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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 00:09

photomorillon.jpgDimanche, flânant dans le quartier des Abbesses en voie de « boboïfiction » je suis entré chez un caviste pour lécher, non pas sa vitrine, mais ses rayonnages fort bordéliques. En dépit du capharnaüm mon œil acéré a su repérer le Morillon Blanc by Jeff Carrel 2008. Qu’est-ce donc que ce vin ? Serait-ce un de ces vins « nature » dont raffolent les parisiens migrateurs ? Moi je n’en savais fichtre rien – la suite de mon histoire vous montrera tout le sel de ma supposition – mais ce que je savais en revanche c’est le Jeff Carrel en question ne pouvait être que l’Eclectic Winemaker qui, dernièrement : le 25 mai à 8 heures 29 pétantes, a déboulé sur mon Espace de Liberté pour tacler mes propos de parigot tête de veau à propos de l’histoire de l’érection de Grand Cru dans le Languedoc.

 

Tout ce que je savais grâce à Facebook, mais je suis si ignorant, c’est que ce Jeff Carrel était né le 19 janvier 1969, mais je ne saurais vous dire où exactement.

imagesCAVV5TJ0Donc, après avoir dit bonjour, notre Eclectic Winemaker annonçait sa surface professionnelle « mes différentes activités me font circuler dans la vignoble languedocien » pour placer son tacle assassin « et fort est de constater que cette question de GC n’agite que la toile, comme les miettes à la fin d’un repas. » En clair, une tempête dans un verre d’eau de la part des bobos de la Toile. Sa conclusion « Il est mieux de faire que de décider » me plongeait dans un abîme de perplexité. Selon ma mauvaise habitude je faisais l’âne pour avoir du foin en m’étonnant de tant de mépris pour nous autres cochons de payants. La réponse du sieur Carrel fut très pète-sec « comme je crois qu’il faut vous mettre les points sur les I » (c’est mieux que casse-toi pauvre con, mais tout juste poli) et puis le Jeff étalait de nouveau son immense surface « je soulignais simplement que les acteurs que je rencontre tous les jours vignerons (coop et particuliers, négociants, distributeurs et autres cavistes » pour confier que cette majorité silencieuse « ne lui avait pas parlé un seul instant de ce classement et que oui cela ne les préoccupait pas plus que les miettes sur la table après un repas » J’étais rassuré : les miettes ce n’était pas nous. Quand au « Il est mieux de faire que de décider » c’était une pierre dans le jardin du CIVL. Ouf, j’étais de nouveau rassuré et je ne pouvais qu’approuver le « c’est par l’exemple que nous réussiront » 

 

J’ai donc fait en ce beau dimanche de Pentecôte l’acquisition pour 9,50€ d’une bouteille de Morillon Blanc by Jeff Carrel 2008. Sur la contre-étiquette j’ai lu :

 

« Durum patienta frango »

 

« Avec patience tu fendras la pierre » : cette devise au frontispice du Domaine Saint Roch, propriété de Jacqueline de Ginestous de la Liquisse trouve dans cette cuvée toute son expression. Issue d’une parcelle spéciale de la propriété « garde miel », exposée nord-ouest, c’est l’humidité du matin et le soleil du soir qui mûrie le raisin de façon si particulière. Ce sont ces raisins qu’a choisi de vinifier et d’élever Jeff Carrel pour élaborer sa cuvée « Morillon Blanc »

 

Comme je risque de nouveau me faire avoiner par notre Eclectic Winemaker exigeant et intransigeant je n’ose avouer que ce laïus ne me disait pas grand-chose à propos du nectar que contenait la bouteille. J’aurais pu demander au caviste mais je n’avais pas envie de demander quoi que ce soit au caviste : « on a sa fierté bordel ! » Donc, comme je ne possède pas la surface professionnelle de Jeff Carrel et comme je ne fréquente ni ne connaît grand monde dans ce beau Languedoc, sitôt rentré at home je me suis rué sur mon clavier. Résultat de mes recherches :

 

1- sur www.blakeneys.com   

photoJeff.jpg 

Jeff Carrel, Morillon 2008

Vin de Pays de l’Aude.

