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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 16:00

La page de la campagne des Primeurs 2011 est tournée et le Taulier se doit de chroniquer sur un tel évènement planétaire. Alors, chez lui tout part de tout et de rien, de rin de rin, d’un regret : « Y’a plus de vrais primeurs ma bonne dame ! » Ne vous méprenez pas, même si nous sommes à Bordeaux, c’est sur le marché des Grands Hommes, place des Grands Hommes, et non sur le Grand Marché des Grands Crus Classés – à Bordeaux tout est Grand même les petits Bordeaux étiquetés Grand Vin  de Bordeaux.

 

Oui, sauf pour une poignée de privilégiés ou de jardiniers du dimanche, nous les gens des villes ne pouvons que pleurer sur la quasi-disparition des vrais primeurs, fruits et légumes, récoltés en saison, poussés en pleine terre, parfois sous des serres froides, pas trop forcés : adieu fraises goûteuses, tomates juteuses, petits navets violets frais… adieu primeurs d’antan venu de Perpignan qui n’est plus qu’un marché-gare. J’exagère un chouïa mais qui peut encore donner la date du début de la saison d’un fruit ou d’un légume ? Nous pataugeons dans la contre-saison, l’artificialisation, la fraise carbone, la tomate hydroponique et le fruit aviateur… Reste encore les patates primeurs de Noirmoutier ou de Ré pour nous donner, le la, de la nouvelle saveur des beaux jours.

Roses-et-Primeurs-019.JPGPourquoi ce cri du cœur, ce regret du temps des vrais Primeurs ? Tout bêtement parce que, même si j’étions point cette année à La Grande Semaine des Primeurs car j’avions d’autres choses à faire, j’ai senti dans la gente dégustatrice une certaine fébrilité : surtout ne pas se laisser déborder, être les primo-dégustateurs des primeurs ! Tous sur le pont, en bataillons serrés, nos héritiers de Stakhanov ont déboulé dans les GCC tels des morts de faim. Saine concurrence, belle émulation, nous allions avoir en primeur, sur les Primeurs de Bordeaux, le maximum d’informations.

 

Pourquoi ?

 

Serions-nous acheteurs de Primeurs de Bordeaux ?

 

Dans mon cas, non (j’aime beaucoup celle-ci) mais dans le peuple des grands amateurs l’insoutenable attente du verdict sur la qualité du millésime devait cesser. Bien sûr, l’impayable Bob avait cassé l’ambiance d’un laconique et assassin petit tweet : « sans aucun intérêt » ce 2011 ! ce qui avait eu le don de faire couiner comme un petit goret un tweeter frénétique, infatigable passeur de plats réchauffés, dont tout le monde se fout sur la Toile. Que voulez-vous faut bien vivre ! Faut pas gâcher le métier y’a déjà si peu de blé à ramasser.

Roses-et-Primeurs-018.JPGLaissons de côté cette engeance insignifiante et suffisante, ayons une petite pensée pour Jean-Baptiste de La Quintinie, jardinier de Louis XIV inventeur des primeurs, et comme l’écrit César Compadre l’homme-vin de Sud-Ouest revenons aux Primeurs qui sont « un mascaret du vin pour Bordeaux sur lequel on surfe ou pas » J’ai beaucoup aimé la saine franchise de Didier Marcelis, propriétaire du château Sérilhan à Saint-Estèphe, qui selon César « a l'esprit clair et le sens de la formule » : « Pour nos châteaux, le système des primeurs est l'équivalent d'un incubateur pour une start-up de la Silicon Valley. Parti de presque rien, Sérilhan est le fruit de cet ''ascenseur commercial'' dans un monde viticole bordelais où l'inertie dans le positionnement des domaines (AOC, classements…) est immense. Le "business plan" des primeurs, en tant que mécanisme de levée de fonds, a bien des avantages. Évidemment, il faut produire bon tous les ans, être reconnu, et toujours se remettre en question. »

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En résumé,  Didier Marcelis, fils et petit-fils de vignerons médocains, revient au pays il y a dix ans et il confie à César son analyse du rôle qu’ont joué pour lui les Primeurs « À moins d'être fortuné - ce qui n'était pas mon cas -, difficile de s'agrandir ici et d'acquérir les matériels coûteux pour progresser en qualité. Par ailleurs, le financement bancaire classique est « mitigé » vis-à-vis des TPE comme nous, avec 10 salariés. Du coup, un autre financement externe fut la solution : nous positionner résolument sur le modèle de la vente en primeurs aux négociants bordelais. Et ce, en finançant la progression de notre domaine par leurs achats et le paiement anticipé qui en découle ».

