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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 06:00
Je suis en quête d’un critique littéraire pour une chronique sur « Le vin, entre business et passion » de Jérôme Pérez le « Besancenot » de la LPV

J’ai reçu hier matin au courrier ce livre par les bons soins de Jean-Paul Barriolade des éditions Libre & Solidaire qui le publie.

 

Je l’ai lu dans la foulée, avec intérêt.

 

Je l’ai refermé.

 

Je me suis roulé une petite cigarette.

 

Je l’ai fumée.

 

En clopant j’ai réfléchi, ça m’arrive.

 

Que faire ?

 

Écrire une chronique ?

 

Il y a matière, l’opus est sincère, c'est un plaidoyé très personnel, touchant même à l'évocation du père, irritant aussi avec le côté entre soi de la LPV, très autocentré, intéressant dans la première motié, moins par la suite où certains comptes veulent être réglés et où l'analyse sur les vins de luxe part un peu dans tous les sens dans un doux mélange de morale et de dirigisme.

 

Ce livre mérite qu’on lui consacrât du temps.

 

Et pourtant, en dépit de cet intérêt, je ne me sentais pas motivé pour coucher une chronique sur mon espace de liberté.

 

La raison en est simple : le monde de la dégustation, et plus encore celui des dégustateurs passionnés du vin, m’est étranger. Même si je l’ai côtoyé, parfois même fréquenté, ce n’est pas mon monde. Il y a chez moi, à son égard, une forme d’incompréhension qui me met mal à l’aise. Ça me dépasse. Je n’arrive pas à entrer dans ce type de démarche. Me mettre dans la peau d'un dégustateur passionné est au-dessus de mes possibilités, ça tourne trop en rond.

 

Dans le doute abstiens-toi me suis-je dis, t'es pas du Cercle, du GJE, de feu Davos du vin, les grands vins ce n'est pas ton truc, tes mots risqueraient d’être mal compris.

 

Que faire alors ?

 

M'abstenir !

 

Ne rien faire, ne rien écrire, c’eut été de ma part une solution de facilité qui ne me convenait guère.

 

Alors j’ai à nouveau réfléchi et j’en suis très vite arrivé à la conclusion qu’il fallait que je vous sollicite, chers lecteurs, pour que vous fassiez le job à ma place.

 

Beaucoup d’entre vous êtes, en effet, des passionnés du vin, des amateurs éclairés, et je suis persuadé que vous saurez, bien mieux que moi, faire œuvre de critique littéraire.

 

Je vous propose donc de candidater via les commentaires ou le formulaire contact.

 

Si ça vous tente je vous ferai parvenir l’opus par la Poste pour lecture et critique en retour.

 

Merci par avance.

 

1 extrait pour la mise en bouche

 

« Et que dire de cette nouvelle façon d’apprécier le vin sans soufre ? Certains disent que ce sont des vins vivants sans que je puisse comprendre ce que cela revêt de réalité. Dans cette mouvance, on arrive même à se persuader que certaines déviances sont bonnes et source de plaisir. Je ne veux pas juger ici cette mode (car c’en est bien une), mais elle prouve que finalement les goûts, c’est-à-dire le faisceau de saveurs que l’on apprécie plus que d’autres, sont tout à fait changeants et qu’ils ne relèvent pas seulement de cet aspect sensitif, cela est bien plus intellectuel qu’il n’y paraît. Le goût n’appartiendrait pas à l’individu de façon innée, mais plutôt au « groupe », dont d’ailleurs il n’est pas facile de s’émanciper. De ce point de vue, je suis tout à fait certain – même si je les raille parfois –, que les adorateurs des déviances des mauvais vins natures sont tout à fait sincères. Ils sont victimes du phénomène de groupe auquel ils veulent appartenir, jusqu’à en accepter et apprécier les errances. Et il se peut que ce que j’appelle leur errance, ils en aient fait leur classicisme, reléguant et qualifiant le mien au rang de désuet, ridicule, artificiel, même si ce qu’ils apprécient sont des défauts œnologiques. »

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Sebastien Polaert 18/03/2016 09:08

Bonjour Jacques,
Le defi m'interesse. Je goutais hier "Jadis" du domaine Leon Barral. La matiere etait incroyable, dense, souple avec un fruit explosif, mais au Nez je restais Sur la volatile. Du coup SI j'essayais d'etre objectif je me disais qu'il y avait un souci et pourtant je dois reconnaitre que CE type de vin me plait, aussi pour la demarche, me retrouvant Dans la categorie des amateurs de vins natures dont semble parler l'auteur...l'occasion d'une introspection ?

