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15 septembre 2021 3 15 /09 /septembre /2021 06:00

Sophia Loren - "Lady L" (1965) - Costume designer : Jacqueline Guyot |  Sophia loren, Sophia loren film, Lady l

Edmond Bartissol

1841-1916

Du canal de Suez à la bouteille d’apéritif

ICI

Aujourd’hui c’est « Lady L» (1965)

 

Lady L - Film (1965) - SensCritique

 

Pourquoi ce film ?

 

Pour sortir des analyses qui n’engagent que Ciné papy sur la machine à rêves qu’a été  Hollywood et ce qu’elle est devenue. Retour en Europe et parodions Eugène Labiche : Amusons nous Foleville !

 

Quelle est l’histoire ?

 

Comme le gendre de Marx, Paul Lafargue, je revendique le droit à la paresse. Laissons donc parler Wikipédia.

 

À l'occasion de son 80e anniversaire, Lady Lendale raconte sa vie à son biographe, Sir Percy. Lorsqu'elle était jeune, elle quitte son travail de blanchisseuse en Corse pour aller travailler  dans un bordel à Paris. Elle y rencontre l'homme de sa vie, Armand, un voleur et un  anarchiste. Ils se rendent en Suisse, où Armand se trouve impliqué dans un complot visant à  assassiner le Prince Otto de Bavière. Enceinte, Louise se fait passer pour une comtesse veuve  dans un hôtel de Nice, où elle tente de voler Lord Lendale. Bien qu'il sache tout d'elle, Lord  Lendale est si désireux de se marier qu'il lui propose de sauver Armand de la police à  condition qu'elle l'épouse. Elle accepte. Plus tard, elle rejoint Armand en Italie où elle soutient  ses activités grâce à l'argent de son mari. Puis, fatiguée de cette existence, elle rentre en  Angleterre pour tenir son rôle de Lady Lendale. En conclusion, elle surprend Sir Percy en lui  disant qu'elle voit toujours Armand et qu'il est le père de tous ses enfants, Lord Lendale étant  au courant, vu qu'Armand est son chauffeur.

 

Réalisation

 

C’est ce surdoué de Peter Ustinov que l’on trouve derrière la caméra après avoir adapté le  roman éponyme de Romain Gary. Il est également le dialoguiste du film, un régal. Même si la distribution est quelque peu internationale Peter Ustinov nous offre une partie de  french rigolade.

 

Qui fait quoi ?

 

On s’accroche, la liste est longue. C’est en partie pour cela qu’on aime ce genre de film. Voir  comment chacun des acteurs avec sa personnalité finit par ce mettent à l’unisson, comme les  musiciens d’un orchestre.

 

Sophia Loren : Lady Louise Lendale

 

On ne vous fera pas l’injure de vous présenter cette actrice italienne qui rayonna sur le cinéma  international dans tous les registres, de la comédie au film tragique ou historique.

 

Paul Newman : Armand Denis – Il est l’amant de Lady L

 

Même remarque que précédemment. Paul Newman est célèbre pour autre chose que ses yeux  bleus qui ont fait tourner bien des têtes. On se souvient de lui dans « Hombre » 1958, « Exodus » 1960 « Luke la main froide » (1967) « Le Rideau déchiré » 1966 (Alfred  Hitchcock) ou encore « L’arnaque » 1973 après avoir joué « l’Arnaqueur » 1966.  Quelques exemples d’une filmographie qui compte près de 40 succès.

 

1965, Peter USTINOV dirige Sophia, dans le film "Lady L", l'histoire d'une  femme du

 

David Niven : Lord Richard "Dicky" Lendale

 

De 1932 à 1983 près de 80 films pour cet acteur « so british » qui semble être incapable d’être  sérieux dans n’importe quelle situation. Comme s’il faisait toujours à un moment ou à un  autre un clin d’œil au spectateur. Ici, il est au sommet de ce qui vient d’être écrit.

 

 Lady L (1965) - IMDb

 

Claude Dauphin : l'inspecteur Mercier

 

Après avoir débuté au théâtre, bilingue, il mène de 1931 à 1978 une carrière d’acteur de  cinéma des 2 côtés de l’Atlantique. Pour les plus anciens rappelons qu’il est le frère de Jean  Nohain animateur de radio et espèce de Jacques Martin avant l’heure. Il est aussi le père de  Jean Claude Dauphin. Que du beau monde.

 

Philippe Noiret : Jérôme

 

On ne présente plus cet immense acteur français dont la carrière débuta dans les années 50 qui  dura au moins jusqu’en 2007. Un bail !

 

Michel Piccoli : Lecœur

 

Même remarque que pour Piccoli. C’est pratiquement de début de sa carrière commencée en  1950 et qui dura au moins jusqu’en 2015.

 

Marcel Dalio : Satter

 

Ceux qui n’ont pas vu « La grande illusion » 1937 ni « La règle du jeu » 1939 chef d’œuvre  de Jean Renoir doivent, toutes affaires cessantes s’y mettre pour découvrir l’immense acteur  qu’était marcel Dalio. Il est également inoubliable dans « Casablanca » 1942 de Michael  Curtiz ou « Port de l'angoisse » 1944 d'Howard Hawks de sa période américaine ou il dut se  réfugier pour échapper, en tant que juif, aux rafles nazi. C’est toujours un bonheur de le voir  et/ou le revoir. Le retrouver quoi.

 

Cecil Parker : Sir Percy

70 ans de carrière pour cet acteur britannique dont la tête nous est plus connue que ses films. Hitchcock l’utilisa deux fois ainsi que Stanley Donen et Henry Hathaway

 

Jean Wiener : Krajewski

 

Pianiste et compositeur français, on ne compte plus les musiques de film dont il est l’auteur. Jazzman de qualité il est pianiste chez Moysés au Gaya. Cocteau et ses copains cherchaient  un bar pour s’y retrouver régulièrement – un « Stammtisch » comme on dit au pays de  Ciné papy – Moysés accepta de les recevoir chaque samedi. Comme dit Cocteau dans ses  mémoires, il nous prévint, je dois renvoyer mon pianiste, il déplait à ma clientèle. Et Cocteau  de préciser je lui conseillais alors de garder son pianiste et de renvoyer sa clientèle : c’était  Jean Wiener et le Gaya devint « Le bœuf sur le toi »

 

Lady L (1965) - UNCUT

 

Daniel Emilfork : Il est Kobelev

 

Malgré sa tête pas possible et inoubliable cet excellent acteur a joué dans près de 60 films, 18  téléfilms et 16 pièces de théâtre. Il a bien sûr intéressé des célébrités comme Jean Yanne,  Polanski, Fellini ou Robbe-Grillet

 

Jacques Dufilho : Beala

 

Acteur discret, il commença par le théâtre et des sketches humoristiques. Que ceux qui n’ont  jamais entendu «Victorine » la domestique qui fait « La visite du château » interrompent leur  lecture et filent écouter ce texte désopilant et énoncé avec le talent naissant de cet acteur aux 160 films cantonné dans des seconds rôles ou il était vite repéré. On se souviendra de lui dans  « Le Crabe-tambour»1976 de Pierre Schoendoerffer ou la même année « La victoire en chantant » de Jean-Jacques Annaud. Pour ma part, je n’oublie pas le téléfilm « Le Fou du  viaduc » 1982 qui nous raconte l’histoire d’un membre du Cadre Noir et sa jument Milady  mis à la retraite plus ou moins anticipée. Il faut dire qu’avec sa conception d’osmose avec le  cheval pour le dressage, il fait un peu tache, dans la cavalerie. Il prétend que rien dans  l’attitude du cavalier ne doit révéler les instructions données à la monture. Il décide de le  démontrer en traversant un ancien viaduc désaffecté. Il commence son cheminement  impeccable droit sur Milady qui avance au pas et au milieu du viaduc cheval et cavalier, sans  que rien ne puisse le laisser prévoir, chutent dans le vide. (De mémoire)

 

Peter Ustinov : le prince Otto

 

Personne n’a oublié ses compositions d’Hercule Poirot dans « Mort sur le Nil »1978 et  « Meurtre au soleil » 1982. Et pour les moins jeune, les compositions pleines d’humour dans « Quo Vadis » 1955 de Mervyn LeRoy ou il joue Néron. Le Monsieur Loyal qu’il interprète  dans « Lola Montès » 1957de Max Ophüls. Ou encore « Les Espions » 1957 de Henri Georges Clouzot et juste avant « Lady L » « Topkapi » 1964 de Jules Dassin. Des films à voir  ou à revoir avec cet artiste étonnant, autant acteur de cinéma que de théâtre mais aussi  écrivain.

 

Tanya Lopert : Agneau

 

Une belle carrière commencée en 1955 avec « Vacance à Venise » de David Lean. Elle n’a  cessé de tourner avec les plus grands jusqu’en 2017 nous dit sa fiche de Wikipédia. On la  retrouve, entre autre dans « Le diable par la queue » sur lequel nous aurons l’occasion de  revenir.

 

Catherine Allégret : Pantoufle

Fille de Simone Signoret. Sa Présence dans « Lady L » est son premier rôle au cinéma. On l’a  vue aussi dans « Clair de Femme » 1979 un des 36 film qu’elle a tourné avec beaucoup de  grand metteurs en scène français. Elle est aussi actrice de théâtre. Elle est également très  connue comme actrice de téléfilm notamment dans son rôle de cafetière dans la Série  « Navarro » avec Roger Hanin

 

Sacha Pitoëff : le révolutionnaire

 

Fils du couple d’acteur Georges et Ludmilla Pitoëff il joua indifféremment au théâtre – il  dirigea même sa propre trouve interprétant des grands auteurs contemporains – et au cinéma.  Il présente un visage émacié à la Laurent Terzieff et un ton de voix grave et particulier qui  fait qu’il excella dans des rôles ambigus ou de méchants.

 

Joe Dassin : Un inspecteur de police

 

Fils du cinéaste Jules Dassin dont il fut un moment l’assistant ,fit un peu de figuration avant  de devenir le grand chanteur au succès international car ,polyglotte , il chantait en plusieurs  langues. En 16 ans de carrière la vente de ses disques est pharamineuse

 

Jacques Legras : Un inspecteur de police

 

C’est un acteur comique français qui s’est illustré, avec sa petite moustache soignée, dans la  troupe des Branquignols de Robert Dhéry et Colette Brosset. Il collabora avec Jacques Rouland pour « La caméra invisible » qui lui assura la célébrité. Rappelons pour les plus  anciens qu’il personnifiait quotidiennement, à la radio, « L’homme des vœux » pour  promouvoir l’apéritif Bartissol et cela, pendant une vingtaine d’année. Il s’agit de souvenirs  d’enfance de Ciné papy et c’est à ce titre qu’il a droit à ce développement.

