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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 00:09

L’Aveyron ça sonne bien avec vigneron mais c’est un pays plus connu pour ses hautes terres, monts d’Aubrac et Grands Causses, pays d’élevage où sont nés des fromages renommés : le Roquefort et le Laguiole. Et pourtant les vignes se sont agrippées aux pentes modelées à la force des bras, murets de pierre sèche et escalier de géants en témoignent. Bien sûr, lorsqu’ils sont restés au pays les aveyronnais sont plus paysans et éleveurs que vignerons, mais comme ceux qui sont montés à la ville ce sont des entreprenants, âpres à la tâche, mais soucieux de leur pays, de leur terre. Ici la vigne se jardine. Comme elle n’est pas dominante elle s’accroche, s’insinue dans le paysage, voisine des sites remarquables : le château d’Estaing et l’Abbaye de Conques dont le cartulaire fait état dès le Ixe siècle des premières terres à vigne s’élevant sur les terrasses du Fel... Vignoble enclavé, tourné sur lui-même, méconnu ou même décrié, paradoxalement il fait parti de ceux dont l’avenir est bien plus assuré que celui de grande mer de vignes plus connues, plus renommées.

 

Pourquoi me direz-vous ? Tout bêtement parce que l’Aveyron est un pays vert, accueillant, où la table est fort bien garnie d’une cuisine simple, nature, de caractère et goûteuse. La recherche de l’authentique sans les fioritures de ceux qui le vendent au mètre, sur affiche ou papier glacé, conduisent ceux qui mettent leurs actes en harmonie avec leurs paroles à y venir d’un coup d’aile ou via le viaduc de Millau. Certes tout n’est pas parfait en Aveyron, mais sous l’impulsion d’hommes comme André Valadier et Christian Valette qui font leurs produits à la fois avec leur cœur mais aussi avec le souci de générer et de garder de la valeur au pays, la tendance productive pourra s’infléchir. Loin des batailles médiatiques qui servent plus le cursus politique de certains, celle-ci est plus modeste, moins spectaculaire, mais bien plus en phase avec une réelle demande sociale. Faire de bons produits, les faire apprécier in situ tout en les mettant à la portée des urbains comme l’a montré la mise en avant au restaurant du Ministère de l’Agriculture, rue Barbet de Jouy, des produits de la filière bleue, blanc, cœur. La bataille du mieux manger se gagnera de cette matière intelligente et pragmatique. J’y reviendrai dans une future chronique.

 

Et les vins dans tout cela ? On pourrait me rétorquer que cette belle mosaïque de plateaux entaillées par de multiples cours d’eau, avec de terribles dénivellations, où les parcelles sont forcément petites, à hauteur d’home, sans jamais écraser le paysage, n’est pas forcément synonyme de bons vins. J’en conviens mais cette poignée d’hectares 20 pour le VDQS d’Entraygues et de Fel, 19 pour le VDQS d’Estaing, 57 pour les Côtes de Millau, 200 pour l’AOC Marcillac et quelques arpents pour les anciens vins de pays de l’Aveyron, a de l’avenir et si, les droits de plantation de la vigne venaient à ouvrir un peu plus la porte, non pas à la libéralisation – sacrilège absolu pour tous les libéraux de la vigne – à une gestion plus intelligente de l’adaptation de l’offre à une réelle demande marchande, ces ont de l’avenir par leur bonne adéquation avec l’image de leur pays. Bien sûr ce ne sont pas des grands vins mais des vins qui seront bus et qui rendront joyeux et heureux ceux qui les auront bus. Le vin n’est pas qu’un produit d’admiration, d’adulation pour grands amateurs c’est, ou ça devrait être avant tout un produit de partage et de convivialité.

