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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 00:09

Non, non, non je n’ai pas fumé la moquette, ni copié une raffarinade pour vanner Jean-Vincent Placé qui n’apprécie qu’à moitié  celle de Nicolas Cantelouplink bien au contraire je suis ce matin d’un sérieux inhabituel en abordant l’histoire de très anciens locataires de nos terres, les vers de terre, communément dénommés en Vendée : les achées (selon Marcel Lachiver appâts pour pêcheur à la ligne).


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Mon intérêt pour les achées est ancien : voir ma chronique du vendredi 20 février 2009 « Allez les vers ou la saga des « gueules noires » de nos beaux terroirs viticoles » * link


L’ami des lombriciens est l’autodidacte Marcel Bouché. « J’aime bien son histoire à cet homme qui déclare : « pour ce qui est de la culture générale je n’ai pas dépassé le certificat d’études primaires… » Tout d’abord diplômé comme jardinier de la Ville de Paris, il entrera à l’INRA comme aide de laboratoire « l’équivalent du travail d’une femme de ménage » précise-t-il. Découvrant le monde scientifique il intégrera la Fac des Sciences en prenant des cours par correspondance pour revenir à l’INRA où on lui confiera « l’étude des vers de terre dont personne ne voulait. » En 1963, il commencera à faire l’inventaire des vers de terre : « j’ai fait une sorte de tour de France des vers de terre en parcourant le pays avec la carte Michelin et tous les 30km je faisais des prélèvements. À l’époque, nous en avions recensé 170. Aujourd’hui, on doit être à 300 espèces répertoriées en France et plusieurs milliers dans le monde… »


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Actes Sud vient de publier un superbe livre de Marcel B. Bouché « Des vers de terre et des hommes » Découvrir nos écosystèmes fonctionnant à l’énergie solaire.


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Dans sa préface, Patrick Lavelle, Pr à l’Université Pierre-et-Marie Curie (Paris-VI) pose la question essentielle : « Quelle est la vraie nature du ver de terre ? »


-         « Est-il ce héros, encensé par Aristote, Gilbert White et Darwin, qui a permis le développement de nos civilisations en construisant les sols fertiles sur lesquels elles s’appuient ?


-         Ou ce misérable animal auquel la Bible compare parfois l’homme lorsqu’il se vautre un peu trop dans ses turpitudes, et que les poètes décrivent amoureux benêt d’une étoile ?


-         Est-il cet acteur insignifiant de la vie de nos sols que les scientifiques modernes, qui ont pourtant entendu parler de Darwin, peuvent sans remords persister à ignorer dans leurs modèles de sol de « dernière génération » ? »


En quelques 300 pages « reprenant le fil admiratif des observations des glorieux anciens, Marcel Bouché s’est fait l’ami du ver de terre et nous raconte avec simplicité, précision et admiration les mille et une prouesses et inventions de cet animal, pas si misérable que cela. »


Sauve qui peut !


« Beaucoup d’autres anecdotes montrent une aptitude sophistiquée des lombriciens à échapper à des conditions climatiques critiques. Telle celle des vers de terre du Marais poitevin qui, pour se soustraire à l’ennoiement des sols lors des crues recouvrant ce marais, montent sur des arbres (des saules têtards) avec une multitude d’autres animaux, y compris leurs prédateurs (carabes, musaraignes et lézards). Telle celle des lombriciens de la vallée de l’Orénoque au Venezuela, qui se perchent également dans les arbres durant la crue du fleuve, puis se laissent tomber des arbres comme une pluie pour réincorporer le sol après l’inondation » (observation de Pierre  Aupetit et de Patrick Lavelle).


On comprend mieux l’expression en vogue à Matignon et chez Ségolène après le retrait de Cécile Duflot du gouvernement « Il pleut des Verts ! »

 

Je plaisante c’est dans ma nature mais je ne ponds pas des titres à la con* pour le seul plaisir de vous appâter. Marcel Bouché note en effet que « Les lombriciens, en creusant des galeries, évacuent une partie de leurs déjections sur le sol. À la manière des mineurs exploitants le charbon, leurs galeries nécessitent un exutoire : un terril »


Enfin, le ver de terre est aussi, à sa manière un gourmet « Les lombriciens ont, autant  que l’on sache, une perception du monde qui les entoure et une intelligence très sophistiquée de celui-ci. Darwin avait déjà noté que, avant d’enfouir leur nourriture, ces animaux choisissaient lors de la manducation (prise avec la bouche) les débris végétaux potentiellement ingérables (exclusions des débris trop gros pour être ingérés) et apparemment selon leur goût. Depuis, des essais de laboratoire ont confirmé ce choix gustatif. »

 

Un livre indispensable auquel je me réfèrerai au fur et à mesure de ma lecture...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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