 

Temps forts

 

Quand Peter Ustinov, en Prince Otto complètement dégénéré joue à la pétanque avec la  bombe qui vient de le rater.

 

Quand David Niven, le richissime Lord Richard "Dicky" Lendale qui occupe à lui tout seul un  de ces grands palaces suisses vient d’accepter de sauver Armand Denis , malandrin recherché  par la police contre une promesse de mariage. Sa promise s’évanouit et tombe dans ses bras.  Ils montent ainsi le grand escalier quand l’orchestre qui égayait le petit déjeuner de sa  Seigneurie entonne on ne sait pourquoi une marche nuptiale. Surpris mais n’en laissant rien  paraître Lord Lendale avec son flegme tout britannique salut cet à propos.

 

A chaque fois que, en concert, le pianiste Jean Wiener entame « La grande Polonaise » il est  arrêté par l’anarchiste Pitoëff qui lance une bombe en criant vive la Pologne libre !

 

Pax

 

Prochainement « Une femme Disparaît»

Affiches, posters et images de Lady L (1965) - SensCritique

Edmond Bartissol. 1841-1916

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8 septembre 2021 3 08 /09 /septembre /2021 06:00

 

le film "Les saveurs du Palais" avec Catherine Frot et Jean D'Ormesson

J’ai même mangé à l’Elysée…

 

Aujourd’hui c’est « Les Saveurs du Palais » (2012)

 

Achat Les Saveurs du palais en DVD - AlloCiné

 

« Est-ce que je me contredis ? C'est bien, alors je me contredis. Je suis vaste. Je contiens des multitudes. »

Walt WHITMAN

 

 

Pourquoi ce film ?

 

 

Souvenez-vous : «  L’avantage d’une télé grand écran et des chaines TNT et cinéma c’est que l’on n’est pas en prise directe avec l’actualité du cinéma. Je peux accessoirement suivre la recommandation de mon Vénéré Maître André Tubeuf  qui vient de mourir et à qui je tiens à rendre hommage - Ne vous précipitez pas sur le dernier film sorti. S’il vaut la peine il sera encore à l’affiche plus tard ; la sédimentation fait son œuvre »

 

Voilà donc un « petit film relativement récent » que  Ciné papy se plait à vous présenter.

 

 

Un film «  gourmand » comme on a pu lire

 

 

Quelle est l’histoire ?

 

Les Saveurs du palais - Les Inrocks

 

Hortense Laborie – Catherine Frot – une habile et renommée cuisinière périgourdine est appelée à être la cuisinière privée du Président de la République. Elle accepte. Ses mésaventures nous sont comptées en alternance avec sa mission de cuisinière collective pour les membres d’une base en antarctique.

 

 

Réalisation

 

 

Christian Vincent est derrière la caméra. Il s’est fait connaître par « La Discrète » 1990 avec Fabrice Luchini, film dans le style Rohmer. Style qui va être la marque de fabrique de ses autres films.

 

 

Qui fait quoi ?

 

 

Malgré le talent des acteurs, les curieux, c’est un peu la règle indiquée par Cyné papy, se reporteront au générique

 

 

Catherine Frot

 

Cinéma. « Les saveurs du palais » : les secrets d'un festin presque parfait

 

Je voudrais évoquer cette subtile et talentueuse actrice  qui en 2012 aligne déjà trente ans de carrière de succès et de récompenses. 

 

 

Je l’ai découvert dans la trilogie policière de Pascal Thomas – « Mon petit doigt m'a dit » 2005,  « Le crime est notre affaire » 2008. Et « Associés contre le crime » 2012. Dans le rôle  de Tuppence Beresford avec André Dussollier dans le rôle du colonel Bélisaire. Ils forment un couple drôle et plein de charme très british.

 

 

Elle a tourné avec «  les plus grands » Elle excelle dans tous les genres. Qui peut oublier son rôle de Yolande dans  « Un air de famille » 1996 de Cédric Klapisch. Notamment la scène du collier qui lui est offert puisqu’on fête, en famille, son 35e anniversaire et où elle ne cesse de croire que le collier est… pour le chien.

Quoi dire d’autre si ce n’est évoquer ses 10 nominations aux Césars et ses 2 Molières. Vox populi, vox dei.

 

 

Jean d’Ormesson

 

Cinéma & cuisine n°2 : Les saveurs du Palais, le film de Christian Vincent  sorti en 2012 - le miam-miam blog

 

Premier  et dernier rôle au cinéma de ce curieux personnage qui n’a cessé de cabotiner sa vie entière. A 87 ans, il campe un Président de la République, fort honorable. Il peut énerver lors d’une première vision du film mais devient tout à fait acceptable lors de vision ultérieure.

 

 

Claude Rich aurait été pressenti pour le rôle avant de refuser. Malgré toute la sympathie que m’inspire ce très grand acteur, moi non plus je le vois mal dans ce rôle. Sage décision donc.

 

 

Temps forts

 

La lutte à couteaux tirés entre « La cuisine officielle » de l’Élysée qui n’admet pas la présence d’une péronnelle en prise directe avec « Le président »

 

 

Le président, avec l’âge, a des problèmes de santé. Des régimes s’imposent. Hortense est entendue par les médecins officiels de la présidence. Ils apparaissent et se comportent comme des Diafoirus contemporains.

 

 

L’audit d’Hortense  au sujet de activité et du coup de cette dernière *

 

 

L’idée générale qui se dégage du film. Quand on est bon dans sa partie on l’est partout. A l’Élysée comme dans une base polaire.

 

 

* Aussi drôle qu’affligeant ! Ce n’est qu’un petit aperçu du comment est gouvernée La France.

 

 

Benoit Duteurtre, qu’à mon goût on ne lit pas assez – Marianne, Classica et des ouvrages drôles et pertinents sur des sujets de société – Benoit Duteurtre donc, dans ses dernières chroniques, observe et déplore les nominations actuelles aux postes de direction dans des établissements comme le « Conservatoire national supérieur de musique de Paris » On y place des gestionnaires **! Comme si Louis XIV, avait confié la direction de ses ballets au responsable des chandelles en lieu et place de Lully

 

** Dont on découvre à chaque changement de « gouvernement », les dégâts sur l’activité concernée, les dérapages budgétaires, l’inflation de personnel administratif et les frais de fonctionnement et cela, quand l’établissement dont on cache la faillite, par une fusion quelconque, histoire de sauver les meubles.

 

Pax

 

Prochainement « Lady L »



 

 

 

 

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1 septembre 2021 3 01 /09 /septembre /2021 06:00

 

En bon rédachef qui n’en fout pas une rame, profitant de mon séjour au Racou, je suis allé, avec ma cane et mon chapeau, visiter, dans son « palais » battu par les flots, mon infatigable chroniqueur cinéma, nous avons bien mangés, Marie-Louise est un cordon bleu, tout particulièrement une caille en papillote de poivron vert, succulente, et bien sûr bien bu, la cave de Pax recèle de belles bouteilles.

 

Bref, le Ciné Papy, après un coup de mou, est reparti comme en 40.  

 

Aujourd’hui c’est «L’année du dragon » (1985)

 

 

 

Pourquoi ce film ?

 

Pour mille et une bonnes raisons et aussi quelques mauvaises car c’est un chemin détourné pour parler de l’Immense Michael Cimino et l’importance de sa place dans l’histoire du cinéma. Le chemin détourné vaut surtout par, pour Ciné papy, une des plus belles images de cinéma.

 

Quelle est l’histoire ?

 

Le capitaine Stanley White est un vétéran de la guerre du Viêt Nam. Il est à présent officier de police du NYPD et le policier le plus décoré de New York. Muté dans le quartier de Chinatown, Stanley part en guerre contre les triades chinoises qui gangrènent le quartier. Elles ont la main mise sur le trafic de stupéfiants et le racket les commerçants du quartier. Elles se livrent entre elles à des règlements de compte sauvages.

 

Nous assistons alors à une guerre ouverte où tous les coups semblent permis entre un flic plus que déterminé et Joye Tai qui, tout aussi déterminé et de manière radicale s’est hissé à la tête de la triade.

 

La radicalité des moyens employée par Tai est illustrée par le meurtre de Connie la femme de White et de violences faites à sa petite amie.

 

Réalisation

 

C’est Michael Cimino qui mène la danse.

 

Michael Cimino ! En quatre films il bouscule Hollywood « la Machine à Rêves ».

 

Avec « La Porte du Paradis »1980 il ruine au sens propre du terme la Cie United Artists acculée à la banqueroute. Ce producteur, sur l’énorme succès de «Voyage au bout de l’enfer» 1978 avait confié à Michael Cimino le contrôle total su le film.

 

Considéré comme le fossoyeur du « Nouvel Hollywood » * Il trouve néanmoins à réaliser « L’année du Dragon » 1985 qui, là encore trouva un accueil public et critique mitigé. Cimino, une fois de plus est « politiquement - trop- incorrect »

 

* Il s’agit de la prise du pouvoir des cinéastes sur les studios façon Nouvelle Vague en France et Néoréalisme en Italie. Cette période s’est étalée sur une vingtaine d’année de 1960 à 1980. Elle a vue fleurir des cinéastes tels Brian De Palma, Dennis Hopper, Francis Ford Coppola, George Lucas, Martin Scorsese, Michael Cimino et Steven Spielberg.

 

Michael Cimino et son œuvre aujourd’hui

 

Voilà ce qu’il disait de lui en 2012 « « Vous êtes la dernière merveille, puis on vous écrase, puis on vous remonte à nouveau. Ce rituel américain est tellement archétypal qu’on en fait même des films : montée, chute, remontée, on pourrait citer mille titres ! Ce schéma exige que vous soyez traîné dans la boue puis que vous renaissiez couvert de sang »

 

Et de son œuvre en 2014 « Moi, on m'a collé toutes les étiquettes. J'ai été traité d'homophobe pour Le Canardeur, de fasciste pour Voyage au bout de l'enfer, de raciste pour L'Année du dragon, de marxiste pour La Porte du paradis et de violent pour La Maison des otages… »

 

Quatre œuvres majeurs en 10 ans pour un cinéaste qui vécut quelque 70 ans mais dont l’image de marque restera celle du refus de toutes concessions !

 

Aujourd’hui :

 

« Le Voyage » Wikipédia nous dit que, en 1996, le film est sélectionné par le National Film Registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès des États-Unis pour son « importance culturelle, historique ou esthétique ». En 2007, il est classé à la 53e place de la liste du Top 100 de l'American Film Institute.

