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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 06:00
Donna Eleonora Di Mora

Donna Eleonora Di Mora

Si vous n’avez qu’un seul livre à commander pour vos petits souliers de la Noël, aucune hésitation demandez sans vergogne : La Révolution de la Lune d’Andrea Camilleri chez Fayard !

 

C’est du grand, du très grand Camilleri, pour moi son meilleur roman toujours excellemment traduit par Dominique Vittoz (là encore toutes les expressions, siciliennes, italiennes ou espagnoles, sont comprises aisément grâce au contexte.)

 

 

J’ai lu tous les romans de Camilleri et j’ai chroniqué très souvent (pour le vérifier renseigner en haut à droite du blog la rubrique RECHERCHER : Camilleri).

 

 

C’est un fait historique, la Sicile en 1677 est sous domination espagnole, entre la mort du vice-roi, don Angel de Guzmán qui meurt en pleine séance du Conseil et l’arrivée du cardinal Portocarrero, pendant 27 jours, l’île va être gouvernée par une femme, donna Eleonora di Mora, l’épouse du vice-roi.

 

Celui-ci avait couché sur son testament qu’il voulait pour successeur sa propre femme. Ce n’était pas la première fois qu’un vice-roi sur le point de mourir désignait un membre de sa famille pour lui succéder. Mais là c’était une femme et alors que l’évêque de Palerme avait des vues sur le trône vice-royal, celui-ci dut se plier à la volonté testamentaire.

 

Donna Eleonora di Mora fut donc la seule femme du monde à accéder à une charge politique et administrative aussi élevée.

 

En 27 jours elle ne perdit pas son temps :

 

Elle prend la charge à cœur et décide de combattre la corruption et la luxure de ses conseillers. D'une intelligence redoutable, donna Eleonora, « sans prendre merle pour renard », s'entoure de conseillers intègres, civils, militaires et ecclésiastiques. Elle dénoue un à un les fils de la malhonnêteté des uns et des autres et condamne sans remords, en toute légalité, les princes du sang et le prince de l'Eglise.

 

« C’est elle qui sans aucun doute qui baissa le prix du pain er institua le prévôt qui réunissait les 72 corps de métiers palermitains.

 

Concernant les mesures prises en faveur des femmes, elle rouvrit l’hospice pour les vierges en danger et celui pour les prostituées âgées, tous deux à l’époque fermés depuis longtemps par manque de fonds, tandis que la création de la dot royale et l’hospice des Madeleines repenties sont de son fait.

 

C’est elle qui abaissa à 8 le nombre d’enfants pour bénéficier des avantages accordés aux « pères surchargés ».

 

Il reste donc d’elle en Sicile l’image d’une femme extraordinaire qui sut gagner un large respect pour toute son action durant la courte période où elle gouverna la Sicile.»

 

Bien évidemment, Andrea Camilleri, en grand romancier qu’il est, prend de nombreuses libertés avec l’Histoire pour broder avec verve et humour de Camilleri, une histoire dont je me suis régalé lors de mon voyage Paris-Brest-Paris.

 

 

Quelques joyaux :

 

- On n’en pissera pas, plus raide, ce ne sera quand même la loi ! repipa don Cono.

[…]

 

- C’est plutôt bien chié chanté, rebriqua l’évêque.

[…]

 

- On ponera chacun son tour. Il y a des moments où débourser dix peut rapporter mille », déclara le prince.

[…]

 

- Parce qu’ainsi comme ainsi, parlant par respect, elle vous l’a mis profond.

[…]

 

« Croyez-moi, le roi la rappellera en Espagne sans qu’elle est le temps de dire au cul de venir. »

[…]

 

« La liqueur en question était à laver les pieds des chevaux. »

[..]

 

« Il plongea dans une révérence à cul ouvert. »

[…]

 

« Maigre à baiser une bique entre les cornes, il avait la cociuce aussi déviandée qu’une tête de mort. »

[…]

 

« Ces derniers, les mains en l’air comme pour se rendre, se rentournèrent à toute éreinte à leur place, le toupet rogné. »

 

Page 145-146

 

« Pendant ce temps, à l’intérieur, dans le réfectoire, la grande lippée généreusement arrosée se déroulait dans l’allégresse générale. En effet, don Alterio, tout affligé et chancagné qu’il était, faisait semblant de trouver lui aussi le jus bon.

 

Chaque invité jouissait des services d’une poupine chargée de lui apporter les plats de la cuisine et de remplir son verre de vin tant que de besoin.

 

Don Simone avait eu une jolie idée. Il avait habillé les huit orphelines d’une robe de religieuse, sous laquelle elles étaient nues comme des juments. Chaque habit avait été découpé à quatre endroits : deux trous en haut pour laisser sortir les belons et un troisième en bas donnant accès au bosquet et à la vallée qu’il abrite, et derrière le quatrième, le plus grand, qui permettait de caresser tout à sa mode la lune ronde. »

 

Page 188

 

« Don Serafino prit le message : en effet il était rédigé en sicilien, que donna Eleonora comprenait mal.

Tâchez donc le moyen d’assavoir ce que cette sale charipe d’évêque a bricaté avec un pauvre pettiot de la chorale de la cathédrale qui s’appelle Cinzino. Il l’a tant dessampé que le père a dû appeler le médecin qui lui a fait des points.

Mais quand donc ce grand chavaroute sera-t-il empêché de marpailler les petits mamis ? Pensez-y.

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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