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               Vin&Cie, l'espace de liberté

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La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Jeudi 12 octobre 2006 4 12 /10 /Oct /2006 00:05

Les revues papier glacé de gastronomie nous placent sous perfusion sur l'art et la manière d'accorder mets et vins. Comme vous vous en doutez : j'adore ! Moi qui n'est jamais confié le soin à quinconque de choisir mes chemises, de les repasser et de les accorder avec mes vestes, ça me met en joie. Ceci étant écrit, comme je suis sur une position ultra-minoritaire, et que je dois tenir compte des désidératas des clients, ce matin je mets un mouchoir sur mon élitisme hautain et je vais dans le sens du vent en commettant une chronique : que boire avec une platée de choux ?

Car, entre autres appellations désobligeantes subies dans ma jeunesse de vendéen du bas-bocage : péquenot, bouseux, plouc... la plus infâmante, la plus vile était bien " ventre à choux " car je détestais la soupe choux qui, visuellement, s'apparentait pour moi à un jus proche de celui de la mare aux canards, et qui gustativement, tenait de la décoction du rebouteux du coin. Nos choux c'étaient des choux à vaches, des choux fourragers hauts sur tige que nous allions couper avec le pépé Louis. Nous mangions les feuilles du coeur. Cette proximité avec nos ruminantes aux yeux tendres : les Normandes laitières plus que les Parthenaises laboureuses, nous assimilait à des quasi-sauvages tout juste bons à défier la République pour le compte du maître et du curé. Bien sûr, je résistais et, avec la complicité de mémé Marie, j'étais dispensé de la soupe aux choux.

Maintenant j'adore les choux, le problème c'est que sur nos étals parigots c'est une denrée rare. On trouve toute sorte de choux, pommés, fleurs ou italien, mais le mien pas souvent. Lorsque j'en trouve je fais une razzia. Tout l'art de la cuisson du choux est dans le blanchiment. Faut être patient ou patiente, se colleter un grand faitout et passer les feuilles dans au moins 3 ou 4 rincées d'eau bouillante. Après faut embeurrer le choux. C'est pas aussi simple que ça paraît. D'abord faut un bon beurre salé, comme sur les pâtes faut jeter les feuilles sitôt sorties de l'eau bouillante sur la noix de beurre qu'est saisie et qui exhale ses aromes et sa pointe de sel

Et avec ça qu'est-ce qu'on ? Pas le choix un vin rouge de Mareuil de J.Mourat père et fils www.mourat.com allez sur le site et là, faites votre choix, moi j'adore la cuvée Folle Noire qu'est le nom sortable d'un cépage ancien : le ragoûtant. Pour le millésime voyez avec le propriétaire car moi comme vous le savez je n'ai pas ma carte de dégustateur agréé par la RVF et consorts. Chers lecteurs, cépa écrit guide sur mon front de chroniqueur " ventre à choux ".

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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