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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 00:03

Dans l’histoire de l’Humanité des questions essentielles, capitales même pour notre devenir restent, en dépit de travaux de recherche mobilisant les plus grands esprits du temps, sans réponse. Ce matin j’eu pu formuler ma question sous une forme ironique en titrant : « peut-on aller à la soupe sans accepter de pots de vin ? » mais c’eut été m’aventurer sur le terrain politique qui est fort glissant même si je doute que la soupe, mets populaire, attirasse les ambitieux. J’en reviens donc à ma soupe, à ne pas confondre avec le potage, le consommé, le velouté ou la bisque  qui sont des mets raffinés, ou avec le bouillon servi aux malades, ou encore avec des appellations régionales telles la garbure ou le gaspacho. Ma soupe c’est la soupe originelle : la soupe de pain. 200px-William-Adolphe_Bouguereau_-281825-1905-29_-_Soup_-28.jpgLa soupe est par essence populaire même si la soupe populaire n’est pas vraiment l’honneur de nos sociétés de bien ou de trop nourris.

 

Deux écoles s’affrontent : la première coupe le pain sec en tranches ou en petits cubes dans l’assiette avant d’y verser le bouillon ; la seconde fait « meloter » le pain dans le bouillon avant de le servir dans l’assiette. Reste aussi la question du bouillon qui pour un puriste comme moi doit se réduire à son plus simple appareil de l’eau et un gros oignon ou de la cébette. Pour ma part je suis soupe melotte, c’est-à-dire que je fais bouilloter à feu très doux mon bouillon dans une casserole recouverte ce qui fait gonfler les morceaux de pain les rendant ainsi très onctueux : d’où le nom de soupe melotte.

 

Voilà pour la soupe reste ma question initiale : « Peut-on boire du vin en mangeant sa soupe ? » J’attends de vous une réponse argumentée et non que vous vous en tiriez avec une pirouette du style de mettre du vin dans sa soupe, faire chabrot. La soupe dans l’assiette et le vin dans le verre telle est la situation à laquelle vous êtes confronté.

 

Si la réponse est non l’affaire est réglée sauf à ce que vous m’expliquiez les raisons qui vous font exclure l’accord soupe-vin. C’est une position qui pourrait freiner notre expansion en direction de la Chine où les habitants sont friands de soupe. Je plaisante à peine, dans la mesure où il me semble plus intelligent d’adapter la consommation du vin aux us et coutumes d’un pays plutôt que de tenter d’adapter le vin à un goût que par construction ces néo-consommateurs n’ont pas.

 

Donc si le vin est de mise en mangeant de la soupe reste la question du choix de la couleur ensuite vous pourrez raffiner dans la si belle et si grande diversité de nos appellations. Blanc, rouge, rosé... j’exclue les effervescents pour une raison d’incompatibilité entre les bulles et la soupe.  Allez soyez inventifs, créez de nouveaux débouchés, participez à l’extension du domaine du vin.

 

Certains vont m’objecter que la soupe c’est ringard, ça fait 3ième âge en charentaise et robe de chambre molletonnée à la maison de retraite, pépère et mémère sur la table en formica. Et pourtant j’entends monter de partout des suppliques pour le retour aux choses simples, pour les paniers de l’AMAP, pour le bio, pour le durable, pour le retour des couches en coton pour les mouflons, pour le presse-purée, pour les poules, les vaches dans les prés et plus encore si affinités.

 

Alors pourquoi ma croisade pour le retour en force de la soupe serait-elle vaine, pourquoi relèverait-elle du pur remplissage de la part d’un esprit en mal d’originalité ? J’ai de solides arguments en défense. En effet, quand j’étais petit ma mémé Marie me disait toujours « si tu veux devenir grand mon petit gars mange ta soupe... » Alors j’ai mangé beaucoup de soupe et je suis devenu grand. Vous suivez mon regard, mon allusion appuyée, faut-il que je vous fasse un dessin ? Donc CQFD ! Pour ceux qui n’ont pas compris où je veux en venir qu’ils se rassurent : je mange toujours de la soupe mais je ne bois jamais de vin avec.

