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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 06:00
« Heureux temps, où chaque famille avait sa cave ; heureux temps où l’on vendait le vin par barrique aux particuliers »… Frais comme le clairet du Postillon…

Si j’étais en âge de fonder une start-up, au lieu de me précipiter là où tous les petits génies de l’Internet se bousculent, je relancerais la vente du vin en barriques livré à domicile avec un kit de mise en bouteilles.

 

Une barrique dans le salon, quel must !

 

Et puis, quel plaisir que de mettre son vin dans des bouteilles, de le boucher, de coller de belles étiquettes dessinées par le petit dernier dans le cadre des activités périscolaires ou par votre beau-frère qui se prend pour Renoir.

 

Sus aux affreux cubitainers ou autres outres bag-in-box, de l’authentique, du naturel…

 

Bref se serait tout à fait raccord avec la tendance du c’était mieux avant.

 

En effet, souvenez-vous des plaisirs de la mise en bouteille racontés par votre père ou votre grand-père, « à la lueur tremblotante d’une bougie, dans une cave humide, mal installé sur un tabouret bancal… On sortait de là courbaturé pour 8 jours. »

 

Ce n’est pas moi qui rapporte de tels propos mais le faiseur de réclame de l’une des premières marques de vin : POSTILLON dans l’agenda de 1931.

 

 

L’emblème est pompé sur la Une de l’Evening Post signée par Norman Rockwell.

 

Lorsque je suis arrivé sur le charmant port de pêche de Gennevilliers, en 1986, siège de la Société des Vins de France, je fus affecté aux services des achats dont le directeur était Jean Chatras, un ancien de la maison Postillon. C’était un véritable archiviste du commerce du vin et il aurait fallu sauvegarder ses cahiers.

 

Un poil d’histoire, « En 1862 à Narbonne (Aude), Gabriel Gerbaud, fabricant de barriques, crée une société de négoce spécialisée dans les Corbières, qui n’étaient alors que de modestes vins de table. Celui-ci, eut l’idée de se passer de l’intermédiaire des courtiers et de faire de l’expédition directe de la propriété à la clientèle de détail.

 

À la veille de la Première Guerre Mondiale, les vins de la Maison Gerbaud avaient acquis une solide réputation jusqu’à Paris. Antoine Gerbaud, le fils du fondateur, vend l’affaire à Antoine Combastet, un corrézien monté à Paris. La nouvelle société, d’abord « Ancienne Maison Gerbaud » fusionna ensuite avec « La Vinicole » basée à Charenton, puis avec « Les vins des Trois Comètes ».

Source : Cepdivin

 

 

« Cette photo pour le moins insolite est un détail de l’enseigne de l’usine du Postillon, entreprise de négoce en vins, installée sur les quais d’Ivry-Port jusqu’en 1967. Le personnage de référence de la société représentait un « postillon » botté et portant chapeau. Il rappelait les origines d’Antoine Combastet, fondateur de la société qui, selon la légende, descendait d’une famille de conducteurs de diligence.

 

Une reproduction de cette enseigne a été peinte sur le pignon nord des logements sociaux construits en 2005 sur l’ancien site de l’entreprise, 55/61 avenue Paul Vaillant-Couturier. »

 

 

Reprenons le fil de la réclame de celui qui se fait passer pour un descendant des Gerbaud : « Je vis, après guerre, (ndlr celle de 14-18) se modifier le marché des vins. Le consommateur, délaissant les encombrantes provisions, achetait au jour le jour.

 

Adieu, les bonnes caves bourgeoises d’autrefois ! Le consommateur n’en voulait plus, il ne voulait plus se donner la peine de dorloter ses vins, et chose extraordinaire, il devint de plus en plus exigeant.

 

Ce qu’il ne voulait plus faire, d’autres le firent pour lui.

 

C’est alors que je vis fleurir – ou plutôt pousser comme des champignons – des firmes spécialisées qui ne vendaient que des vins au grand dam des épiciers, fruitiers, bars et marchands de vins pris au dépourvu par cette évolution.

 

Le détaillant isolé n’avait pas assez e place pour emmagasiner et pas assez de temps pour soigner du vin pour ses clients.

 

Sans parler de la difficulté de s’assurer une qualité constante et bonne, aurait-il eu des moyens financiers assez puissants pour constituer de tels stocks ?

 

Bref, les choses en étaient là, lorsque papa Gerbaud me donna du galon.

 

Promu grand manitou, je fus aux prises avec des problèmes de vente près desquels le tunnel sous la Manche n’est que de l’enfantillage.

