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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 00:09

« Le Français manie volontiers l’ironie. Se sentant souvent supérieur aux autres, il lui plaît de le faire sentir. Les piques de Talleyrand, prince de Bénévent, laissaient rarement leurs victimes indemnes. L’Anglais, lui, fait de l’esprit. Non pas qu’il se sente supérieur aux autres Rule Britannia… mais il a, à leur égard comme à l’égard de lui-même plus de distance et de recul. Il pratique un second degré à la vertu protectrice. Cela s’appelle l’humour. »


Ces propos de François David, fin connaisseur de nos voisins britanniques, dans son charmant petit livre « So British » chez Albin Michel. link me permet de bien cadrer mon propos de ce matin.


Bidochon--1-.jpg

 

Dans une revue très sérieuse, ou du moins ceux qui y écrivent se prennent très au sérieux, « philosophie magazine », une étrange question a été posé à un chef de cuisine de renom : « L’humour est-il indissociable de la cuisine ? »


Sans vouloir chambrer, au sens ancien du vin, nos amis anglais, je n’ai jamais trouvé que leur sens de l’humour avait eu une influence heureuse Sur leur gastronomie. Trêve de plaisanterie mais vous me concèderez aisément que ce n’est pas le genre de question que je poserais en premier lieu à maître de haute-cuisine. Ça sent la question téléguidée par le profil même de celui à qui vous la posez. Je vois mal un de nos illustres critiques gastronomiques en faire leur plat de résistance auprès d’un monument historique tel Bocuse.


Pour compléter ma réflexion je dois avouer que les chefs français et étrangers de la nouvelle génération, ont pour certains du talent, mais sont dénués d’un quelconque sens de l’humour. S’ils font de l’humour en cuisine c’est avec un esprit de sérieux qui aurait du mal à dérider un quarteron de VRP en goguette.


La réponse est à la hauteur de la question : convenue.


« Les sens sont au nombre de cinq, mais à … nous en prenons un « sixième » : la raison et la réflexion qui doivent intervenir dans le jugement culinaire. Dans l’acte de manger, il y a quatre types de plaisirs : le plaisir physiologique d’apaiser la faim ; le plaisir des sens – le goût, l’odorat, la vue, le toucher ; le plaisir de la convivialité – l’émotion liée aux attentes, à la compagnie, à l’instant. Enfin, ce « sixième sens », avec ses ingrédients immatériels que sont la surprise, le jeu, l’ironie, la provocation… Le sens de l’humour est primordial, car il permet d’atteindre une certaine distance avec le plat. Il y a quelques années, nous servions un cocktail de piña colada : une coupe contenant du lait de coco avec des billes sphériques de rhum blanc. Au sommet de la coupe apparaissait une barbe à papa sur laquelle le serveur versait le jus d’ananas. Le coton du sucre se dissolvait au contact du liquide et s’incorporait avec lui au breuvage. Ce cocktail (qui s’appelait piña colada barbe à papa qui s’en va) s’appuyait sur un ingrédient intangible : le sens de l’humour. »


CQFD.


Et bien sûr M.d.r…


Sans commentaires !

 

Bien sûr tout le monde aura reconnu le chef en question et son célèbre restaurant donc nul besoin pour moi de le mentionner.


Dans la même veine le communiqué du Syndicat Viticole et Agricole de Pomerol.

 

photo640.JPG

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Pierre et vacances arnaque 26/12/2013 12:42


L'humour en cuisine est plutôt disparate de nos jours avec les nouvelles recrues et chefs en herbe! Je pense que l'humour en cuisine vient avec l'expérience et l'âge, lorsque l'on débute, il est
plutôt question d'être sérieux pour faire ses preuves. Une fois que le chef a su faire ses preuves, il peut se permettre de mettre en place une ambiance sérieuse tout en mettant une touche
d'humour.
Merci pour cet article plus ou moins "philosophique"!
A bientôt! 

Aredius 26/12/2013 10:08


"le plaisir de la convivialité "


Comment disait-on avant Ivan Illich  bien
oublié de nos jours ? à moins que nos philosophes n'aient lu Brillat-Savarin


http://lefenetrou.blogspot.fr/2012/03/la-convivialite-ivan-illich-brillat.html

Alain Leygnier 26/12/2013 08:24


Ne pas confondre faire les choses avec sérieux et se prendre au sérieux. L'intérêt et la nouveauté de "Philosophie magazine" (je ne suis pas actionnaire) est de donner une forme journalistique à
la réflexion philosophique, de mettre cette dernière à la portée du plus grand nombre. Je discerne, quant à moi, un humour discret dans les articles de nombreux auteurs. La philo, discipine
aride, prend nécessairement la forme d'un langage technique, parfois rebutant au premier abord. Mais reproche-t-on à un vigneron de parler de macération pré-fermentaire, de maturité phénolique ?

JACQUES BERTHOMEAU 26/12/2013 08:53



Je signale qu'il s'agit non d'un article de fond mais de l'interview d'un chef de cuisine et je n'aborde pas l'humour des articles de Philosophie Magazine  mais le thème de la question : le
sens de l'humour en cuisine.



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