8.50 € (equiv 11.33€/Ltr)

14.0% Alc/Vol

« Ce vin est remarquable, il laissera une impression sur votre mémoire.  Il est vin modern avec un nom de la moyenne age – Morillon a utilisé pendent cet époque pour Chardonnay.  Ce vin est 100% Chardonnay de vignobles sud de Carcassonne.  L’arôme est frappant, fruité avec un soupçonne de caramel.  La bouche est ronde, concentrée avec écorce d’orange.  C’est un vin énorme. »   

 

2- sur fr.bootledb.com

 

« Une fois encore "monsieur" ne veut pas finir sa fermentation malolactique...

Pour les personnes qui ne connaissent pas ce vin, Morillon est un Chardonnay en provenance de Leuc entre Carcassonne et Limoux. Le but de cette cuvée n'est pas de valoriser la typicité du cépage mais plutôt d'expérimenter une "recette de cuisine" œnologique comme Jeff Carrel en a le secret. Morillon est élaboré à base de baies botrytisées vinifiées en sec d'où un degré alcoolique assez élevé (14°). 80% des baies sont colonisées par le botrytis mais la vendange se déclenche avant le travail de concentration de celui-ci pour éviter un degré alcoolique explosif pour une vinification en sec. Après égrappage, les raisins sont pressurés. Suit une fermentation en levure indigène sans contrôle des températures (22-28°). A l'achèvement de cette dernière, entonnage pour que le vin effectue sa « malo » en fût et élevage pendant 11 mois sur lies jusqu'à ce que le vin prenne le goût « Morillon », légèrement oxydatif, constitué d'arômes de raisins secs, de pâte de coing, de caramel, d'écorces d'orange avec un équilibre sur le fil du rasoir sans tomber dans la mollesse. D'une robe déjà ambrée, il tendra vers le safran au vieillissement et ne craint pas un bon carafage. »

 

Ma juste curiosité étant enfin rassasiée j’eus pu m’en tenir là mais en relisant les 2 commentaires bien sentis du sieur Carrel je me suis aperçu que notre Eclectic Winemaker possédait un blog sur lequel je me suis rué tel un mort de faim. Bonne pioche, je n’ai pas été déçu du voyage : un de ses post Quand LE nature dénature du 13 avril 2011 valait son pesant de grenailles. Pire qu’à Gravelotte ! Je prends la liberté, sans demander l’autorisation à l’auteur donc, de le copier-coller pour que vous le lisiez. C’est chaud bouillant ! L’homme a du caractère, il n’envoie pas dire ce qu’il a envie de dire. Moi j’aime assez les charges ça donne du souffle à la controverse. Bonne lecture. Dernier point je n’ai pas encore pu goûter le Morillon Blanc by Jeff Carrel. En suis-je digne ? Affaire à suivre, j'angoisse : qu'est-ce que je vais prendre dans les gencives après ma petite chronique d'ignorant chronique...

 

Quand LE nature dénature

Une poignée de truc’iste, bidouill’iste et machin’iste nous explique depuis quelques années, poussée en avant par des Bruno Q. et Marc S. et autres gourous, qu’il faut s’effacer devant Dame Nature.

D’abord limité à un microcosme qui se bornait au 8ème arrondissement parisien, ce laisser faire plutôt que le savoir faire c’est répandu, porté d’abord par un « les vins natures c’est bon pour la biture : chéri(e), avec ces vins je n’ai jamais mal à la tête » ; Des défauts gustatifs se sont proclamés «  styles », justifiant :  colle scotch( acétate), suint de cheval, gouache (Brett), pomme blette, foin mouillé (oxydation), couleurs en vrille (casses en tout genre: protéique,férique cuivrique,oxydasique), moisis (il y a tout un panel), tartre sec, ciment (vieux contenants en tout genre), joint silicone de baignoire (acétique, vinaigre) et en plus de cela en dévoyant la pensée d’un scientifique de renom Mr Jules Chauvet, comme les intégristes la Bible ou le Coran, car trop presser de les assener comme vérité plutôt que de les comprendre, en ont-ils les moyens ?