 

Comme le note ce cher César il raisonne comme « un  homme d'affaires. » Ben oui, les Primeurs c’est du biseness, pas un truc pour petit tweeter encombrant. Et c’est là que la dague de l’article de César plonge dans le flanc de nos bons notateurs made in France. En effet il pose le fer rouge sur la plaie ouverte : « Une appellation - Saint-Estèphe - de grande renommée, un millésime 2003 déjà remarqué par le critique américain Robert Parker, et le pied est mis à l'étrier. Le négoce de Bordeaux, monde de commerçants aussi puissants que discrets, voit arriver une pépite (pas chère) qui se vendra bien : l'accélérateur de particules se met en marche. » C’est beau comme du Houellebecq mon cher César !

 

Après, c’est la routine « Le vignoble s'agrandit : il faut un minimum de bouteilles pour une visibilité commerciale. Et recrute des cadres formés dans les crus classés du secteur : Bernard Franc, directeur technique, et Fabien Breignaud, maître de chai. En 2008, arrivée du Libournais Hubert de Boüard, œnologue-conseil réputé, et le cercle vertueux - intégrant notoriété et crédibilité de la marque - tourne de plus en plus rond. Rapidement, le domaine réussit son virage à 90 degrés : de 9 hectares avec des vins écoulés en vrac à 30 hectares avec des bouteilles vendues en primeurs. »


Pour la suite c’est ICI link 

 

Que voilà du bon travail de journaliste, du grand César qui tranche avec les pépiements du néo-danseur mondain de tweet qui écrit, dans son style inimitable, que les Primeurs de Bordeaux sont une sottise. Ben non mon coco, les affaires sont les affaires, et dans ce monde impitoyable il est facile de faire le tri entre ceux qui en sont, ceux qui comptent, et ceux qui sont là pour faire de la figuration, tapisserie quoi. Lorsque je me rends aux Primeurs de Bordeaux j’ai pleine conscience d’y étaler mon inutilité, pour autant quel spectacle pour un chroniqueur : j’aime ! Que chacun reste à sa place dans le marigot, que la grenouille ne se la joue pas à se faire plus grosse que le bœuf. À chacun son job, il n’y a pas de sot métier, sauf celui de cireur de pompes qui n’a rien à voir avec celui de cireur de godasses lorsqu’il cire de vraies godasses.

 

Reste que je me dois à la fin de cette chronique de faire état des bulletins de Jean-Marie Quarin que j’ai reçu dans ma massagerie au cours de cette campagne des primeurs : Premier rapport : 3 avril 2012 Bordeaux 2011 en primeur : 636 notes, rapport n°2 le 6 avril, le 2 bis le 8 avril, le n°3 le 10 avril. Quelle santé ! Quelle prolificité ! J'avoue que ça dépasse mes faibles capacités de compréhension du sujet et que ce n’est pas mon genre de littérature mais je livre à votre sagacité le Premier rapport : 3 avril 2012 (pour les autres à vous d’aller à la source).

 

Un détail d'ambiance : j'ai comme le sentiment ma bonne dame que chez ces gens-là - les dégustateurs pro - on ne s'aime pas... on ne s'apprécie guère entre messieurs de la famille... allez savoir pourquoi ? Le taulier lui n'en est pas, alors y cause de tout le monde sans exclusive...

photoJMQuarin.jpg

Bordeaux 2011 en primeur : 636 notes

 

Un document de 15 pages au format pdf est disponible sur mon site à la rubrique Carnet / dernier Carnet paru :    /carnets.php?s=9258

 

Les Bordeaux 2011 en primeur

 

Un millésime de qualité très  hétérogène variant de moyen à excellent dans les rouges,  avec de très bons vins liquoreux, supérieurs à Barsac qu’à Sauternes et des   vins blancs secs de haut niveau.   

 

Bordeaux Primeurs 2011 : ce que l’on sait et ce que l’on découvre des vins rouges    

Un grand vin est un vin qui excite la bouche partout. On doit   l’ampleur et l’enchantement de cette excitation à des facteurs humains bien connus, mais surtout à des causes climatiques.   

 

Globalement le temps chaud et sec en juin - juillet conditionne   la concentration des raisins rouges et détermine la taille du corps du vin. Un mois d’août chaud et peu pluvieux construira ce corps en milieu de bouche. En septembre et octobre, une climatologie douce et peu pluvieuse, ou même chaude, apporte aux cépages tanniques bordelais tels le cabernet sauvignon et le cabernet franc la maturité complète de leurs tanins. Elle se signale par une absence d’angle en fin de bouche, d’austérité voire de sécheresse tant préjudiciables à la qualité gustative. Sans caresse, fondu, gras et soyeux, il n’existe ni bons, ni grands vins !

