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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 00:09

Ce matin, si vous voulez bien me suivre je vais vous entraîner sur l’un de mes chemins de traverse, un chemin creux bien sûr, comme ceux de mon enfance sauvageonne, englouti dans de hautes haies, bien secret, tout juste percé d’échaliers qu’il faut savoir sauter pour aller de pâtis en pâtis. Ce faisant je vais me livrer, m’exposer, c’est-à-dire faire preuve d’une certaine forme d’indécence que j’espère vous comprendrez. Fait notable en ma faveur : aujourd’hui je vais faire court  

Pouffe 9087Bonheur premier

 

Il est des jours comme ça où, sans prévenir, du bonheur me tombe dessus, m’inonde, m’envahit, m’emporte en des territoires de haute félicité. Soucieux d’y rester le plus longtemps possible je n’en laisse rien paraître. D’apparence sur mon lisse tout glisse mais tout au fond c’est jour de tempête. Force 4, mon fracas intérieur en vagues successives brise toutes mes chaînes, me délie, donne un goût fort à ma vie. Et pourtant ce soudain bonheur n’est qu’un bonheur simple, celui des petites choses de la vie, des riens, un sourire, une complicité naissante, un accord qui se dessine et je retrouve mon cœur d’enfant. Ce bonheur-là est toujours un bonheur premier, natif, toujours renouvelé, car à ce bonheur-là je ne m’y ferai jamais. Mon petit jardin d’intérieur donne sur une grande maison ouverte, accueillante au bonheur, le mien et celui des autres.

 

Par bonheur le bonheur n’est qu’un état sinon il s’affadirait. Reste qu’en ce moment lorsque je sors du bonheur j’ai honte de mon bonheur. Le siècle où je suis né n’a pas été avare d’horreurs, de monstruosités et de Malheur. Le Nouveau, opulent, flamboyant, sans frontières, voit se côtoyer des « bonheurs indécents » et des « malheurs ordinaires », au plus près de nous comme dans des petits morceaux de notre pays ou en de vastes pans du monde. Je suis donc colère contre mon bonheur. Le seul antidote à ce feu intérieur impuissant : le cri du poète !

 

« Prière Rogue » 

 

« Gardez-nous la révolte, l’éclair, l’accord illusoire, un rire pour le trophée glissé des mains, même l’entier et long fardeau qui succède, dont la difficulté nous mène à une révolte nouvelle. Gardez-nous la primevère et le destin. »

 

René Char 1948 Recherche de la base au sommet

 

Pouffe-3725.JPG

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Rocky 10/02/2011 02:05



Joli vélo Peugeot !



Luc Charlier 08/02/2011 09:03



Je ne ferai pas le commentaire – habituel – aimable ou au contraire désobligeant quant à la forme du texte. A part le flatteur et le
flatté, cela n’intéresse personne. Pourtant, nous y succombons tous un jour ou l’autre. Ceci dit, oui, cet article-ci est chiadé, comme les rouges d’appellation limés mentionnés par
ailleurs.


Non, je voudrais encourager l’auteur – si besoin est – à persévérer dans ce genre d’indécence, de manque de pudeur. Il le fait très
bien. Au nom de quelle règle ne peut-on pas exposer ses sentiments, bons ou mauvais d’ailleurs ? Le Français et le Britannique partagent pour une fois le même code. La publicité expose
partout des ventres, des fesses et des seins – pas encore beaucoup de verges, par contre – et votre Président exhibe tous ses états d’âme, mais nous devrions attendre le divan du psy pour étaler
nos sentiments.


« Selon lui, mettre en plein soleil
Son cœur ou son cul c'est pareil ... »


Georges a bien dit, une fois encore, sauf que lui conseillait de ne faire ni l’un ni l’autre, alors que je serais plutôt partisan de
la double exposition.



Margot 08/02/2011 00:49



très beau Jacques et très vrai. 


Merci



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