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2 mai 2018 3 02 /05 /mai /2018 06:00
Hollande François, le pompier pyromane du PS, c’est ainsi que les grands partis finissent dans une cabine téléphonique.

Je sais, les cabines téléphoniques, des ex-PTT, ont disparues du paysage de nos villes et villages, laissant la place à des marcheurs l’oreille collée sur leur smartphone. Je souris lorsque visionnant de vieux films les bons et les méchants sont obligés de faire halte dans une cabine pour informer  leurs complices pour les bandits, leurs collègues pour les keufs.

 

Le père Hollande, député de la Corrèze, président du Conseil Général de ce département longtemps fief de Jacques Chirac, a souvent été comparé au petit père Queuille, lui-même élu de la Corrèze.

 

« Il n'est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout. »

Henri Queuille

 

« La politique ne consiste pas à faire taire les problèmes, mais à faire taire ceux qui les posent. »

Henri Queuille

 

Membre modéré du parti radical, il entre au gouvernement d'Alexandre Millerand en juillet 1920 comme sous-secrétaire d'Etat à l'Agriculture. Reconnu par ses pairs, il multiplie les portefeuilles (Agriculture, Santé, Postes, Travaux publics, ravitaillement), étant ainsi nommé dix-neuf fois ministre de 1920 à 1940. Il est le principal initiateur de la politique agricole française de d'entre-deux guerres (création du génie rural, création et organisation de l'enseignement agricole, développement technique des campagnes, etc.) ; il préside notamment la Fédération nationale de la mutualité et de la coopération agricole.

 

Il procède à la nationalisation des chemins de fer et à la création de la SNCF, et dirige l'Office national des mutilés, combattants, victimes de guerre et pupilles de la nation (1937). En 1939 il publie : Le Drame agricole : un aspect de la crise économique.

 

Républicain convaincu, conciliant avec les socialistes, il devient un proche d'Edouard Herriot, mais refuse refus de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940. Il est alors révoqué de ses fonctions de maire de Neuvic.

 

Fidèle d'Edouard Herriot, il officie au gouvernement de la IVe  République entre juillet 1948 et juin 1954. Etant par trois fois président du Conseil, il endigue l'agitation sociale, la montée du gaullisme et l'instabilité gouvernementale en menant une politique qualifiée d' "immobilisme", n'hésitant pas à, employer le force (en octobre-novembre 1948) et à retarder les élections ; une politique cependant qui permet à la République de se maintenir.

 

Battu aux élections législatives de 1958, Henri Queuille s'en retourne à une vie politique locale. Il transforme sa commune en station de loisirs, y crée un lycée agricole et un collège technique. Continuant son travail de mémoire entrepris dès 1944, il rassemble archives, documents, témoignages et objets sur la Seconde Guerre mondiale et la Résistance, constituant ainsi le principal fonds du musée qui porte son nom. »

 

Le Parti Radical parti dominant de la IIIe s’est éteint doucement sous la IVe, en dépit d’une personnalité forte, Pierre Mendès-France, avant d’être réduit à l’état de roue de secours pour la gauche de Mitterrand avec le  PRG du pharmacien de Villefranche-de-Rouergue, Robert Fabre, puis le veau sous la mère de la Dépêche du Midi, et, pire encore pour la droite avec un Parti radical dit valoisien, en dépit de l’essai de JSS de le revigorer, sortant des radars électoraux. Les deux se sont rabibochés : Après quarante-cinq ans de schisme, le Parti radical de gauche et le Parti radical valoisien se réunissent

 

Hollande n’a jamais été Ministre, il ne fut que le Premier Secrétaire d’un PS qui se croyait hégémonique, sûr de lui, dominateur, géant aux pieds d’argile, lesté de grands féodaux régionaux, grand érecteur de synthèses molles calfatant des courants, des écuries présidentielles, des gens qui  se détestent, se méprisent, grand bal  des faux-culs.

 

Je n’ai jamais été encarté dans ce parti mais mon estampille de rocardien agricole reconnu m’a permis de fréquenter la rue  de Solférino au sein de la Commission Agricole du Parti fief de l’intransigeant et sourcilleux Pierre Joxe avant 81, puis de Bernard Thareau que je connaissais bien pour avoir fait ma thèse de doctorat sur le cochon alors qu’il était président de la FNP, éleveur de porcs en Loire-Atlantique, puis de Georges Garot, dont le fils Guillaume sera un éphémère ministre délégué à l'Agroalimentaire dans le gouvernement Ayrault II. Il est actuellement député de la Mayenne.

