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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 00:09

Comme je l’ai écrit hier je suis tombé sur ORTO par hasard, je cherchais un bar pour picorer des cichetti. La Calle delle botteghe m’ouvrait les bras, paisible et, levant d’abord les yeux je découvrais une belle enseigne : vineria Dai do Cancari puis en les baissant mon regard d’aigle captait la proie. Je poussai bien sur la porte accueilli gentiment par Zeno Stringa qui me conseillait d’aller chez son voisin le plus proche pour me restaurer. Bonne pioche ! Je revins donc quelques jours plus tard pour faire mon reportage.

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Pour ne rien vous cacher, l’éclectique Guillaume Nicolas-Brion, avant mon départ avait placé ce nom sur ma feuille de route en le soulignant en rouge mais comme je ne suis pas de ceux qui courent derrière des quilles mais plutôt derrière les filles, j’ai remisé l’info dans la partie la plus reculée de mon cerveau. Sauf que le bougre de Michel Thoulouze, en bon homme des médias, était là où je ne l’attendais pas. Faut dire que son patronyme évoquait chez moi des souvenirs. Renseignements pris, je comprends parfaitement que naître à Pézenas dans l’Hérault en 45, qu’être rentré en journalisme en 68, qu’être le créateur de 7 sur 7 en 1981, qu’avoir été le directeur de l’info de la 2 sous Desgraupes en 82, que recevoir un 7 d’or en 1997 pour les Nuls, que claquer la porte à la gueule JMM moi-même, prédisposait bien évidemment Michel Thoulouze à entamer sur le tard une carrière de vigneron-star dans un petit paradis, l’île de San Erasmo au cœur de la lagune de Venise.

 

« C’était au tournant du siècle. « J’ai appris que Venise avait eu ici un vignoble, jusqu’au XVIIe siècle. Je l’ai vérifié sur d’anciennes cartes », raconte-t-il à un journaliste. En 2002, « répondant au défi d’amis italiens, il décide alors, sans rien y connaître, de planter des vignes autour de son domaine. » 11 hectares, les gens du cru le prennent pour un pazzo, un fada. Pour un défi c’était un vrai défi que de réimplanter de la vigne dans une île où les agriculteurs cultivaient le petit artichaut violet. Les convaincre d’abord puis trouver les bons cépages. Ce fut Alain Graillot, l’homme de Crozes-Hermitage, qui s’est chargé de sélectionner les cépages retenus. Des cépages locaux, italiens du nord, la malvasia istriana, un cépage de Vénétie, auquel a été rajouté du vermentino et du fiano di Avellino pour constituer « un assemblage précis, tout en fraîcheur et en acidité contrôlée. » plantés « francs de pied ». Pour le travail préalable du sol, avant les plantations, c’est le couple Claude et Lydia Bourguignon, « qui ont déclaré la terre de San Erasmo idéale pour réaliser un beau vin blanc. » Vignes hautes, deux mètres, « grâce à de minuscules canaux en forme de dents de peigne, l’eau de la lagune vient chaque jour purifier la base », le vin du domaine d’Orto est vinifié par Graillot, dans le chai de vinification spécialement construit pour l’aventure. « Une aventure qui a un coût : 1 million d’euros environ ». L'Orto est en 2008 sur les tables des restaurants de Venise.

 

Michel Thoulouze en est donc à sa quatrième récolte d'un blanc baptisé Orto Venezia (Jardin de Venise), un vin « sec et rectiligne » dont on dit qu’il est « charpenté et si minéral qu'on le croirait presque salé » J’en ai acquis une bouteille pour la somme de 30€. Pour la déguster je convoque ce jour le GJP : le Grand Jury Parisien : ce qui se fait de mieux sur la place de Paris ce qui créé bien sûr d’énormes jalousies. En son temps je vous communiquerai leur implacable jugement, de Paris bien sûr. Enfin comme à Venise l’Histoire est toujours présente sachez que désormais, Michel Thoulouze possède un privilège unique : « ouvrir et fermer lui-même les écluses de San Erasmo. « C’est le magistrat des eaux de la ville qui m’a remis les clefs », raconte-t-il avec fierté. »

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Toutes les citations sont extraites de 2 articles :

- le JDD.fr du 26 septembre 2009 signé Benoît Simmat

- L’Expansion.fr du 1 novembre 2010 signé Bernard Poulet

Merci à eux.