 

Alors, comme ce n’est pas profession, je mets au défi les dégustateurs patentés d’aller trainer leur longs nez dans les chais aveyronnais. Pour ce faire je leur joins, les cartes et la liste des vignerons. Paris-Rodez est desservi par Air France la virée peut se faire en deux ou trois jours. Pas un très gros investissement pour nos revues spécialisées, faisable non ! Pour ma part j’ai chroniqué sur un humble vin de pays celui de Patrick Rols link et si certains audacieux veulent se risquer jusqu’en Aveyron je peux leur servir de GO, le service étant compris bien sûr. Au plaisir de vous lire chers confrères.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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Luc Charlier 23/07/2011 12:20



Je pense que le taulier – qui aime les décorations ou en tout cas ne les refuse pas – mérite le Grand Cordon de l’Ordre des
Entremetteurs, avec Palmes ! Moi, il m’a mis en contact avec BEAUCOUP de monde déjà, et du beau monde. Il n’y a guère que BOF que je n’aie pas rencontré. Mais peut-être ne le désirai-je pas
assez ardemment ?


@tabellion, alias Daniël Chérel : oui Maître, il se peut que nous tombions d’accord même sur autre chose que les sujets
viniques.


Confidentiel, le Puch du Forgeron ? Je crois qu’ils en ont fait plus de 3000 bouteilles, c’est autant que ma Loute et mon Casot
réunis ! Et sur 10 ares de vigne encore bien (oh, la salope que je suis !). Bien sûr, à côté des Petrus et Yquem des grandes maisons, cela fait peu de caisses. Mais nous, c’est fait
pour boire.


NB : et les « caisses » ne sont que des cartons.



daniel cherel 23/07/2011 12:10



C'est ben vrai Jacques, Merci



daniel chérel 23/07/2011 12:03



Commentateur volubile, à son habitude Léon l'infatigable "Routard" déroule cette fois  ses bonnes adresses  para comer et para beber. Je viens de passer une petite quinzaine dans
l'Aveyron, le Cantal région que j'aime beaucoup  de cette France profonde mais encore vraie. Le but de mon commentaire est de vous faire partager le plaisir que j'ai eu de me retrouver à
49km de Laguiole (mais presque une heure de route)d'Aumont Aubrac  en Lozère. Ce n'est pas par hasard que j'ai choisi cette destination que je connaissais déjà pour avoir il y a quelques
années "fait" le chemin de Saint Jacques de Compostelle. A l'époque soirée étape dans un gîte, normal pour des pèlerins, avec aligot au repas. Cette année changement de décor : Grand hôtel
Prouheze à Aumont Aubrac. Pourquoi avoir choisi  Aumont Aubrac, bourg de peu d'intérêt sauf que c'est le fief de mémée Cad et qu'à force de lire ses commentaires parfois hargneux, parfois
sulfureux, j'avais envie de voir "sa bobine" pardon Sylvie. J'ai passé une excellente soirée dans cette maison raffinée et accueillante qui mérite le détour. La cuisine de Pépé Cad, alias Pierre
Roudgé  y est recherchée. Rien d'étonnant pour cet ancien chef étoilé de la Belle Epoque et de chez Vanel à Toulouse. Sylvie n'est pas au fourneaux mais partout à la réception, en salle et
en particulier à la cave dont elle est fière. Il est vrai que la carte des vins  est digne d'une grande maison : Petrus côtoie Yquem c'est tout dire à des prix qui restent très raisonnables
même s'ils ne sont pas accessibles à toutes les bourses...... Je ne me souviens pas avoir vu des vins d'Auvergne ce qui n'a rien d'étonnant puisque on est dans la région Languedoc Roussillon. Les
vins de Luc Charlier sont proposés. Sylvie a choisi les vins pour nous  qu'elle nous a très gentiment offerts. C'est ainsi que j'ai eu l'occasion de goûter le vin confidentiel de Michel
Smith and Co ;  je m'attendais à un vin puissant  comme le vin du Gard dont je n'ai pas conservé en mémoire le nom  :  au risque de le vexer je le qualifierai de vin léger et
 agréable à boire mais sans plus. Pierre Roudgé nous a rejoint après le repas dans le salon pour nous parler de son parcours professionnel. A 23h30 Pierre et Sylvie n'avaient pas encore
diner.Luc dans son commentaire a fait un clin d'oeil à Mémée Cad, Quant à moi je veux simplement remercier Sylvie et Pierre  de leur accueil et de ne pas hésiter à faire étape chez eux (tant
qu'ils sont encore là) c'est une bonne maison.. 


