Mardi 27 janvier 2009
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Oui mes très chers lecteurs, la nuit dernière j’ai
eu une vision d’horreur, un cauchemar ! Par je ne sais quel engeance d’un diable habillé en Prada Me Gilbert Collard apparaissait sur une
batterie d’écrans plats avec le dossier typicité sous le bras. L’horreur quoi ! Je m’éveillais en eau, ruisselant, et me mettant sur mon céans une question s’installait dans ma
tête : « comment peut-on, une seule fraction de seconde, envisager de s’offrir les services de Me Gilbert Collard pour se défendre ? Quelles motivations ? Sans doute,
pour faire la une des journaux télévisés, jouer la diversion médiatique plutôt que de voir triompher ce qui devrait être une juste cause. Bon, d’accord, plus c’est gros plus ça passe. Retour à
l’esprit de sérieux qui me va comme les chapeaux à madame de Fontenay, la trotskyste des miss France.
Je sais, je suis chiant. J’énerve les filles qu’ont du boulot.
Mais bon, rappeler que le combat contre la typicité je l’ai entamé y’a un bail n’est pas une grossièreté. En effet, le 20 février 2006 je raillais la définition des « chercheurs de
l’INRA » drivés par le besogneux Jean Salette – directeur de recherches émérite de l’INRA et membre de l’Académie d’Agriculture de France. Ses travaux actuels s’orientent autour de deux axes : une analyse
épistémologique critique des recherches agronomiques finalisées et de l’application de leurs résultats ; une étude des relations entre les terroirs et les produits. Il a également une
activité de consultant dans le domaine des produits de terroirs et des appellations d’origine – dans une chronique baptisée : « C’est
typique » http://www.berthomeau.com/article-1930747.html.
Si je rappelle cette antériorité ce n’est ni pour me pousser du col ni frictionner mon incommensurable orgueil mais tout bêtement pour constater que depuis ce
premier coup de gueule contre les petits brasseurs de pseudosciences, ceux-ci, sans faire de bruit ni rencontrer une réelle opposition, tel le ver dans le fruit, sont en train de faire triompher
leurs concepts fumeux dans les directives du CAC de l’INAO ou leur application par les technos des zinzins me dit-on. En juin dernier, le 9 très exactement, effaré par la lecture de ces fameuses
directives j’ai fait une piqure de rappel en vilipendant Le CAC 51 : le croskill de la qualité des vins
AOC,
en mettant en lien ces directives pour que les vignerons les lisent. Qui s’est mobilisé face au croskill du CAC ? Pas grand monde, seuls les gars de SEVE se sont bougés le cul et ont obtenu
la tenue d’une réunion sur ce sujet au siège de l’INAO . C’était le moment de se fédérer, de faire taire les bisbilles, mais, en ce temps-là, beaucoup de ceux qui semblent aujourd’hui,
m’accuser de diviser le front, de chatouiller mon ego, d’être à l’origine de la chamaillerie, où étaient-ils ? Ont-ils battus le rappel ? Mobilisés les médias qu’ils aiment tant ?
La réponse est clairement, non. La raison de ce silence : le goût immodéré du fractionnisme. En bon français : SEVE créé dans la boue du saumurois n’est plus du
goût de certains. Grand bien leur fasse mais que le président du Comité Vins de l’INAO reçoive es-qualités cette association devrait valoir autre chose que la mise en avant de querelles de
personnes sous couvert de débats philosophiques. Ce ne sont pas mes oignons je ne fais que relater des faits.
En effet, mon intérêt pour agir dans cette affaire n’est en rien lié à un quelconque fond de
commerce. Depuis presque 4 ans, sur cet « Espace de Liberté » je tente de susciter le débat. De faire réfléchir. De proposer des principes d’action, sans exclusive, ni anathème. Je ne
suis affilié à aucune chapelle, à aucune coterie, à aucun sponsor. Alors de grâce, lorsque avec impertinence et, sans doute, une bonne dose de mauvaise foi, je raille l’appel à la mobilisation
générale de Deauville, à aucun moment je ne conteste le fond du dossier et je ne m'évertue ni à récupérer un quelconque bébé qui n’est pas le mien, ni à chercher des poux dans la tête des
Jeanne Hachette organisatrice d’évènements révolutionnaires. Non, je me permets de mettre en doute l’efficacité à long terme d’une telle démarche pour faire avancer et triompher la cause
défendue. La caisse de résonance médiatique joue un rôle, je ne le conteste pas, mais seule la mise en place d’un réel rapport de forces fondé sur un dossier solide, des appuis locaux et
régionaux, peut permettre de traduire dans les textes la prise en compte de la différence, de la diversité. Pour tout dire, moi qui ai mené tant de combats minoritaires – bonne retraite Michel –
j’en ai un peu ras la casquette de voir tant de gens sincères, d’amis, se fourvoyer dans des exercices d’autocongratulations. Comme disait pépé Louis à sa pieuse épouse, ma mémé Marie, « au
lieu de nous engueuler en chaire, le curé ferait mieux d’aller convaincre ceux qui ne viennent pas à la messe… »
L’ami Bazin Février sera chaud! me reprochait gentiment
samedi, après mon petit coup de sang, de vouloir m’arroger la conduite du combat pour la défense de la veuve et du vigneron. Je l’ai rassuré de suite en soulignant que les veuves, comme les
vignerons, je les aimais joyeuses. Moi je ne défends personne. J’essaie, en bon expert du cambouis des zinzins et autres usines à gaz, jour après jour, vaille que vaille, mal sans doute, de faire
avancer des causes qui me semblent aller dans le sens du bien public. C’est tout et ça suffit à mon bonheur. Accordez-moi au moins ce crédit car "ma mère me croît banquier alors que je suis
pianiste dans un bar à vins."
Par JACQUES BERTHOMEAU
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Publié dans : berthomeau
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