Souvenir du jour où, conduisant la 2 CV de mon père – nous disions la 2 pattes – le cardan droit se fit la malle provoquant un raffut infernal dans la petite caisse.
Le cardan, ou joint de cardan, inventé par Girolamo Cardan en 1545, permet de transmettre le couple et la puissance moteur aux roues par l'intermédiaire de deux arbres accouplés qui forment un angle variable en fonction des amortisseurs et du braquage des roues (pour les tractions avant).
Comme vous le savez après une année à tirer la jambe je me suis décidé à passer sur le billard.
Le 29 janvier après-midi je m’installe dans la chambre 214. Vérifications d’usage, dîner non gastronomique à 18 h30, je lis 31, allées Damour, Raymond Guérin de Jean-Paul Kauffmann, puis je m’endors comme un bienheureux.
Le 30 café à 8 h 30, je suis programmé pour 15 heures, douche à la Bétadine, je revêts la tenue ad hoc, très chic, j’attends pénardement en lisant.
Un brancardier m’embarque, je suis enveloppé comme une momie.
Salle d’attente, une vraie fourmilière, le Dr Schraub l’anesthésiste me visite : tout va bien. Il y a du retard, je rêvasse.
Direction la salle d’opération, dernier préparatifs, il fait chaud sous le scialytique, l’anesthésiste me pose le masque et je m’endors.
50 mn d’intervention du Dr Lefèvre, je m’éveille dans la salle d’éveil, j’ai l’esprit clair.
Le brancardier me ramène à la chambre aux environs de 18 heures. Je ne ressens aucune douleur.
Vers 18 h 30 le kinésithérapeute me rend visite « Partant pour un petit tour dans le couloir ? » J’acquiesce. J’empoigne mes cannes anglaises et je marche. « C’est bien revenez maintenant, vous avez fait 15 mètres c’est le record. »
Dîner non gastronomique, j’ai une perfusion et un drain donc je dois faire mes besoins dans un pistolet. Médicaments, prise de tension, électrocardiogramme, tout est nickel.
Nous sommes le mercredi 1er février, normalement je devrais sortir le vendredi, comme j’ai subi avec succès l’épreuve de la montée et descente d’escalier, genre festival de Cannes, je demande à préempter. On me dit oui. Jeudi à 13 heures je m’embarque dans un taxi et regagne le boulevard Saint-Jacques.
Je m’installe : musique et livres, le rythme des repas, patience et lenteur. Merci à Élisa.
L’exercice le plus périlleux ce fut la douche mais j’avais installé un dispositif où je la prends assis. Chaque geste doit être réfléchi.
Une infirmière puis un infirmier viennent me changer tous les 3 jours mon pansement. Ma cicatrice est impeccable.
Lentement mais sûrement je me déplace dans l’appartement et, au bout d’une semaine nul besoin de cannes. Nulle douleur, je prends des antidouleurs, les même qu’avant l’opération. Je revis.
Et puis voilà que la neige tombe drue sur Paris me privant de sortie. Je reste patiemment au chaud. Musique, lecture, je commence à me sentir un peu emmuré mais je ne vais pas me plaindre, je pense à mes futurs voisins de la prison de la santé dont le chantier se termine.
Samedi 10 dernier soleil, la neige fond, les trottoirs sont encore glissants. Je reste au chaud.
Dimanche, après la pintade du dimanche, première sortie : je fais le tour du pâté de maison sans difficulté.
Remonté dans mon 9e étage je décide de renouer le fil avec vous.
Mercredi 14 on m’enlèvera les agrafes, ensuite doucement et sûrement j'élargirai mon cercle de promenade. Bien sûr pas de vélo mais le recours aux moyens de transports pour particuliers.
Mes prochaines chroniques auront trait à mes lectures et au fil d’actualité que j’ai suivi sur les réseaux sociaux.
Merci de votre fidélité, mon petit roman n’a pas fait baisser le lectorat, il continuera de se mettre en ligne en sus de mes chroniques.
À bientôt sur mes lignes…