 

Toujours sur Wikipédia à propos de « l’Année du Dragon » Le film figure à la 3e place du Top 10 des Cahiers du cinéma de 1985. Le réalisateur-scénariste Quentin Tarantino classa le film parmi ses préférés, et juge la scène finale de la fusillade sur le pont de chemin de fer comme l'un des meilleurs « Killer Movie Moments ».

 

Quant à « La porte du paradis »  En 2013, lors de la ressortie du film dans sa version director's cut, Jean-Baptiste Thoret parle en revanche dans Charlie Hebdo de la « Renaissance d'un chef-d'œuvre » et évoque « la critique la plus implacable jamais produite de l'un des mythes fondateurs de la Nation, l'impossible alliance du peuple et des élites anglaises, l'exploitation éternelle des premiers par les seconds, le sort peu enviable des émigrants venus d'Europe de l'Est, la lutte des classes bien sûr, en lieu et place de la Pastorale promise, et le fantôme de Marx passé des terres viscontiennes à celles du Wyoming. »

 

 

Note sur « Voyage au bout de l’enfer »1978

 

C’est le premier film évoquant la guerre du Vietnam, juste avant « Apocalypse Now » 1979 de Francis Ford Coppola et bien avant «  Full Métal Jacket » 1987 de Stanley Kubrick. Bien évidemment « Voyage au bout de l’enfer » n’a rien à voir avec les autres.

 

Le film de Coppola, quel que soit le plaisir pris à le voir, le revoir est avant tout un produit, certainement avec raison, multi-récompensé qui n’est que l’adaptation, avec talent semble-t-il, d’une nouvelle de Joseph Conrad datant de 1889 et transposée dans le conflit vietnamien. Pour Ciné papy, ce film relève de ce que Joseph Mankiewicz, un des plus fins et intelligents cinéastes et/ou producteurs d’Hollywood aurait rangé dans la catégorie « Son et Lumière »

 

Comme on peut s’y attendre, il en va différemment du film de Kubrick. C’est une espèce de reportage sur la formation des Marines, avec toute l’efficacité que les américains savent déployer, sans état d’âmes, quand il y a un but à atteindre, efficacité identique qui leur a permis d’aller sur la lune. Et si Kubrick avec tout le soin qu’il met à soigner les détails illustre parfaitement cette efficacité on se rend vite compte de ses limites. On oublie trop souvent, en hauts lieux qu’il s’agit d’homme et que tout ne se règle pas comme un problème d’horlogerie.

 

Il y a le premier « accroc » avec l’engagé « Baleine » qui pète un plomb lors de la formation puis, dans la deuxième partie ou l’on voit, quel que soit leur préparation et/ou leur bonne volonté, les soldats auront du mal possible à accomplir leur mission voir tout simplement à sauver leur peau.

 

Pour « Le voyage », une nouvelle fois Cimino sort des sentiers battus. Le point de vue adopté est celui du départ de copains d’un bled de Pennsylvanie, la fleur au fusil, pour le Vietnam, et surtout, leur retour et l’état dans lequel ils reviennent. Entre les deux, cette saloperie de guerre du Vietnam, moulinette au travers de laquelle ils sont passés.

 

Reprenons, voulez-vous la suite de la fiche

 

Qui fait quoi ?

 

DVD : « L'Année du Dragon », quand Michael Cimino annonçait l'empire des  signes

 

Pardon pour les très bons acteurs du casting mais peu connus des spectateurs européens. On retiendra :

 

Mickey Rourke

 

C’est son premier grand premier rôle. Il va vite devenir le nouveau Marlon Brando/James Dean d’Hollywood tant il impressionne par son charisme et une sensibilité à fleur de peau. Il faut dire que, comme eux, il a été élève de l’« Actors Studio » Ses fans se souviendront de lui dans « Angel Heart » 1987 d’Alan Parker ou « Barfly » 1987 de Barbet Schroeder ou encore « 9 semaines ½ » 1986 d’Adrian Lyne avec Kim Bassinger. Par la suite, il eut une carrière cabossée comme sa gueule de boxeur, broyé, comme tant d’autre par le système hollywoodien.

 

Caroline Kava

 

Voir toutes les bandes annonces et extrait vidéo du film L'Année du dragon

 

Pour  la fabuleuse scène « d’après l’orage ». Elle fit ses débuts dans « La porte du paradis » 1980 de Michael Cimino. Et les amateurs de série américaine ont pu la reconnaître ça ou là.

 

Temps forts

 

Quand un collègue et ami de Mickey Rourke lui dit qu’il prend les choses trop à cœur. Réponse de Rourke : « Comment peut-on ne pas prendre les choses trop à cœur ? »

 

Réponse de Stanley White aux instructions qui lui sont données après les derniers massacres de la mafia, dont Connie sa femme: « On y va pour gagner cette fois ? » en référence à la déculottée américaine au Vietnam.

 

Stanley White, tout à sa détermination et sa rage à vouloir détruire la mafia asiatique, délaisse son épouse Connie. Rien de particulier sauf une histoire ordinaire de couple. Ils ont décidé « de mettre un enfant en route » Ce n’est pas facile. Il faut respecter des dates. Connie commence à être âgée. Il rentre un matin excité par le cours nocturne que vient de prendre sa mission. Il a tout oublié de la soirée prévue. S’en suit une scène de ménage orageuse comme seule Cimino sait le faire.

 

La scène suivante, nous montre Connie assise sur l’escalier arrière de la maison. Je ne sais plus si elle renifle mais elle reprend doucement son souffle. C’est le silence en contre point les éclats de voix de la scène de ménage. Cimino installe ce silence. La scène et longue. Comme le silence, elle dure. Tout est immobile. Le silence semble tout tenir en respect.

 

Mais, un peu à droite de l’écran, un linge, un seul, sèche sur sa corde, agité par un peu de vent. Sublime.

 

Pax

 

Prochainement « Les Saveurs du Palais »

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25 août 2021 3 25 /08 /août /2021 06:00

 

Photo du film Fauteuils d'orchestre - Photo 17 sur 21 - AlloCiné

Aujourd’hui c’est « Fauteuil d’Orchestre » (2006)

 

Fauteuils d'orchestre de Danièle Thompson - (2006) - Comédie dramatique 

 

Pourquoi ce film ?

 

Parce que une fois encore, tel est mon bon plaisir qui est une formule pour résumer tout ce que dans ce film est de nature à faire le cœur content.

 

Parce qu’il correspond quelque peu à cette règle de composition énoncée par Nicolas Boileau comme ceci (en alexandrins) :

 

« Qu'en un jour, qu'en un lieu, un seul fait accompli

Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli. »

 

Aujourd’hui on parle d’un « Film choral »

 

Quelle est l’histoire ?

 

Cécile de France, jeune provinciale, monte à Paris pour retrouver sa Grand-Mère. Elle espère qu’elle lui mettra le pied à l’étrier. Cela va être l’occasion de diverses rencontres parfois incongrues autant que surprenantes. Nous y assistons, plein de curiosité en se demandant ou cela va t il nous mener ?

 

 

Réalisation

 

Danielle Thomson est à la réalisation ainsi qu’au scénario. Avec son premier film «  La Bûche »(1999) et à présent « Fauteuil d’Orchestre » (En plus de quelques autres) elle démontre qu’elle n’est pas que la fille de son père Gérard Oury

 

 

Qui fait quoi

 

C’est le moment de rappeler l’importance des seconds rôles et le gigot et l’ail évoqué par Zardi et cité dans les fiches précédentes. A vos archives car il est évident que vous gardez les fiches de Ciné papy que vous les annotez, les complétez même.

 

Cécile de France : Jessica

 

 

Le film date de 2006, comme « Quand j’étais chanteur ». Inutile d’en rajouter comme dit la pub un peur fort de café.

 

Son palmarès se suffit à lui seul. Mais ce n’est pas qu’une actrice des «  grands rôles »

 

Ciné papy ne peut que vous recommander, toutes affaires cessantes : « Mademoiselle de Joncquières » 2018 Elle incarne avec brio Madame de La Pommeraye.

 

Enfin, paradoxe et non des moindres, malgré son nom, Il nous faut sans cesse, comme Hercule Poirot, nous rappeler qu’elle est Belge.

 

Valérie Lemercier : Catherine Versen, la comédienne populaire

 

Comédienne souvent très drôle et tient ici avec beaucoup de finesse un rôle qui n’en a pas.

 

 

 

Albert Dupontel : Jean-François Lefort, le pianiste virtuose

 

Une découverte pour moi que cet acteur. Un des plus grands du cinéma français. Toutes les scènes où il apparaît sont de grands moments. Surtout si on connaît l’histoire de François-René Duchâble.

 

Là encore, trop de matériaux, il faudra y revenir.

 

Laura Morante : Valentine, la femme et manager de Jean-François

 

Morante Laura - Memoires de guerre

 

Je ne connais pas cette actrice. Mais quelle classe, quelle présence et discrétion en même temps. On sent qu’elle aime son virtuose de pianiste mais qu’elle n’avait pas compris son problème. On va rechercher sa filmographie et « traquer ses rôles »

 

Claude Brasseur : Jacques Grumberg, le riche homme d'affaires qui, sachant sa mort prochaine se défait de la collection d’art amassée avec son épouse décédée. Il est peu compris par son intellectuel et sensible fils.

 

 

On ne présente plus. C’est toujours un régal de le voir à l’écran surtout qu’ici, il donne l’impression d’être à la manoeuvre.

 

Christopher Thompson : Frédéric Grumberg, le fils de Jacques

 

Ce n’est pas que le fils à sa maman. Une belle présence va révéler des moments forts

 

Dani : Claudie, la concierge

 

https://www.premiere.fr/sites/default/files/styles/scale_crop_480x270/public/2018-04/fauteuils_d_orchestre_2005_15.jpg

 

Reconnaissable entre toute avec l’abattage qui est sa marque de fabrique. Elle va nous ponctuer l’histoire de diverses chansons, souvent bien venues mais aussi incongrues.

 

François Rollin : Marcel, du « Bar des Théâtres »

 

Plus pince sans rire que jamais, le second degré ne quitte jamais « Le Professeur Rollin » Ici, tout en étant barman il assène « as usual » des vérités qui nous font sourire

 

Suzanne Flon La grand-mère de Jessica

 

Fauteuils d'orchestre de Danièle Thompson (2005) - UniFrance

 

Immense actrice de théâtre et de cinéma. Actrice fétiche de Jean Anouilh. Elle  a joué, toujours avec discrétion mais une solide présence avec les plus grands du cinéma mondial. Elle est morte en 2007 quelques semaines après la fin du tournage.. Le film lui est dédié.

