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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 00:09

crus-du-Bojo.jpg

 

Les Échos écrivent « La procédure de divorce entre les dix crus du Beaujolais, d’une part, les beaujolais et beaujolais-villages, d’autre part, est engagée. Le retrait de l’Organisme de défense et de gestion (ODG) des crus du Beaujolais de l’Union des vignerons du Beaujolais (UVB) a été entériné mardi 30 décembre à Villefranche-sur-Saône (Rhône) par le conseil d’administration de cette instance. «La scission aura lieu doucement, inéluctablement», assure Audrey Charton, présidente de lODG des crus du Beaujolais, à lorigine de cette séparation.


En reprenant «lentière gestion administrative et financière» de cet organisme, déléguée depuis 2007 à lUVB, les dix crus du Beaujolais entendent «gagner en efficacité» et accélérer le traitement de certains dossiers vitaux pour leur avenir, comme le classement en climats après le travail de caractérisation des terroirs entrepris. L’objectif est de délimiter des crus de lieu-dit puis des premiers crus, comme en Bourgogne voisine, pour mieux valoriser leurs vins. Les crus veulent se différencier, dans un contexte régional marqué par une érosion des volumes de vente de primeurs, encore constatée en 2014, et par une forte dépréciation du prix des vignes de l’appellation générique et des beaujolais-villages. »


Au-delà de gloses souvent approximatives, mais c’est un « journaliste bourguignon du vin » qui l’écrit, comme celle-ci « Les crus du Beaujolais font sécession : ils ne souhaitent plus apporter leur contribution à l'Interprofession. »link, ce qui est faux, ils se contentent de quitter l’UVB à qui ils avaient confiés la gestion administrative et financière de leur ODG. Bien sûr, lorsqu’il y a rupture un bon état des lieux s’impose afin d’éviter des contentieux. Cependant, il serait difficilement compréhensible que l’Interprofession du Beaujolais puisse avoir un quelconque crédit sans ses crus. Quand à une éventuelle fusion avec celle du grand voisin bourguignon elle ne serait que de pure gestion : l’appellation Beaujolais ne serait pas passée par pertes et profits.


Indépendance non,  autonomie oui, et comme je l’ai écrit en titre « Un bon divorce vaut mieux qu’un mariage bancal »


Suite à la réforme de l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) en 2007, les ODG se sont substituées aux syndicats de défense de l’appellation et, fait capital qui change la donne, les vignerons n’ont plus le choix comme au temps des syndicats, ils sont automatiquement membres de l’ODG et doivent casquer.


Cette caporalisation voulue par des soi-disant libéraux, et dont on n’a pas suffisamment pesé les conséquences, change radicalement la donne en renforçant le pouvoir de ceux qui se cooptent depuis des décennies.


Le système dit des familles professionnelles, production, négoce, qui sert de socle au vote des fameuses CVO, est totalement verrouillé du côté des vignerons par le syndicalisme historique. Bien sûr on vote mais il suffit d’assister aux assemblées générales pour être édifié sur la santé démocratique de ces organisations.


Lorsque Gilles Paris, président de l’interprofession beaujolaise déclare que « l’important est qu’il n’y ait pas de scission et que la base, les viticulteurs, soit consultée » il reconnaît le peu de représentativité de ceux qui ont pris la décision.


La bonne question face à l’empilement des organismes, aux prélèvements financiers obligatoires, est : à quoi ça sert ?


Quels sont les services rendus aux cotisants ?


Quel bénéfice le consommateur tire-t-il de ce système ?


Il ne s’agit pas pour moi de jeter le bébé avec l’eau du bain mais de redonner de la vigueur, de la représentativité à des corps intermédiaires qui sont indispensables au bon fonctionnement de la démocratie économique.


On se retrouve trop souvent face à des pratiques formelles, maniées avec dextérité par une poignée de dirigeants s’appuyant sur une technocratie privée, qui permettent de profiter de la passivité de la masse. Les minoritaires actifs sont souvent marginalisés, parfois combattus. La confiance s’érode. Les discours populistes fleurissent.


Alors, au lieu de spéculer sur une éventuelle OPA du négoce bourguignon sur le Beaujolais des crus, il me semble qu’il serait plus intéressant d’engager un réel choc de simplification dans les structures « privées » du vin, concurremment bien sûr à celui que les pouvoirs publics se doivent de faire.


Vœu de début d’année, SGDG...

 

La remise en cause dépasse largement la spécificité beaujoloise, faute de traiter les problèmes à temps le risque est grand de voir fleurir ceci : l'avocat Gilbert Collard et des viticulteurs contre Interloire link

 

Pas joli, joli, ce mélange des genres... Sortez les sortants, air connu, certes, mais si c'est pour faire la place à ces gens-là 


crus-du-Bojo2.jpg

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Laurent Gotti 07/01/2015 18:02


Flatté que vous me lisiez attentivement M.Berthomeau ! Sachez qu'à l'heure où vous avez écrit ces lignes, l'erreur (qui ne modifie en rien le fond de mon analyse) était corrigée depuis un bon
moment...

JBD 07/01/2015 17:56


Bonjour jacques et Meilleurs Voeux (un peu tardifs).


A propos de l'attraction que la Bourgogne exerce(rait?) sur les crus de Beaujolais, je suis tombé pendant les fêtes, chez un caviste que tu dois connaître, rue Mayet, sur des bouteilles
étiquetées ainsi :


Vin de Bourgogne


SAINT - AMOUR


Appellation Saint-Amour contrôlée


Mise en bouteille au Domaine V.... Vigneron à Pouilly, 71630 Solutré


Certains consommateurs vont être surpris à la dégustation de ce "bourgogne", non ?

Reggio 07/01/2015 10:12


Les vignerons n'étant pas, dans leur immense majorité, des spécialistes des techno-structures, se foutent éperduement de ce que fabriquent ces machines foireuses : ils paient leurs cotisations
pour avoir la paix, point barre. Ce qui ne les empêchent pas de savoir pertinement que ces trucs ne servent qu'à la marge de leurs activités sans aucune éfficacité.

JACQUES BERTHOMEAU 07/01/2015 10:16



Pas besoin d'être spécialiste et le j'm'en foutisme n'est pas une attitude sérieuse 



Aredius 07/01/2015 09:32


Quand notre République inscrira-t-elle dans sa constitution le rasoir d'Occam ?


Entia non sunt multiplicanda praeter
necessitatem


Il ne faut pas multiplier les
entités au-delà du nécessaire.


Mais les titulaires de plaçous
considèrent que leur plaçou est nécessaire. Et les pourvoyeurs de plaçous considèrent que les plaçous renforcent leur propre plaçou.


Alors le rasoir d'Occam est utilisé
par les scientifiques, pas par les popo litiques.

Ambrose Bierce 07/01/2015 09:07


Je précise. Nous avons besoin de technique, de promotion et de défense de nos vins.


Alors que dépité je constate que toutes ces structures sont de très peu efficaces voire stériles allant même jusqu'à nuisibles. Comment retrouver une utilité ? Chaque personne qui occupe un poste
devrait chaque matin, chaque instant se poser cette question ?  On attendant on respecte les procédures. Pour éviter les vraies questions.


C'est vrai qu'il faudrait un signe du type "AGDG"...


 

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