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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 00:09

En feuilletant le dernier LeRouge&leBlanc, le 114, à la recherche d’un bon plan pour vous infliger une nouvelle chronique, je me disais dans ma petite Ford d’intérieur, ils ronronnent les gars, ça s’institutionnalise, l’ennui naquit de l’uniformité, ça manque d’angles, ça s’essouffle…


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Et puis, tout à la fin, vint un entretien avec Lilian Bérillon réalisé par Jean-Marc Gatteron. Un titre à la Libé : Le bon plant et surtout une approche du métier de pépiniériste qui sortait des sentiers battus, convenus. Rien que pour cet entretien j’absolvais LeRouge&leBlanc des péchés susmentionnés.


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Remarquable !


Du miel, à faire lire à tous ceux qui se piquent de stratégie dans la maison de la Vigne et des vins de France.link


À lire dans son intégralité, donc je ne vais pas vous en faire un abstract qui dénaturerait les propos de Lilian Bérillon qui me semble être un homme exigeant, c’est une qualité, « méticuleux et rigoureux avec lui-même, sensible et modeste », doté du doute cartésien, l’intelligence de la main…


Dans mes fonctions au 78 rue de Varenne j’ai eu à traiter des affaires de pépinières, deux syndicats en ce temps-là, au sud c’était Grangeon, au nord peut-être Mercier, et je n’ai pas gardé un très bon souvenir de la corporation.


« La greffe est le triomphe de l’art sur la nature » Charles Baltet L’art de greffer, G. Masson, 1892


7 pages

 

Je sélectionne 2 questions : depuis quand greffe-t-on ? et la philosophie du métier de pépiniériste selon Lilian Bérillon.


-        L’activité de pépiniériste a débuté après le phylloxera. Le premier pépiniériste était de Sablet dans le Vaucluse au début du XXe siècle. À Carpentras se trouvait le plus gros marché de plants de vigne et de racinés. Rappelons que le greffage en racinés consiste à planter le porte-greffe, d’attendre son enracinement, puis de greffer le greffon alors que le support est toujours dans le sol. 


-        … Mon idée est d’utiliser des pratiques plus respectueuses du végétal. On avait connu la greffe en fente, celle qui était pratiquée par mon grand-père maternel. Lorsqu’il a assisté à l’arrivée de la greffe mécanique dite « à l’oméga », il m’a précisé ceci : « Tu verras, beaucoup de problèmes surviendront dans les années futures parce que la sève ne circule pas bien ! »


Greffe en fente : porte-greffe et greffon sont taillés en biseau, puis emboîtés manuellement, la surface de contact est ainsi plus importante et assure plus d’échanges entre les parties du plant.


Enfin pour clore cette chronique la question dont la réponse doit être lue avec une toute particulière attention… « Quel regard portez-vous sur l’état du vignoble ? »


-        Globalement le vignoble est dans un état très moyen. Combien de fois sommes-nous venus visiter des parcelles pour faire des sélections et combien de fois sommes-nous revenus bredouille ! Je connais des parcelles sur lesquelles on ne peut pas sélectionner un seul pied, car les ceps sont trop mal entretenus et la présence de maladies et viroses est telle qu’il nous est impossible de sélectionner. Car le problème est bien-là : la qualité sanitaire globale du vignoble. Lors de nos travaux de sélection nous faisons part aux vignerons de la dégradation de leurs parcelles. Nous essayons de faire en sorte qu’ils prennent conscience des viroses ou maladies. Malheureusement, ils ne font pas la même analyse que nous. En fait, depuis la sélection clonale, beaucoup ont délaissé leurs vignes et, en même temps, perdu l’expérience que les anciens possédaient. Ils se sont désintéressés du végétal. Ils ont beaucoup à réapprendre. Être vigneron, c’est s’approprier certains gestes comme celui de sélectionner. On a donc d’un côté un vignoble qui se dégrade et, de l’autre, une prise de conscience mitigée de la part d’une partie des vignerons. Mais voyez-vous j’ai l’espoir que les prochaines décennies soient celles du végétal. J’ai le sentiment que les générations qui arrivent comprennent notre discours et l’intérêt de repartir avec des vieilles variétés qui génétiquement ont davantage de résistances – et de diversité aussi – que les clones.