 

Sydney Pollack : le réalisateur américain, Brian Sobinski

 

Là, Ciné papy se régale. Ce grand metteur en scène joue également au cinéma. Comme si, en passant, venu voir des copains on lui avait dit, tient rend moi service et fait moi ça. «  Silence ! Moteur ! Action…

 

J’adore ces surprises au cinéma

 

Guillaume Gallienne : Pascal, l'agent de Catherine

 

Très grands Monsieur de théâtre et de cinéma. Beaucoup de second degrés. On se souvient tous de « Les garçons et Guillaume à Table » 2013 – On y reviendra certainement

 

Laurent Petitgirard : le chef d'orchestre

 

C’est un étonnant et prolixe compositeur de musique de film. Il n’atteint pas le statut de ses ainés et l’on peut se demander pourquoi. Pour la petite histoire c’est le musicien de la série des « Maigret » interprété par Bruno Cremer

 

 

 

Références à la musique classique

 

Le pianiste François-René Duchâble nous dit Wikipédia, a été le conseiller technique pour la musique classique, et l'interprète des parties de piano de la bande originale. Le personnage de Jean-François Lefort exprime dans le film la même attitude que celle de Duchâble à l'égard du monde de la musique classique. Dans le film, Jean-François proclame son aversion pour les contraintes et le formalisme qui règnent dans le milieu de la musique classique et rêve de se produire en concert pour les enfants et les malades.

 

J’ai eu la chance d’assister au « concert d’adieu » de F-R Duchâble à Strasbourg. J’ai suivi son parcours et notamment les mises en scène de « chute de piano à queue » dans des lacs de montagne. Enflammant une polémique inutile (Vieilles caisses et non piano de marque – récupérations ultérieures pour ne pas polluer les lacs)

 

J’ai également eu la chance d’assister à la reprise de sa tournée selon les critères élaborés au départ de son ancienne vie de virtuose.

 

Et les décors ?

 

Pour une fois, on peut en parler.

 

Tant les décors naturels participent au mystère de ce si séduisant film.

 

Le tournage s'est déroulé du 30 mars au 27 mai 2005 au Théâtre des Champs-Élysées, au bar de l'Entracte et aux studios de Boulogne-Billancourt.

 

Quelques scènes sont également tournées avenue Montaigne (hôtel des ventes Drouot) et à l'hôtel Plazza Athénée.

 

Musiques additionnelles

 

C’est un truc qui marche toujours, quand elles sont choisies avec soin. Il y en toujours une qui va réjouir le plus grincheux des spectateurs.

 

Ici, en vrac

 

            -  Je reviens te chercher, interprété (en générique de fin) par Cali

 

  • Les comédiens, interprétés par Charles Aznavour

 

  • Finale de la sonate La Tempête, opus 31 n°2, composée par Ludwig van Beethoven

 

  • La solitude ça n'existe pas, interprété par Gilbert Bécaud

 

  • Si tu t'imagines, interprété par Juliette Gréco

 

  • Consolation n°3 en ré bémol majeur, composée par Franz Liszt

 

            - L'important c'est la rose, interprété par Gilbert Bécaud

 

            - Je reviens te chercher, interprété par Gilbert Bécaud

 

            -  Concerto n°5 pour piano "L'Empereur" opus 73, composé par Ludwig van Beethoven

 

  • Variations sur Ah vous dirai-je, Maman (K. 265 / K. 300e) composées par Wolfgang        - Amadeus Mozart

 

Les morceaux de musique classique sont interprétés par François-René Duchâble et interprétés et joués à l'écran par l'Orchestre Colonne, dirigé par Laurent Petitgirard. Grand Bravo pour eux

 

Récompenses

 

Elles sont légions et toutes méritées y compris le succès aux States

 

Temps forts

 

Quand Dupontel se désape en Public

 

Quand il « retrouve » Laura Morante son épouse et que se dessine un nouvel avenir commun

 

Quand du haut du balcon de la comédie des Champs Élysée observant le déroulement de la vente de sa collection Brasseur se rend compte d’une sur enchère permanente autour du mythique « Baiser » de Brancusi. Il se renseigne. Il s’agit se son fils. Il retire l’objet de la vente.

 

Pax

 

Prochainement « L’année du Dragon»

 

Du moins, « Dieu aidant, Dieu voulant »

 

Ciné papy, du fond de son lit ou de son fond d’écran va mettre au propre, ses fiches et achever celles déjà en préparation

 

So long’

 

 

 

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18 août 2021 3 18 /08 /août /2021 06:00

 

J’ai vécu 4 ans dans les bois, plus précisément dans le pavillon d’honneur de l’ancien château de Georges Halphen transformé en hôtel de luxe : Le Mont Royal, à la Chapelle-en-Serval où se rejoignent les voies menant à Chantilly et Senlis, le plus beau bouchon des week-ends des parisiens en mal de forêts.

 

Exilé dans les bois à la Chapelle-en-Serval chez Georges Halphen grand  amateur de textiles précolombiens exposés au musée des arts premiers de  Jacques Chirac. - Le blog de JACQUES BERTHOMEAUPlan La Chapelle-en-Serval : carte de La Chapelle-en-Serval (60520) et  infos pratiques

 

Senlis est qualifiée de ville des pilotes d’Air France, chic et chère dans ses pavés et ses vieilles pierres, on y tourne beaucoup de film dit d’époque.  

 

Que faire à Senlis, escapade sans voiture ? - Un pied dans les Nuages

Aujourd’hui c’est « Le Roi de cœur » (1966)

 

Le Roi de cœur - Film (1966) - SensCritique

 

Pourquoi ce film ?

 

Parce que tel est mon bon plaisir. Mais aussi parce que ce film a enchanté mes années d'école buissonnière. Mais aussi par ce que c'est l'un des plus beaux flop de l’histoire du cinéma français et d'un sympathique réalisateur aux très nombreux succès par ailleurs.

 

Quelle est l’histoire ?

 

Pour une fois laissons la parole à Wikipédia qui résume parfaitement le scénario :

 

« Fin 1918, les Allemands abandonnent Marville après l'avoir piégé en y cachant un blockhaus rempli de bombes qui doivent exploser à minuit quand l'armée britannique aura libéré la ville. Un soldat britannique, Charles Plumpick, est chargé de localiser la machine infernale et de la désamorcer avant qu'elle n'explose. Sur place, il découvre une cité bien évidemment désertée par ses habitants, à l'exception des pensionnaires de l'asile d'aliénés. Ceux-ci l'accueillent à bras ouverts ; ils reconnaissent en lui - par un rocambolesque concours de circonstances - leur roi (« roi de cœur », cousin du « duc de Trèfle Brialy). Intronisé comme il se doit lors d'une cérémonie officielle à la cathédrale de la ville, Plumpick se laisse séduire par ses nouveaux compagnons, qui ont pour noms, Xénophon, duc de Trèfle précédemment cité, la duchesse Marie-Charlotte et leurs enfants, Brunehaut, Gontran et Albéric , le Général Géranium, l'évêque, Monseigneur Marguerite, monsieur Marcel, le coiffeur,) et la tenancière de la maison close, madame Églantine et l'une de ses pensionnaires, la jolie Coquelicot. Il n'en oublie pas sa mission pour autant.

 

Réalisation

 

Philippe de Broca, avant « Le Roi de Cœur » avait à son actif les immenses succès populaire que furent « Cartouche » (1962) « L’homme de Rio » (1964) et « Les tribulations d’un chinois en Chine » (1965), avec Jean Paul Belmondo acteur fétiche qu’il retrouvera avec « Magnifique » (1973) et « L’Incorrigible » (1975). C’est dire le savoir-faire du bonhomme quand, en 1966 il se laisse aller à « commettre » un sujet qui lui tient à cœur. Malgré une distribution de rêve réunissant parmi les plus grands noms de la scène française ce fut un bide retentissant, tant publique que critique. Il en fut profondément affecté mais poursuivi néanmoins sa carrière, allant de succès en succès avec, toujours des grands noms. Ainsi « Le diable par la queue » (1969) ou « Le Bossu » (1997). C’est le cinéaste de la joie de vivre. Il n’aimait rien tant que le tournage en équipe mêlant acteurs et techniciens. Il adorait les acteurs dont il disait reprenant les mots d’un de ses ainés qu’ils étaient comme du papier de soie. Tu les froisses et c’est fini à jamais. Il a été porté sur les fonds baptismaux par de grands ainés dont il a été l’assistant tels Henri Decoin, Claude Chabrol, François Truffaut ou Pierre Schoendoerffer. Aujourd’hui, dit-on, les jeunes générations de cinéaste font référence à son oeuvre  qui apparaît comme moins frivole ou superficielle qu’elle n’en a l’air. Elle apparaît comme le reflet de la société de la deuxième moitié du XXe siècle.

 

Qui fait quoi

 

Le Roi de cœur - Film (1966) - SensCritique

 

Vous les connaissez tous et il est amusant de les voir presque à leur début. Amusant également de voir comment leur carrière, ceux qui sont restés des (excellents) second rôle ou devenu des « flèches » a évolué

 

Alan Bates :

Et oui, « Alan Bates » cependant je ne saurais dire si ma passion pour cet acteur date de ce film. - Il est Charles Plumpick, le roi de Cœur

 

Geneviève Bujold :   

                   

Vive le Roi de cœur! - Causeur

 

Actrice canadienne qui a su se faire un nom sur la scène internationale et française puisqu’elle tournée deux film avec le fidèle de Broca – elle est Coquelicot

 

Pierre Brasseur :

                              

Truculent acteur, volubile, exubérant, jamais dans l’outrance même s’il s’en approche souvent. Je me souviens de lui, quand jeune homme je fréquentais les théâtres Strasbourgeois car c’était aussi un fabuleux comédien. Une personnalité telle qu’il a évité d’être dans le dictionnaire, défini simplement comme « père du précédent » : son fils Claude

Si ma mémoire est bonne, grand déconneur, Belmondo, sur un tournage, le voit descendre l’escalier de l’hôtel une valise à la main, sans passer par la salle des petits déjeuners. Bebel l’apostrophe et Brasseur de lui avouer que ses déconnades l’ont fait renvoyer du tournage. Bebel ne dit rien mais, valise à la main il rejoint Brasseur qui attend un taxi. Affolement chez les producteurs qui souhaitent comprendre. Bebel, imperturbable leur répond : « Lisez mon contrat. Je joue avec Pierre Brasseur. Pierre s’en va, je pars avec lui. » Bien sûr Brasseur fut réintégré et essaya d’être sage - il est le général Géranium

 

Jean-Claude Brialy :                     

 

