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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 00:06

 

J’aurais pu dans le titre de cette chronique présenter Claude Rivier en déclinant ses appellations officielles : vice-président de la Chambre d’Agriculture du Gard en charge du dossier de la viticulture, président de la cave de Chusclan et sans doute aussi une responsabilité au sein de la nouvelle Fédération Régionale des Caves Coopératives mais je trouve que celle que je lui ai donné : entrepreneur-vigneron lui va bien et je suis sûr qu’il l’appréciera. Je verse son point de vue, que je partage largement, au dossier Languedocien et national (voir l’interview de Jérôme Despey sous la rubrique PAGES en haut à droite du blog N°23) Bien mieux que les joutes de structures professionnelles généralistes l’approche d’entreprise débarrassée des vieux dogmes poussiéreux permettra de répondre concrètement aux défis des marchés en développement. Aux pouvoirs publics régionaux et nationaux je me permets de dire : les projets deviennent bons et exemplaires lorsqu’ils réussissent et leur réussite dépend essentiellement de la vision, de la volonté d’entrepreneurs. De grâce, sortez de vos visions mécanistes de dossier-papier et appuyez ceux qui entreprennent car ils sont une denrée bien plus rare que les financements divers et variés trop longtemps dispersés en pluie fine sans réelle vision stratégique.

 

Les faits. Un point sur lequel tous les observateurs s’accordent : la production et le marché sont appelés à ne plus se rencontrer qu’à des conditions bien définies. La taille critique pour « peser » sur le marché du vrac est de plusieurs centaines de milliers d’hectolitres, (les professionnels de la distribution disent même un million d’hl).

Théoriquement cela supposerait donc quatre metteurs en marché dans le Gard. La réalité est autre. Le Gard compte encore 89 caves coopératives avec quelques unions et 450 caves particulières environ. Non pas quatre, donc, mais plusieurs centaines de metteurs en marché…

Cette dispersion pourrait être une richesse si elle était synonyme d’efficacité. Ce n’est pas le cas. En coopération, une analyse des revenus nets/ha, frais de caves déduits, montre des variations du simple au quadruple. Nous sommes frappés d’une faiblesse de revenu qui montre que les volumes les plus importants sont produits sans valeur ajoutée, voire à perte. De nombreuses caves particulières ne font que du vrac. Trop d’entre elles produisent aussi des bouteilles à perte. Pourtant – on l’ignore souvent – le marché mondial continue de croître.

Le grand négoce assembleur cherche des vins bien faits. Mais les prix payés ne peuvent à la fois faire vivre le viticulteur et combler ses manques d’organisation, de compétitivité, son inadaptation structurelle. Cela, en privé, nul ne le conteste.

 

L’analyse. Comment rendre alors une valeur ajoutée durable au vignoble ? Il n’est plus possible aujourd’hui d’être efficace ET à la vigne ET à la cave ET à la vente. Il y a des exceptions, mais elles ne font que confirmer cette règle.

La grande majorité des caves particulières et coopératives souffrent de ce manque de spécialisation. Il faut des unités de production, indifféremment ouvertes aux coopérateurs et aux vignerons indépendants qui veulent y apporter par contrat tout ou partie de leurs raisins. Ceux qui gardent une part de leur production peuvent s’y consacrer à fond. Le reste est alors travaillé en cave de type winery. Modernes, ces unités proposent au négoce des volumes qu’il peut assembler et collecter dans les meilleurs conditions pour ses vins de table et de pays adaptés à la demande internationale. La taille critique de ces unités dépasse les 200 000 hl. Toute réponse qui ne tient pas compte de ces critères est vouée à l’échec.

 

Les actes. Des hommes réagissent. Des pôles se préparent. Il y aura encore place pour des outils artisanaux. Mais l’essor des vins sans IG exige des pôles industriels. Ce qui se fait autour de Jonquières est un bon exemple à soutenir, à multiplier et à mettre en réseau. Ces évolutions doivent être conduites avec méthode et rigueur. La Chambre d’Agriculture met tout son poids pour soutenir les initiatives allant dans ce sens. En s’affranchissant des visions étroites du passé, le Gard, le Gard doit pouvoir apporter à la génération présente une sécurité économique durable. »

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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tchoo 13/09/2008 11:40

Je connais bien une région où les faits relatés ici, sont les mêmes.
Il existe même des responsables professionnels qui ont été capables d'en faire l'analyse et ce de façon pertinente.
Les actions a mener à la suite de ce constat étaient évidentes et parfaitement identifiées.
Elles n'ont toujours pas eu lieu, ou si timidement que leurs effets sont invisibles.
pourquoi?
Cela fait partie du mystère de l'âme humaine, sans doute!

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