 

Ce parti hétéroclite, refusant de se déclarer social-démocrate, jouait à merveille la partition : je suis pur et dur dans l’opposition, mou et conciliant lorsque je suis au pouvoir.

 

Les agriculteurs étant majoritairement conservateurs et séduits par le RPR de Chirac, la minorité gauchisante représentée par la Confédération Paysanne, cette partition se traduisait au 78 rue de Varenne par on ne déplaît pas à la FNSEA, on tient les confédérés pour des emmerdeurs ; de retour à Solférino le ton changeait on brossait dans le sens du poil nos camarades paysans.

 

Sous Hollande président, le sieur Le Foll, ancien direcab de Hollande à Solférino, appliqua la méthode avec plus ou moins de succès, et sitôt la déculottée le voilà qui repart comme le héraut de l’agroécologie. Vaut mieux en rire qu’en pleurer, ce brave Le Foll écume les médias pour nous persuader qu’il reste le dernier défenseur d’un quinquennat peu glorieux.

 

Tout n’est pas bon à jeter loin de là dans ce quinquennat, Hollande n’a pas été aidé ni par la mère Aubry et les frondeurs, ni par ce brave Ayrault, ni par le couple Hamon-Montebourg qui après avoir porté Valls à Matignon vireront sitôt casaque, ni par l’affaire Cahuzac, mais sa méthode, car s’en est une, mélange de flou et de manipulations des hommes fut un réel échec.

 

Dans ce PS bien installé matériellement, après la tentative avortée de rénovation de Rocard, sous les coups pourris de Mitterrand balançant Tapie dans ses pattes aux Européennes, la gestion pointilleuse de Lionel Jospin, premier Ministre de cohabitation de Chirac, se terminant par le coup de tonnerre de la présidentielle, je me demandais comment ce parti pourrait reprendre le pouvoir, et surtout pour y pratiquer quelle politique ?

 

Déjà, Mélanchon s’en était allé, d’abord pour faire ami-ami avec le PC, puis à son compte. Il avait compris que le porte-avions deviendrait le radeau de la méduse.

 

Les primaires du PS permirent à Hollande, fin manœuvrier d’accéder à la candidature et de faire basculer à gauche son programme, qui n’était que mollement social-démocrate, lors du discours du Bourget, œuvre du cireur de pompes de luxe Aquilino Morelle.

 

Ensuite c’est le Sarkozy de Patrick Buisson qui nous a légué un Hollande élu par défaut dans un état d’impréparation absolu.

 

Je ne vais pas revenir sur le déroulé du quinquennat mais sa chute, après l’acceptation de primaires par le sortant, la sortie de Hollande par jet de l’éponge, l’irruption de Macron sur le plateau présidentiel avec la complicité de Bayrou qui a enfin compris que la présidentielle se gagnait au centre, la déroute d’un Fillon calamiteux promis au fauteuil présidentiel, la fiasco de Hamon siphonné par Mélanchon, l’ivresse d’une possible victoire de celui-ci, l’atterrissage sur le ventre, telle une bouse de la fille Le Pen, répondit enfin à mon interrogation : combien de temps encore une telle ambiguïté pouvait-elle perdurer ?

 

La réponse vint cinglante, cruelle, presque mortelle, la maison Solférino coulait corps et bien et le PS allait rejoindre le Parti Radical au cimetière des éléphants.

 

Bien sûr, il n’est pas mort cliniquement, mais son hégémonie est derrière lui, l’union des gauches à la Mitterrand n’est pas pour demain matin, Mélanchon joue solo, le PC va lutter pour sa survie aux prochaines échéances électorales, Hamon fait du Hamon c’est-à-dire un discours séduisant sans perspectives concrètes d’alliance, ce qui reste du PS devra sauver les meubles municipaux, à Paris surtout, et les régionaux derniers bastions de sa puissance passée, ne parlons pas des Verts totalement à côté de la plaque.

 

Bref, lorsque j’entends en ce moment Hollande, qui arpente les plateaux, pour promouvoir son bouquin, je ne suis pas étonné de le voir réinvestir ses vieux habits de premier secrétaire du PS, c’est tout lui, rien que lui, boudiné dans ses costars, adepte des bons mots, faussement jovial, solitaire, étriqué, imprégné d’une haute idée de sa personne, empêtré dans une pratique politique éculée, amer, revanchard, un ex-président bien ordinaire, normal quoi, un peu minable, mélange étrange de syndic de la faillite de sa crèmerie et d’énarque tout rond, sans relief, sur lequel tout glisse.

