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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 06:00
Des nourritures spirituelles aux nourritures terrestres, d’Alexandre Benoît Bérurier à Laurent Berrurier… une histoire de légumes oubliés.

 

Comme je suis né dans les choux, c’était ainsi de mon temps, dans un pays de ventre à choux, et que j’ai vécu toute ma petite enfance dans une grande bâtisse adossée à un grand jardin où il y avait à peu près tout du côté légumes mais aussi des fruits, j’entretien une relation particulière avec cette part de la nourriture longtemps méprisée par la haute cuisine française.

 

Mon école du goût, même avant la cuisine de maman, ce fut gamin le potager du pépé Louis au Bourg-Pailler, avant le cuit le cru, avec une prédilection pour l’oseille que nous appelions la vinette. Je n’en ai pas pour autant viré végétarien, comme me le disait mémé Marie « faut manger de tout mon petit ».

 

Comme vous le savez j’adore les chemins de traverse alors ce matin j’en emprunte un.

 

Je fus un lecteur assidu, dans les autorails qui me menaient à mon dur labeur d’étudiant-salarié, de San-Antonio. Si je puis m’exprimer ainsi j’ai tété le lait de sa langue et il m’en est resté des expressions telle que « ma petite Ford intérieure ». Pour moi, les années 70 furent de grands millésimes « sanantonionesque » et j’ai toujours eu un faible pour le phrasé et le vocabulaire d’Alexandre-Benoît Bérurier. Avec le recul du temps je trouve qu’il était pré-Coluchien donc à ne pas mettre entre toutes les mains. Bien sûr les âmes sensibles, les lectrices ou lecteurs de Télérama, les culs-bénis, les hygiénistes seront unis pour me qualifier d’inculte.

 

Poils au culte !

 

Alexandre-Benoît Bérurier donc, dit le Gros, marié à Berthe Bérurier (dite B.B.), inspecteur de police sous les ordres du commissaire San-Antonio, collègue de l’inspecteur Pinaud dit Pinuche, n’est pas à proprement parlé un être raffiné, il adore entonner l’hymne des matelassiers, il se bâfre, lichetronne sec, il n’est pas très finaud mais il n’a pas mauvais fond et il est assez représentatif du populo de l’époque.

 

Donc pas tout à fait une grosse légume même si en 1981 il accède au poste de directeur de la police car le pouvoir socialiste vide le trop bourgeois Achille. Cette promotion est due à sa nièce Marie-Marie, militante socialiste, qui l'a inscrit au PS à son insu. Il restera peu de temps dans ses fonctions mais il est à noter qu'il fut sans doute le seul directeur de la police à avoir reçu le président de la République cul nu, suite à un désagrément intestinal qui avait rendu inutilisable son pantalon.

 

Ce n'est pas tout, car Bérurier ira encore plus haut : un peu plus tard, il est nommé ministre de l'Intérieur. Il conservera brièvement le portefeuille, suffisamment en tout cas pour que le lecteur ait l'occasion de l'admirer dans ses œuvres diplomatiques au cours d'un voyage officiel en U.R.S.S.

 

« Un de la délégation française qui produit son petit effet, c'est le ministre de l'Intérieur, M. Alexandre-Benoît Bérurier. Campé devant le buffet, il porte toast sur toast en exécutant des cul-sec sans ostentation, non pas en s'aidant de la nuque façon Von Stroheim, mais en mobilisant simplement sa glotte. Il balance le verre de vodka dans sa soupe à picole : tiaff ! Avale dans la foulée. Change son verre vide contre un plein, recommence. Elle clame bien haut, l'Excellence :

 

- Je bois au Kremlin ! - Tiaff ! 

- Je bois à Bicêtre ! - Tiaff !

- Je bois au Tsar ! - Tiaff !

- Je bois au président Staline ! - Tiaff !

- Je bois au maréchal Trotsky ! - Tiaff !

 

Ces homologues n'arrivent pas à le suivre. »

 

Et puis il y eu ma période Michel Rocard où nous allions en séminaire de cabinet à la mairie de Conflans-Sainte-Honorine. C’est là-bas que je découvris que de 1965 à 1973 Eugène Berrurier y fut maire divers droite. C’est en 1977, que Michel Rocard, le deviendra. Son implantation dans les Yvelines date de l'élection législative partielle de juin 1969 dans la 4e circonscription des Yvelines, où il bat le Premier ministre sortant Maurice Couve de Murville.

