Mercredi 5 mai 2010
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Même si je commence à provoquer de l’urticaire chez les anti-Parker primaires je persiste et je
signe en abordant ce matin le côté lumineux de la Force – j’adore grâce à Martin mon petit fils Dark Vador qui est classé 3ième des 100 plus grands méchants de l’histoire du cinéma par l’American Film Institute après Hannibal Lecter (le
Silence des Agneaux Antony Hopkins) et Norman Bates (Psychose Anthony Perkins).
Oui, j’ose l’écrire, lorsque le Bob Parker, dans sa liste de ses 486 élus à sa si attendue notation du millésime 2009, inclus
des « sans grades », des vignerons du Bordeaux du bas, moi, que voulez-vous, ça me met en joie. Qui plus est, lorsque ceux-ci ne lui ont fait ni ronds de jambes, ni génuflexions pour
qu’il vint opérer son auguste dégustation. C’est beau comme un jeu dont on connaît et accepte les règles sans pour autant vendre son âme « au
côté obscur de la Force ». Comment voulez-vous qu’il n’en fut pas ainsi puisqu’Hélène et
David Barrault viennent à nouveau d’obtenir une belle note pour « La Côte du Château Tire
Pé ». Que voulez-vous je suis ainsi fait j’adore le mélange des genres qui casse l’uniformité froide des clichés glacés type Maisons&Jardins, je raffole des espaces ouverts sans
porte ni cloison, j’aime les rencontres improbables, celles qui font des étincelles, celles qui brisent les lignes, celles qui raccordent des mondes.
Pour moi rien n’est plus excitant que la contradiction, les miennes d’abord – j’ose
l’écrire : parfois je me demande si je suis toujours bien d’accord avec moi-même – mais aussi et surtout les vôtres. Rien n’est plus triste qu’un monde de consensus mou qui n’accouche que de
l’immobilisme. Se confronter c’est sortir de sa citadelle, de sa chapelle, de sa tribu, où, entre-soi, on se congratule, on se conforte dans la détestation de ceux d’en face, on refait le monde
en respirant un air bien confiné. Se frotter à l’autre, aux autres, c’est apprendre à se connaître soi-même. Le fameux « L’enfer c’est les autres » de Sartre, contrairement à
l’interprétation qui en est faites, ne dit rien d’autre. « Les autres sont, au fond, ce qu'il y a de plus important en
nous-mêmes, pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons des connaissances que les autres ont déjà sur
nous, nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné, de nous juger. Quoi que je dise sur moi, toujours le jugement d'autrui entre dedans. Quoi que je sente de moi, le
jugement d'autrui entre dedans. »
Je m’égare me direz-vous. Pas autant que cela : lorsque qu’Hervé Bizeul me
taxe d’ignorer les pauvres je lui réponds avec vigueur sans le classer dans les infréquentables ; lorsque j’hérisse Bernard en chroniquant sur Nicolas Joly je n’en deviens pas pour autant un
adorateur des thèses de Steiner ; lorsque j’aborde les effets du réchauffement climatique et que je chauffe les oreilles de l’ami Jean-Marie je ne verse pas dans l’écologisme
catastrophiste ; lorsque j’étrille la Blanchard du Monde j’en appelle seulement à son intelligence ; lorsque je retiens ma plume à propos de Françoise Laborde je fais preuve de charité
chrétienne à son égard en me remémorant les Béatitudes... Donc, en me réjouissant du coup de pouce de notoriété à ceux qui n’en ont guère de la part de Parker, je n’en deviens pas pour autant un
zélateur inconditionnel de ce genre d’exercice assez réducteur. Moi je prends sans restriction le « côté lumineux de la Force ».
LE COTE TIRE PE 2009
BORDEAUX RED (88-90)
One of my favorite low level Bordeaux, this exceptionaly well made wine displays a dense
purple color in addition to abundant blackberry and blueberry fruit intertwined with notions of licorice and incense.
Fleshy, full-bodied, this delicious Bordeaux coasts the palate. It should drink
beautifully for 3-4 years. (Tasted once.)
La Côte de Tire Pé est un assemblage de 50%merlot+50%cabernet franc, ce
dernier cépage étant comme le dit David « salutaire dans ce genre de millésime ». Extraction douce, température FA 24-26 degré, pas de levurage ni autre adjuvant, hormis un peu de SO2 à
l'encuvage, l’obsession du vinificateur étant de préserver un équilibre et une élégance dans un millésime « généreux »... www.tirepe.com
Pour ceux qui
veulent tout savoir, La
Côte de Tire Pé est depuis l’origine, voici près de 5 ans, présenté à la dégustation de Robert Parker par www.duclot-export.com avec qui Hélène et David travaillent par ailleurs. Pour moi, par-delà les éternels
grincheux, je me réjouis de voir qu’une vraie locomotive, tel Robert Parker, joue le rôle de trait d’union entre des vignerons qui font de beaux vins hors les GCC et certains acheteurs qui lui
font confiance. La construction de notoriété d’une appellation aussi générique que celle de Bordeaux passe par ce type de lien. Que pour autant on ne fasse pas tout un plat autour de la note
Parker à La Côte de Tire Pé, Hélène et David en conviennent facilement, mais comme
dit l’adage « il n’y a pas de mal à se faire du bien... » Alors le petit chroniqueur tranquille que je suis, perclus de contradictions, qui
un beau jour, en déjeunant chez Devez a eu le bonheur de découvrir « Les Malbecs du château Tire Pé : un Bordeaux étonnant ! »
http://www.berthomeau.com/article-34620921.html se dit, en se gondolant, que les « Bob’s Comment »c’est comme les blagues Carambar, ça n’a
rien de très drôle mais ça buzz méchamment...
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