 

Si j’écris ce que j’écris c’est que j’ai voté deux fois pour lui en espérant, sans trop y croire, qu’il saurait se hisser au niveau de la fonction. Ce qu’il  a fait avec justesse dans les heures sanglantes et difficiles pour ensuite retomber dans ses petits travers.

 

Je fus signataire du texte dit transcourants :

 

« C’est une histoire qui prend sa source en 1983. Ils sont cinq, rassemblés à Lorient, François Hollande, sorti de l’ENA trois ans auparavant, son camarade de promo Jean-Pierre Jouyet, Jean-Michel Gaillard (décédé en 2005), Jean-Yves Le Drian et Jean-Pierre Mignard, à ourdir ce que le dernier appela un «complot rénovateur».

 

La joyeuse bande, qui se fait connaître sous le nom de «transcourants», s’était fixé pour mission de «conjurer le spectre de la SFIO».

 

«Nous pressentions que le communisme agonisant et l’internationalisation accélérée des relations économiques changeraient la face du monde et ruineraient les concepts qui avaient dessiné la seconde moitié du XIXesiècle et la première moitié du XXe, se souvenait Mignard dans une tribune parue dans le Nouvel Observateur en 2007, nous explorions les chemins du réformisme, c’est-à-dire du compromis.»

 

Nous voulions éviter que la victoire de la gauche en mai 1981 ne s'achève dans un malentendu désastreux. Glacée par la brutalité du monde réel, harassée par des assauts aussi désespérés que ruineux lancés contre les citadelles financières, insaisissables car déjà mondialisées, la gauche s'enlisait. Chaque dévaluation confirmait la malédiction du marché aux yeux de ses détracteurs, et les chantres du repli national ou du choc frontal donnaient déjà de la voix. Il fallut Delors et Mauroy pour sauver la gauche, et la France, de la déroute. Rajoutons la sagesse de Mitterrand. Nous explorions les chemins du réformisme, c'est-à-dire du compromis. Rocard l'avait déjà prophétisé, mais, l'associant à sa personne, il le rendait suspect dans un parti voué à François Mitterrand, marqué de surcroît par le tropisme d'une longue compétition avec le PCF.

 

Notre objectif était simple: reforger nos convictions devant la débâcle idéologique d'un socialisme dirigiste, prémunir la gauche du cortège des petits arrangements qui suivent l'inhumation des idéologies défaites. Puisque l'anticapitalisme dogmatique se révélait impuissant à changer l'ordre des choses, il fallait se ressourcer auprès de la société en mouvement et conjurer ainsi le spectre de la SFIO.

 

Notre devise était peut-être simple, mais elle tenait à cela: comme Barrès pour la terre, nous affirmions «la société ne ment pas». Si l'on y rajoutait la méthode de «la démocratie jusqu'au bout», définition lumineuse du socialisme de Jaurès, nous étions, je crois, en avance.

 

Nous voulions amortir le choc de la mondialisation naissante, recoudre le tissu social déchiré entre les exclus et les secteurs d'élite. Dans «La gauche bouge», publié en 1985 sous le pseudonyme riche d'équivoques de Jean-François Trans, Jean-Michel Gaillard, que nous pleurerons en 2005, intitulait son chapitre «La puce et les Minguettes». Les Minguettes étaient le Clichy-sous-Bois de la France de 1985. Qu'il met parfois du temps, ce pays, à se réveiller quand personne ne lui ouvre les yeux! Quelle avarice de courage politique face à cette Marche des Beurs de 1983 dont le sens fut occulté avec application! La facture a été présentée en novembre 2005, avec les pénalités de retard en sus. Nous critiquions déjà la facilité de croire que la gauche pourrait l'emporter sans projet, par un simple effet de ressac.

 

Nous n'étions pas obsédés par l'impôt et nous prenions acte des nouveaux modes de vie. François Hollande suggérait avec une belle et juste audace d'appliquer aux héritiers choisis le même régime fiscal que celui des ayants droit protégés, bousculant ainsi la doxa fiscale et par-dessus le marché la doxa familiale.