On ne présente plus cette vedette du cinéma français tant sa filmographie parle pour ce virevoltant et/ou précieux acteur  plein de fantaisie ou de gravité selon ce qu’i est amené à jouer - il est Xénophon, duc de Trèfle

 

Julien Guiomar :                            

 

Un de ces seconds rôles dont l’apparition à l’écran est toujours un régal. Comment va t il nous faire ça ce coup-ci ? - il est Mgr Marguerite

 

Michel Serrault :

                              

Tellement vrai qu’on a l’impression qu’il a fait ça toute sa vie ou que ce fût son métier avant que d’être acteur (ce qui est le cas de Fabrice Luchini) Pour ma part j’ai l’impression que c’est un rôle qu’il endossa de nombreuse fois alors qu’il n’y en a eu que deux - il est M. Marcel, le coiffeur

 

Jacques Balutin :                            

 

Second rôle très typé avec un bel abatage. Il joua beaucoup de pièces de boulevard - il est le sergent Mc Fish

 

Daniel Boulanger :

 

Daniel Boulanger écrivain et scénariste (notamment sur ce tournage avec de Broca) est aussi le dialoguiste. Cela mérite d’être souligné comme la fidélité  du metteur en scène avec ses partenaires, ainsi Michel Audiard autre dialoguiste régulier - il est le colonel von Krack

 

Philippe de Broca :        

               

Il aimait tellement rire et s’amuser qu’il ne rechignait pas à jouer dans ses propres films  - il est le caporal Adolf Hitler

 

Georges Géret :

                              

Encore un second rôle avec une bouille bien à lui qui tourna quelques quarante films ou sa tête de dur ou de bougon a été fort bien employé. On se souviendra de sa composition dans Z (1969) de Costa-Gavras - il est un soldat avec Mc Fish

 

Yves Robert : le général Baderna

 

Le Roi de coeur (1966)

 

Remarque

 

Le film a été tourné à Senlis. Cette ville est tellement photogénique qu’à la fin de la projection on a envie de s’y rendre sur le champ ou à la première occasion. Il peut être amusant de comparer ce qu’est devenue cette ville cinquante-cinq ans plus tard.

 

Philippe de Broca – “Le Roi de Cœur” | Culturopoing

 

Ce film joue sur deux tableaux. La poésie et le burlesque avec beaucoup de finesse et d’élégance dans les situations et les images et/ou les dialogues.

 

Le burlesque nous rappel parfois ce grand succès qu’a été Hellzapoppin (1941) Un film traitant, sur un mode burlesque justement, des us et coutumes des milieux du spectacle, du théâtre et du cinéma américains. On y trouve des incongruités hilarantes et des quiproquos à profusion.

 

Le « flop »

 

De « Cartouche » tourné en 1962, producteur. La consécration internationale est acquise avec aux « Tribulations d’un chinois en Chine » en 1965 en passant par « L’homme de Rio » en 1964, qui lui vaut une consécration internationale curieusement « Le Roi de Cœur » est un échec critique et commercial. Il arrive que le public se rue sur un film décrié par la critique. L’inverse existe également. Critique louangeuse et public absent. Là, c’est les deux.

 

Bref, un petit tour aux oubliettes jusqu’en 1978. Les droits, vendus aux Américains, donne un second souffle à l’œuvre. Au panthéon des films curieux il devient même culte. Aujourd’hui il est considéré, ben voyons, comme son chef d’œuvre. Les jeunes générations le revendiquent comme un Maître.

 

Malgré l’échec de 1966, des 1969 il tourne « Le diable par la queue » Énorme succès sur lequel nous reviendrons certainement. C’est en tout cas une belle illustration de sa motivation profonde à faire des films : « parce que le rire est la meilleure défense contre les drames de la vie. »

 

Les facéties de Ciné papy

 

Monter le volume sonore de sa télé ne rend pas les sous titres plus lisibles

 

Pax

 

Prochainement « Fauteuil d’orchestre »

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11 août 2021 3 11 /08 /août /2021 06:00

Les nouvelles règles de l'espionnage | Le Devoir

 

C’est une histoire inspirée de l’Histoire :

 

Francis Gary Powers

 

En 1962, les Soviétiques proposent un marché aux Américains : Rudolf Abel, considéré comme un héros en Union soviétique - son visage sera plus tard immortalisé sur des timbres en Russie - pourrait être échangé contre Francis Gary Powers. C'est le même James B. Donovan qui va mener les négociations avec les Soviétiques, aux côtés de l'avocat de la CIA, Milan C. Miskovsky. Pour libérer Abel, il faut aussi l'intervention du président John Fitzgerald Kennedy, qui commue la peine de prison infligée à l'espion.

 

William Fisher (espion) — Wikipédia

 

Le pont aux espions

 

Potsdam le pont des espions - Photo de Visites Guidees Jean-Erick Guitard,  Berlin - Tripadvisor

 

L'échange se déroulera sur le pont de Glienicke, surnommé le "pont aux espions", reliant Berlin Ouest à l'Allemagne de l'Est. Le 10 février 1962, Rudolf Abel est "troqué" contre Francis Gary Powers et un étudiant américain, Frederic Pryor, emprisonné en Allemagne de l'Est depuis août 1961.

 

Aujourd’hui c’est « Le pont des espions » (2015)

 

Achat Le Pont des Espions en DVD - AlloCiné

 

Pourquoi ce film

 

Parce que c’est un excellent film classé assez haut dans les justifications alambiquées des films préférés de Ciné papy et que cela devrait suffire. Mais aussi parce que ce film illustre assez bien la chronique du Taulier du 18 juin 2021.

 

Et puis, il y a Tom Hanks qui fait plus que son petit bonhomme de chemin au firmament des stars, et cela en toute discrétion.

 

Le sujet

 

C’est un « biopic » c’est à dire un film illustrant la vie ou un moment de la vie d’un individu.

 

Il s’agit du tournant de carrière de l’avocat d’affaire James B.Donovan que son sens profond de la justice amène à préférer les êtres humains plus que les honoraires aussi pharamineux que juteux des grands cabinets d’avocats américains. Du temps ou le monde était plus simple et ou Cinépapy, essayait de s’adapter, on disait film d’espionnage

 

Quelle est l’histoire ?

 

Rudolph Abel, espion soviétique, vient d’être découvert et arrêté par le FBI. Il doit passer en jugement et sa condamnation à mort ne fait pas de doute. Il doit cependant avoir un procès apparemment équitable. C’est Donovan qui s’y colle.

 

Commence alors les embêtements. Campagne de presse déchainée contre ce « communiste » cet «  anti américain ». Les violences s’amplifient, avec menace de mort pour lui et sa famille, attaque armée de sa résidence. Donovan fait face.

 

La défense d’Abel est radicale. Donovan refuse catégoriquement de livrer à la CIA le contenu de ses entretiens avec son client.

 

Comme de bien entendu Abel est condamné à mort. Subtilement Donovan obtient, par ses démarches, que la sanction soit commuée en prison à vie avec un argument suprême. Il s’agit de garder une poire pour la soif, car soyez assuré, un des nôtres ne tardera pas à être découvert.

 

Avec l’affaire de l’avion espion U-2 de la CIA, le pilote Gary Powers dont l’avion a été abattu est fait prisonnier. Donovan sur instruction de la CIA part pour Berlin en vue de voir ce qui peut être fait en matière d’échange. Lorsqu’il arrive sur place les soviétiques et la RDA sont en train d'ériger le mur. À cette occasion, un étudiant américain, au mauvais endroit au mauvais moment, est arrêté en Allemagne de l'Est.

 

Donovan, à l'ambassade d'URSS, le KGB lui présente le procureur général de la RDA lequel lui indique être disposé à échanger Prior contre Abel. La RDA est à la recherche d’une reconnaissance internationale. Il espère ainsi, dans les faits, obtenir cette reconnaissance de l'existence de la RDA parmi les nations.

 

La CIA, n'a rien à faire de Prior, et insiste pour que Donovan se consacre uniquement à l'échange Abel contre Powers. Donovan s’entête et obtient, avec le concours plein d’humanité d’ Abel l’échange de deux contre un sans que la RDA y gagne quoi que ce soit

A son retour aux États Unis l’avocat est reconnu officiellement comme l’agent organisateur de cet échange. Il est alors, fêté comme tel.

 

Réalisation

 

C’est Steven Spielberg qui s’y colle. On ne présente plus ce réalisateur de grand talent comme le montre la liste de ses succès. C’est avant tout un faiseur de film à la recette éprouvée mais sans la moindre parcelle de génie. Il maîtrise à fond les effets spéciaux. C'est un excellent artisan mais sans plus. Au contraire, avec Spielberg, disparaît le cinéma d'auteur au profit du cinéma de studios et/ou producteurs. Il est « le Roi » du divertissement mot qui traduit mal le concept américain de « l’Entertainment » Il est reconnu comme tel par la profession. II sait apprécier ce qui va plaire au public. Par les mêmes « professionnels de la profession » comme rigolait  Godard, Steven Spielberg « est régulièrement cité comme le meilleur représentant de l'industrie cinématographique hollywoodienne dont il a promu, sur le plan mondial, l'efficacité technique, la science du grand spectacle et le pouvoir illusionniste. » selon Wikipédia

 

Ses « produits » sont prémâchés, prêt à consommer. Une fois visionné et dehors, seule se pose la question de savoir comment c’est fait. On ne rêve quasiment pas à ce qui a été montré. Chapeau pour les dinosaures de jurassique Park mais il me semble que l’utilisation des Varans de Komodo dans Le « Voyage au centre de la Terre » (1959) avec James Mason prête plus à la rêverie. Dans le même ordre d’idée, me plait plus les scènes du Berlin et du Check P

 

Avec les effets spéciaux spielbergien on est loin de Marcel Pagnol qui trouvant ses équipes bloquées leur administra une leçon de simplicité. On avait besoin d’un « ciel étoilé » et les idées les plus saugrenues fusaient sans convaincre personne. Derrière une grande toile tendue Pagnol fit installer un projecteur et avec un poinçon commença à percer la toile de trous de différentes tailles. Et voilà dit-il et c’est ce « ciel étoilé » qui fut utilisé.

 

Spielberg a enterré les films d’auteurs. Ciné papy y reviendra, c’est sûr. Mais l’enterrement n’est pas total ni définitif comme le montre, tous les jours encore, des « petits films » au succès plus que d’estime et, on l’aura compris qui ont ma préférence

 

 

Qui fait quoi

 

Tom Hanks :

 

Le Pont des Espions: un extrait inédit du nouveau Spielberg

 

Il est James B. Donovan. Là encore on ne présente plus cet immense acteur prolifique, profondément humain avec une carrière jonchée de succès. Il est deux fois oscarisé et il reçut nombreuses fois d’autres récompenses. Il est, entre autre, l’acteur fétiche de Spielberg et n’en perd pas son âme pour autant.

