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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 00:09

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J’ai hésité entre Roussillon et Catalogne puisque dans ce département des PO certains se se revendiquent catalans mais je trouve que le Roussillon, avec la partie française de la Cerdagne, le Conflent et le Vallespir qui a été rattaché à la France lors du traité des Pyrénées signé le 7 novembre 1659 est géographiquement plus représentatif. En effet, le Roussillon (en catalan : Rosselló) est limité au sud par le massif des Albères, à l'ouest par le massif du Canigou, au nord par les Corbières, à l'est par la Méditerranée.


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Marie-Pierre, le site d’un restaurant La Robe link, la situe très précisément en affichant sa filiation « Le Domaine de Blanes, créé en 1958 par Jean-Pierre et Rose-Marie Bories est repris en partie par Marie-Pierre …. » et elle d’écrire «Tout un symbole à mes yeux car le vin est un chemin, le chemin de la vie. C'est un détour qui, à chaque virage, vous laisse des impressions (...) toujours porteur d'un message.» C’est ainsi que je l’ai rencontré, une seule fois, à dîner chez Rose-Marie et Jean-Pierre Bories à Pézilla-la-Rivière dans les Pyrénées-Orientales. « Après avoir exploré d'autres paysages viticoles (Argentine, Chili, Australie pour Chapoutier), » Marie-Pierre Bories s'est installée en 2000 sur la propriété de ses parents 15 hectares rattachés à une exploitation familiale de plus de 80 hectares. En quelques années, elle a développé un ensemble très cohérent de vins qui expriment sincèrement leur origine et ne cèdent pas aux modes caricaturales qui ont malheureusement cours dans cette région. » c’est la LPV qui le dit donc le taulier est impressionné car il ne peut se targuer, lui, de connaître Marie-Pierre dont il a perçu, lors de ce dîner, la très forte et affirmée personnalité.


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Jean-Pierre, son père, lui je l’ai bien connu lors de ma médiation Vin Doux Naturels puisqu’il était président de l’Interprofession des Vins du Roussillon, les vins secs comme on dit là-bas. En effet, en ce temps-là, à Perpignan siégeaient deux interprofessions : le CIVDN, présidée alors par Bernard Dauré, et l’autre donc. Entre les deux ce n’était le grand amour, les VDN sur le déclin avaient régnés en maître pendant quelques décennies alors que les vins secs du Roussillon restaient dans une modeste confidentialité. Mon but : les fusionner et donc négocier le sabordage du CIVDN et la transformation de l’interprofession des vins secs en interprofession de tous les vins du Roussillon. Ce fut long car les dominions de cette belle région : Banyuls et surtout Maury renâclaient à se fondre dans le pot commun. Bref, comme à son ordinaire le taulier rama dans sa petite barque avec sa petite rame pour arriver à ses fins. Cependant, avec Jean-Pierre Bories, son plus grand souvenir fut leur montée à Maury, un vendredi en fin d’après-midi, pour tenir une réunion publique à la salle polyvalente afin de discuter de l’avenir de Maury : vin sec or not vin sec. Jean-Pierre, natif de Maury, et dont le père Jean-Pierre fut le premier président de la cave je crois, m’épaulait. Je plaidais la cause de la diversification ce qui provoquait l’ire du président de la cave, Jean-Guy Pujol, qui régnait en maître sur Maury en s’appuyant sur sa position de membre du CN de l’INAO.  La suite est connue mais je ne m’accrocherai pas de médailles pour autant, pas vrai Bernard Rouby.


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Fernand Vaquer, le beau-père de Frédérique, lui je l’ai connu, toujours bien sûr au cours de ma mission, lors d’une des réunions publiques que je tenais dans la zone Rivesaltes pour expliquer la situation catastrophique des VDN. C’était dans les Aspres, dans une salle, à Trouillas je crois, une grosse centaine de vignerons. Je logeais moi tout près à Saint-Jean Lasseille dans une propriété du Conseil Général et le président du Syndicat des Vignerons était JR.link Ambiance tendue car « ici on fait le vin doux »le Taulier se voulait convainquant alors, pour détendre l’atmosphère, il se lançait dans une comparaison hasardeuse  avec le rugby à l’ancienne et le rugby moderne en faisant bien sûr allusion à l’USAP. C’est alors qu’au dernier rang Fernand Vaquer s’est levé et à tirer de sa poche de veste une coupure de presse qu’il a déclamé. Il s’agissait bien sûr du JO des PO : l’Indépendant. Si mes souvenirs sont bons Fernand Vaquer s’y insurgeait contre le style de jeu de l’USAP. Grand moment : pour la petite histoire Jacques Séguéla, auteur d’une célèbre campagne pour les VDN, à cette époque avait l’ambition de mettre la main sur l’USAP et je le croisais dans l’avion d’AOM (Perpignan se payait le luxe de 2 compagnies aériennes : AOM et Air Liberté). Bref, je dus par la suite me rendre, un matin, à Tresserre au lieu-dit « Pla del Rey » site de la bataille historique dite du « Boulou » en 1794… afin d’y déguster les vins du domaine Vaquer qui s’illustrait par la mise en bouteille de ses vins secs. Fernand Vaquer était un  précurseur des vignerons du Roussillon. « Le premier millésime date de 1968… nous avons encore quelques bouteilles « collection » de ces vieux vins et ils se goûtent encore de façon très surprenante. A l’époque, il était inscrit sur l’étiquette « Roussillon dels Aspres » et VDQS puisque l’appellation Côtes du Roussillon n’existait pas encore … » souligne Frédérique dans Anthocyanes.


