombreuses autres caves particulières. Cette entente entre producteurs est même devenue un atout puisque a été créé en 2007, à l’initiative de la municipalité, La Maison du Terroir et son association regroupant une vingtaine de caves particulières et la Cave Coopérative dans le but de promouvoir les vins de Maury autour d’un bar à vin et d’un restaurant de qualité.

 

Alors bien sûr, aujourd’hui, il y a encore quelques individus (les innommés ..?) qui croyant pouvoir s’exonérer de leurs fautes passées tentent d’enrayer cette mécanique de la réussite qui est en place à Maury et qui n’est pas de leur fait.

 

Mais, le fait est, Monsieur Berthomeau, que si vous reveniez aujourd’hui à Maury (et je souhaite que cela soit possible) vous seriez certainement accueilli par les mêmes personnes qu'il y a quelques années ; la différence, c’est ce que vous trouveriez dans leurs yeux : la fierté ! La fierté de pouvoir faire le métier qu’ils aiment et en vivre.

 

Maury, nouvelle St Emilion du Roussillon ? Le Châteauneuf du Sud ? Nous y croyons !  Nous en avons aujourd’hui retrouvé l’ambition! Parce que des hommes comme vous et comme Jean-Luc Thunevin ont commencé à y croire et à nous convaincre que c’était possible.

 

 Revenez nous voir, Monsieur Berthomeau, Maury a retrouvé son âme. 

 

Marie Calvet

 

Pourquoi cette remontée de souvenir ?

 

Tout bêtement, baguenaudant sur le boulevard Saint-Germain vendredi après-midi je suis entré à La Maison Des Millésimes  37 Boulevard Saint-Germain, 75006 Paris, haut-lieu des GCC, pour faire un peu de provoc en demandant du vin bleu.

 

Plus sérieusement, après avoir causé de tout et de rien avec Thomas le caviste je suis reparti avec une boutanche de la Cuvée Constance 2016 de Thunevin-Calvet. 10 euros.

 

Voilà c’est écrit, et je suis prêt à retourner à Maury si Jean-Luc m’y conduit dans sa Porsche-Cayenne noire – je déconne – nous convierons Isabelle Saporta qui, comme moi, adore Jean-Luc.

 

 

 

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commentaires

pax 13/08/2018 11:01

La provoc, c'est les espingos qui la font en s'arrogeant unilatéralement la mention " Méditérannée "
collée au nom de leur breuvage. Du pain sur la planche pour les avocats.
Catalogne/Roussillon ? en ce moment à Collioure vaut mieux que je la ferme tant ils sont chatouilleux sur le sujet bien que je partage le choix du Taulier et qu'ils ne se rendent pas compte que les Catalans " du sud " n'en n'ont rien à cirer des Catalans " du nord ".
Pour une fois une chronique qui me permet de réagir, " sur le motif " dégustant régulièrement chez mon caviste préféré ( Vins d'Auteurs ) les vins Thunevin Calvet fruits de l'intelligent mariage d'un vigneron astucieux et d'un pro à l'export. Histoire modèle qui devrait en inspirer plus d'un au lieux de se plaindre sans cesse.
Selon les infos en ma possession Calvet à fait le tour des partenaires potentiels et n'a essuyé que des
refus jusqu'à sa rencontre avec l'inventeur des vins de garage et qu'ils vivent à présent un harmonieuse succès storie depuis plus de 10 ans.Quant à la cuvée Constance, une très bonne pioche, un rapport qualité prix qui mérite le détour et fait que j'en ai quelques bouteille dans ma cave
alsacienne. So long '.

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