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7 septembre 2018 5 07 /09 /septembre /2018 06:00
« Du sang sur le reblochon » fermier ou laitier ? Dormir chez la dame de Haute-Savoie Et si l’on parlait aussi de l’enclave italienne d’Hautecombe ?

Cette chronique n’a ni queue ni tête, elle mêle sans vergogne, chanson, géographie, histoire, fromage et polar…

Si vous voulez bien me suivre vous serez, si je puis m’exprimer ainsi, moins « con » à la sortie qu’à l’entrée.

 

Francis Cabrel chante :

 

Quand je serai fatigué

De sourire à  ces gens qui m'écrasent

Quand je serai fatigué

De leurs dire toujours les mêmes phrases

Quand leurs mots voleront en éclats

Quand il n'y aura plus que des murs en face de moi

J'irai dormir chez la dame de Haute-Savoie…

 

Mais c’est où la Haute-Savoie ?

 

À la suite du Traité de Turin en 1860, le duché de Savoie est annexé à la France, et deux départements sont créés le 25 juin.

 

L'historien et spécialiste de la période, Paul Guichonnet, à propos du choix des noms des deux départements, précise :

 

« Les noms des départements annexés ont été accordés par l'empereur lui-même, sur la proposition d'un très grand nombre de Savoisiens et, en agissant ainsi, il a donné satisfaction à l'immense majorité de nos compatriotes. La situation n'est plus la même qu'en 1792, où le pays subissait une crise suprême. Aujourd'hui, pas de rivalité avec les départements anciens ; l'esprit de nationalité y est aussi vivace que dans toute autre partie de l'Empire, l’assimilation est complète. Léman ne pouvait convenir, Genève et son littoral n'étant plus français ; Mont-Blanc ne pouvait être appliqué qu'à la Haute-Savoie, et le Mont-Cenis ne pouvait convenir à la Savoie, le Mont-Cenis ayant été laissé, dans la plus grande partie, à l'Italie. Conserver au pays son ancien nom était une idée patriotique et heureuse qu'il faut approuver. »

— La Gazette de Savoie, édition du 22 juin 1860

 

 

« Le Reblochon est un fromage lié à l’identité et à l’histoire des Savoie, où sa zone de production est entièrement située. Ses origines remontent au XIIIe siècle. Les paysans de la vallée de Thônes doivent alors acquitter le droit d’ociège : une taxe payée aux moines ou aux nobles propriétaires d’un alpage, proportionnelle au nombre de pots de lait tirés de la traite quotidienne. Roublards, ils pratiquent une traite incomplète afin de diminuer leur impôt. Dès le départ du contrôleur, ils procèdent à une seconde traitela « rebloche » en patois – dont ils utilisent le lait, très riche en crème, pour fabriquer un fromage onctueux à souhait : le Reblochon.

 

3 races de vaches peuvent être utilisées à la fabrication du Reblochon : l’ Abondance, la Montbéliarde et la Tarine. Elles doivent pâturer au minimum 150 jours  et leur alimentation doit être principalement à base d’herbe et de foin de la zone d’appellation, complétée par une ration de céréales.

 

« 560 producteurs laitiers, rassemblés en coopératives, livrent en lait les 19 fromagers de l’appellation, en charge de l’étape de transformation : le Reblochon laitier, reconnaissable à sa pastille rouge, est issu d’un assemblage de laits provenant de différentes exploitations. Il est produit en fromagerie une fois par jour.

 

130 producteurs fermiers perpétuent la tradition ancestrale du Reblochon fermier : identifiable à sa pastille verte, celui-ci est fabriqué à la main, dans la foulée de chacune des deux traites journalières, à partir du lait d’un même troupeau. 

 

Chaque fromage, laitier ou fermier, est ensuite confié à l’un des 11 affineurs de l’AOP Reblochon qui y veilleront comme à la prunelle de leurs yeux pendant une durée de 18 jours minimum. C’est ainsi, en gardant et en transmettant eux-mêmes la mémoire de ces différents métiers et gestes qui y sont associés, que les hommes et femmes du Reblochon nous transmettent une typicité à la fois familière et singulière. »

 

Reblochon, un fromage savoyard ICI 

 

L’Enclave italienne d’Hautecombe

 

L’abbaye d’Hautecombe est fondée en 1121 sur une combe de la montagne de Cessens, puis elle est transportée vingt ans plus tard sur un promontoire s’avançant dans le lac de Châtillon – aujourd’hui lac du  Bourget –, tout en gardant son nom.

