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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 08:00
Une légende circula, à savoir que le commun des mortels ne résistait pas aux talents amoureux d’Oriana qu’un temps limité

Si vous n'avez pas lu le premier épisode c'est ICI

 

 

 

Mais le lendemain surgit un imprévu. Six dignitaires fascistes emmenés par le vice-federale d’Agrigente, Pasquinotto, débarquèrent dans la maison de passe, firent évacuer les clients et prirent leur place. Les fascistes s’engagèrent auprès de la tenancière à occuper ces dames jusqu’à l’heure de la fermeture ou à payer de toute façon l’équivalent de la recette d’une soirée normale.

 

Pasquinotto choisit Oriana, en lui proposant de passer avec lui les quatre heures disponibles.

 

Oriana opposa un refus ferme. Au mieux, considérant qu’il était vice-federale, elle pourrait monter à une demi-heure.

 

Pasquinotto piqua une colère et alla protester auprès de Madame, laquelle prit Oriana à part et fit tant et si bien que, pour cette seule et unique fois, la jeune femme obtempéra.

 

Une petite heure plus tard, Oriana sortit en trombe de sa chambre en poussant de grands cris et courut chercher madame. Celle-ci monta, entra dans la chambre de sa pensionnaire et se mit à crier elle aussi. Les cinq dignitaires accoururent, toutes affaires cessantes, en costume d’Adam.

 

Pasquinotto gisait en travers du lit, bouche déformée, langue pendante, les yeux révulsés. Mort sur le coup.

 

« Infarctus », certifia le docteur Sciacchitano, appelé en grand secret.

 

Ses collègues rhabillèrent le cadavre tant bien que mal, l’installèrent dans la voiture, se firent promettre le silence par les filles et repartirent pour Agrigente.

 

Mais la chose s'ébruita quand même.

 

Aussitôt une légende circula, à savoir que le commun des mortels ne résistait pas aux talents amoureux d’Oriana qu’un temps limité, qui oscillait précisément entre le quart d’heure et la demi-heure. Au-delà, on s’exposait à un risque mortel.

 

« Elle a le c… comme le poing de Primo Carnera expliqua le professeur Santino. On encaisse un coup, voire deux, mais cinq vous envoient ad patres. »

 

Trois soirs plus tard se présenta un as de l’aviation, un lieutenant médaille d’argent, qui avait vu plusieurs fois la mort en face et qui voulait la revoir en passant une heure avec Oriana. Laquelle se fit d’abord prier, mais finit par accepter.

 

Le lieutenant monta l’escalier un bras autour de la taille de la jeune femme et l’autre levé pour répondre aux souhaits de la bonne chance et aux incitations des clients.

 

Il le redescendit indemne et souriant une heure et cinq minutes plus tard, parmi les applaudissements de l’assistance.

 

La thèse du professeur Santino recevait un démenti cinglant.

 

à suivre

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