 

Merci aussi à Marco Nordio le propriétaire de la vineria do Dai Cancari www.daidocancari.it et à Zeno Stringa. Je pondrai une autre chronique sur l’offre de vins français de leur boutique.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Luc Charlier 13/07/2011 08:31



DSana ?


Je connaissais l’ID 19, avec sa carosserie design tout en acier.


Ensuite est venue la DS 21, plus légère, en croute d’aluminium.


Maintenant, il y a la DS K, qui n’est plus en tôle (très drôle).


Mais la DS ana ? Est-ce une version sodo, SM, pédo ... ? Je m’interroge.



Michel SMITH 12/07/2011 22:53



La commande remonte à Mathusalem, Mam Cad, et mon esprit de DSana est à bout 



EmbusCad 11/07/2011 19:26



Hello Luc j'aurai le droit de goûter moi aussi? pas de raison que seul ton Forgeron préféré (de la Tribu dont on a souvent entendu parler) bénéficie de faveurs, non mais, merdalors



Luc Charlier 11/07/2011 14:04



On rattrape son retard comme on peut (8 jours d’absence).


Marie-Louise Banyols, c’est elle qui m’a fait découvrir pour la première fois – à Céret bien sûr - le subtil mélange de la pâte
persillée (sans doute du Roquefort mais je ne le jurerais pas), de la crème fraîche, des noix, du pain d’épices et des Rivesaltes ambrés, le tout mélangé bien sûr. Je ne sais pas non plus si
c’était son mari ou son beau-frère - ou son frère ? - en cuisine ce soir-là. Mélange tout, moi. Par contre, du temps où les Graves (de Bordeaux) voyaient mes pneus, elle n’était pas encore
chez Florence Cathiard où d’ailleurs l’aromathérapie balbutiait.


Et la bagnole, c’est elle qui m’a ramené de l’île d’Yeu (via Fromentine bien sûr, puis La Rochelle et le Sarladais) à Corneilla (33
degrés aujourd’hui, trop pour Léon qui se sentait mieux sur l’Atlantique). Et cette Vendée, cette presque Bretagne, que je viens de découvrir me rappelle – cherchez le lien – qu’il faut que je
reprenne langue avec Jean Plouzennec.


Tiens, tout se bouscule, se précipite. Demain assemblage final de mon Maury et dernier soutirage (mise le 1er août). Puis
idem du tout premier Rivesaltes (un grenat) du domaine, pour la même raison. Et idem de ... La Loute 2010 : elle a enfin fini sa malo et Michel Le Forgeron trépigne pour avoir ses
bouteilles. Même que je vais me tirer quelques magnums.


Destination : PMG de GC !


Salivons, mes frères, voici quelques cadavres mémorables de la semaine écoulée : Bourgueil de Pierre Breton 2008, Effusions 2008
de Patrick Baudouin, Thénac 2010 (Bergerac blanc excellent, si si), je ne sais plus lequel des Marmande d’Elian Da Ros 2009, Tempier Cuvée Spéciale 1989, Cuvée Ste Catherine 1992 des dames Faller
.... Et le flop total : Clos Vougeot 2001 dont j’ai préféré oublier le nom. Il m’a valu une descente aux enfers orchestrée par les amis de mon hôte, car j’ai dit honnêtement ce que j’en
pensais, crime de lèse-pinot ultime ! Cela doit être le 400ème Vougeot d’affilée qui ne vaut pas tripette.


Enfin, un grand bravo à mon ami Xavier pour sa mouclade. Ah bon, vous ne savez pas ce que c’est ? Je l’ignorais aussi.
Lisez : des moules (de bouchot) marinières auxquelles on ajoute avant de servir de la crème fraîche et du curry de Madras. Typiquement vendéen ... mais fort bon néanmoins. Ben oui, quoi, on
exporte des esclaves puis on importe du curry.



Michel SMITH 08/07/2011 05:56



Tiens, le Pôvre Jacques, ça me rappelle une adresse gourmande à Béziers, près des arènes... Rien à voir avec les ânes, ni avec Arthur H... Mais faut que j'file...



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