 

Humbert III le Bienheureux, comte de Savoie repose à Hautecombe dès 1189. Quarante-trois de ses descendants vont l’y suivre, faisant mériter au lieu le surnom de « Saint-Denis de la Savoie ».

 

Charles-Félix, roi de  Sardaigne et duc de Savoie, qui découvre en 1824 dans quel état de déréliction est laissée la nécropole de ses aïeux, entame sa restauration. À sa mort, en 1831, Charles-Félix renoue avec l’ancienne tradition en allant reposer à Hautecombe. Sa veuve, la reine Marie-Christine, l’y rejoint en 1849.

 

Lorsqu’en 1860, le roi du Piémont-Sardaigne devient roi d’Italie avec l’aide militaire de Napoléon III, et qu’il cède la Savoie et le comté de Nice, il ne peut se résoudre à perdre complètement l’enceinte sacrée où reposent ses ancêtres. De  ce souci résulte un statut politique sui generis comme savent en concocte les diplomates.

 

Au sens strict, on ne peut parler de « micro-État » : l’abbaye d’Hautecombe ne bat pas monnaie, n’entretient pas de troupe et n’a pas droit de pavillon. Elle possède ses armoiries néanmoins – un écu mi-parti à l’aigle de sable sur fond d’or et aux armes de Savoie – et jouit d’un statut particulier garanti par conventions internationales.

 

L’arrangement du 19 février 1863 en fait une entité à part dont la République, après 1870, respectera l’originalité. Dotée de la personnalité morale et sa vocation religieuse diplomatiquement reconnue, l’abbaye échappera aux décrets de 1880 qui expulsent les congrégations, ainsi qu’à la législation issue de la Séparation.

 

Le 24 mars 1983, la foule se presse autour d’Hautecombe. Plusieurs milliers de curieux sont venus rendre hommage à Humbert II, dernier roi d’Italie. Né en 1904, détrôné par référendum en 1946, le monarque est décédé le 18 mars en son exil genevois. Dans l’assistance, mêlés aux invités des deux Savoie, de nombreux monarchistes italiens. Parmi les hôtes de marque, quelques têtes couronnées : le prince de Monaco, le roi des Belges, le roi et la reine d’Espagne. La dépouille d’Humbert II est déposée dans le tombeau resté vide d’un ancien commendataire, l’abbé d’Estavayer.

 

 

C’est aussi un statut qu’on enterre. Humbert II, en effet, a renoncé par testament à tout ce qui constituait le pouvoir temporel de la maison de Savoie en France.

Source / : Tour du Monde à travers la France inconnue Bruno Fuligni

 

Et dire que cette chronique déjantée est parti de l’achat d’un polar de Terroir dans une gare, mince comme un top model anorexique, Du sang sur le reblochon aux éditions Les Passionnés de bouquins. Ce n’est pas une œuvre impérissable qui figurera un jour dans la collection noire de Gallimard mais c’est comme diraient les bobos parisiens du local.

 

Bonne dégustation !

 

Et avec ce reblochon sanglant on boit quoi ?

 

AUTREMENT BLANC 

 

Marie & Florian Curtet (Jacques Maillet)

AOP Vin de Savoie - Blanc – 2016

 

 

Assemblage des plus belles Jacquère et Roussette du domaine, dans le pendant blanc de la célèbre cuvée Autrement. Belle complexité, de la fraîcheur et beaucoup de finesse sur ce blanc.

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commentaires

pax 07/09/2018 10:29

He, ho ! C'est pas fini ? on est rentré nous , on bosse ( ou on essaye de s'y remettre ) Alors par pitié on oublie les belles chroniques qui incitent au départ et à la gourmandise.
Y a pas, sous ses dehors bonhommes, doit y avoir un pt'it coté sadique chez ce Taulier !

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