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Frédérique Vaquer, la belle-fille de Fernand, son mari Bernard Vaquer prématurément disparu Frédérique a repris le flambeau,  donne la clé : « Le Domaine Vaquer est un domaine familial depuis 4 générations. Dans cette tradition familiale, je suis « la belle-fille de Bourgogne ». Le domaine a été acheté en 1912 par le grand-père de mon beau-père, qui avait également un commerce de « tartres et lies de vin ». L’année prochaine, nous fêterons donc les 100 ans du domaine! Le père de mon beau-père, Fernand Vaquer (et j’ajoute « 1er » car son fils s’appellera aussi Fernand) s’est occupé de la propriété de son épouse, mais aussi était international de rugby et a été champion de France avec l’USAP plusieurs fois : la dernière fois en 1955 en tant qu’entraineur. Il était surnommé « le maréchal » et est encore très connu dans le département. Je mentionne ce fait comme un clin d’œil, car dans le département, l’équipe de Perpignan a un énorme succès et le nom de « Fernand Vaquer » est immanquablement associé au rugby; mais pour vous c’est un détail qui n’a que peu d’importance au niveau du vin. Au niveau du domaine, « Fernand 1er » a replanté le vignoble à partir de 1947 avec mon beau père… »


Frédérique je l’ai croisée à Bordeaux, lors du dernier Vinexpo, le lundi 20 juin, au Saint-James de Bioulac où à l’initiative d’Hervé Bizeul, une belle palette de vignerons et vigneronnes, majoritairement catalans, présentaient leurs vins. J’ai donc dégusté les vins de Frédérique et je dois le dire, en toute franchise, je les ai apprécié ce qui ne fut pas toujours le cas avec ceux de Fernand II. Bernard et Frédérique se sont rencontrés en Bourgogne à Dijon en 1985  pendant leurs études d’œnologie. « Le couple débute en 1991 et Frédérique se souvient « d’avoir eu les coudées franches » pour mettre en œuvre l’expérience bourguignonne avec des terroirs argilo-siliceux, un climat très chaud et des cépages autochtones. «  Art et passion des vins «  est leur devise. D’une sélection par parcelle, voire par rang de vigne, à l’élevage en barriques, Frédérique allie aujourd’hui le savoir-faire de Fernand et sa volonté de produire des nectars révélant le caractère des coteaux des Aspres. » dixit Anthocyanes


Toujours dans Anthocyanes Frédérique Vaquer : se situe « J’ai la volonté de vinifier des vins reflétant la finesse et l’élégance; le fruit et la structure; enfin des vins qui ressemblent à leur terroir et qui me ressemblent. Je n’aime pas la surmaturité ou la surextraction. C’est pour ces raisons que je privilégie en vinification pour les rouges les remontages doux aux pigeages et que la vendange est toujours totalement éraflée. Dans la mesure du possible, ce sont les levures présentes sur le raisin à la récolte qui assurent la fermentation alcoolique. De même, comme la vinification se fait en cuve ciment non détartrée, ce sont les bactéries lactiques du chai qui assurent la seconde fermentation dite « malo » ; je pense que la cuve ciment garde la « mémoire » du vin de l’année précédente… Pour l’élevage, selon les millésimes, il y a un peu de barriques d’un ou deux vins… rarement de la barrique neuve car je souhaite par l’élevage « ouvrir » le vin aromatiquement parlant et surtout pas le « boiser ».


Le fil de mes souvenirs a été tiré, un soir, dans une banlieue lointaine, Ermont, où les cafés sont fermés dès la nuit tombée comme si la main invisible des tristes avait décrété un couvre-feu de la convivialité, par deux bouteilles côte à côte sur l’étagère du caviste Aux cépages d’Ermont link qui nous accueillait pour une verticale du domaine Milan. J’ai tendu la main j’en ai saisi une, puis j’ai tendu l’autre pour attraper l’autre flacon. Lorsque je les ai posées sur le comptoir je savais déjà ce que j’allais écrire.


C’est fait…

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