 

Nous souhaitions un Parti socialiste européen élu au suffrage de ses millions d'adhérents et des listes transnationales au Parlement européen. Nous étions, au fond, fédéralistes pour que l'Europe participe efficacement à l'ordre du monde. Souviens-t ‘en, Jean-Pierre. Nous étions mêmes, en dernier ressort, pour les petits boulots. Ce n'est pas ce que nous avons fait de mieux, mais au moins n'élevions-nous pas de digues de pureté rhétorique contre la crue débordante du chômage. Nous débattions avec tout l'arc-en-ciel syndical comme avec les jeunes dirigeants d'entreprise. Nous ne confondions pas la rente ou la voracité de l'actionnariat et le risque d'entreprendre. Nous tentions de nous extraire de cette ambivalence des pensées ou des sentiments, cette conduite paradoxale, cette perte du contact avec le réel, bref, cette schizophrénie qui est la marque des derniers partis du socialisme industriel finissant.

 

Pour se protéger de la tentation, si facile, si alléchante, de tout jeter par-dessus bord quand la boussole s'affole, nous avions projeté d'immerger le parti dans la société, de le nourrir de ses organismes vivants, un parti aux frontières aisément franchissables. Mieux que la carte d'adhérent à 20 euros, nous avions lancé l'idée des primaires sous la plume de François Hollande. La référence au Parti démocrate américain ne nous faisait pas peur. Outre que nous y voyions l'occasion d'associer nos électeurs à la désignation du candidat, nous tenions que c'était le plus sûr des codes de bonne conduite pour la sélection des candidats. Prémonitoire... La démocratie participative, mais peu importe le nom, cette fulgurance de la campagne de Ségolène Royal, est redevable à tout cela, aux primaires américaines, aux forums de Porto Alegre, aux conclaves de la deuxième gauche, à nos universités d'été de Lorient. La germination d'une bonne idée est multiple. Nous esquissions, peut-être même sans le savoir, ce monde cosmopolite, décrit par Ulrich Beck, qui abolit les anciennes distinctions devenues invalides entre le dedans et le dehors, le national et l'international, nous et les autres.

 

Je n'oublie pas ces discussions toujours libres, sans souci de complaire, sur les communautés et le communautarisme, l'écologie et le nouveau modèle économique, les relations avec le centre déjà, ces traits d'union constants entre hier et aujourd'hui. Mais quand on relit les notes, le foisonnement des thèmes, au-delà de l'amitié vivace, le chagrin des visages disparus, l'amertume des séparations politiques, on découvre soudain que ce ne sont ni la lucidité ni la vision qui ont fait défaut pour reconfigurer en vingt ans le corps de références de la gauche. Tout était là. Mais la connaissance est un antidote bien inoffensif contre le poison lent du conformisme de la pensée et la lourdeur des positions installées. Ce sont le courage et la volonté qui ont fait défaut. C'est la modeste leçon que je livre à ceux qu'intéresse l'avenir du Parti socialiste, figure majeure de la démocratie française.

 

Signé Jean-Pierre Mignard qui a rallié Macron

 

Le Nouvel Observateur, n°2228, semaine du 19 juillet 2007

Mauvais joueur, Hollande dérape sur Emmanuel Macron

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commentaires

pax 04/05/2018 07:19

Boudiou, voilà une chronique qui sent son duc de Saint-Simon ou son Cardinal de Retz remarquables chroniqueurs s’il en fut. Bravo Taulier !
Quand aux cabines téléphonique d’avisés maires s’efforcent de les conserver tant elles appartiennent aux paysages urbains et campagnards de la France. Certaines sont transformées en « troc de livres » (après l’oral, l’écrit). Peut être y trouvera t on bientôt le livre de Hollande.

pax 02/05/2018 06:38

Boudiou ! Voila une chronique qui sent son Cardinal de Retz ou son duc de Saint-Simon et qui ne dépareillerait pas leur "Mémoires" Bravo Taulier.
Quand aux cabines téléphoniques, certains maires intelligents s'efforcent de les conserver conscients qu'il faut garder trace de ce qui contribua longtemps à façonner le paysage français et imprégna le quotidien au point de devenir un symbole comme le rappel le Taulier ou une image choc comme on peut le voir dans des films ou dans un paysage désertique elle apparait aussi isolée qu'incongrue.Ces cabines conservées sont souvent transformées en bourse d'échanges gracieux au livres, l'écrit après la parole. Peut être y trouvera t on bientôt , abandonné, le livre de Hollande...

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