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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 06:00
Ce n’est pas du Bordeaux Bashing « Printemps noir à Bordeaux » « Les gros barons du vin des Chartrons se faisaient faire sur mesure leurs costumes à Saville Row »

« Bordeaux est une ville, extrêmement compartimentée. »

 

« Que répondre ? Que les Bordelais, tout au moins ceux qui appartiennent aux classes aisées, après des siècles de haute bourgeoisie et de bonne éducation, ne sont plus gascons ? Que Bordeaux est un anti-Paris, satisfait, content de soi, conscient de sa supériorité morale, et pourtant jaloux de la capitale ? Qu’il s’agissait du premier avant-poste, de la première colonie, de l’Empire anglais, qu’on s’y sent loin de la France, que… Toutes ces réflexions qu’il s’était faites si souvent lui paraissaient soudain ridicules, et en tout cas impossibles à verbaliser. »

 

« La lumière baissait, et le grès jaune dont Bordeaux est principalement construit prenait une teinte lépreuse… »

 

« Il prit la direction du fleuve qui, son père le lui avait souvent répété, avait fait de Bordeaux la ville qu’elle était, pas une banale ville française de province, autosuffisante et contente d’elle-même, mais une ville qui regardait vers l’ouest, vers le vaste monde. »Cela dit, avait ajouté son père d’un ton de regret, je dois admettre qu’il existe peu de gens aussi contents d’eux que les Bordelais que nous sommes et, s’il en existe, je n’ai pas envie de les connaître. »

 

« À vrai dire, c’était le genre de manteau* qu’aurait pu porter un des barons du vin du quartier des Chartrons – mais un baron de deuxième catégorie. Les gros barons, il le supposait, allaient à Londres se faire faire leurs manteaux et leurs costumes sur mesure. À Saville Row, c’était bien ça. »

 

Il était « thorn proof » = résistant aux épines littéralement

 

« La rue d’Aviau était l’une des rues les plus respectables de la ville – une des « meilleures adresses », comme on dit – une forteresse de la haute bourgeoisie et des gens qui, selon l’expression avaient « des noms avec des poignées ». En cet instant, elle était déserte. L’alignement de façades blanches excluait les passants. Chaque maison était une citadelle close, ne fournissant aucun renseignement aux curieux, tout en invitant à des spéculations sur la vie – ou plutôt sur l’absence de vie, pensait-il – menée à l’intérieur. »

 

« Lannes… tourna dans le cours Clémenceau puis prit les allées de Tourny. Stendhal avait écrit il ne savait pas où que nulle part en France, il ne connaissait une aussi belle rue. »

 

« … il avait pris un seul verre de vin blanc, un graves. Il plaisantait toujours là-dessus – une plaisanterie anglaise. Je lis l’anglais, évidemment, à cause de ma mère, et il y a un vers du poète Byron – « only sextons drink Graves », c’est un jeu de mots, parce que les sextons,  ce sont les fossoyeurs, vous voyez. 

 

Littéralement : « seuls les fossoyeurs boivent du Graves ». Mais en anglais « only sextons drink Graves » signifie « seuls les fossoyeurs creusent les tombes. »

 

« Fernand suggéra le carré d’agneau, et un pâté de foie gras en entrée…

« Il est aussi bon qu’à Strasbourg, dit-il à Schnyder. C’est  une grande occasion, votre premier déjeuner à Bordeaux. Alors vous allez prendre une bouteille de Cheval Blanc 28. Offerte par la maison, pour fêter votre arrivée. De plus, les choses étant ce qu’elles sont, il me tarde que mon meilleur vin soit bu. Ce qui ne sera pas bu devra être enterré. »

 

« Aujourd’hui, dit Fernand, je recommande le lièvre, du lièvre de montagne, mariné dans du vin rouge et des baies de genièvre, c’est délicieux. Le plat préféré de mon grand-père, cuisiné selon sa recette. Pour aller avec, un solide cru bourgeois de saint-émilion. »

 

« Du perdreau aux choux rouges, annonça Fernand. Ne me demandez pas comment je les ai eus. Et un bon saint-émilion ça vous va ?

 

« Ils étaient en train de manger le perdreau aux choux rouges, aussi succulent que Fernand l’avait promis, et de boire leur deuxième bouteille de clairet. »

 

« Ils déjeunaient chez Fernand, un foie de veau accompagné d’oignons et de pommes de terre frites, et d’une bouteille de médoc. »

 

C’est un anglais Allan Massie qui signe une enquête policière diabolique Printemps noir sur fond de drôle de guerre et d'Occupation du Bordeaux d’Adrien Marquet maire socialo qui tombera collabo, ministre de l’Intérieur du Maréchal nous voilà.

 

 

Né en 1938 à Singapour mais élevé en Écosse, Allan Massie fait de brillantes études à l'Université de Cambridge avant de devenir l'un des écrivains britanniques les plus remarqués de sa génération.

 

Auteur de plusieurs romans sur l'Antiquité romaine, il a évoqué le XXe siècle dans trois grands romans publiés aux Editions de Fallois : Les Ombres de l'Empire, L'Honneur d'un homme et Les Sacrifiés.

« C'est un insoutenable compte à rebours. Printemps noir commence en mars 1940 et l'on peut bien savoir, avec certitude, que cette histoire va mal finir. Les surhommes casqués du Reich nazi sont massés à la frontière de la France et à Bordeaux, un avocat a été retrouvé assassiné, affreusement mutilé. «Des brutes dégoûtantes», souffle un policier.

 

Chargé de l'enquête, le commissaire Lannes est doublement tourmenté. Son fils aîné Dominique attend l'offensive allemande, terré ... »

 

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