   

Alors quid de 2011 vis-à-vis de ce modèle ?


Un printemps exceptionnellement chaud et sec (4,5°au-dessus de la normale) induisait un départ précoce du cycle de la vigne, une floraison homogène et une sortie de grappes généreuses, augurant d’un beau volume de récolte à venir. Ce beau temps sec provoqua très tôt, un arrêt de croissance de la vigne qui consacra son énergie à concentrer et mûrir ses fruits. C’était très bien parti ! 

  

En juillet, face à la sécheresse persistante, la situation change d’un vignoble à l’autre,   d’une rive à l’autre. Les sols calcaires et argilo-calcaires, toujours bien alimentés en eau n’ont   pas souffert de la sècheresse ; ceux de graves bien  plus. A ce stade, la rive droite, Saint-Emilion, Fronsac, Pomerol marquait des points tandis que les zones plus graveleuses du Médoc et des Graves souffraient. Au sein même du   Médoc, l’appellation Médoc, plus riche en sol  calcaire a moins souffert que les vins de l’AOC Haut-Médoc aux sols plus graveleux. Idem pour les vins liquoreux entre Barsac (calcaire) et Sauternes (graves). Jamais comme en 2011, je n’ai vu autant de différences dans des vins si jeunes. Ne parlons pas des jeunes vignes sur graves ou sur sable qui se défolièrent très vite et n’arrivèrent jamais à mûrir leurs raisins. Et si on évoque aujourd’hui 2011 comme un millésime réussi sur les grands terroirs,i l faut  entendre vieilles vignes et sol de graves sur argile ou argilo-calcaire pour ne pas souffrir du manque d’eau. 

  

Heureusement, juillet ne fut pas aussi chaud que de coutume. Une chance pour les vignes en manque d’eau. Dans le cas contraire, elles auraient perdu toute capacité physique de   mûrir leurs fruits correctement. On trouve des lots de vins marqués par ce type de problème. Ils sont secs en bouche. A charge pour les propriétés de les éliminer de l’assemblage. 

  

 La pluie vint dans une proportion légèrement supérieure à la normale. Elle favorisa la véraison. En tombant de façon très variée d’un lieu à l’autre, elle accentua   l’hétérogénéité du millésime. Il plut plus au sud de Bordeaux, dans les Graves et le Sauternais qu’au nord (médoc) ou à l’est (Libournais).  

 

Août si important pour la construction du milieu de bouche fut raisonnablement chaud, mais plus arrosé que la moyenne ( 80 millimètres contre 60 ). A ce moment-là, je savais   que les 2011 ne pourraient être ni riches, ni pleins en milieu de bouche, mais plutôt d’un style élancé, plus droits que larges. La question était alors de savoir si septembre apporterait de quoi grandir les fins de bouche.

   

Le 1er septembre, un violent orage déversa 80 millimètres d’eau. Sur Saint-Estèphe et une partie de Saint-Emilion, il se transforma en grêle et ravagea bon nombre de parcelles à Cos d’Estournel, Montrose, Cos Labory ou encore Le Crock.  

 

A  quelques jours des vendanges, cette eau a beaucoup inquiété. Par crainte de la pourriture, beaucoup débutèrent les vendanges de rouge dès le 5 septembre. Le temps se remit au beau le 10. Ces conditions donnaient du baume au cœur aux viticulteurs souhaitant attendre. Elles encourageaient aussi ceux qui ramassaient à le faire sans stress, sous le soleil et avant les marées d’équinoxe si perturbantes pour les conditions météorologistes en gironde. La pluie du 19 septembre convainquit ceux qui avaient commencé tôt les vendanges du bien-fondé de leurs intuitions. Or, il se mit à faire très beau juste après, tandis que l’apparition de nuits froides bloquait le développement des foyers de pourriture grise. De nombreux témoignages recueillis dans les chroniques n° 119 et 120 signalent une nette amélioration des qualités du   raisin, l’apparition du goût et une hausse du degré d’alcool. Pour tous les vendangeurs, le maître mot était : trier. Eliminer les traces d’échaudage de fin juin, celles d’une véraison incomplète, les foyers de pourriture grise. Jamais Bordeaux n’avait connu une telle effervescence autour du tri et de ses nouvelles techniques ( des vidéos seront disponibles sur mon site dans quelques heures). 