 

Mark Rylance :

 

Le pont des espions : la véritable histoire qui a inspir�... - Télé Star

 

Il est Rudolf Abel. Je ne connais pas cet acteur mais il est sacrément convaincant dans son interprétation. Quand je pense au film je ne peux dissocier Hanks de Rylance. Il y a d’autres acteurs inconnus de Ciné papy dans ce film. Par exemple celui qui tient le rôle de l’agent brouillon de la CIA, totalement dépassé par ce qui se passe et qui n’a qu’une hâte c’est d’en finir. Le rôle est marquant, l’acteur moins, désolé pour lui.

 

Temps forts et remarques

 

Les dialogues pleins de complicité entre Donovan et Abel ponctué de « Moujiks »

 

Les interrogations récurrentes d’Abel en guise de réponses à Donovan : «  Pourquoi, ce serait mieux ? »

 

La solidarité que montre Abel qui, à quelques minutes d’être échangé, à l’égard des exigences de Donovan qui, au grand dam de la Cia, ne procédera à l’échange qu’après la certitude que le jeune otage occidental de la RDA soit également à nouveau à Berlin Ouest

 

Le « minuscule » Abel par rapport à Powers caricature du jeune, sain et fort Américain blanc, gendre rêvé pour toutes « bonnes » mère américaine. Alors Monsieur Spielberg on distille sa propagande ?

 

 

Pax

 

Prochainement « Le Roi de Cœur »

 

 

Le livre qui a inspiré Le Pont des espions | historia.fr

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28 juillet 2021 3 28 /07 /juillet /2021 06:00

Sorg og citroner | Information

C’est moi qui me suis mélangé les pinceaux dans l’abondante production de ciné papy, « Le discours d’un roi » (2012) annonçait à sa suite « Un dimanche comme les autres» : Sunday Bloody Sunday » en vo mais, peu importe, aucune de ses critiques n’est passée à la trappe, elle sera publiée mercredi prochain.

 

Le film d’aujourd’hui est une découverte pour mois.

Love is all you need - film 2011 - AlloCiné

 

 

Aujourd’hui c’est « Love Is All You Need» (2012)

 

Non, Ciné Papy ne s’est pas mélangé les pinceaux. Ce n’est pas parce qu’à l’époque des « quatre garçons dans le vent » plus connus que Jésus Christ, il écoutait plutôt Brel, Brassens, Ferré, Barbara ou encore Jean Ferrat qu’il ne sait pas qu’un de leur succès est « All You Need Is Love » et non le titre du Film d’aujourd’hui.

 

Mais c’est bien de « Love Is All You Need » que nous allons parler.

 

Pourquoi ce film ?

 

Pour changer un peu. Marre peut être du sérieux et du sentimentalisme des dernières fiches. Il s’agit d’une comédie mais non dépourvue de charme, de ravissement ni bien sûr de fantaisie quelque peu burlesque. Mais attention, on ne se refait pas, le romantisme est aussi de la partie même si le titre original « Den skaldede frisør » signifie, en danois, « la coiffeuse chauve ».

 

 

Quelle est l’histoire ?

 

Ida, est une coiffeuse danoise. Ce n’est pas son cancer qui est en phase terminale mais son traitement. Elle est en attente des résultats et bien sûr espère sa guérison.

 

Philip, lui, est un homme d'affaires anglais installé au Danemark. Il apparaît sérieux et sans joie pour avoir perdu sa femme. Il semble inconsolable, désabusé mais résigné. Il a réussi sur le plan professionnel et peut tout prendre avec détachement sauf les petites contrariétés quotidiennes ou perce alors son agacement. Lors d’un accrochage dans un parking, drôle d’endroit pour une rencontre, il fait la connaissance d’Ida. Il lui annonce qu’il se rend en Italie (Sorrente, en Campanie) où son fils Patrick va épouser Astrid qui se révèle, quelle chance, merci les scénaristes être la fille d'Ida. Tout le film est la suite de cette rencontre de deux être de milieu social très différent.

 

Réalisation

 

Suzane Bier est derrière la caméra. Je ne connais pas cette réalisatrice qui semble dotée d’un sacré tempérament au regard de son parcours jonché de récompense, de reconnaissance de toutes sortes et bien sur de très nombreux succès dans tous les genres abordés, de la comédie au thriller. Ici elle se paye le luxe d’une pointure comme Pirce Brosnan entouré d’un casting entièrement danois.

 

 

Qui fait quoi      

                                                                                                                                               

Trine Dyrholm est Ida. C’est une chanteuse, actrice, auteur-compositeur danoise. Elle bénéficie  d ‘une reconnaissance internationale pour sa présence dans des films récompensés tel «Royal affaire» ou comment la noblesse frileuse et conservatrice s’oppose à des réformes directement inspirées par Les Lumières, un siècle avant la révolution française. Dans « Love is all you need » elle interprète son rôle avec une fausse ingénuité, un peu comme Mélanie Griffith. Elle joue avec beaucoup de subtilité ce rôle d’une simple coiffeuse qui possède cependant une intelligence du cœur et beaucoup de finesse. C’est cette finesse que percevra Philip et qu’il permettra à Ida de développer.

      

                                                                                                                 

                       

Pierce Brosnan  est Philip. Encore une vedette qu’on ne présente pas. Après une série télévisée à succès « Les Enquêtes de Remington Steele » il est le cinquième acteur à interpréter James Bond dans quatre films. Bien que déjà très apprécié au théâtre, sa carrière cinématographique décolle. Il tient le rôle du méchant dans « Le quatrième protocole » au côté de Michael Caine. Il reprend, plus qu’honorablement, le rôle de Thomas Crown dans le remake de 1999. Il est tout aussi convaincant dans « Le Tailleur de Panama » (2000) ou dans  « November Man » (2014) thriller palpitant ou il tient de rôle d’un ancien tueur à gage retraité.

 

 

Temps forts

 

Le froissage de tôle, rencontre de Philip et d’Ida dans un parking.

 

La manière dont Philip remet à sa place sa principale collaboratrice, amoureuse de lui et qui ne cesse de tenter sa chance d’accrocher ce veuf beau et riche.

 

Quand Ida surprend son connard de mari entrain de la tromper alors qu’elle sort de sa dernière séance de chimio puis la suite dans le salon de coiffure ou elle travail.

 

L’arrivée à la noce à Sorrente de cet ex-mari qui est quand même le père de la futur mariée. Il arrive accompagnée d’une nana sans même percevoir d’indécence de la situation.

 

Mais surtout, toutes les séquences en Italie dans cette Campanie sublime ou je ne m’aventurai jamais sans précaution trop craintif d’être frappé par le syndrome de Stendhal. Celui-ci nous fait part de son expérience extatique à Florence dans la basilique Santa Croce. Je n’ai plus l’âge d’aller là-bas ni sur les bords du lac de Côme. Je n’en reviendrai pas.

 

On comprend qu’Hannibal qui pouvait aisément ne faire qu’une bouchée des Romains, ait succombé aux délices de Capoue pour finir vaincu.

 

La réalisatrice filme ces lieux enchanteurs avec naturel et simplicité les rendant plus ravissant encore au sens propre du terme.

 

Conclusion

 

« Un film simple et beau » peut-on lire parmi les critiques

 

Pax

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21 juillet 2021 3 21 /07 /juillet /2021 06:00

TV : ce soir, on écoute Colin Firth dans « Le Discours d'un roi » - Elle

J’ai beaucoup aimé ce film.

 

Le discours d'un roi - la critique

 

Aujourd’hui c’est « Le discours d’un roi » (2012) *

 

Film que l’on pourrait sous-titrer « histoire de la réparation d’un être bousillé par son éducation » Cela me rappelle cette remarque d’un psychanalyste : « Si on ne bousillait pas nos enfants, on n’aurait pas besoin de les réparer. » Et, enfin, pour faire taire les mauvais coucheurs qui voient rouge dès que l’on parle psychanalyse laissons la parole à l’omni présent Gérard Miller qui ne dit pas que des bêtises : « Personne n’oblige quiconque à recourir à l’analyse. Mais si vous en avez assez de souffrir et que vous avez tout essayé, je dis bien tout, peut être que l’analyse mettra fin à vos souffrances »

 

Quelle est l’histoire ?

 

Un roi avait deux fils, aussi mal éduqués l’un que l’autre. Nous avons David, Prince de Galles et Albert, duc d'York. Le père, le roi Georges V plus que strict sur l’éducation disait : « mon père avait peur de sa mère, j'avais peur de mon père et je vais m'assurer que mes enfants aient peur de moi ». Le Prince de Galles, jouant de sa position, mène une vie de patachon totalement irresponsable qui irritait son père. Georges V reporta toute son affection et ses espoirs sur Albert, plus réservé et qui n’en demandait pas tant. Son père voulait le préparer à être roi, persuadé que David courait à la catastrophe pour lui-même et la royauté. De fait, le Prince de Galles, plus capricieux que jamais, s’entêta à épouser Wallis Simpson, américaine divorcée qui devait avoir des talents couchés. C’était aller contre l’avis du gouvernement. Le premier ministre Baldwin s’y opposant fermement ce qui permit au Canard Enchainé de titrer, à propos de cette affaire : « On ne Baldwin pas avec l’amour »

 

 

Bref, si tout cela se trouve dans le film (sauf le titre du Canard) l’essentiel tourne autour de l’affrontement entre Albert devenu le roi Georges VI et un orthophoniste australien nommé Logue. Car, et c’est un énorme problème, au moment où se développent les techniques audio-visuelles, le futur roi est bègue. Logue, tout en douceur, mais avec beaucoup d’énergie, bouscule le roi. Il commence à l’appelé par son surnom intime de  « Bertie ».

 

 

Désarçonné et rétif Albert entend renvoyer Logue. Celui-ci lui fait le pari que, quoique bègue, il est capable de réciter le monologue d’Hamlet « To be or not to be » tout en écoutant « Le mariage de Figaro ».

 

 

Les Anglais sont joueurs, Albert accepte. Logue enregistre et propose au roi d’écouter l’enregistrement. Celui-ci convaincu que cela ne pouvait pas marcher, refuse d’écouter et, en colère, renvoie Logue qui, néanmoins, lui remet le disque.