 

Je me suis gratté le haut du crâne, j’ai mis devant moi une bonne bouteille et un verre, et tout bonnement… j’ai réfléchi.

 

D’un côté, la firme spécialisée, disposant des moyens ; de l’autre côté, la masse des petits détaillants impuissants à lutter faute d’organisation et de moyens.

 

Il fallait, pour le plus grand bien du consommateur, rétablir l’équilibre.

 

Que le détaillant puisse être livré souvent, afin de lui éviter stock encombrant et gros débours d’argent, qu’il puisse pour la constance de la qualité et le prix, se reposer sur une organisation puissante, et le tour serait joué.

 

Restait à trouver cette organisation. Elle était là, sous ma main.

 

La maison Gerbaud n’était-elle pas fin prête à entrer dans la danse ?

 

Postillon mon garçon, tu seras l’ami du détaillant, tu renonceras à toute vente directe au consommateur, tu livreras tes vins aux détaillants deux fois par semaine, régulièrement, sans à-coup, tu iras acheter pour eux les meilleurs vins, dans les bons coins que tu connais, tu les soigneras toi-même, tu t’attacheras à la constance de la qualité, tu ne vendras que du nec plus ultra. »

 

Beau morceau qui remet en perspective ce qu’était le vin totem cher à Roland Barthes.

 

La marque Postillon fut dans les années 70 détrônée par Préfontaines la marque-phare de la SVF…

Emilio Vila (1887–1967) www.artnet.com/
Emilio Vila (1887–1967) www.artnet.com/

Emilio Vila (1887–1967) www.artnet.com/

« Heureux temps, où chaque famille avait sa cave ; heureux temps où l’on vendait le vin par barrique aux particuliers »… Frais comme le clairet du Postillon…
« Heureux temps, où chaque famille avait sa cave ; heureux temps où l’on vendait le vin par barrique aux particuliers »… Frais comme le clairet du Postillon…
« Heureux temps, où chaque famille avait sa cave ; heureux temps où l’on vendait le vin par barrique aux particuliers »… Frais comme le clairet du Postillon…
« Heureux temps, où chaque famille avait sa cave ; heureux temps où l’on vendait le vin par barrique aux particuliers »… Frais comme le clairet du Postillon…
« Heureux temps, où chaque famille avait sa cave ; heureux temps où l’on vendait le vin par barrique aux particuliers »… Frais comme le clairet du Postillon…
« Heureux temps, où chaque famille avait sa cave ; heureux temps où l’on vendait le vin par barrique aux particuliers »… Frais comme le clairet du Postillon…

Saga Postillon, le bon vin bien de chez nous

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

VDB63 02/11/2015 21:12

délicieux instants de culture...merci Jacques pour cette immersion dans l'autre monde du vin!!

Aredius44 02/11/2015 10:38

En attendant à quand le vin à la tireuse comme dans les Coops de Toscane. De l'excellent vin.

Mais il faut faire vivre notre industrie du verre. On n'est pas au Québec où les canettes de bière, etc; sont consciencieusement conservés car consignées.

Ah oui, cop21 ! ben couillon ! quand j'entends "développement durable" je coupe le poste.

Cette année, profusion de pommes dont les sublimes drap-d-or

http://lefenetrou.blogspot.fr/2012/02/onema-ecophyto-ucuma-civam-ferme-dephy.html

, et les néfliers en Limousin sont couverts. La nèfle avec ses avantages et inconvénients :

"Les nèfles accroissent l'urine et resserrent le ventre" (école de Salerne)

patrick axelroud 02/11/2015 06:47

Et oui mon bon Taulier, tu évoques là les plaisirs et les jours comme dirait Proust. Il n'y a pas si longtemps nous mettions le vin en bouteilles en conviant des amis à la fête.Certes ce n'était pas des barriques mais des " cubis " que nous envoyait le vigneron avec bouchons et pour faire chic, la cire à cacheter. On récoltait toutes les bouteilles possibles les semaines précédent. Il fallait les laver les sécher sur l'if cher aux cruciverbistes avec une petite pensée pour Duchamp. On conviait les amis et c'était parti pour la fête. Le plus difficile était de distribuer les bouteilles, baisse de la consommation oblige. On se retrouvait dans la situation des copains ayant un verger et qui dés que possible ouvraient leur coffre pour te refiler un cageot de fruit qui, lâchement, restait dans le coffre en attendant de trouver à qui on pourrait , à son tour, faire le coup pour ,hélas, s'en débarrasser. Et c'est ainsi que le combat cessa, faute de combattant.

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