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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 00:09

Que cette phrase est belle !

Ce samedi j'ai envie de m'arrêter sur elle, de vous proposer de m'accompagner, le temps de cette chronique, dans une petite réflexion sur un sujet que nous ne savons pas aborder sereinement : notre vivre ensemble.

Deux évènements sportifs récents, l'un calamiteux, l'autre heureux, ont été symptomatiques à la fois de nos difficultés à mettre un contenu commun, partagé, à notre vivre ensemble mais aussi à notre grande capacité de nous sublimer lorsque nous retrouvons le sens de la communauté, du groupe.

En effet, entre la petite bande de grévistes au cul cousu de fric qui soi disant portait le maillot de l’équipe de France lors du dernier Mondial de football en Afrique du Sud, arrogante, fermée, triste, autiste et l’équipe de jeunes gens et jeunes filles, joyeuse, gagneuse, spontanée et solidaire, qui portait les mêmes couleurs aux derniers championnat d’Europe d’athlétisme à Barcelone, il semblait il y avoir un monde comme on dit.

Et pourtant, les deux recrutaient dans le même vivier coloré de ces fameuses banlieues où nous parquons ces français venus d’ailleurs. France étrange terre d’asile où comme le disait ironiquement Yannick Noah : on est français quand on gagne et Camerounais lorsqu'on perd.

Et pourtant de tout temps ce fameux maillot national fut porté par des hommes aux noms dont la consonance sonnait l’étranger : les Kopaszewski, Piantoni, Platini, Zidane, Mimoun, Jazy ou dont la couleur de peau nous rappelait notre passé colonial voire esclavagiste : Bambuck, Pérec, Thuram, Karembeu...

Est-ce que le Villiers-le-Bel de Myriam Soumaré est si différent du Trappes d’Anelka ? Différents le jeune Christophe Lemaître et le jeune Jérémie Toulalan non des petits gars bien de chez nous, le premier rayonne, le second balbutie des conneries pour s'expliquer « je ne sais pas ce qui m’est arrivé... »

Alors où se situe ce fameux gap ?

Juste avant eux, nous, les parents, les dirigeants, les cadres, tous ceux qui éduquent et forment, tous ceux qui sont les garants du bien public, les dépositaires de la vie collective, les transmetteurs, les passeurs de valeurs, celles et ceux dont les trajectoires prennent la valeur d’exemple.

Les deux sports en question s’appuient sur le bénévolat de milliers d’hommes et de femmes dévoués et désintéressés qui eux aussi sont à l’image de notre pays.

Alors l'argent, le buiseness, les sponsors, les agents, les grandes fédérations... ont-ils étouffé ce qui faisait la beauté et la dignité du sportif ? Je ne le crois pas. Le sport reste encore un espace d'accomplissement et de dépassement de soi et un magnifique spectacle pour lequel tout un chacun peut s'enflammer, s'enthousiasmer. Que nous le voulions ou non nous sommes devenus, à de rares exceptions, des consommateurs réguliers ou occasionnels de spectacles sportifs télévisés. Tout ce pervertissement par l'argent part de nous. 

 

En effet la télévision est une gigantesque pompe à fric qui transforme les compétiteurs et les compétitions en de fabuleux générateurs de droits. Des joueurs hommes-sandwiches, une FIFA entreprise mondialisée, des contrats aux chiffres mirobolants qui, au bout du bout, ramené au chiffre d’affaires généré, ne représentent que l'épaisseur du trait. La boucle est bouclé et lorsque vous posez votre cul devant votre télé c’est vous qui devenez le fait générateur de ce grand barnum.

Ça donne à réfléchir, ça devrait nous donner à réfléchir... 

 

Mais, pour en revenir à ma belle phrase-titre qui fait référence à une situation réelle, extrême, je me dis : nos joueurs feraient-ils comme eux ? Je ne sais. Lisez !

  « Pour les nazis aussi, le football était une question d’Etat. En Ukraine, un monument a été élevé aux joueurs de Dynamo de Kiev de 1942. En pleine occupation allemande, ils commirent la folie de battre, dans le stade local, une sélection d’Hitler. On les avait prévenus :

–       Si vous gagnez, vous mourrez.

Ils entrèrent sur le terrain résignés à perdre, en tremblant de peur et de faim, mais ils ne purent résister à l’envie d’être dignes. Ils furent fusillés tous les onze avec leurs maillots, au bord du ravin, à la fin de la partie. »

 

Même si cette histoire racontée par Eduardo Galeano est un peu romancée la réalité fut encore plus incroyable ... et n’enlève rien à la dignité de ces joueurs.

 

« En fait, une première équipe de l'armée de terre allemande fut battu le 12 juillet 1942. Les allemands furent très désappointés mais aucune arrestation n'eut alors lieu. Ils choisirent d'organiser un autre match avec une équipe plus forte. Le 17 juillet, le Dynamo remporta ce match 6-0 !

Les allemands choisirent alors une équipe hongroise, alors réputée pour son jeu, pour jouer le 19 juillet. Elle perdit ce match 5-1. A noter une ligne du rapport de ce match :
"Malgré le score, les équipes peuvent être considérées de force égales" ...
Un match retour organisé par les hongroise termina par une nouvelle victoire du Dynamo 3-2 le 26 juillet 1942.

Le 6 Août 1942, était organisé un match contre l'équipe de la Luftwaffe. C’est ce match perdu par l’équipe allemande 4-1 qui est entré dans la légende. Mais celui ci ne se termine pas par l'exécution des joueurs de l'équipe ukrainienne.

Il fallut une nouvelle victoire le 9 Août sur cette même équipe et une dernière humiliation (8-0 !) le 16 Août 1942 pour que cette équipe entre dans l'Histoire.

 

Selon les versions, 4 joueurs furent exécutés : Ivan Kuzmenko, Mykola Trusevich, Olexiy Klimenko and Mykola Korotkikh. D'autres sources donnent 8 joueurs abattus. Tous les autres furent déportés et un seul survécu après la guerre : Makar Honcharenko. »

 

Une photo rarissime  des participants du match du 9 août 1942 à Kiev, prise , selon certaines informations, par l’arbitre de la rencontre et conservée dans l’archive du journaliste I.Konontchuk. 
Les footballeurs ukrainiens sont en maillots sombres, les allemands – en maillots clairs.

 

dk4-copie-1.jpg

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

tchoo 08/08/2010 15:42



 


Ce qui est arrivé avec les footballeurs, ne m'étonne qu'a demi. on peut toujours mettre cela sur la folie de l'argent, pourtant bien souvent dans le sport amateur dont je m'occupe on cotoie des
parents, dirigeants et aussi des joueurs pas guère plus reluisant!



jacques 08/08/2010 07:03



belle leçon de morale...tres bien de nous rappeler ces Kopa Pantioni...etc ils faisaient parti de ces "immigres" qui ont apportes a la france  ...comme mon grand pere mais eux ils ont appris
la Marseillaise,..ils ne brulaient pas le drapeau français...ils respectaient tout simplement TOUT et TOUS...heureux que la france LUI donne a manger ...ils etaient Français. ce qui
n'empeche pas de garder ses racines et ses pratiques mais " A ROME VIT COMME LES ROMAINS ...."  .quand a la reflection de Mr Noah.....!!!!! 
certains sont français le jour du cheque!!!  .merci pour ces precisions sur l'histoire. comme d'habitude c'est excellent.


sans polemique et encore bravo a toute l'equipe d'athletisme...


bon dimanche a tous



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