  

 Ainsi, septembre 2011 ne fut pas un mois idéal, celui qui   allait achever ce qu’août n’avait pas fait comme lors des étés indiens de 2002, 2004, 2007 et 2008. Selon l’état des vignes, selon les ambitions de chacun, ses observations, ses croyances, les dates de vendanges ont été très diverses. A tel point que certains  avaient fini les vendanges de liquoreux à Barsac, quand d’autres n’avaient pas donné le moindre coup de   sécateur sur le merlot de Saint-Emilion. Une situation inédite et inconnue jusqu’alors. Et même si le   développement du cycle végétatif ne cadrait pas  avec le modèle idéal pour obtenir du grand vin il était toujours bien difficile de se lancer dans un   pronostic.  Que sortirait-il de ce millésime dont les raisins avaient commencé leur vie dans un cycle précoce pour être vendangés comme lors d’un cycle tardif.     

 

Enfin la dégustation !   

 

Après tout ceci ne pouvait-il y avoir qu’un style de vin ? Non bien sûr !   

 

Les points positifs versus les points négatifs.

 

Le point positif le plus répandu et qui intéressera les amateurs concerne l’absence de caractère végétal. Les nez présentent des notes de fruits mûrs et parfois noirs ce qui ne manque pas de surprendre. En bouche, les corps sont tendres et sans dureté de fond. Cette perception est accentuée par la prudence ressentie dans l’extraction. Les vinificateurs ont avancé à pas de velours. Je dois dire que Bordeaux est très à l’aise dans cet exercice au point parfois de sous-extraire les grandes années. Tous ces vins, élaborés avec précaution et à la saveur plutôt mûre seront délicieux à boire jeunes.

   

Le point faible du millésime 2011 en rouge concerne une acidité parfois trop saillante sur les crus moyens, en particulier dans le Médoc et un manque général de puissance en milieu de bouche ou en finale.

   

Je retrouve dans cette absence le déficit de chaleur en août et l’irrégularité climatique de septembre. Dans l’ensemble les degrés d’alcool sont normaux sauf pour les crus vendangés tard. La chaptalisation a fait son retour dans les chais. Bons nombres de   2011 ont des profils de bouche plutôt longiformes que volumineux. Les degrés d’alcool plus près de 13 jouent un rôle dans cette perception. Un autre fait l’accentue : la part plus importante de cabernet franc mis dans les assemblages. Il type réellement les vins de la rive droite et leur donne cette année tout leur caractère. Et chacun sait que ce cabernet franc ne se révèle qu’au vieillissement, tout au contraire du merlot toujours plus gratifiant immédiatement.  

 

Dans le Médoc et les Graves, le millésime est marqué par la réussite du cabernet sauvignon plus que celle du merlot. A l’instar du cabernet franc, le cabernet sauvignon induit lui aussi un port droit dans la bouche. 

  

Trois catégories de bons vins


1- De nombreux vins sont agréables, non végétaux, mais modestes et avec peu de caractère. A tel point que mon descriptif est quasi le même pour tous. Ils seront à   boire avant dix ans. 

  

2 - Il existe une autre catégorie de vins meilleurs qui apparaît dans la notation vers 15,5. Ceux-là offrent l’avantage d’être bien construits et de nous régaler à l’attaque, au milieu et en finale. Je les ai trouvés principalement sur la rive droite. Sur ces sols argilo-calcaires, la vigne a moins souffert de la   sécheresse que sur les sols du Médoc ou des graves. Les meilleures affaires seront de ce côté.

Certains vins s’approchent des 2010, mais avec la saveur   en moins. En effet, il existe des 2011 qui possèdent de beaux indices de tannin, souvent supérieurs à 2009   (merci la sècheresse). Par contre, leurs goûts sont moins profonds que les 2010, même si leurs corps se ressemblent. Toute la question sera de savoir comment seront élevés ces vins. Personnellement je suis convaincu que les Bordelais ne sont jamais aussi doués que dans l’adversité avec le climat. C’est leur culture. Par contre ils se relâchent trop avec des millésimes tels 2009 et 2010 où tout semble tellement facile.   N’est-ce pas eux qui ont inventé l’expression  « millésime ou terroir chaise longue » ?