 

 

Le roi écoutera le disque plus tard et découvrira qu’il n’a pas bégayé. Poussé par sa femme  qui l’accompagne, Albert accepte une thérapie limitée à des techniques de relaxation musculaire et de contrôle de la respiration. Mais Logue continue à sonder les racines psychologiques du bégayement. Chaque nouvelle étape où le futur roi est confronté à des mauvais souvenirs d’enfance, patient et thérapeute sont au bord de la rupture. Puis les deux hommes vont finir par devenir amis.

 

 

Réalisation

 

 

Derrière la caméra : Tom Hooper. Thomas George « Tom » Hooper est un jeune réalisateur britannique, né en octobre 1972. En 2010 on ne lui connaît que deux films. C’est l’année où il réalise « Le discours d’un roi » C’est un coup de maître. Le film cumule succès critique et public. Il décroche 4 trophées majeurs aux Oscars dont meilleur film et meilleur réalisateur.

 

 

Qui fait quoi

 

 

Colin Firth : Albert dit « Bertie », duc d'York et futur George VI

 

Trailer du film Le Discours d'un roi - Le Discours d'un roi Bande-annonce  VO - AlloCiné

 

Quel acteur ! Quelle finesse de jeu. Il peut jouer à peu près ce qu’il veut.

 

 

Tous se souviendront de sa performance dans « Love actually » (2003) Film sans queue ni tête qui permet à une pléiade d’acteur de faire leur numéro. Colin Firth y tient le rôle d’un écrivain qui tombe amoureux de sa bonne portugaise et qui un soir de noël fonce à Lisbonne pour la demander en mariage : hilarant !

 

 

On le repère aussi dans « L'Importance d'être Constant » (The Importance of Being Earnest) 2002, d'après la pièce de théâtre L'Importance d'être Constant d'Oscar Wilde. Là encore tout en finesse au côté d’un autre grand, Ruppert Everett tout aussi fin.

 

 

Il est également à l’affiche de «Le Journal de Bridget Jones» (2001)

 

 

Il est un Valmont très convaincant face à Annette Bening dans « Valmont » (1989) réalisé par Miloš Forman, excusez du peu. Cependant ce film entre en concurrence avec « Les Liaisons dangereuses » (1988) (Dangerous Liaisons) de Stephen Frears avec John Malkovitch en Valmont et Glenn Close en Merteuil. Une toute autre interprétation. Frears l’emporte sur Forman dont l’insuccès faillit faire mordre la poussière à son producteur français Claude Berri

 

 

Quoiqu’il en soit, l’Oscar et le Golden Globe du meilleur acteur lui sont attribués pour ce rôle de « Bertie »

 

 

Geoffrey Rush: Lionel Logue

 

Le Discours d'un roi » Le lecteur Samulak

 

Je connaissais mal cet acteur australien pourtant détenteur d’un Oscar du meilleur acteur dans Shine en 1997. Je l’avais repéré dans «Le tailleur de Panama» (2001) sur lequel on pourra revenir.

 

 

Son jeu toute en finesse lui aussi, proche d’une ironique componction est un régal. Dans le rôle de Logue il mélange un sens de l’existence très libéré avec un classicisme très britannique. Le cheminement qu’il fait avec « Bertie » et qu’il lui impose tout en douceur est des plus savoureux.

 

 

Helena Bonham Carter: Elizabeth

 

Le discours d'un Roi : le discour d un roi helena bonham carter colin firth  | zoom-Cinema.fr

 

Je ne connaissais pas non plus cette actrice pourtant célèbre pour ses rôles dans les Harry Potter ou ses collaborations avec Tim Burton metteur en scène de talent adepte du fantastique. Ciné papy ne prise guère ce genre cinématographique pas plus que les séries au succès mondial comme « The Crown » ou elle tient le rôle de Margareth dans les saisons III et IV.

 

 

Dans « Le discours d’un roi » Elle est l’épouse d’Albert puis futur reine quand Albert monte sur le trône sous le nom de George VI. Elle est parfaite dans son rôle d’épouse attentionnée. Elle illustre avec beaucoup de justesse la réalité historique d’un couple très uni, aimé des Anglais. Rappelons que George VI et sa femme sont restés à Londres pendant le « Blitz » aux côtés des Londoniens très éprouvés alors que tout le monde leur recommandait de partir.

 

 

Michael Gambon : George V

Le discours d'un Roi : le discour d un roi michael gambon | zoom-Cinema.fr

 

Nous avons déjà parlé de lui dans « Les leçons de la vie » On le retrouve ici dans un rôle qui lui convient, plein d’outrance, joué sans outrance aucune.

 

 

Timothy Spall : Winston Churchill

Le Discours d'un roi” de Tom Hooper | Angle[s] de Vue

 

Ce curieux acteur a joué dans quelques cinquante-quatre films en quarante ans de carrière avec de très grands metteurs en scènes Il interprète un Churchil assez convaincant qui n’a rien à voir avec ses rôles de Peter Pettigrow dans les divers « Harry Potter » Ciné papy en profite pour signaler qu’il n’aime pas ce genre de saga. Bon père, à l’époque, il a emmené ses enfants et leurs copains voir « La guerre des étoiles I et II » Il se souvient qu’à la sortie de la projection du numéro II il s’était réjoui à la seule pensée que lorsque sortirait le numéro III les enfants seraient assez grands pour aller au cinéma tout seul. Timothy Spall a également joué un historien révisionniste dans  « Le Procès du Siècle » (2016) sur lequel nous aurons l’occasion de revenir.

 

 

Derek Jacobi : Cosmo Lang

 

The madness of King Edward VIII: Shocking letters hidden for 76 years  reveal Archbishop accused Monarch of insanity, alcoholism and persecution  mania - and forced him into abdication crisis | Daily Mail Online

 

Les amateurs du petit écran se souviendront de lui car il incarnait le moine enquêteur de la série au succès mondial « Cadfael »

 

 

Temps forts

 

 

Curieusement, j’ai du mal à en trouver. Tout le film est un temps fort. Tout le film traduit la tension avec laquelle vie Bertie On est confronté à sa solitude et son angoisse face à ce qui l’attend. Cette angoisse se transforme en panique quand il est confronté à son passé qui le déstabilise encore plus à chaque fois. Et à chaque fois, Logue qui passe pour cet empêcheur de vivre caché, apparaît comme être seul responsable et à l’origine de ce drame intime. Cette angoisse rejaillie sur le thérapeute qui encaisse sans maudire. Calme et serein il apaise le futur roi. Quand celui-ci sera vidé de cette angoisse, il partagera la paisible assurance de Logue et, pacifié avec lui-même trouvera l’énergie de prononcer le discours d’un roi

 

Pax

 

Prochainement « Un dimanche comme les autres» Sunday Bloody Sunday en vo

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 06:00

 

« Rien n’est sale quand on s’aime », fera dire Clouzot à l’un des personnages de son film Manon. Dans Quai des Orfèvres, déjà, tout poisse, s’encrasse, sauf l’amour, qu’il soit filial, conjugal ou lesbien.

 

Ce film est né dans l’année qui précède ma naissance, 1947, je pense l’avoir vu dans le cadre de Ciné-Culture.

 

https://www.telerama.fr/sites/tr_master/files/c409aedd-80cd-4b9d-9fe9-ea4a843cb9c0_2.jpg

 

Aujourd’hui c’est « Quai des Orfèvres »

 

Attention, chef d’œuvre !

 

C’est le moment de rappeler que « Ciné papy » ce n’est que des coups de cœur d’un amateur de cinéma, cinéphage par ailleurs plus que sage cinéphile.

 

C’est donc avec beaucoup de modestie que cette œuvre va être abordée et tenter de vous expliquer ce qu’elle a de magique. Exercice d’autant périlleux qu’il ne faudrait pas moins de trois fiches pour vous en parler.

 

Pourquoi ce film ?

 

Parce que, comme dirait Fabrice Luchini, c’est du lourd. Du très lourd au regard de tous ceux qui de près ou de loin ont participé à ce film. Les divers renvois que permet cette richesse montrent ce que fut l’histoire du cinéma français pendant la deuxième guerre mondiale.

 

Mais voir aussi en fin de fiche

 

Quelle est l’histoire ?

 

Il s’agit d’un roman policier dont l’intrigue est particulièrement alambiquée. Clouzot traite cela avec brio et en profite pour dresser le tableau d’un monde artistique de cabaret et une vie de policier d’une tristesse affligeante. C’est Louis Jouvet qui mène l’enquête qui s’avère ardue en raisons des mensonges des uns et des autres, soit pour protéger quelqu’un, soit pour dissimuler quelque chose comme, par exemple, la chanteuse Suzy Delair qui n’a rien à se reprocher sauf d’avoir été sur le lieux du crime et qui craint la jalousie de son pianiste accompagnateur de mari, Bernard Blier. Il faut souligner l’humanité dont fait preuve Louis Jouvet, tout au long de l’enquête, jusqu’à sa conclusion

 

Source

 

 

C’est le roman « Légitime Défense » de Stanislas-André Steeman. C’est, entre autre, un auteur belge de roman policier à succès. Il a créé le personnage de Monsieur Wens, surnom de Wenceslas Vorobeïtchik, détective privé dont les aventures seront portées sept fois à l’écran dont « L’assassin habite au 21 » (1942) adapté et mis en scène par Clouzot avec dans le rôle de Monsieur Wens le grand Pierre Fresnay dont on ne peut oublier la très élégante interprétation dans « La grande illusion » (1937) de Jean Renoir , du capitaine de Boëldieu,  un aristocrate fier et nostalgique . Nous aurons l’occasion d’y revenir.

 

Réalisation

 

Henri-Georges Clouzot est à la mise en scène. C’est quelqu’un d’important dans l’histoire du cinéma français. Son pessimisme le porte vers le film noir Ses films n’ont jamais laissé indifférents.  « Le Salaire de la peur »(1952) et « Les Diaboliques »(1952), sont placés par la critique au nombre des plus grands films des années 1950.

