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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 00:25

 

Au hasard de mes lectures, dans une numéro de la revue Autrement consacrée aux Paysans : mémoires vives 1900-2000, récits d'un monde disparu, je suis tombé sur un texte : La locomobile Merlin de Vierzon qui m'a fait me souvenir, qu'avant l'arrivée du premier Société Française Vierzon, la première batteuse de mon père était entraînée par une locomobile. Je n'ai plus souvenir de sa marque mais, pour l'une de nos batteuses, j'en suis sûr, c'était une Merlin. Pourquoi ce matin évoquer ce passé qui paraît si lointain ? Tout simplement pour, en quelques mots, évoquer les affres de mon père lorsqu'il lui fallut dans les années 60, se résoudre à investir dans une moissonneuse-batteuse de marque Class. Il sentait que tout un pan de notre monde paysan, avec cette nouvelle fracture mécanique, disparaissait. Les battages ne seraient plus ce rituel ordonné et immuable. Une fête collective ! On entrait dans le chacun pour soi " mon champ est prêt à battre ", l'urgence, la rapidité, l'insouciance du produit. Dans la symbolique aussi le blé perdait son pur statut nourricier, avec l'explosion des rendements il devenait de plus en plus fourrager, simple ingrédient pour les aliments composés pour le bétail, au même titre que les résidus de maïs importés des USA. 

 

Je dédie donc, ce texte, à mon père, Arsène Berthomeau, qui aimait tant ses battages que, plutôt que d'attendre chez le médecin, il est allé s'asseoir, un après-midi de foire de Mothe, en bout de champ, dans la cheintre, sur une botte de paille expulsée par sa grosse machine grise, pour se laisser glisser doucement sur le flanc et nous quitter avec son éternel sourire.

" Mes grands-parents avaient une locomobile probablement dès avant la "guerre de 14", raconte Alain Bordes. C'était des gens qui aimaient les machines, ils aimaient surtout la mécanique, ils en avaient le virus. Non seulement ils travaillaient leur ferme au Pesch, mais ils avaient monté dans le village une scierie, ils faisaient l'entreprise de battage et très rapidement mon père est devenu agent d'une marque de tracteurs et réparateur de machines agricoles. La locomobile, c'était une Merlin de Vierzon. Il n'y avait pas trente-six constructeurs en France à cette époque. La grande industrie du machinisme agricole était née dans une zone géographique où on avait besoin de machines en raison de l'immensité des surfaces cultivées. Les établissements Merlin, c'était quelque chose. Leurs voyageurs de commerce allaient partout. Mon père, quand j'étais gosse, me racontait qu'il avait souvent vu venir dans la maison le voyageur de Vierzon qui restait là deux ou trois jours pour conclure les affaires. Ces locomobiles à vapeur entraînaient les batteuses avec de très longues courroies. C'était des machines qu'il fallait chauffer comme une locomotive à vapeur. C'était très long. Une fois chaudes, il n'y avait plus qu'à entretenir le foyer et ça tournait parfaitement. Pour les battages, les gens s'entraidaient d'une ferme à une autre. Ils se rendaient à la ferme concernée lorsqu'ils entendaient le sifflet de la locomobile. En effet, lorsqu'elle avait atteint son point de chauffe normal et la bonne pression, le conducteur tirait le sifflet qui émettait un bruit de corne de locomotive à vapeur."

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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