Quand certains s’acharnent tout au long de leur vie de vigneron, vinificateur et autres acteurs  à préserver le fruit originel : ces aromes primaires du raisin mur que l’on goute avant vendange, les aromes secondaires de macération et de fermentation cher à Mr Jules, à porter au pinacle tout cela par un élevage soigné garant d’une belle évolution et d’une révélation des aromes tertiaires marqueurs des terroirs, ces gens là osent tout, et comme disait Audiard…

J’ai un profond respect pour ceux qui à force de travail, d’expertise, d’écoute, d’échange enfin de tout ce qui fait le bonheur de faire ce métier, partent d’un terroir pour en faire un vin. Lundi dernier à Bordeaux lors de la présentation des primeurs, j’ai eu l’occasion de déguster quelques 2010 dans un salon Biodyvin , là, pas de vins « stylés » (voir plus haut). Par respect pour tous ces gens, SVP, arrêté de consommer des vins dont les défauts font la qualité.

Comme trop de bois, comme trop de techno, LE nature dénature.

 

Posté par jeff carrel à 15:17 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Egmont Labadie 17/06/2011 22:23



Et oui, on trouve des gens qui adorent les odeurs d'étable. Et alors, n'ont-ils pas le droit? Je respecte bien les dégustateurs qui sont perdus s'ils n'ont pas une morsure de chêne dans la
bouche...Quant aux "bobos". c'est quoi? Des gens qui ont le tort de vouloir inventer leur mode de vie pour ne pas ressembler à leurs parents? Il fut un temps où on trouvait ça bien...



Denis Boireau 17/06/2011 12:26



@ Vincent: oui, pour les salons ca devient difficile de choisir. Par exemple Renaissance + SDVL + Dive Bouteille en meme temps! Mais est-ce qu'un seul gros salon avec tout le monde serait mieux
que plusieurs petits salons cibles? (ne deduisez pas de ma question que j'ai la reponse. Je n'en sais rien. Mais la question merite reflexion).



Michel SMITH 17/06/2011 10:42



Des noms, des noms !!! (je parle des dégustateurs, pas des vins dits "natures" qui, eux, sont soufrés la plupart du temps à un moment ou à un autre et tirés à si peu d'exemplaires...)



Vincent Pousson 17/06/2011 10:38



Concernant les salons (et absolument pas La Dive Bouteille de Sylvie!), peut-être faudra-t-il là aussi, pour plus de lisibilité et afin de rendre les choses plus pratiques en cette époque où
l'alcool au volant n'est pas formidablement bien considéré (même au guidon, cher Jacques…) rationnaliser tout ça. Personnellement, mais je ne crois pas être le seul, j'en ai un peu marre de cette
multiplication de salons les uns à côté des autres; même en Alabama ou en Afrique du Sud, blancs et noirs arrivent désormais à monter dans les mêmes autobus, le monde du vin (français surtout) a
encore un effort à faire pour devenir tolérant…



Vincent Pousson 17/06/2011 10:34



Malheureusement, Denis, je ne pense pas que nous tirions sur un cadavre (dont je me fiche un peu car il y a suffisamment de vins bons, grands ou simplement amusants à boire): le genre de vins à
défauts décrits ci-dessus, on en trouve encore à la pelle, vénérés par des "dégustateurs à défauts". Et là où vous avez raison, c'est que tous les vins natures ne sont pas comme ça. Mais
d'ailleurs, les meilleurs vins natures ne sont-ils pas ceux qui ne le revendiquent pas? Ceux qui n'ont que ça comme argumentaire ne sont-ils pas que des épiphénomènes?


 



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