 

À un R près Bérurier ou Berrurier j’en arrive à Laurent Berrurier.

 

 

Désigne celui qui est originaire du Berry, ou encore celui qui est originaire de Bourges. Le nom Berruyer est porté notamment dans l'Isère et la Haute-Vienne. On trouve Le Berruyer en Normandie (50,76), où l'on rencontre aussi les formes Berrurier, Le Berrurier (14). Variantes : Berrouiller (30), Berroyer (36, 87), Berroyez, Berruyez (62), Berryer (80), Berruer (37).

 

Berrurier est classé au 28.929ème rang des noms de famille en France.

 

Le Parisien du 6 Janvier 2016 titrait :

 

LIRE : Grâce à lui, les légumes oubliés séduisent les plus grands chefs 

 

« Maraîcher à Neuville-sur-Oise (Val-d'Oise), Laurent Berrurier est l'un des agriculteurs franciliens qui fournissent le chef triplement étoilé Yannick Alléno. Ce dernier nous livre une nouvelle recette à partir de produits du terroir local. »

 

Pour votre Taulier ça n’était pas une découverte car ça fait un bail que les grosses légumes de Laurent Berrurier il les achetait à Terroir d’Avenir.

 

Lire Symphonie pour grosses patates bouillies en sol mineur et vin d'auteur 

 

«Tu fais les poires de terre? demande Cédric à Laurent Bérurier, je n’en ai jamais travaillé…»

 

- J’en avais la semaine dernière! Ça ressemble à une racine de dahlia.

- Et comment tu les prépares?

- Ben, je ne sais pas, moi, je ne suis pas chef!» répond le maraîcher en riant.

 

Lire Se fendre la poire oui, mais la poire de terre, ça vous changera de la pomme de Parmentier foi d’un Taulier adepte du poiré… 

 

Yannick Alléno voit en Laurent Berrurier un des producteurs sur qui il va pouvoir s'appuyer pour défendre le terroir local. « J'ai retrouvé neuf variétés anciennes de légumes originaires de l'Ile-de-France, détaille l'agriculteur de 45 ans. Le poireau de Gennevilliers (92), le chou d'Aubervilliers (93) et celui de Pontoise (95), l'asperge d'Argenteuil (95), le navet de Croissy (78), la carotte et la bette blanche de Paris, le pissenlit de Montmagny (95), l'oignon de Vaugirard. »

 

 

Ce qu'il entend par « retrouver », c'est cultiver une graine « pure », comme la qualifie Yannick Alléno.

 

« Les générations successives des Berrurier ont préservé l'asperge d'Argenteuil, sans la dénaturer, s'émerveille le chef. Même chose pour le chou de Pontoise, qui respire l'authenticité d'une région autrefois recouverte de cultures. »

 

Pour dénicher ces variétés oubliées, Laurent Berrurier potasse des livres anciens sur l'art du potager, et fréquente de petites graineteries. « Après, c'est un savoir-faire transmis par mon père et mon grand-père de pouvoir la multiplier de façon à ne pas produire juste pour sa consommation personnelle, mais pour satisfaire les chefs, de plus en plus gourmands », sourit le maraîcher.

 

L’asperge est un légume qui pousse la nuit

 

« Mon arrière-arrière-grand-père en a commencé la culture vers 1900, explique l'agriculteur. Depuis, on se transmet ce patrimoine de père en fils ». L'asperge blanche, telle que la Belle d'Argenteuil, se plante de façon très particulière : à la différence de l’asperge verte, elle se butte et se rebutte : on la couvre pour lui cacher la lumière, afin qu'elle se développe et reste tendre au lieu de fleurir. La blanche se cueille avec une gouge, afin de pouvoir la couper sous la terre, quand la verte se coupe tout simplement aux ciseaux. L’asperge est un légume qui pousse la nuit et doit être cueilli très tôt le matin afin de conserver toute sa fraîcheur. »

 

Et bien sûr les Bérurier Noir !

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Le Piton 13/03/2016 11:51

Bonjour, joli post sur les Béruriers, cependant ne pas critiquer Télérama qui lors du décès de Frédéric Dard en Juin 2000, a produit un joli article sur lui, ce journal ne considère donc pas les lecteurs de Sana comme des incultes :-)

JACQUES BERTHOMEAU 13/03/2016 12:01

Ce ne fut pas toujours le cas Télérama fut en des temps préhistoriques un journal de la bonne presse catholique :-)

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