Vin&Cie, l'espace de
liberté
Chaque jour, avec votre petit déjeuner, dans ce petit espace de liberté, une plume libre s'essaie à la pertinence et à l'impertinence pour créer ou recréer des liens entre ceux qui pensent que le vin c'est " un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes..."
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Dans le petit monde des "écrivins" on s'aime, je dirais même plus on se voue un amour vache, féroce, les plumes se trempent plus
facilement dans le fiel que dans le vin doux, les petits marquis préfèrent la kalatchnikoff au fleuret moucheté. Comme je suis à l'affut des grandeurs et des faiblesses des hommes je ne résiste
pas au plaisir de vous livrer le fruit d'une de mes récentes lectures. L'opus date de 2004. Je l'ai acheté sur le Net d'occasion. Lors de sa réception j'ai constaté que c'était un envoi d'auteur.
Je vous livre la dédicace : " Cher Bernard Franck, vous attendiez un livre sur Tacite (il viendra), voici un livre sur le vin ! votre Sébastien Lapaque.
Mardi Gras 24 II 2004". Les héritiers font un peu de liquide sans doute. Je note une certaine révérence. Bref, puisqu'il s'agit d'un livre consacré à Marcel Lapierre dont j'apprécie
le Morgon je ne vais pas faire le réveillon sur la dédicace mais j'adore les mœurs du petite monde des lettres : entre critiques, critiques et écrivains... De très belles pages sur Jules Chauvet
comme sur le parcours de Marcel Lapierre avec tous les tics d'écriture de Lapaque qui n'aime rien tant que d'étaler son immense culture (cf *) tout en jouant les modestes. Ne vous
impatientez pas j'en arrive au costard taillé à Périco Légasse. Un grand moment de saine méchanceté, Lapaque dit de "déconner", sur le dos large du tonnant critique de Marianne.
" Ainsi Périco Légasse, chroniqueur gastronomique attitré de Marianne, s'en prenant dans un article de mai 2003 aux vins de "chefs de clans, de gourous et autres sectes ou membres de clubs
apocalyptiques" . Parmi quelques vignerons livrés à la vindicte publique, Périco Légasse citait évidemment Marcel Lapierre. cela s'appelle le complexe d'Erostrate*. La volonté de laisser son nom
dans l'histoire parce qu'on a brûlé et détruit plutôt que par ce qu'on a construit. Périco Légasse, qui a naguère totalement raté l'élevage et la mise en bouteilles d'un Touraine Azay-le-Rideau
"non chaptalisé, non filtré, non soutiré et faiblement soufré" (sic), fait penser à ces critiques littéraires qui descendent les bons romans parce qu'ils ont été incapables d'en écrire un seul
correct (1).
Il en aurait mieux fait de s'en tenir à son emploi d'origine et de rester le chauffeur de son patron, le sémillant Jean-François Kahn. " Périco Légasse me semble plus habilité à conduire une
caisse qu'à prendre des caisses", s'amusait un jour Marc Sibard, tandis que nous moquions l'impudent en vidant quelque splendide flacon de "bio-piquette" aux caves Augé ; sacré Sibard ! Toujours
prêt à réhabiliter l'antique manière, lumineuse, fraternelle et roborative de déconner. La manière française, celle à laquelle seront toujours étrangers les collectionneurs d'étiquettes qui se
font une opinion sur les vins en suivant leur cotation sur les marchés japonais et américain. Les malheureux ont du souci à se faire. Le morgon de Lapierre s'y porte bien."
(1) Me vient le souvenir d'une brève parue dans Marianne laissant entendre que j'avais conclu un pacte avec Josyane Savigneau, directrice du Monde des Livres, et donc rallié le système Sollers.
Le naïf rédacteur de cette information courageusement signée sous pseudonyme (Périco Légasse ? Jean-François Kahn ? un ou une de leurs domestiques ?) aurait dû comprendre qu'il me manquera
toujours quelque chose pour cela. Je ne bois jamais de bordeaux.
Ceux qui me lisent depuis longtemps savent que je ne suis pas un fan de Périco, ni un lecteur de Marianne, mais ce cher Lapaque qui n'a commis qu'un malheureux roman - mauvais d'ailleurs -
lui claque le bec avec une suffisance qui me déplaît (le coup des domestiques aussi m'est resté sur l'estomac). Surtout lorsqu'il s'appuie sur une note en bas de page tout à fait dans le ton des
"petits soucis" de la gent littéraire parisienne. Quand à la déconnade qu'il place dans la bouche de Sibard elle est sous sa plume, au fond, très méprisante et méprisable. Ainsi va le monde où
tailler des costards à des gus, qui le portent déjà fort mal, est facile. Trop facile donc dérisoire...
Attention demain, même si c'est un samedi. sera un jour important sur le blog Berthomeau. Prenez le temps d'aller y faire un petit tour rien que pour me
faire plaisir...
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