 

Alors pourquoi cette chronique me direz-vous ? Pour le plaisir de faire un petit bout de chemin ce matin avec vous en parlant de tout et de rien. De temps en temps moi je trouve que ça fait du bien de parler pour ne rien dire... de se poser des questions à la con... entre nous ça vaut tout de même mieux que les fameux éléments de langage dont on nou rebat les oreilles...

 

En bonus, si vous voulez épater vos amis voir la recette ci-dessous Velouté d'Epiaire aux girolles ou si vous voulez faire bobo branché nature Velouté d'ortie puante aux girolles cueillies à la main, offerte par l'Office National des Forêts et cuite au chaudron sur feu de bois lors du FIG de Saint-Dié... Et là pourquoi pas un bol de soupe puis un coup de vin chaud...

Bolduc-9208.JPG

Bolduc-9207.JPG

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

glorieux 01/11/2010 21:55



http://www.mangetasoupe.eu/


manifestation locale (Manche ) qui connaît un réel succès toutes classes confondues (CQFD !)



Michel Smith 01/11/2010 10:54



Pardon.. J'avais oublier : laisser un fond de soupe dans le bol ou l'assiette creuse encore chaude et verser le vin sur le dos de la cuillère afin d'arroser toute l'assiette. Pas trop de vin non
plus. Rien qu'une rasade généreuse.



Michel Smith 01/11/2010 10:53



Non, non et non les gars ! Le seul vin avec la soupe, c'est le gros rouge - de ferme en particulier ! À la rigueur un bon Cahors un poil rustique, un Madiran de la même trempe ou un bon Carignan
bien de chez nous.



jacques Sallé 01/11/2010 10:19



...sans oublier la soupe au choux portugaise avec le vinho verde (roiuge bien entendu) merveilleux contraste.



Luc Charlier 01/11/2010 10:13



Ce deuxième post sera moins anecdotique. Ameutez Michel Smith, il bichera.


 


Dans le monde anglo-saxon – pas autant dénué de bon goût que vous, les Frenchies, ne le pensez – on a l’habitude d’accompagner les
consommés, et l’oxtail en particulier, d’un verre de Verdelho, appartenant de préférence aux exemplaires les plus secs de ce type de Madère demi-sec. Parfois, on en ajoute aussi au potage
lui-même.


 


Je sers volontiers à mes amis un bouillon poulet-champignons où j’émulsionne du foie de canard, le tout nappé d’une écume (blanc
d’oeuf en neige ou mousse d’agar-agar selon mon humeur) avec une goutte d’huile parfumée à la truffe, et de la ciboulette. Simple, pas cher et de bon goût. Un accord sensationnel est réalisé avec
du Jerez de type Oloroso, mui secco Señor.


 


Dans les bisques (homard, écrevisse, langouste, crabe, whatever ...), une larme de vieil armagnac bien boisé, ou de whisky tourbé,
font merveille. C’est le même esprit.


 


En Franconie, on confectionne une soupe au Riesling ou au Sylvaner, délicieuse.


 


Dans un goulash (je préfère le masculin pour ce plat), l’ajout d’un rien de vin rouge sublîme les arômes.


 


Continuez la liste. Remarquez au passage, comme le post de Grisard le mentionne très justement, que les vin dits
« oxydatifs » se taillent la part du lion de cette utilisation. Je ne crois pas que l’accord se fassent avec les esthers de l’alcool acétique, mais bien avec la partie
« noble » de la volatile : le sotolon et les autres lactones, ainsi que les aldéhydes. Gare toutefois au foie (le nôtre), c’est lui qui détoxifie tout ceci et il n’aime guère le
formol !



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