 

Bonne lecture de LeRouge&leBlanc…

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Denis Boireau 05/11/2014 12:18


Une autre perle est a ne pas negliger dans ce numero du Le Rouge & Le Blanc: l'article sur les vins de grolleau. Qui d'autre que le R&B aurait pu faire cet article exhaustif? Qui sait
qu'une nouvelle generation de vignerons est en train de faire de grands vins avec du grolleau?

JACQUES BERTHOMEAU 05/11/2014 12:20



Quand Boireau s'éveillera le monde des cépages stars tremblera 



marie-lys damas 11/10/2014 10:36


En lisant cet article hier également je me suis remémorée une discussion avec Jérémy Ménard le fils de Joël dans leur chai du Domaine des Sablonette en octobre 2012 (dont il est du reste question
dans ce numéro du Rouge et Blanc en page 6 et 8 à propos du Grolleau et de sa cuvée "les copains d'abord", un délice poivré à déguster sur une grillade). Tout en découvrant leur gamme de vin nous
en sommes venus à parler des maladies de la vigne et Jérémy nous a expliqué qu'ils avaient abandonné le greffage en omega qui ne laisse en effet pas circuler suffisamment la sève au profit de la
greffe à l'anglaise. A chaque fois qu'un pied de vigne meurt de maladie, la racine peut survivre 3 à 4 ans et ils surgreffent à l'anglaise. Ils ont réussi à sauver une grande partie de ces ceps
atteints par l'Esca et autres maladies. Petit à petit ils regreffent l'ensemble de leur vignoble et sont très satisfaits des résultats obtenus. Ils partagents cette expérience avec d'autres
vignerons de la région. Si vous passez en Anjou à Rablay sur Layon allez faire "un brin de causette" à la famille Ménard et déguster cette cuvée éponyme de cabernet franc et sauvignon. Il y a
fort à parier que vous partirez le coffre plein et que vous y reviendrez.

olivier de moor 11/10/2014 08:51


Bonjour Jacques,


En effet le métier se préoccupe peu ou pas assez de ces problèmes.


Les vignerons remplacent les pieds. Tant qu'ils le peuvent.


Ca me fait penser au sujet que tu avais consacré aux vieilles vignes. Dans un vieux livre, coécrit par Chaptal il me semble, l'auteur indiquait que le Romains considéraient les vignes de moins de
trois cent ans comme jeunes, et qu'elles vivaient jusqu'à mille ans. En Cappadoce, il y aurait encore de vignes de cinq cent ans qui étaient destinées à faire du raisin de table.


La greffe a tout changé.


Vinivitisbio a repris un article du PAV (Progrès agricole et viticole). Le sujet est " Le déperrissement de la Syrah et de la vigne en général". C'est à lire pour prendre conscience du problème.
Celui de la greffe. J'avais egalement cité sur ton blogg les travaux de Aimé Champin.


Enfin, il ne faut pas oublier au dela des querelles, d'ou vient l'extension de la FD, avant sa propagation de proche en proche par la cicadelle.


 


Ce problème de la multiplication des plants de vigne est comme le reste...


 


 

patrick axelroud 11/10/2014 08:31


Bégayerais tu Cher Taulier ? Depuis quelques jours le même blog arrive peu aprés minuit (0h16) puis, à nouveau (8h15) pour celui sur le R&B de ce jour. En tout cas, bravo de ne pas jeter le
bébé avec l'eau du bain.En effet l'austère Le Rouge et Le Blanc ,très sage, parfois scolaire ,peu lasser et se montrer rébarbatif et peu engageant. Mais souvent, comme tu le soulignes
aujourd'hui, une perle au détour des pages comme dans le numéro 113 " Une journée ....avec Gérard Ducerf, l'homme qui fait parler les plantes"

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