     

3 – Enfin, il existe des vins de grande qualité en 2011. Ils sont profilés droits en bouche, commencent   finement charnus, restent denses au milieu, même s’ils ne sont pas larges et surtout s’achèvent savoureux sur un joli grain de tannin et une bonne longueur. Leurs succès sont des particularités. Une conjonction de facteurs parmi   lesquels reviennent souvent : 

  

- la faiblesse des rendements (30 hl/ha à château   Margaux et à Pichon Baron),   

- la part de cabernet franc ou de cabernet sauvignon plus élevée que d’habitude,( Clos Manou, Pichon Comtesse, Kirwan, Grand Corbin d’Espagne),   

- l’existence de vieilles vignes,    

-un terroir remarquable qui sait aussi bien tamponner les excès de l’eau que ceux de la sècheresse,   

- l’utilisation de nouveaux instruments de vinifications, comme à Lagrange ou Cheval Blanc,   

- les efforts de sélection comme à La Réserve de la Comtesse qui signe son meilleur second vin dans une année compliquée,   

- ou tout simplement la rançon d’une ascension   qualitative entamée depuis quelques années (Seguin, Montlandry, Angludet, Chauvin).   

 

Chaque fois, je suis émerveillé de découvrir ces changements si fortement liés à l’implication des hommes. Enfin, vous le verrez dans les notes, les Outsiders remarqués dans mon guide sortent souvent la tête haute de ce millésime, Clos Manou en tête !   


La conjugaison de degré d’alcool modéré, à celle d’une forte présence tannique et d’une bonne acidité renforce un profil parfois austère en primeur. Le temps froid en janvier et   février n’a pas vraiment permis le mariage de ces éléments. Depuis deux semaines, les vins se goûtent de mieux en mieux et acquièrent plus de milieux de bouche qu’en début d’élevage. Pour l’instant le millésime n’a pas la sucrosité qui avait conquis mes papilles en 2009 et 2010. Le rôle de l’élevage est de la faire apparaître. Ainsi, certains vins me font penser à des 1986, d’autres plus raides ont les tanins des 1994, d’autres encore la douceur longiforme des 1971. Quand j’interroge les vinificateurs sur ce que l’élevage leur apportera ils restent très prudents, ne sachant pas si tel le millésime 1986   pourtant très dur en primeur, le tanin se fondra ou tel  1975, il finira par sécher. 

  

Dans ce contexte j’ai privilégié dans mes notes les crus qui possèdent déjà le plus de douceur   (sans la confondre avec de la faiblesse) tout en ayant de la   trame et de la longueur en bouche.  Ces vins deviendront très charmeurs. De surcroit, ils occupent actuellement la pole position pour gagner en expression pendant l’élevage sans prendre le risque de devenirs durs. Ce sera la dernière étape pour attraper un peu plus de volume.   

 

Jean-Marc Quarin   

 

© Copyright

Cette publication est éditée par Jean-Marc Quarin   Sarl, 10 allée de Ginouilhac, BP 40, Le Taillan-Médoc.   France. - E-mail : jmquarin@quarin.com

Les médias et les distributeurs de vins peuvent utiliser   ces notes à condition de ne pas les déformer et en   citant l'origine de leur source : www.quarin.com ainsi que son   auteur : Jean-Marc Quarin (JMQ).

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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commentaires

octave mirbeau on budget 25/05/2012 01:07


Gasp ; gossip ; gasonline & keronzen

dieir marcelis 24/05/2012 21:33


Bonsoir M Berthomeu


Je vous remercie pour votre feedback positif quant à ma saine franchise de mes propos transcrit par le quotidien sud ouest denierment consacré à serilhan


apres reflexion ,je pense que les tensions permanentes qui animent notre profession sont dues au fait que leproduit de notre travail se trouve à l 'intersection d'un secteur professionnel 
dependant de l 'agro alimentaire,  et d'un secteur artisanal voire artistique


Les tenants du premier ne parlent que de prix ,de rentabilité de scores et de profits ,ce qui est forcément très limite et peu engageant pour l 'amateur ...


à l 'inverse , les puristes degustateurs ne veulent rien entendre des contraintes economiques et se positionnent seulement sur la dimension plaisir de la degustation


Aucune de ces deux visions n 'est exacte à elle seule ,aucune ne reflète à elle seule la complexité de notre travail


Pour prendre un parallèle dans l'industrie du luxe , peut on prétendre que l'industrie du  diamant peut se resumer à la visite d 'une mine  en afrique du sud ou au dernier bilan de de
beers ?


à l'inverse, le luxe et les pailletes de la place vendome et de ses vitrines clinquantes n 'offrent qu 'une vue partielle de la réalité sociale ,économique ,voire politique  de ce segment d
'activité humaine


donc foin des visions manichéennes et acceptons quelquefois que le discours économique vienne troubler un instant le reve purement  bucolique ,aussi tentant qu 'il soit car si confortable et
rassurant


je vis à l 'année a st estephe et je peux vous dire que les deux perceptions de la meme réalité coexistent parfaitement bien dans mon esprit


au plaisir de vous recevoir au chateau avec une entrecote et un verre de vin


cordialement


didier marcelis ,st estephe

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