 

Le Salaire de la peur a remporté les trois récompenses suprêmes des principaux festivals européens à savoir le Lion d'or, la Palme d'or et l'Ours d'or. Honneur qu’il partage avec deux autres cinéastes seulement, Michelangelo Antonioni et Robert Altman. C’est dire  l’importance du bonhomme. Le suspens distillé dans ses films le qualifiera d’ « Hitchcock français »

Chroniques du Cinéphile Stakhanoviste: Quai des Orfèvres - Henri-Georges  Clouzot (1947)

 

Qui fait quoi

 

Louis Jouvet : l'inspecteur Principal-Adjoint Antoine

 

Simone Renant : Dora Monnier, la photographe

 

Bernard Blier : Maurice Martineau, le mari de Jenny

 

Suzy Delair : Marguerite Chauffonnier dite Jenny Lamour, la femme de Maurice

 

Pierre Larquey : Émile Lefort, le taxi

 

Jeanne Fusier-Gir : Paquerette, la dame du vestiaire de l'Eden

 

Claudine Dupuis : Manon, la prostituée sous les verrous

 

Charles Dullin : Georges Brignon, l'homme d'affaires

 

Henri Arius : Léopardi, auteur compositeur

 

Charles Blavette : Poitevin, l'employé de la SNCF

 

René Blancard : le commissaire divisionnaire chef de la Brigade Criminelle

 

Robert Dalban : Paulo, ferrailleur et mauvais garçon

 

Jean Daurand : l'inspecteur Picard

 

Jean Dunot : Nitram, le chanteur comique qui répète

 

Jacques Grétillat : Auguste, de l'agence artistique

 

Gilberte Géniat : Mme Beauvoir, la concierge

 

Gabriel Gobin ou Gabriel Gobain : le patron du café

 

François Joux : l'officier de police Faillard

 

Léo Lapara : l'inspecteur Marchetti

 

Henri Niel : l'inspecteur à la dinde de Noël

 

André Numès Fils : l'inspecteur comptable

 

G. Peran ou Claude Peran : le magicien de Médrano

 

Annette Poivre : Madeleine, la standardiste

 

Georges Pally : Poiret, le régisseur de l'Eden

 

Fernand René : Mareuil, le directeur de l'Eden

 

Jean Sinoël : le vieux journaliste

 

Raymond Bussières : Albert, le truand arrêté

​​​​​​​

Bob Ingarao : un inspecteur (non crédité)

 

Il n’est pas question de vous les présenter les uns après les autres. Les petits curieux peuvent aller sur interlope pour plus de renseignement si nécessaire.

 

Par exemple Dora Doll, nom à la connotation américaine. On découvre une carrière importante et méconnue aujourd’hui, même de vieux Ciné papy.

 

Les plus anciens reconnaîtront des acteurs encore connus comme Pierre Larquey qui tient un rôle important dans « Le Corbeau » grand film également réalisé par Clouzot. Mais aussi Raymond Bussières ou encore Robert Dalban que tous les amateurs de cinéma, y compris les jeunes connaissent pour sa participation dans ce monument qu’est le film « Les Tontons flingueurs » de Georges Lautner, (pour la petite histoire, fils de Jeanne Fusier-Gir)

 

Je laisse à une autre fois l’occasion de parler de Louis Jouvet qu’on ne présente plus ou de Charles Dullin grand acteur de théâtre ou enfin de Bernard Blier qui commençait une très longue carrière.

 

Si contrairement à une annonce du début des fiches j’impose au lecteur cet impressionnant casting c’est pour attirer l’attention sur ce que l’on pourrait, non sans un certain mépris, parler de second rôle. Quand on aime le cinéma et les acteurs ont ne peut que souscrire à ce que rapporte Dominique Zardi, un des plus constants seconds rôles du cinéma français et plus particulièrement de Claude Chabrol. Le petit aux cheveux ras pour ne pas dire rasés, c’est lui.

 

Il nous dit : « Vous savez, dans le gigot, ce qui est bon, c'est pas la viande, c'est les pointes d'ail. C'est pas moi qui dit ça, c'est Raimu » Lequel Raimu précisait souvent : « Il n'y aurait pas de grands acteurs sans de grands seconds rôles"

 

C’est toujours un plaisir de les retrouver dans l’un ou l’autre film.

 

Mention aussi pour les costumes de Jacques Fath grand couturier de l’immédiat après-guerre.

 

 

Temps forts

 

Photo de Simone Renant - Quai des Orfèvres : Photo Simone Renant, Suzy  Delair - AlloCiné

 

La remarque de Louis Jouvet à Simone Renant, la photographe Dora Monnier amoureuse de Suzy Delair.

 

            «Dans le fond, vous êtes un type dans mon genre, vous n’avez pas de chance avec les   femmes.»

 

Rien que pour cela j’idolâtre « Quai des Orfèvres ». Clouzot dialoguiste de ce film, montre qu’il n’était pas qu’un simple metteur en scène

 

Pax

 

Prochainement « Un dimanche comme les autres »

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7 juillet 2021 3 07 /07 /juillet /2021 06:00

 

Pendant que je n’en fous plus une rame Pax rame !

 

Et cerise sur le gâteau il me fait découvrir un film qui était passé sous mon sonar.

 

Enfin, le souscrit à tout ce qu’il écrit sur le Gégé Depardiou…

 

Aujourd’hui c’est « Quand j’étais chanteur »

 

Achat Quand J'étais Chanteur en DVD - AlloCiné

 

Pourquoi ce film ?

 

Parce que tel est mon bon plaisir. Car ce qui, pour beaucoup, peut apparaître comme une bluette – Encore une ! Il ne peut pas changer un peu de registre ce Ciné papy ? – est pour moi, un film que je ne me lasse pas de revoir.

 

Quelle est l’histoire ?

 

Alain est chanteur de bal dans le Massif Central. Il est mondialement connu à Clermont-Ferrand.

 

C’est un pro qui fait aussi les comités d’entreprises, les fêtes de fin d’année, les inaugurations et tout ce type d’événement ou encore les thés dansant. Il a 50 ans et les cheveux teints. Il est l’ami de tout le monde. Tout son univers tourne autour de la chanson lorsqu'il rencontre Marion.

 

Lors d'un concert, Bruno, un ami agent immobilier vient en loge le saluer. Il est accompagné de sa nouvelle stagiaire Marion. C’est une jeune mère célibataire d'un enfant de six ans. Alain tombe sous le charme de Marion. Celle-ci, qui bien qu’apparemment  assez distante de prime abord, passe la nuit avec lui ce soir de leur rencontre. Tout le film nous raconte comment ils vont s’apprivoiser, façon Petit Prince.

 

Réalisation

 

Je ne connais pas Xavier Giannoli. J’observe simplement que cet encore jeune réalisateur a été oscarisé pour un  court métrage. Il tourne beaucoup avec Depardieu et Cécile de France. Il est souvent dans la liste des oscarisables et c’est tout ce que je peux dire de lui. De toutes façons, je m’en fous tant m’enchante « Quand j’étais chanteur » et rien que pour cela je suis prêt à tout lui pardonner.

 

La critique lui reproche, dans ce film, une absence de profondeur. Un manque de continuité dans le récit qui effectivement apparaît comme une succession de scènes qui n’auraient comme point commun que la seule présence des mêmes personnages. On s’en fout, ça marche ! Et ce merveilleux roman photo, pour qui a une âme sensible, un cœur à l’unisson et ne s’en cache pas, est un pur régal. Enfoncez-vous, calez-vous dans votre fauteuil, ça commence

 

Qui fait quoi

 

Quand j'étais chanteur' : un film avec Cécile De France et Gérard Depardieu  / Bande annonce

 

Gérard Depardieu est Alain Moreau. On ne présente plus la bête. Cela fait longtemps qu’elle est hors concours. Dans ce rôle il sait être tout à la fois grandiose et pitoyable. Tout est joué en finesse ; il n’y a aucune caricature, aucune ironie, aucun second degré. Pas le moindre clin d’œil, regardez l’artiste au travail ! Non, grandiose et pitoyable, comme est Alain Moreau et comme l’est Depardieu dans la vie. Grandiose, l’un des plus grands parmi les monstres sacrés du cinéma. Pitoyable lorsqu’il pisse en public dans un avion, lorsqu’il s’expatrie fiscalement dans un bled frontalier mais perdu de Belgique ou encore quand il s’affiche avec des Poutine ou autres potentats ridicules et malfaisant d’Asie Centrale. Grandiose devant la caméra dès que le metteur en scène crie : « Action »

 

Depardieu, c’est l’Albatros de Baudelaire : « Le Poète est semblable au prince des nuées / Qui hante la tempête et se rit de l’archer / Exilé sur le sol au milieu des huées / Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

 

Tout est dit et laissons les pisses-froid s’effaroucher. Oh ma chère, vous vous rendez compte !

 

Quittons un moment le Septième Art pour une incursion dans le Huitième, celui de la BD. On vous recommande en ce qui concerne l’ami Depardieu « Gérard, cinq années dans les pattes de Depardieu »  de Mathieu Sapin chez Dargaud

 

Gérard : Cinq années dans les pattes de Depardieu

 

Cécile de France est Marion.

 

Ciné papy ne fréquentant pas les salles de cinéma il n’a pu suivre l’irruption de cette étoile ni l’évolution de sa carrière avec des succès comme « L’auberge espagnole » Je ne sais plus comment ni à l’occasion de quel film je l’ai vu apparaître pour la première fois. Ce que je sais c’est que je ne manque aucun des films que je peux repérer sur mes programmes ou elle apparaît dans la distribution. Pour en rester aux apparences il faut dire que réunir un physique et un nom comme le sien on pourrait faire carrière rien qu’avec cela. Elle a heureusement pour nous, bien d’autres talents. À suivre car, c’est sûr, on en reparlera.

 

 

Il y a Mathieu Amalric, ambigu à souhait, comme, pour moi du moins, à chaque fois. Il affiche une décontraction, une espèce de j’m’en foutisme qui donne un ton particulier à chacun de ces rôles. On a l’impression qu’il passait là, dans le couloir et qu’on lui à demander si cela ne dérangerait pas de tenir tel rôle, là, comme ça, au débotté.

 

Temps forts

 

La grande scène du bal ou, presque façon documentaire, on assiste à une soirée de ce qui est le quotidien du chanteur. Depardieu y est tout simplement prodigieux. Il arrive à nous faire oublier Depardieu et qu’il est Depardieu.

 

La scène finale ou André et Marion à l’extérieur du café ou elle l’a retrouvé mais, pour nous, vu de l’intérieur du café, ils s’embrassent, s’enlacent … et se quittent. Marion sort du champ, avant de revenir sur ses pas pour une nouvelle étreinte.

 

La dernière avant l’adieu définitif ? Une retrouvaille pour une nouvelle aventure commune ?

 

Chacun y verra ce qui lui semble. C’est tout l’art d’un cinéaste de terminer sur une fin ouverte Il permet ainsi, au spectateur de poursuivre à sa guise le rêve ou il a su l’entraîner

 

 

Sans oublier Christophe, dans son propre rôle. Cette apparition illustre parfaitement les deux mondes différents où évoluent, chacun à sa façon ces grands professionnels

 

Concluons pour une fois

 

« À chaque fois tout recommence

Toute musique me saisit,

Et la plus banale romance

M’est éternelle poésie »

 

Nous avoue Aragon

 

Pax

 

Prochainement « Quai des Orfèvres »

 

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