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9 septembre 2006 6 09 /09 /septembre /2006 23:12

Ses autres femmes : la petite Fougère et la grande Lucienne, avisées par lui en mots choisis de ses embrasements, face au buisson ardent s'étaient retirées sur la pointe des pieds. Elles attendaient. Il leur reviendrait. De cette plante en pot entièrement refaite en 3D, belle et dangeureuse, avec ce visage immobile comme sculpté dans la cire, Clairette avait dit à Lucienne " chez elle tout est faux, son visage parfait elle l'a choisi sur un ordinateur avec son chirurgien, alors voilà, on va vous faire des pommettes hautes, comme ça, en silicone, on va raccourcir le nez et rajouter un peu de menton pour l'équilibre du profil, très bien les yeux, mais on peut opérer une très légère incision sur les tempes histoire de rehausser la ligne du sourcil, qu'en pensez-vous, quelques injections de Botox pour glacer l'ensemble, pour les dents vous verrez avec mon collègue..."

Léon les prenait souvent au téléphone et leur racontait des histoires qui les faisaient rire. Elles s'inquiétaient de sa santé. " Tu devrais sortir... Faire un peu d'exercice..." En leur répondant " qu'il était en apnée dans sa bulle " il pensait " de l'exercice j'en fais..." mais, toujours aussi délicat il se gardait de toute allusion à ses ébats. Au dehors les paparazzis guettaient les allers et venues de la belle Carlotta. Au milieu d'eux s'étaient glissés un détective privé payé par l'époux délaissé et un officier des RG mandaté par la rue des Saussaies pour surveiller les retombées de cette ébullition. Tous les ingrédients d'une bombe à retardement s'accumulaient. Le petit Pochon s'en foutait. Enfant il rêvait d'épouser une princesse, de vivre un conte de fées alors il se fichait pas mal des échotiers qui eux rêvaient d'étaler sa belle siliconée sur leur papier glacé. Pour être franc c'est lui qui avait vendu la mèche aux rédacs chef des torchons en question.

Des journées entières au lit, calé à une muraille d'oreillers, l'ordinateur portable wifi sur ses cuisses, Léon écrivait. A toute heure du jour et de la nuit le service d'étage lui portait des platées de gratin de nouilles qu'il mangeait avec ses doigts. Il carburait au Pontet-Canet. A cinq heures pétantes du matin il engouffrait son jus d'orange pressé, ses oeufs brouillés au bacon, sa tartine de pain beurrée couverte d'une fine tranche de Tomme corse, son bol de café bouillant sans sucre. Ensuite, il passait un long moment sur le trône en lisant la presse nationale et internationale du jour d'avant. Allégé et guilleret, fenêtre grande ouverte, nu comme un ver, il se tapait cent pompes puis se douchait. S'installait. Ecrivait. A neuf heures Carlotta s'annonçait. En peignoir éponge blanc il l'accueillait encore tiède de la couche matrimoniale, lui déposait un baiser sur son beau front et retournait dans le mitan du lit. Carlotta lui allumait une cigarette, la seule du jour, une Craven A. Dévêtue elle se posait en tailleur à son côté. Depuis plus d'une semaine Léon s'abstenait.

A suivre, au week-end prochain...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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