,  



JACQUES BERTHOMEAU 23/07/2011 12:06



Et le taulier il sent le gaz  qui c'est qui qui a fait que ces rencontres se fassent. Bonne journée à vous
tous...



Luc Charlier 22/07/2011 10:04



Comme il est brave gars, Léon veut internationaliser son carnet d’adresses aveyronnais. Jacques a raison, c’est un département
merveilleux, de l’Aubrac au Rouergue en passant par le Ségala. Un petit clin d’oeil à Mémé Cad en passant, car chez elle c’est déjà la Lozère, mais juste, juste, juste !


Tout va par deux dans ce pays, enfin ce sont mes duels à moi :


. Deux chambres d’hôtes sensationnelles à prix raisonnable : (i) Le Boüet (www.chateaudebouet-aubrac.fr chez Evelyne et Michel) ou encore (ii) l’Esparrou, plus bas à gauche sur la route qui va de Laguiole à Espalion, à hauteur de Montpeyroux.


. Deux bonnes adresses de vigneron à Marcillac : (i) Jean-Luc Matha à Bruéjouls, et notamment sa cuvée Pèirafi, pour ceux qui
aiment le mansois « ferme » et à belle acidité. Longue décantation nécessaire. Ou bien (ii) le Domaine du Cros (Ph. Teullier, pas taulier), un peu plus souple et abordable. Pas besoin
de longues incantations pour torcher la bouteille.


. Deux excellents restaurants en Rouergue : (i) le Sénéchal de Michel Truchon à Sauveterre-de-Rouergue, mais ce n’est pas un
tuyau et (ii) La Renaissance à Capdenac-Gare (www.larenaissance-capdenac.fr) où Isabelle tient la salle
(et choisit les vins) tandis que Gilles officie en cuisine. Il est du coin et est venu reprendre une pizzeria (qu’ils rénovent petit à petit; la façade « fait encore peur » mais
l’intérieur est accueillant) et la transforme en « gastro » après un parcours chez plein d’étoilés. Ce sont des bosseurs, ces deux-là. Facile à trouver, dans la grande rue qui traverse la ville.


. Deux fromageries à Laguiole : (i) la coop du coin (Jeune Montagne, je crois) avec 5 ou 6 déclinaisons de l’Aubrac et du
Laguiole (suivant que le lait provient uniquement de la race Aubrac ou non), dont un « Grand Aubrac » (lait d’été, 16-18 mois d’affinage) d’un rapport qaulité-prix sensationnel. Et puis
(ii) Ecire, toujours sur la route d’Espalion, avec de petits buronniers sympas et du demi-frais très onctueux.


 


Et puis, juste au-dessus, dans le Cantal, deux extrêmes : (i) l’Auberge Fleurie à Montsalvy qui offre une carte des vins de
connaisseur, très éclectique, à 800 m d’altitude, mais .... nous avons eu des mots avec le patron un peu hautain tandis que sa soeur assure une ambiance très « olé-olé » en salle. Et
(ii), bonheur absolu, le Château de Couffour à Chaudes-Aigues où Serge Vieira, votre Bocuse d’or 2005 et son adorable femme Marie-Aude, secondés par une équipe de jeunes collaborateurs tous plus
passionnés les uns que les autres font TOUT pour vous faire passer un moment inoubliable. La carte des vins présente une particularité rare : dans chaque appellation, elle laisse de côté LA
vedette incontestée et vous présente toujours les runners-up (les dauphins ?) à des tarifs très étudiés. La sommelière, fine dégustatrice, devrait par contre apprendre à
maîtriser les bolides : à peine le permis en poche, elle se brisa le poignet au guidon du gros cube de son père. Heureusement qu’avec les capsules à vis on peut se débrouiller !



MarionAveyron 22/07/2011 08:57



@Guillaume: voici le lien à copier et coller:


http://www.tourisme-aveyron.com/fr/deguster/visites-degustations.php?tfo[gC]=|MoVisitesDegustations|VisitesDegustations||-2|-TT



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