Kimmel Michel 17/03/2016 11:09

Eh oui, je suis prêt à assurer modestement le rôle de critique (littéraire?) de cet opuscule que je vous retournerai après dégustation approfondie…Dégustation que j'ai bien entamée avec le livre d'Isabelle Saporta ! Voyons donc s'il apporte un regard original ou s'il relate les conversations de salon d'un club fermé et branché de fous furieux de la dissection de notre breuvage favori.
A suivre. Ma boite aux lettres se trouve au 447,chemin de la Fringadelle 34140 Bouzigues (certes, pas tout à fait à côté du Lapin Blanc)

Le Taulier pour un vigneron 17/03/2016 07:18

Bonjour Jacques,

Son bouquin, je ne l’ai pas lu. J’ai lu quelques teasers dont le sien sur face de book et celui sur la.Dépêche.
Je ne sais pas s’ils m’ont trop donné l’envie de le lire… En effet, je sélectionne mes lectures en fonction de ce qu’elles peuvent m’apporter, n’ayant pas des heures et des heures à consacrer à cette activité. Ce que je regrette d’ailleurs. Et bien souvent, l’ayant commencé, je laisse un livre de côté, si je n’y trouve pas ce que j’en attends. Mauvais livre ? je ne sais pas, mais en tous les cas, il n’est pas fait pour moi.
Là, dans les présentations qui en ont été faites, je ne tenterai même pas l’aventure, sauf à le lire entre les lignes, pour saisir ce qui est dessiné en creux. C’est ici un enfilage de poncifs qui n’apprend rien sur le monde du vin, mais beaucoup en revanche, sur une certaine forme d’amateurisme et de sa vision assez fermée. Est-ce utile ?
Périodiquement, il y a ce genre de publications qui révèle tout, qui dit tout. Mais il ne révèle souvent rien d’autre la vision partiale de l’auteur sur un monde bien plus complexe qu’il ne peut le saisir.
Je veux bien entendre tous les discours : celui sur le prix des vins, sur les vins sans soufre, sur le snobisme, sur le goût – ton extrait est une merveille – seulement et seulement si les arguments invoqués ne relèvent ni de la tautologie ni de l’envie ni du dictionnaire des idées reçues. Et là, c’est un florilège.
J Perez nous avait donné un avant-goût de sa réflexion sur facebook au sujet d’un Bourgogne du domaine de Villaine : les autres gagnent toujours trop, et c’est toujours trop facile.
En regardant le monde par le petit bout de la lorgnette, on ne peut explorer que petit.
Bonne journée,

William Munny 17/03/2016 07:13

Bonjour Jacques,

Je consulte LPV. A vrai dire trop souvent. Parce que je m'en méfie comme je me méfiait de ma vieille voisine qui disais n'importe quoi.
L'extrait pourtant révèle une humilité, presque un doute. Ca en devient moins pire...
Si j'ai bien compris LPV aurait eu l'ambition de devenir un média.
Manset sort un nouvel album, on dit de lui que c'est le plus médiaphobe des auteurs-compositeurs.
Satie aurait écrit un peu sur le même sujet : "La poutre qui est dans l'oeil de chaque critique lui sert de longue vue pour apercevoir la faille qui est dans l'oeuvre de chaque auteur"

William Munny 17/03/2016 11:37

Oui, à cet oxymore de Saint-Saêns. Entre l'empathie, et une des définitions de la mansuétude... Le décalage vient du temps de l'appréciation. L'instinct de l'empathie, et la projection par la mansuétude...

pax 17/03/2016 08:35

Et Saint - Saêns « Il faut savoir apprécier ce que l’on n’aime pas »

pax 17/03/2016 06:54

Cher Taulier, bonjour ! Voila une invite à laquelle, tu penses bien, je ne saurais résister.Banco donc.
Après lecture je m'y collerais, clopin,clopan...

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