En ce moment se déroule une partie de bras de fer entre le gouvernement, les syndicats de salariés et les organisations patronales sur le nouveau dispositif de prévention de la pénibilité. En effet, au 1er janvier 2015, de nouvelles mesures sur la prévention de la pénibilité au travail s’appliqueront, notamment le compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P). Il s'adressera au salarié exposé à des facteurs de pénibilité. Les points accumulés sur le compte pourront être convertis en périodes de formation, temps partiel ou pour partir plus tôt en retraite. link
Usine à gaz pour les uns, simple comme un clic pour la Ministre de la santé link ce qui est certain c’est que les travaux pénibles existent pour preuve ce que je lis dans La Vigne :

« Comment gérer le travail à la vigne quand on est confronté à un niveau élevé d’absentéisme dû aux TMS (Troubles musculo-squelettiques link) ? L’Aract Aquitaine et la MSA de la Gironde, qui ont noué un partenariat autour de cette problématique, ont voulu apporter des éléments de réponses à l’occasion du Vinitech, à Bordeaux.
Le secteur viticole représente 80 % des déclarations de maladies professionnelles pour l’agriculture girondine. Et 70 % de ces déclarations sont relatives aux affections périarticulaires.
Claude Duverneix, de la MSA Gironde, a exposé, lors de la conférence qui s’est tenue le 3 décembre au Vinitech, les trois composantes à mettre en place pour lutter contre les TMS et leurs conséquences. « Les facteurs techniques (travail du sol, outils, mécanisation et palissage) mais aussi la composante organisationnelle (alternance des tâches, modes de rémunération, cadence ou encore choix des travaux à réaliser) sont déterminants pour répondre au problème posé par les TMS, a-t-il indiqué. Enfin, le critère humain est indissociable des deux autres facteurs. La formation, le parcours professionnel, l’intérêt au travail mais aussi la reconnaissance sont essentiels. »
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Dans une chronique du vendredi 2 octobre 2009 : Les mots du travail de la vigne : les oubliés... j’écrivais :
« Dans les gazettes spécialisées, les commentaires, les livres, le vin est magnifié et ceux qui le font encensés mais rares sont les journalistes, les experts, les écrivains qui trempent leur plume dans la sueur pour écrire sur le labeur des hommes et des femmes dans la vigne. Avec le retour en force des méthodes ancestrales certains s’intéressent plus aux chevaux qu’à ceux qui les mènent. Bien sûr, certains me feront remarquer que chez beaucoup de vignerons ou de vigneronnes, leurs mains vont du cep au vin, ils font tout ou presque par eux-mêmes mais, là encore, les mots du travail de la vigne, qui sont bien plus précis que ceux dont on emberlificote le vin, sont rarement exprimés. Sans vouloir en revenir à René Bazin ou à Joseph de Pesquidoux pourquoi diable ce non-dit, cette absence d’empathie pour ces gestes du soin de la vigne ? Je ne sais, sauf à croire que les urbains n’ont de la campagne qu’une vision bucolique qui leur fait protester contre le chant du coq ou certaines odeurs – celle du fumier épandu par exemple – lorsqu’ils se retrouvent dans leur costume de résident secondaire.
Sans vouloir jouer à celui qui sait, puisque j’ai les mains blanches, mes origines et mes 3 heures de travaux pratiques par jour à l’école d’agriculture, m’ont toujours rendu sensible à la pénibilité de certains travaux.
Paradoxalement, c’est un écrivain, qui vit actuellement dans le Médoc, Éric Holder, qui dans un roman bref – c’est spécialité me dit-on – Bella Ciao, m’a inspiré cette chronique. Son histoire est celle d’un mec qui picole et qui se fait jeter par sa femme. Il veut en finir mais l’océan le dessoûle et le voilà qui se retrouve, passé le rideau de pins devant des vignes. Pour vivre, il trouve un contrat de 100 jours chez Franck Pottier qui « fournit depuis 1968 le prestigieux domaine de M, en carassons, des piquets de vigne. »
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