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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 06:00
Ça part comme des petits pains, mais pourquoi ? Le prix !

Ha ! le prix, les prix, leur indice mensuel, leur inflation, leur déflation, les prix cassés de la GD, les prix bon poids de l’épicier, les prix d’ami, les prix de marchands de chaussures, les prix de chez Hermès, ou de chez Tati, ceux des GCC… mais savez-vous comment ils sont fixés depuis la disparition du contrôle des prix ?

 

« Le modèle walrasien et le modèle classico-marxien ont le mérite de dégager les deux principes élémentaires d'analyse des prix, la détermination du prix dans l'échange (Walras), la détermination du prix dans la production (Ricardo), chacun souffrant inversement de l'unilatéralité de son propos. Encore faut-il préciser que la théorie des prix ne saurait se limiter à celle de leur détermination. L'étude du processus de formation de ces mêmes prix importe au plus haut point. Il convient au préalable de préciser la notion de formation des prix en la distinguant de celle de détermination des prix. »

 

Rassurez-vous je ne vais pas vous bassiner avec le prix d'équilibre en concurrence pure et parfaite qui égalise la demande et l'offre et qui satisfait en même temps les désirs des acheteurs et des vendeurs.

 

Je suis beaucoup plus terre à terre.

 

Je me contente d'une petite histoire vraie et d'une interview de 2 monstres sacrés du vin : le Pape Clément et le Petit Sibérien.

 

« Dans un restaurant très chic de New-York, le plat du mercredi soir était de façon inattendue quoique régulière, les spaghetti aux boulettes de viande. Il restait généralement des pâtes toute la soirée, mais les boulettes, préparées selon la recette traditionnelle, partaient avant le milieu du service.

 

Il se trouva un client pour ne rien comprendre au succès d’un plat aussi simple.

 

« Qu’est-ce qu’ils ont de si spécial, ces spaghetti-boulettes ? demanda-t-il à l’un des propriétaires.

 

- Leur prix » répondit-il simplement.

 

In Chaque jour est un festin James&Kay Salter

 

Hé oui mes chers, des spaghetti-boulettes au prix du caviar et ça part comme des petits pains ! J’exagère à peine…

 

Que penser de l’inflation du prix des vins ?

 

H. B. : Quand il a fallu fixer le prix de La petite Sibérie, j’ai su par un ami qu’il y a en Amérique des wine shops où l’on trouve des vins entre cent et deux cents dollars et que ça ne gêne personne. Les vignerons sont les premiers à discuter le prix de leur vin, ils le dévalorisent. Si La Petite Sibérie coûte deux cents euros, c’est grâce à Claudine, ma femme, qui m’a aidé à valoriser mon travail, à prendre confiance.

 

B. M. : Notre stratégie est fondée sur le projet mondial que j’ai détaillé. Pour cela il faut des volumes. La Tour-Carnet, c’est 500 000 bouteilles pour le premier vin, 200 000 bouteilles pour le deuxième. La moyenne des crus classés de Saint-Émilion, c’est 14 hectares, à 5 000 bouteilles par hectare, le calcul est vite fait. Fombrauge, c’est 60 hectares classés avec 200 000 bouteilles de premier vin et 80 000 bouteilles de deuxième. Pape-Clément produit 170 000 bouteilles. Il faut ensuite établir un prix attendu par le distributeur et le consommateur. Nous voulons installer une signature sur des volumes, c’est à l’inverse de vos choix tels que La petite Sibérie. Mais le rêve est de sortir aussi des vins comme Magrez-Tivoli* très largement supérieurs à Pape-Clément ou à La Tour Carnet, mais en petit volume, l’amour du vin passe par là.

 

* L’exemple américain est parfaitement vérifié et, plus que jamais, le désir de découvrir fait que l’expérience que vous appelez de vos vœux est gagnante. Chez Magrez nous jouons cette carte en Haut-Médoc, sur des parcelles de moins d’un hectare, idéalement situées et plantées de vignes en bonne adéquation avec le sol. Je suis obnubilé par un vin américain d’une qualité exceptionnelle dont la réussite est exemplaire, la gestion économique hors du commun, c’est Opus One. Avec notre Magrez-Tivoli nous voudrions être le “Clos des Fées” de Bordeaux, aussi élégant que Latour, mais à Saint-Seurin-de-Cadourne.

 

Ces propos d’Hervé Bizeul et de Bernard Magrez ont été recueillis par Jean-Luc Barde au restaurant Taillevent à Paris et l’interview complète a été publiée dans le supplément du Journal du Dimanche, le 6 décembre 2015.

 

Les auteurs étasuniens notent avec une pointe d’ironie que « La griffe Hermès sur un manteau ou dans un sac est une preuve que leur possesseur est soit très riche, soit très aimé, soit désireux de passer pour l’un et l’autre.. »

 

Je tempère, cette vieille et traditionnelle maison qu’est Hermès sort des pièces que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Souvenir d’une chemise blanche à fines rayures colorées que j’ai contemplé des jours et des jours avant de craquer. J’étais à cette époque dans la dèche et nul ne pouvait savoir que je portais une chemise Hermès avec mon jean. C’était pour le plaisir, me faire plaisir.

 

Comme l’écrivent les 2 étasuniens : « Pour le meilleur du meilleur, il faut payer très cher. Le phénomène rappelle l’absorption de grappa ou d’eau-de-vie de marc : d’abord ça pique un peu, mais très vite s’installe une sensation de chaleur et de profonde satisfaction. »

 

Je vous laisse à vos réflexions sans vous donner mon sentiment sur la Petite Sibérie et Pape-Clément car ce n’était pas la raison d’être de cette chronique. Un détail tout de même, la cravate Hermès a été, et est encore, un marqueur social qui saute aux yeux. Au temps où je devais me munir d’une cravate dans l’exercice de ma profession pour ne pas chagriner mes interlocuteurs, dès qu’ils s’asseyaient autour de la table de réunion je ne pouvais m’empêcher de mentalement le noter. Ce n’est pas bien, je sais, mais le choix du vêtement et de ses assortiments fait partie de l’expression extérieur de sa manière d’être.

 

Au temps de mon rapport, Bernard Magrez m’avait dit : « Le Bordeaux est un vin de statut… » C’était très pertinent. Il le reste pour le haut du panier mais il ne faut pas se tromper ce que l’on dénomme le Bordeaux bashing n’a rien à voir avec une attaque en règle contre ce statut. C’est l’expression d’une perte de statut liée à ce que l’image a vieillie, s’est ternie, s’est diluée… auprès des nouvelles générations. Pour eux Bordeaux c’est « cheap »…

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Aredius44 28/12/2015 12:56

Moi je regarde les huîtres !

http://lefenetrou.blogspot.fr/2015/12/le-tatouage-des-huitres-et-la-contre.html

ou encore ceux qui retournent leur assiette

https://saintyrieixlaperche.wordpress.com/2015/12/03/malaise-sous-les-moulures-embarras-chez-les-stucs/

pax 28/12/2015 06:40

Et le Prisunic, le Monprix, le prix d'Amérique, le pas vu pas prix....! Instructive et amusante chronique mais si c'est pas bien les petits jeux personnels en réunion, c'est des plus amusants . Pour ma part je ne m'empêche jamais de compter : le nombre de participante , le nombre de lunettes ( en augmentation vu le vieillissement de la population) Mais plus le nombre de cravate Hermés mais simplement le nombre de cravate tout court pour me rendre compte de plus en plus souvent qu'il n'y en qu'une seule : mon noeud papillon de vieil archaïsme dans ce monde de "djeune" de tout âge.

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