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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 06:00

Truman Capote : l'enfant terrible de la littérature américaine ...

Qui n’a pas lu à 50 ans De sang-froid de Truman Capote a raté sa vie !

 

Amazon.fr - Truman Capote - De sang-froid - traduit par Raymond ...

 

Dans le cadre d’un été résolument culturel je vous offre une réflexion sur la vérité romanesque, dans Cercueil sur mesures, Capote a poussé le bouchon un peu loin, mais peu m’importe ça m’est égal car il a atteint un degré de vérité incomparable.

 

Après le succès phénoménal remporté par De sang-froid, Capote avait délaissé le genre romanesque pour revenir à ses premières amours : la nouvelle. Le recueil Musique pour caméléons, publié en 1980, réunit 7 textes, dont un, en particulier… sous-titré Récit véridique non romancé d’un crime américain, Cercueils sur mesures décrit une série de 7 meurtres ayant frappé une petite ville américaine du Midwest, que Capote prétend ne pas pouvoir nommé, pour ne pas interférer avec le processus de la justice.

 

Amazon.fr - Cercueils sur mesure - Capote, Truman - Livres

 

Enquête faite, Capote a produit un faux plus vrai que nature.

 

Truman Capote : «De sang-froid», le livre d'une vie | Télépro

 

Rappelons que Capote, en 1959, voit son attention attirée par le meurtre d’une famille de fermiers du Kansas. Il se rend sur les lieux. Les deux vauriens Dick Hickock et Perry Smith sont rapidement arrêtés et passent aux aveux. Capote conçoit alors le projet d’un livre à mi-chemin entre la réalité et la fiction : la réalité parce qu’il va rencontrer tous les protagonistes de l’affaire ; la fiction parce qu’il devra reconstituer de nombreuses scènes auxquelles il n’a pas assisté. On a parlé pour décrire le résultat de « roman non-roman » ou de « roman-vérité »

 

« A new understanding of the différence between what is true and what it really true. »

 

Dans Cercueils sur mesures, les victimes présentent deux points communs : elles ont siégé au sein d’une commission ayant voté le détournement d’un cours d’eau arrosant le ranch d’un riche fermier du nom de Quinn et elles ont reçu, peu avant leur mort, un cercueil miniature en bois. Les assassinats sont autant d’œuvres d’art : un couple d’avocats périt sous les piqûres de serpents à sonnettes préalablement dopés aux amphétamines qui ont été placé dans leur voiture ; les victimes trois et quatre meurent carbonisées dans leur maison à laquelle on a mis le feu après avoir scellé les issues par des parpaings ; le conducteur d’une décapotable est décapité par un filin invisible tendu à travers de sa route ; un médecin est empoisonné ; une professeure se noie dans de mystérieuses circonstances. Le facteur, se sachant sur la liste, décampe à Hawaii, tandis que le dernier membre de la commission, le seul à avoir voté en faveur du fermier, est épargné. Car il ne fait pas de doute pour personne que Quinn est à l’origine de l’hécatombe. Il ne fait d’ailleurs pas grand-chose pour démentir la rumeur. Par bravade – à moins que ce ne soit par courtoisie – il accepte de rencontrer Capote. Les entrevues glaçantes entre les deux hommes et leurs parties d’échecs constituent le point d’orgue de la nouvelle.

 

Quel régal que ces nombreuses métaphores : Elle était bâtie comme Poncho Villa et portait des pantalons de cow-boy avec une braguette à glissière … Tempérament aussi bouillant qu'un tamale au poivre rouge … Plus saoul qu'une tribu d'Indiens en train de danser dans les maïs.

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commentaires

pax 02/08/2020 07:04

« Que vous importe de savoir si j’ai vraiment pris le Transibérien, l’essentiel n’est il pas que vous le croyez non ? » Blaise Cendras (de mémoire)

C’est tout l’art de l’écrivain de faire disparaître la limite entre imagination et réalité. Ainsi « Reader's Digest, » qui demande à Jean Giono à rencontrer Elzéard Bouffier héros de la nouvelle « L’homme qui plantait des arbres » que les américains venaient de publier dans leur série « L’homme le plus extraordinaire que j’ai rencontré » Réponse de Giono : « Et en plus vous voudriez qu’il existe ! »

De Truman Capote je ne connais que « Petit déjeuner chez Tiffany » et quelques nouvelles dont « Un noël » qui vous laisse pantois en se demandant comment peut on écrire avec tant de légèreté de choses si graves.

Il me reste 48 ans et quelques mois pour ne pas rater ma vie.

So long ‘

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